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Investi dans sa mission de veiller sur la hadra et son patrimoine matériel comme immatériel depuis l’âge de 17 ans, celui que tous, à la suite de son homonyme, Cheikh El Hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh, finirent par appeler « le digne de confiance », Al-Amine, est l’une de ces rares personnalités qui ne se contentent pas de marquer seulement leur époque. Ils la façonnent ! 
La spécificité de la personnalité de Cheikh Abdoul Aziz Sy Al-Amine est que chacun croit mieux le connaître que tout le monde, tellement il savait personnaliser les relations qu’il entretenait avec les gens au point d’induire certains vers l’impression de le posséder totalement alors qu’il était le patrimoine de tous. 
C’est Sahykh Ahmad Sukayrij qui parlait de Cheikh El Hadji malick Sy en le définissant comme le « legs béni des anciennes aux futures générations » (Barakatu Salafi fil Khalaf) dans son célèbre ouvrage sous le titre de (Jinâyatul ). Serigne Abdou semble s’inscrire dans cette même tradition de perpétuation et surtout de sauvegarde du patrimoine dont il faisait finalement partie, au point que le Pr. Mbaye Thiam de l’EBAD, l’appelait « le gardien du temple ». C’était en ces moments forts de la vie d’une hadra où l’on attendait la consigne libératrice après tant d’heures de réflexion et de concertation de la part de celui qui, par sa lucidité, pointait le doigt de la guidance vers la meilleure solution. Meilleure parce que toujours juste, réfléchie, et en toute connaissance de cause mais surtout conforme à l’héritage auquel il était si « jalousement » attaché ! Mais c’était une fidélité au message parfaitement inscrite dans l’action et le « mouvement » comme dirait un certain Mohammed Iqbâl. 
Al-Amine aura été le guide qui, à un moment où la vieille tradition pouvait éloigner les jeunes de la totale implication dans la vie confrérique exotérique comme ésotérique, a eu l’idée d’en rajeunir les structures et de mettre la jeunesse au cœur la Tarîqa. 
C’est cet élan de rénovation fidèle à l’essentiel qui a donné naissance à une « jeunesse malikite », au mouvement « Mouqtafîna » et bien avant, l’esprit qui généra tant d’autres organisations comme la Dahiratoul Moustarchdina Wal Moustarchidaty et la Cellule Zawiya Tijaniyya etc.. Décidément, Al-Muharram finit par être son mois pendant lequel le plus grand regroupement de la jeunesse s’est toujours effectué. Même en son « absence », ce sera toujours son inspiration qui devrait nourrir les ambitions d’une jeunesse devant d’énormes défis et responsabilités. 
S’entretenir avec Al-Amine, après de longs moments de recherche de solutions et d’initiatives dans tous les sens finissait par être un court instant de bonheur partagé pour l’éternité; tellement les vérités les plus sincères et les critiques les plus constructives étaient formulées, de sa part, dans un style et un langage, certes, pleins de franchise mais aussi, toujours, d’affection paternelle. 
C’est Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al-Maktoum qui enseignait que « les confréries sont des clubs mystiques où se forment continuellement les athlètes de la religion ». En revisitant, Al-Fayyâdh,  l’ouvrage d’Al-Amine regroupant ses différents discours et conférences tenues à travers le monde, on peut dire que Serigne Abdoul Aziz Sy a su, par une pédagogie différenciée, didactiser cet enseignement en leçons de vie, en éternel viatique pour donner corps à l’esprit de la Himma (volonté d’action), plier essentiel de la Tarbiyya Tijaniyya. 
On se souvient, lors de nos Ziara dans le fameux « salon » qu’il nous disait « ne me présentez plus de projets, venez avec des bilans et des résultats » ! 
En fait, l’homme qui a parcouru le monde musulman, l’Europe et l’Amérique au service de sa mission qui n’a jamais varié, avait senti qu’il fallait booster une jeunesse qui le prenait pour modèle et à laquelle il fallait, vite, transmettre l’esprit de l’action comme philosophie de vie menant à la réalisation spirituelle. Une méthode collant parfaitement à la démarche de la Tijâniyya exigeant, bien que Tarîqatu Shukr, une double excellence spirituelle et temporelle afin que la « reconnaissance des faveurs » rime avec mérite dans l’humilité. 
Le souvenir est encore vivace des moments décisifs de la mise ne place du Forum national de la Tijaniyya en France ou encore du Symposium du Mawlid, du regroupement annuel de la jeunesse tidiane malikite, des diverses actions du COSKAS et tant d’autres instants qui ont façonné le tournant décisif qu’Al-Amine a su donner à la vie de la Hadra. Il est sûr qu’en procédant à l’inauguration de la Zawiya Tijaniyya de New York, tous les esprits se tourneront vers cet infatiguable bâtisseur, cet éducateur indulgent et rigoureux à la fois. On ne saurait comment ! 
La personnalité de cet « absent » le plus présent dans l’esprit des jeunes de la Hadra était multidimensionnelle au point que tous se le disputaient alors qu’il savait recevoir chacun et lui parler dans le langage qui sied. Serigne Abdou savait « rester digne en étant populaire » mais surtout, il était capable de « rester peuple en conseillant les rois », si on en était arrivé à paraphraser R. Kipling pour illustrer ce témoignage. 
Dans un bus vers l’Aéroport de Casablanca, la radio nationale du Maroc annonce une audience solennelle entre le Roi du Maroc et Cheikh Abdoul Aziz Sy Al-Amine, représentant de la famille d’El Hadji Malick Sy dans les dorures du palais qui ne l’impressionnaient pas; car une semaine après, on pourrait le retrouver, dans son humilité et sesn du devoir, à Yeumbeul, Kaolack, Mbour, ou « simplement » assis, au milieu de centaines  de jeunes, dans un stade de la banlieue dakaroise pour une wazifa. Acte symbolique de la Tarîqa qu’il a complètement vulgarisé dans le sens d’une sage expansion des enseignements ! 
Les critiques littéraires arabes parlent souvent de « Sahl al Mumtani’ » pour vanter la beauté d’une sublime prose, en apparence facile d’accès, mais difficile à cerner. On pourrait appliquer un tel paradigme dans l’approche que tout analyste aurait eu de la vie et de l’œuvre d’Al-Amine.
  
