Traitement médiatique de l’extrémisme violent : Timbuktu Institute et la Fondation Adenauer forment la presse

Comment, dans ce contexte mondial marqué par une hypermédiatisation des faits terroristes,  les journalistes pourront donner des informations vraies et utiles, sans servir la cause terroriste. C’est l’objet de la session de formation sur les enjeux de la prévention de l’extrémisme violent en Afrique, initiée par Timbuktu Institute, en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer (FKA) et le Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI).

Après les journalistes de la presse en ligne, hier, c’était au tour des professionnels de la presse écrite d’être outillés sur ces enjeux. Le Dr. Bakary Sambe de Timbuktu a d’emblée souligné que l’objet de la session n’était pas d’apprendre aux journalistes comment ils doivent faire leur travail, comme le laisse suggérer le thème : ‘’le traitement de la question de l’extrémisme violent par les médias’’. Cette précision faite, M. Sambe a indiqué que l’objectif de ce séminaire, c’est d’accompagner les professionnels de la presse écrite en renforçant leurs capacités sur une thématique aussi ‘’sensible’’ que  complexe. D’autant que, selon cette assertion devenue célèbre : ‘’le terroriste ne veut pas que beaucoup de gens meurent, il veut que beaucoup de gens sachent’’.

En effet, il est évident que les médias constituent une cible des terroristes, car étant des outils de communication de masse et même de manipulation et de propagande. A ce sujet, le mensuel rwandais ‘’Kangura’’ est souvent cité pour son rôle funeste dans le déclenchement du génocide rwandais de 1994.  Les initiateurs de cette session espèrent que cette rencontre entre experts et professionnels des médias permettra à ces derniers d’avoir une lecture plus claire de différents concepts et enjeux liés au terrorisme par le biais de l’utilisation d’une certaine terminologie parfois confuse et idéologiquement chargée (islamistes, djihadistes, etc.) ; et aussi de transmettre des pratiques, des grilles d’analyse et une sensibilisation à la base.

De son côté, la chargée des programmes de la Fondation Konrad Adenauer (FKA) a insisté sur  le rôle et la responsabilité de la presse dans la formation de l’opinion publique. ‘’La presse peut jouer un rôle pompier ou  pyromane. On l’a vu dans beaucoup de pays. La presse écrite, un média qui reste et qui persiste, que l’on utilise pour prouver, pour démanteler ou citer, a une responsabilité accrue dans le traitement de ces délicates questions’’, a déclaré Dr Ute Bocandé. Le représentant du ministre de la Culture et de la Communication a renchéri que l’une des armes les plus efficaces pour faire face au radicalisme religieux, ce sont la prévention et l’éducation. Et  la presse y joue un rôle essentiel.


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