Conférence d’Ottawa : « Pour une action urgente en faveur des diplômés arabophones dans les Pays du Sahel»

Sur invitation personnelle du Président de l’Université d’Ottawa au Canada, Professeur Jacques Frémont, le think tank africain Timbuktu Institute (Dakar) représenté par son directeur a pris part à la conférence sur « Francophonie et conflits » du 20 au 21 octobre 2016. La conférence a vu la participation d’éminents spécialistes des questions sahéliennes mais aussi des conflits dans l’espace francophone.

S’appuyant sur l’exemple du Sénégal où le gouvernement a déjà pris d’importantes mesures avec l’instauration d’un baccalauréat arabe reconnu et l’ouverture d’une section arabophone à l’ENA,  Dr. Bakary Sambe a, cependant, souligné que le problème de la dualité des systèmes éducatifs  (français/arabe) reste à résoudre dans de nombreux pays du Sahel et de l’espace francophone.

Sur ce point précis, le coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux a appelé les Etats francophones de l’espace sahélien à prendre des mesures urgentes pour une meilleure intégration des diplômés arabophones dans les universités et les secteurs pourvoyeurs d’emplois. Selon lui, c’est de cette manière que l’on pourra éviter des frustrations dues à un manque de reconnaissance et de considération vis-à-vis d’une élite souvent bien formée mais qui subit l’obstacle de la non maîtrise du français. Pour l’Institut, si une telle situation n’est pas corrigée, elle pourrait être source de frustrations et de marginalisations dommageables pour la cohésion nationale des différents pays.

C’est dans ce cadre que le Timbuktu Institute compte proposer au gouvernement du Sénégal, pays ayant déjà réalisé des progrès dans ce domaine, un projet de renforcement des capacités linguistiques en français des bacheliers arabophones pour leur meilleure intégration dans les universités du pays et, surtout, d’élargir leurs choix de cursus en dehors de l’arabe et des seules filières religieuses.

Cette proposition entre en droite ligne des recommandations du récent rapport sur les facteurs de radicalisations des jeunes présenté à Dakar, début octobre, par l’Institut.