L’actualité brûlante est aussi pleine de moments qui nous font penser à ses déclarations et appels à la retenue lorsque le pays se trouvait dans des contextes plus ou moins critiques. En plus de son rôle de « régulateur social » qu’il jouait lors des grandes crises politiques, Serigne Abdoul Aziz Sy Al-Amine, alors khalife général des Tidianes, et même bien avant, arrivait à saisir les opportunités et les moments de grande écoute pour développer un discours relevant plutôt de l’avertissement ou de « l’alerte précoce » à la manière des prospectivistes « profanes ». 
Sa profonde connaissance du milieu et de la classe politiques lui permettait de s’adresser aux différents acteurs de l’opposition comme du pouvoir en toute liberté de ton. Au cours d’une entrevue avec lui, à Tivaouane, après nous avoir demandé quelle était notre spécialisation (la science politique), il nous dit en des termes assez sérieux : « nul ne connaît la politique sénégalaise mieux que moi ». Il faut dire qu’il a été impliqué dans nombre de réconciliations et de négociations à chaque fois qu’une crise majeure risquait de mettre à mal le fameux « contrat social sénégalais ». 
  
Lors des obsèques à la suite de la disparition de Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al-Maktoum à laquelle toute la classe politique ainsi que les représentants des partis avaient assisté, il leur lança : « Si vous n’arrêtez pas vos querelles, le pays basculera dans la guerre civile. (…) Ce que je vois venir n’augure rien de bon. Et vous n’aurez plus de temps pour vos partis politiques. Car, celui qui vous tuera sera à vos côtés. Mieux vaut donc arrêter vos querelles, sans quoi notre pays en sera détruit.» (cf. Journal, l’Observateur n°4046 du lundi 20 mars 2017 pp. 1 et 5) 
  
Ces propos prononcés dans le contexte d’un climat politique tendu prenaient tout leur sens dans un contexte où il appelait à l’apaisement et à la sérénité. Le style d’un tel discours rappelle, sur nombre de ses aspects, un appel à la « raison » et à l’apaisement du climat politique par des directives pour plus de concorde et de cohésion. D’ailleurs, Serigne Abdoul Sy Al-Amine et Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, défunt Khalife général des Mourides ont marqué le champ sociopolitique sénégalais par leurs appels à « l’unité » et à la « concorde » au point que leur khalifat a symbolisé un esprit de « cohésion » jamais retrouvé depuis celui de Cheikh Abdoul Aziz Dabakh, décédé en 1997. 
  
C’est dans ce sens qu’un hommage Al-Amine, par les temps qui courent, ne peut pas omettre le sentiment profond de regret d’un homme de paix, de conciliation et de concorde. 
  
Bakary Sambe 
Membre de la Cellule Zwiya Tijaniyya 
Co-Fondateur du Forum National sur la Tijaniyya en France 

Sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohamed VI et en perspective du dixième sommet de la Francophonie, la ville sainte de Fès a abrité les 10, 11 et 12 décembre une prestigieuse conférence sur le dialogue des religions et des cultures.
Organisée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), en partenariat avec l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture (ISESCO) et l’Université Euro-méditerranéenne de Fès, la conférence a été ouverte par la lecture du message de Sa Majesté le Roi Mohamed VI saluant l’initiative et appelant toutes les forces vives du Maroc et des pays du monde à œuvrer pour un dialogue durable des cultures et des religions.
Représenté par Dr Seydi Diamil Niane, Timbuktu Institute a participé aux travaux de la conférence notamment à l’atelier consacré à la médiation et à la médiatisation dans la lutte contre les discours de haine.

La rencontre fut une précieuse occasion, pour Timbuktu Institute, de revenir sur les actions qu’il mène ces dernières années pour la promotion de la paix et la lutte contre tout discours de haine. En ce sens, Dr Seydi Diamil Niane est revenu, durant la rencontre, sur le Programme Educating for Peace, porté par Timbuktu Institute, en mettant l’accent sur la création de la Chaine Youtube dont le but était de promouvoir la paix et de faire face aux discours de haine.

Beaucoup de recommandations, qui seront présentées au prochain sommet de la Francophonie, sont ressorties de la conférence. Timbuktu Institute encourage l’État du Sénégal à se saisir de toutes les recommandations et d’appuyer toutes les initiatives locales et nationales qui luttent contre l’extrémisme religieux, la discrimination et les discours de haine, et ce, pour un dialogue durable des cultures et des religions.

