Bakary Sambe à Rfi sur le sommet d’Abuja

A Abuja, le sommet des pays du bassin du Lac Tchad s’est achevé ce week-end par un appel de François Hollande à poursuivre avec acharnement le combat contre Boko Haram. Notre invité est Bakary Sambe, professeur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal, coordonnateur de l’observatoire des radicalismes et conflits religieux au Timbuktu Institute et auteur tout récemment d’un ouvrage intitulé Boko Haram : du problème nigérian à la menace régionale.

Pour quelles raisons la stratégie militaire contre Boko Haram est-elle vouée à l’échec ?

« Cette stratégie ne s’intéresse pas aux causes profondes de Boko Haram. Boko Haram qui est le fruit d’un malaise social, d’une revendication tel que cela a été clairement exprimé dans le premier discours de Mohammed Youssouf (…). Même l’opération Arrow n’a pas pris en compte les mutations et les changements à l’intérieur de Boko Haram, elle s’est seulement intéressée aux zones du Lac Tchad alors qu’à l’intérieur des  pays de cette région, que ce soit au Nigeria, au Cameroun et au Tchad, il y avait des cellules internes de Boko Haram qui se reconstituaient. Et cela malgré l’acharnement de la communauté internationale. (…) La communauté internationale a accusé un retard d’au moins 40 ans par rapport au réseau que nous cherchons aujourd’hui à éradiquer. »

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