Dans la continuité de sa démarche consistant à impliquer les autorités publiques dans ses réflexions, recherches et actions, Timbuktu Institute a procédé à la présentation du Projet Innovant des Sociétés civiles et Coalitions d’acteurs (PISCCA) au préfet de Dakar, Alioune Badara Sambe, ce mardi 4 septembre 2018. D’ailleurs, c’est le préfet, lui-même, qui a fait l’amitié, à l’équipe de Timbuktu, en se déplaçant pour la présentation du projet et, en même temps, visiter l’institut. 
La rencontre fut chaleureuse et cordiale. Elle a été l’occasion, pour l’équipe de Timbuktu Institute, de discuter avec le préfet de Dakar de la situation sécuritaire du pays et, de la commune dont Monsieur Alioune Badara Sambe assure le maintien de l’ordre public. 
Sachant que le milieu sportif, notamment pendant les Nawétane et combats de lutte, connaît une violence régulière, le préfet a salué et positivement accueilli ce projet qui venait de lui être présenté et a fait part de sa disponibilité et volonté d’accompagner l’équipe de Timbuktu dans son exécution.
Rappelons que le projet PISCCA, soutenu par l’Ambassade de France au Sénégal, est porté par Timbuktu Institiute. Son objectif est, par le biais du sport, de sensibiliser les jeunes aux valeurs citoyennes et démocratiques mais aussi à la lutte patriotique contre toutes sortes de violences. 
Le projet, qui comprend des ateliers de sensibilisation et de formation ainsi que des tournois de foot, sera exécuté à Dakar, Mbour, Kaolack et Saint-Louis.

British Prime Minister Theresa May got plenty of attention for her trip to Africa last week. Videos of her dancing — one with secondary students who greeted her in South Africa and another with her dancing with young scouts in Kenya — went viral.

But May's dance-floor diplomacy didn't overshadow her larger mission in Africa, which was to forge business ties for a post-Brexit Britain. In Cape Town, she pledged more than $5 billion to support African markets and also promised that her country would overtake the United States to become the biggest investor in Africa out of the G-7 countries.

Cheta Nwanze, an analyst at the Lagos-based research firm SBM Intelligence says Britain is desperately trying to find new trade partners. "Because Brexit isn't working out as it had expected," he said. "Brexit is seven or eight months away now and they're so many contentious issues that will need to be resolved."

Playing catch up to China

German Chancellor Angela Merkel made her own recent foray to Africa, visiting Senegal, Nigeria and Ghana, also seeking economic benefit. China has played the role of Africa's largest trading partner for the past nine consecutive years, and both Britain and Germany have a lot of catching up to do.

German Chancellor Angela Merkel, left, is welcomed by Ghana's President, Nana Akufo-Addo, right, at the Presidential palace in Accra, Ghana, Aug 30, 2018.

According to British government figures, the country's total trade with Nigeria, South Africa and Kenya — the countries May visited — amounted to $16.9 billion in 2016. That's less than 2.5 percent of the $712 billion in goods and services that Britain exchanged with the European Union in the same year, Reuters reported.

Meanwhile, Germany declared 2017 a key year for its Africa policy and hosted African presidents in Berlin at a G-20 summit to boost private investment. However, to date, Germany only has about 1,000 companies that are active in Africa.

In comparison, China has 10,000 firms in Africa. It has financed more than 3,000 infrastructure projects on the continent, building thousands of kilometers of highways, generating thousands of megawatts of electricity and creating thousands of jobs across the continent.

"China is challenging all the Western countries, even the United States. China has no historical background of colonialism [in Africa] so many Africans prefer working with China," said Bakary Sambe, a development and peace studies analyst in Senegal.

This week, several African presidents are in China for the 2018 Forum for Africa-China Cooperation, which China's Foreign Minister Wang Li described as the biggest summit of all time.

But, Nii Akuetteh, a prominent independent Ghanaian policy analyst based in Washington, D.C., recommends African politicians, businesses and civil society members be wary of both the West and the East.

"If I had my way, they would be far more vigilant and tougher against Merkel, against May, and even against the Chinese, because all these global powers are rushing to Africa now and they all claim that they love Africa and they want to help. Well, we all heard that before and it led to slavery and it led to colonialism," he said.

Stopping migration

Akuetteh said May and Merkel are motivated in part by a desire to stop the waves of African migrants showing up on Europe's shores.

"They are doing this because their populace don't like Africans. Merkel is very clear, that's why she's doing this — we want to create jobs in Africa so you all don't come to Europe," he said.

Merkel said she wants to work with these governments to tackle issues the three countries are struggling with, such as the Boko Haram insurgency and widespread unemployment.

One of the agreement she said was an MOU signed between German automaker Volkswagen and partners in Ghana and Nigeria. Volkswagen announced last week it would assemble cars in Ghana and make Nigeria an automotive hub.

Ayisha Osori, the head of the Open Society Initiative for West Africa, commends this effort and says African leaders need to acknowledge the reasons why citizens are risking their lives to flee.

"It's a good deal to create more jobs to keep people away from migrating, coming over to Europe in less numbers. Looking at the people who try to cross the desert, that go by sea or by boat, what are they running away from? What is it about their lives that is making them to take such dangerous journeys?" Osori asks.

U.S. role?

In this scramble for Africa, the United States looms in the background, contributing mostly military support. The Brookings Institution says U.S.-Africa relations will not reach their potential if the executive office fails to provide diplomatic and policy leadership.

But U.S. President Donald Trump has shown little interest in the continent and angered many Africans with offensive remarks.

Though Trump has no announced plans of going to Africa, first lady Melania Trump announced in August that she will visit — without the president.

Timbuktu Institute pilote des projets en matière de paix et de prévention du radicalisme violent entre autres. Présentement, une de ses équipes travaille dans la préparation de la collecte d’informations qui seront la base des analyses du rapport à paraître en octobre prochain. L’équipe de Timbuktu va se déplacer sur le terrain pour mener des enquêtes dans les zones frontalières ciblées Sénégal et ainsi procéder à la collecte des données en menant aussi des entretiens qualitatifs.

Empêcher la radicalisation violente sinon la prévenir étant l’un des objectifs de Timbuktu Institute, ce projet s’inscrit dans cette ligne et va permettre de mesurer la compréhension, l’attitude ainsi que le niveau de prise de conscience des jeunes de cette question de l’heure. C’est dans le but d’accompagner efficacement et d’orienter les politiques publiques.

Le terrorisme, la radicalisation, les questions de migration sont des sujets qui interpellent directement la jeunesse africaine particulièrement. Comprendre les motivations qui poussent les jeunes à s’y engager, permettrait de faciliter la maîtrise de ces phénomènes et trouver des solutions tout en mettant en place des politiques de prévention.

Accordant beaucoup d’importance à l’approche holistique et à la primo-prévention, Timbuktu et ses partenaires donnent la parole à la jeunesse des zones frontalières afin de les impliquer directement dans la recherche de solutions durables et participatives.

The verdicts and sentences delivered on 19 July in the cases of 29 Senegalese citizens accused of planning to establish a terrorist cell in Senegal’s southern Casamance region were far from an unmitigated success for the prosecution.

 

A key defendant, Alioune Ndao, whom the state wanted to see jailed for 30 years, received only a one-month suspended sentence for the unlawful possession of firearms, while 15 of the accused were acquitted for lack of evidence, and sentences handed down to others were shorter than the prosecutors’ recommended jail terms.

 Thirteen of the accused were given prison sentences ranging from five to 20 years for crimes that included terrorism financing and criminal conspiracy. Lawyers for at least one of those convicted have said they will appeal.

 “To think that Senegal is safe from this evil would be a dangerous illusion,” prosecutor Aly Ciré Ndiaye said when the trial began in earnest in April (multiple adjournments followed the official start date in December 2017). “Dangerous because it would make us neglect the colossal efforts needed to dismantle the scaffolding on which terrorism finds strength.”

 Senegal makes for an attractive target for extremists because of its strong international connections, with military cooperation agreements in place with the United States and France, and its sizeable troop contribution to the UN’s peacekeeping mission in Mali, MINUSMA, an intervention opposed by many Senegalese. As the regional hub for numerous international institutions, Senegal is “a luxury target... like the jackpot for terrorist groups,” said Bakary Sambe, director of the Dakar-based Timbuktu Institute, which tracks violent extremism.

Islam in Senegal, which is followed by some 94 percent of the population, is dominated by a moderate, tolerant form of Sufism headed by powerful brotherhoods that have long been considered the country’s principal defence against extremism.But change is also occurring. Money is increasingly being pumped in from foreign states to build mosques and open Koranic schools, or daaras, which teach alternative interpretations of religious texts – more conservative Salafi and Wahhabi influences are beginning to take hold.Sambe believes Senegal’s school system is its greatest vulnerability. “We are one of the few countries in the world that does not have a complete hold on our own educational system,” he told IRIN. “There is a formal system controlled by the secular state and another in which foreign powers such as Saudi Arabia and Iran interfere.”

Imam of concern 

According to the prosecution’s case, the Casamance cell would have served as a base from which to carry out attacks against French targets and the Senegalese state. The court heard that the accused planned to extend the influence of this new so-called caliphate into neighbouring countries, including The Gambia, Guinea, and Guinea-Bissau.

Some of those in the dock were rounded up in 2015 during a large-scale police operation against what were perceived to be hate-filled sermons in mosques. Others were detained while travelling to, or returning from, Nigeria.

Ndao is a Salafist imam who until his arrest in 2015 preached at a mosque in the town of Kaolack, 200 kilometres southeast of Dakar. He was accused of being the spiritual guide and coordinator of the cell.

Ndao appeared in court in the centre of the line of defendants, dressed in flowing white robes that matched his white beard. The trial was well attended by his supporters, and the courtroom erupted when the verdict was read out, with disciples of Ndao either rising to their feet or throwing themselves on the floor praising God.

One such supporter was Imam Diene, who had travelled 100 kilometres for the occasion. “He is not a terrorist,” he asserted. “There are no terrorists here in Senegal – there’s no proof! Only when you have proof can you say there are terrorists.”

The jihadist threat in the region has strengthened following the merger in 2017 of a handful of groups operating mainly out of northern Mali, including Al-Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM), to form Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM).

 The group’s leader, Iyad Ag Ghali, confirmed in April 2017 that Senegal is on its list of target countries. JNIM has been behind numerous attacks in recent months, including a twin assault in March on the French embassy and the national army headquarters in Burkina Faso’s capital, Ouagadougou, that killed eight people and wounded 80.

Many of the defendants in the Dakar trial were accused of having links with Boko Haram, including the alleged ringleader, Makhtar Diokhané, who received a 20-year prison sentence for terrorist acts by criminal association. The court heard how Diokhané spent time with Boko Haram militants in northeastern Nigeria before being sent back to Senegal with six million naira (around $20,000) to launch an affiliated cell.

Growing religious conservatism

Most of those convicted last month had travelled abroad to receive training from extremist groups, including Boko Haram and AQIM, but experts like Sambe warn it would be a mistake to ignore the rising influence of more conservative strains of Islam within Senegal itself.

Senegal’s northern town of Saint-Louis, once the colonial capital of French West Africa, is a prime destination for religious learning.

 It hosts a large number of renowned Koranic teachers, or marabouts, running daaras that attract students known as talibés – from boys as young as five to young men in their twenties – from other parts of Senegal and the wider region.

The daaras are unregulated by the state in terms of both their curriculum and living standards. “Anyone can decide to set up a school and start teaching the Koran,” said Baye Ndaraw Diop, a former director of a child protection service within Senegal’s Ministry of Justice.

Evidence of Salafi influence is becoming apparent in some daaras in Saint-Louis, including one located near the northern tip of the historic island town that is attended by more than 1,000 talibés. Although not a Salafist himself, the presiding marabout is known for accepting students regardless of their religious leaning, so long as they wish to study the Koran.

“We’ve noticed a change in behaviour among some of the older talibés in this daara,” said Issa Kouyaté, a campaigner working to improve the rights and living conditions for talibés. “They dress differently and refuse any kind of physical contact with women.”

IRIN accompanied Kouyaté on a visit to the daara. Feet protruded from tarpaulin-roofed rooms set around an open space where clothes were haphazardly hung out to dry. In keeping with the living conditions in many of the country’s Koranic schools, the students are housed in derelict buildings and bathe in the dirty river nearby; diseases such as scabies are commonplace.  

A dozen young men were gathered under a large tree outside their makeshift lodging. The tinny sound of recorded Koranic verses played from a mobile phone as one young man made tea, while another shaved the head of a younger talibé. The majority wore skull caps and plain tunics with trousers cut shorter than those customarily worn in Senegal – a sartorial hallmark of the more conservative forms of Islam.

The young men originate mainly from The Gambia and Guinea-Bissau and stick together. Their common language, Mandingo, is not widely spoken in Saint-Louis. One stated that their sole motivation is to learn the Koran.

State response

 The Senegalese government has won praise for its efforts to combat extremism in an increasingly unstable region. February 2016 saw the launch of the Inter-Ministerial Counter-Terrorism Intervention and Coordination Framework, known as the CICO. Chaired by the interior minister, the CICO is defined by the government as a “coordination and strategic monitoring mechanism in the fight against terrorism”.

“The CICO relies particularly on intelligence, and is focused on monitoring our borders,” a source in the interior ministry, who requested anonymity, told IRIN. The ability of the state to effectively monitor jihadist activity using social media was demonstrated by the arrest of Momodou Ndiaye, an accomplice of Diokhané’s, after the Department of Investigations tracked interactions via a Facebook group.

Some believe the state’s efforts are superficial, others that they go too far. “Senegal wanted to show the world and its donors that it was committed to the fight against terrorism,” said defence lawyer Assane Dioma Ndiaye on the conclusion of the trial. But, he continued, “there has been an exaggeration. It may be that some people in Senegal were tempted to respond to the call of terrorism. But the legal response was disproportionate.”

For Sambe, however, the Senegalese government is falling short and needs to put forward some pre-emptive policies to tackle violent extremism.  

“What we need now is an inclusive prevention strategy involving religious leaders, civil society, and the educational world,” he said.

 At the 2016 edition of the Dakar International Forum on Peace and Security in Africa, President Macky Sall appealed for a “doctrinal response” to jihadist propaganda, a vague-sounding call for a coordinated response that goes beyond simply military action.

 But while Senegal is a secular state, politicians are heavily dependent on religious leaders at election time for securing votes.

 This helps to explain why religious institutions and the extensive daara system are largely unregulated, and the growth of foreign ideologies – whether benign or otherwise – is left unchecked. “There is complicity between the religious power and the political power,” said Diop, the former justice ministry official. Another shortcoming in Senegal’s response may be a general unwillingness to acknowledge the problem. The jihadist threat is not a common topic of discussion, and few Senegalese journalists cover the issue.

Kouyaté, the campaigner, is frustrated by this national complacency. “We need to de-taboo what is taboo,” he said. “It is obviously better to pre-empt than to heal, but here in Senegal the medicine only comes after death.”

 

Source: www.irinnews.org

Après le récent rapport sur les zones frontalières du Sénégal et de la Mauritanie, l’Observatoire des Radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA) de Timbuktu Institute poursuit la cartographie des enjeux sécuritaires dans ces zones aux réalités complexes. Avec l’appui de la Fondation Konrad Adenauer (Dakar) un ambitieux projet de recherche s’intéresse aux régions Sud, notamment Kolda au Sénégal et Labé en Guinée.

Depuis quelques jours, l’équipe de Recherche de Timbuktu Institute séjourne dans ces départements en partant de Vélingara et des localités voisines pour un projet innovant devant être conclu avant le prochain Forum International de Dakar sur la paix et la sécurité, en novembre.

Selon Dr. Seydi Djamil Niane, Chargé de recherches à Timbuktu Institute, « les autorités de même que les acteurs de la société civile surtout juvénile ont hautement apprécié ce projet dont ils attendent les résultats pour une meilleure compréhension des enjeux sécuritaires en lien avec les problématiques de jeunesse dans ces régions. Nos échanges étaient fructueux et nous avons pris bonne note des suggestions et conseils avisés des autorités sénégalaises et guinéennes ».

Dans une démarche inclusive et surtout pour appuyer les efforts des Etats dans leurs politiques de prévention, l’équipe a procédé à la présentation du projet aux autorités administratives, aux forces de sécurité et de défense et à la formation des enquêteurs sur les méthodes quantitatives et qualitatives.

Des entretiens qualitatifs ont aussi été conduits avec des acteurs religieux et de la société civile dans le but d’élargir ces consultatives devant aboutir à des recommandations opérationnelles au service d’une meilleure stabilisation de la région.

Les élections présidentielles maliennes se tiennent ce 29 juillet. Situé au cœur du Sahel, ce pays est toujours confronté à plusieurs défis transnationaux importants à relever. Analyse.

Vingt-quatre candidats, dont le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, se sont lancés dans la course à la présidentielle prévue le 29 juillet. Donné favori, l’actuel chef de l’Etat a assuré lors de l’officialisation de sa candidature le 28 mai dernier qu’il s’attacherait «à relever entièrement et définitivement le triple challenge de la restauration de la paix, de la reconquête de l’unité et de la réussite de la réconciliation nationale»Des promesses ambitieuses et bien difficiles à tenir en un mandat de cinq ans tant les difficultés demeurent grandes sur le terrain.

G5 Sahel, Minusma, Barkhane : malgré un important dispositif sécuritaire, le pays fait face à une recrudescence des actes terroristes

Au cours des six premiers mois de 2018, le Mali a connu une recrudescence des actes terroristes malgré le déploiement d’un dispositif militaire conséquent depuis l’intervention française en janvier 2013 contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Dans son dernier rapport trimestriel sur le Mali, le secrétaire général de l’ONU a fait part de sa préoccupation sur l’évolution de la situation sécuritaire notamment dans le centre du pays.

"Depuis le début de 2018, le nombre d’attaques perpétrées au moyen d’engins explosifs improvisés a presque doublé par rapport à la même période en 2017 "

«Je suis préoccupé par la détérioration continue des conditions de sécurité au centre du Mali, caractérisée par une plus grande complexité des attaques contre la Minusma [Mission multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation du Mali], les forces armées maliennes et les forces internationales, un nombre exceptionnel de victimes civiles et une augmentation des conflits intercommunautaires», s’est-il alarmé.

Et de poursuivre plus loin : «Depuis le début de 2018, le nombre d’attaques perpétrées au moyen d’engins explosifs improvisés a presque doublé par rapport à la même période en 2017 : on en avait en effet dénombré 93 au 18 mai, contre 55 en 2017. Perpétrées de plus en plus près des zones plus peuplées du centre du Mali, elles font un nombre croissant de victimes parmi la population civile».

Un triste état des lieux qui interroge sur la viabilité de la stratégie militaire adoptée dans le pays par le Mali, la France et la force onusienne de la Minusma afin d'éradiquer la menace terroriste. L’attaque fomentée le 29 juin dernier par un commando composé de six djihadistes issus du groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), proche d'Al-Qaïda, contre le très sensible quartier-général de la coalition antidjihadiste du G5 Sahel à Sévaré, dans le centre du Mali, témoigne de la capacité intacte des groupes terroristes à frapper leurs ennemis en plein cœur.

Près de soixante ans après les indépendances acquises de haute lutte, il est au minimum paradoxal que la voie de règlement des crises dans les anciennes colonies françaises d'Afrique passe encore par Paris

Interrogé par RT France, Louis Keumayou, journaliste et président du club de l'Information africaine, estime que la politique sécuritaire mise en place au Mali, avec notamment l’implication de la France, ne peut contribuer au rétablissement d’une paix durable dans le pays.

Selon lui, la réponse pour y parvenir doit être malienne et africaine : «La situation au Mali ne peut pas être résolue par la seule voie militaire. D'autant plus que les mouvements qui sont combattus mènent une guerre asymétrique. Quel que soit le nombre des forces amies qui essaieront de prêter main forte aux autorités maliennes, la solution ne peut être que malienne. De plus, on ne peut pas avoir signé des accords de sortie de crise à Alger et privilégier à ce point la relation avec la France, au détriment d'un rapport de bon voisinage avec l'Algérie. Les deux ne sont pas incompatibles. L'Afrique de façon générale, et les pays du Sahel plus particulièrement, doivent de plus en plus œuvrer à trouver des solutions africaines aux problèmes de l'Afrique.»

Et de s'indigner : «Près de soixante ans après les indépendances acquises de haute lutte, il est au minimum paradoxal que la voie de règlement des crises dans les anciennes colonies françaises d'Afrique passe encore par Paris. Les germes de l'échec se trouvent dans cette posture complètement anachronique et absurde.» 

 

Je pense qu’il faut parler, discuter et débattre de l’islam sans aucune autocensure ou peur de représailles - Il suffirait de se pencher sur toute la littérature hérisologique pour voir que les théologiens, depuis toujours, versent dans l’excommunication

« Peut-on discuter de l’Islam ? 1», cette question posée par Pr Penda Mbow dans un article publié par le site d’information sénégalais Seneplus enflamme la toile. Les articles et commentaires pleuvent. La preuve en est que, quelques jours plus tard, Amadou Tidiane Wone a répondu à la question de Madame Mbow par l’affirmatif : « Oui, on peut discuter de l’Islam 2». Puis vint le tour d’Alymana Bathily qui, dans une délicieuse plume, prend le contrepied de Monsieur Wone. Sa réponse ? « Non, Penda, on ne peut pas discuter de l’Islam au Sénégal. 3»  

De mon point de vue, il faut déplacer la problématique de la question du « pouvoir » à celle du « devoir ».  Autrement dit, au lieu de nous demander si nous « pourrions » parler de l’islam, je pense que nous devrions plutôt en discuter. Mais de quel islam parle-t-on ? 

Éclaircissement terminologique

Avant de poursuivre notre raisonnement, revenons un peu sur l’orthographe même du mot Islam pour mieux définir le cadre conceptuel du débat. Parle-t-on de l’islam ou de l’Islam ? Comme nous avons eu l’occasion de le montrer dans notre Moi, musulman, je n’ai pas à me justifier, « En islamologie, Islam, avec une majuscule, désigne ce qu’on a appelé à tort la civilisation arabo-musulmane. Avec une minuscule, islam désigne la religion avec son dogme, sa jurisprudence, sa théologie, sa spiritualité, etc. 

Islam, avec une majuscule, c’est l’histoire des quatre premiers califes, dont trois ont été tués par des musulmans, c’est l’Empire omeyyade qui a connu une résistance de la part des Kharidjites, des Zubayrites et des chiites ; c’est aussi l’Empire abbasside qui a dû faire face à plus d’un siècle de révoltes de la part d’autres musulmans ; c’est l’histoire fatimide, andalouse, ottomane, la tradition négro-islamique, etc. C’est aussi l’histoire de l’Islam contemporain qui se manifeste différemment en fonction des zones géographiques. L’Islam d’Iran n’est pas celui des États-Unis, qui diffère de celui du Sénégal et de celui de l’Arabie Saoudite. Face à cette histoire aux facettes on ne peut plus variées, il faut réaffirmer, comme le faisait Edward Said il y a quelques années, qu’« il est tout bonnement impossible de faire correspondre l’‘‘Islam’’ auquel on fait référence en Occident à la réalité extrêmement diverse du monde musulman, qui compte huit cents millions d’individus [aujourd’hui plus d’un milliard de musulmans], des territoires multiples et variés…».

L’islam, avec une minuscule, ce sont les différentes écoles juridiques avec leurs différentes positions, parfois contradictoires ; ce sont aussi les différents courants théologiques et mystiques qui n’hésitent pas à s’excommunier. Cet islam, c’est le soufisme dans ses différentes branches, le chiisme avec ses divergences, le sunnisme dans ses quatre écoles canoniques, le malikisme, le hanbalisme, le hanafisme et le chafiisme. C’est aussi dans ce même islam qu’il faut placer les différents courants théologiques, allant du mutazilisme au wahhabisme en passant par l’ibâdisme. 4» Pour faire court, c’est comme si nous parlions de christianisme et de chrétienté. Rien à avoir d’un point de vue conceptuel. 

Oui, nous devons discuter de l’islam… mais à condition

La première condition, de mon point de vue, pour discuter de l’islam, est de sortir de l’auto-référence, démolir les mythes et les légendes pour que la loi revienne à la rigueur scientifique. Une fois que cela est dit, tout discours de vérité doit être banni. La théologie et la démarche apologétique doivent laisser place à l’islamologie, à la linguistique, à l’histoire et à l’anthropologie. Tout cela, dans la précision la plus parfaite. 

Ainsi, il faudrait se garder de certaines approximations. Bien évidemment je serais d’accord avec Madame Mbow pour dire qu’il n’y a pas de clergé en islam sunnite [pour le chiisme c’est un peu plus compliqué]. Mais je pense que ce serait d’aller un peu trop vite de dire qu’il n’y a pas d’excommunication en islam. La production juridico-théologique, dans le contexte islamique, nous montre toute autre chose. Il suffirait de se pencher sur toute la littérature hérisologique pour voir que les théologiens, depuis toujours, versent dans l’excommunication. Contentons-nous de citer ces propos de ‘Abd al-Rahmân al-Wakil par nous-mêmes traduits : « Les soufis se nourrissent de toute religion ou secte sauf de l’islam. À moins que nous considérions que le mal le plus ignoble puisse se nourrir de la noble vérité ou que l’impureté de la mécréance puisse tirer son esprit de la croyance pure 5». Ajoutons à cela que parler d’apostasie, après le décès du Prophète au sujet d’un groupe qui aurait renoncé à payer une taxe au nouveau calife, relève d’une confusion des époques. L’anthropologie, appliquée sur cette période, montre qu’on avait plutôt affaire à une rupture d’alliance clanique. Un délit hautement répressible par les règles tribales qui prédominaient dans les transactions humaines de l’Arabie du 7ème siècle. 

Dans une position plus apologétique que critique, le texte de Monsieur Wone nous semble plus problématique. La manière dont il a limité le champ référentiel évacue tout débat critique de facture académique. Ce passage en est la plus parfaite illustration « Oui on peut discuter de l’Islam. Pour ce faire et bien faire, entendons-nous sur les termes du débat. L’Islam, ultime révélation du Seul Créateur des Mondes dispose d’un Livre qui contient toutes les réponses aux questions qui lui sont posées : Le Coran. Il suffit de s’écouter et la démonstration sera faite qu’il ne s’agit pas d’une œuvre humaine mais bien d’un message divin. Un message codé, voire crypté sur certains aspects, mais d’une limpide simplicité sur d’autres. » Nous sommes face à une démarche de foi loin de toute rigueur scientifique. Ce fut un temps, Mohammed Arkoun parlait de « clôtures dogmatiques ». Et puis Monsieur Wone semble confondre l’islam avec le Coran. Quid de toute la production théologico-juridique ? Que faire de Qushayrî, de Ghazâlî, d’Ibn Rouchd, d’Ibn ‘Arabî, de Suyûtî, de toute la production d’Ibn al-Qayyim et d’Ibn Taymiyya ? René Guénon, Martin Lings, Amadou Hampâté Bâ, etc. ?  

De plus, notre aîné Amadou Tidiane Wone veut, à tout prix, prouver que le Coran confirme les textes antérieurs. Ce même Coran ne taxe-t-il pas les juifs et chrétiens d’avoir falsifié leurs textes sacrés ?

Plus percutant est la réponse de Monsieur Bathily pour qui on ne peut pas parler de l’islam au Sénégal étant donné que, toujours d’après lui,  « L'Islam officiel qui a cours dans ce pays est un Islam radical et totalitaire qui normalise toutes les relations sociales et contrôle les libertés publiques et individuelles - Cet Islam radical ne tolère en fait aucune réflexion. » Tout en partageant une bonne partie de la réflexion de Monsieur Bathily, je pense que, sur ce coup, il est allé trop vite. L’islam officiel est un mythe qui n’a aucune existence concrète. Quel serait cet islam ? Laquelle des confréries soufies ? Les tendances salafisantes ? La communauté chiite ou les différentes associations des ‘Ibâd Rahmân ? Serait-il représenté par la tendance académique et féministe ? Ou bien par l’Association islamique pour servir le soufisme ? Et le Cadre Unitaire de l’islam au Sénégal dans tout cela ? 

Notre objectif n’était pas ici de réfuter les plumes de nos trois aînés. Mais je pense qu’il faut parler, discuter et débattre de l’islam sans aucune autocensure ou peur de représailles. Cependant, entendons-nous bien : je parle de l’islam en tant qu’objet d’étude ou fait social et non pas en sa qualité d’une religion qui serait [la seule] détentrice de la vérité. 

Vive le débat démocratique
Vive la disputatio académique

1 Penda Mbow, Peut-on discuter de l’islam ? http://www.seneplus.com/opinions/peut-discuter-de-lislam [article publié le 27 juin 2018]

2 Amadou Tidiane Wone, Oui, on peut discuter de l’islam, http://www.seneplus.com/opinions/oui-peut-discuter-de-lislam [article publié le 30 juillet 2018]

3 Alymana Bathily, Non, Penda, on ne peut pas discuter de l’islam au Sénégal, http://www.seneplus.com/opinions/non-penda-ne-peut-pas-discuter-de-lislam-au-senega [article publié le 20 juillet 2018]

4 Seydi Diamil Niane, Moi, musulman, je n’ai pas à me justifier - Manifeste pour un islam retrouvé, Paris, Eyrolles, 2017, pp.75-77.

5 ‘Abd al-Raḥmān al-Wakīl, Hâḏî hiya al-sûfiyya., p.19.

Seydi Diamil Niane est docteur en études arabes et islamologiques à l'Université de Strasbourg, il est aussi chargé de recherche à Timbuktu Institute

Le Sénégal vient de juger une vingtaine d’islamistes soupçonnés de vouloir établir un califat en Afrique de l’Ouest. Un procès historique dans un pays réputé pour sa pratique tolérante de l’islam

Après quatre mois de procédure, le Sénégal a connu l’épilogue d’un procès historique. Vingt-neuf prévenus comparaissaient devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Dakar. Ils étaient soupçonnés d’appartenir à une cellule djihadiste avec des ramifications en Gambie, en Guinée et en Guinée-Bissau, avec pour but d’établir un califat ouest-africain. Même si la moitié des prévenus ont finalement été acquittés jeudi 19 juillet, ce procès illustre l’augmentation de la menace djihadiste en Afrique de l’Ouest.

Le cerveau du groupe condamné à 20 ans de travaux forcés

Parmi les personnalités accusées, l’imam Ndao était présenté comme guide spirituel de cette cellule. Il était poursuivi pour «apologie du terrorisme», «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» et «blanchiment de capitaux». Le tribunal n’a finalement retenu que la possession illégale d’une arme et de munitions, le condamnant à 1 mois et demi de prison. Ce religieux avait déjà été condamné pour des prêches radicaux en 2015.

Le cerveau du groupe, Matar Diokhané, a lui été condamné à 20 ans de travaux forcés. L’homme avait été mis sous surveillance pour avoir organisé en 2015 le départ d’une vingtaine de Sénégalais pour le Nigeria, où ils devaient rejoindre Boko Haram. Une vaste opération antiterroriste a ensuite permis de mettre au jour des mouvements financiers suspects, des armes et la consultation de sites djihadistes. Plusieurs séjours dans des zones où des groupes terroristes sont implantés tel que le Nigeria ou la Mauritanie prouvent les connexions régionales. Matar Diokhané aurait ainsi rencontré Abubakar Shekau, chef du mouvement djihadiste nigérian Boko Haram et celui-ci lui aurait remis 12 000 euros afin de poursuivre le projet de califat.

«Le Sénégal n’est pas prêt pour juger ce genre de cas, car nous manquons d’experts.»

Mamadou Bamba Ndiaye, ex-ministre chargé des affaires religieuses

Jamais auparavant la justice sénégalaise n’avait eu à juger autant d’individus pour actes de terrorisme. «Le Sénégal n’est pas prêt pour juger ce genre de cas, car nous manquons d’experts. Ce procès historique est cependant une surprise car le verdict est équitable», remarque Mamadou Bamba Ndiaye, ex-ministre chargé des affaires religieuses sous l’ancien président Wade, un portefeuille ministériel aujourd’hui disparu. «J’aurais cependant souhaité que les débats soient retransmis à la télévision pour sensibiliser la population», regrette-t-il.

Notre éditorial de décembre 2017: Le Sahel, ce grand mirage sécuritaire

Radicalisation croissante

«Les salafistes sont de plus en plus présents au Sénégal. Même s’ils sont majoritairement quiétistes et sont adeptes d’une lecture littérale du Coran contre la violence, c’est un terrain favorable à l’extrémisme», note Seydi Djamil Niane, chercheur au Timbuktu Institute, centre sur le radicalisme religieux en Afrique.

Le Sénégal est réputé pour sa tolérance et ses confréries soufies (courant quiétiste avec une pratique tolérante de l’islam). Jusqu’à présent, celles-ci font rempart contre les attaques terroristes qui ont secoué la région, comme au Burkina Faso en 2018 ou en Côte d'Ivoire en 2016. Mais des zones périphériques du pays, totalement délaissées par l’Etat et où les confréries sont peu insérées, sont les premiers territoires investis. Les idées radicales, s’appuyant sur l’éducation des plus jeunes, noyautent peu à peu la société à l’échelle régionale. En Afrique de l’Ouest, l’instabilité politique, la pauvreté et le chômage constituent un terreau fertile pour ces extrémismes religieux face à des Etats dépassés.

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