Deux mois après la réélection du président Paul Biya pour un huitième mandat, le pays ne dispose toujours pas d’un nouveau gouvernement et les Camerounais restent dans l’expectative. Dans son discours à la nation du 31 décembre 2025, le chef de l’État avait cependant laissé entendre que cela relevait d’une « priorité » et que des « efforts soutenus » devaient être « engagés sans délai ». Depuis le début de son magistère en 1982, Biya a effectué 35 remaniements mais aucun lors de son précédent mandat de sept ans. Selon des informations de TV5 Monde, une forme de « gouvernement d’union nationale » ne serait pas à écarter, principalement en raison de l’important score de 35% obtenu par l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui aurait décliné le poste de Premier ministre. Biya, lui, lors de son discours de fin d’année s’est voulu diplomate en plaidant pour un renforcement du multilatéralisme à l’échelle internationale.
Pas de libération pour les détenus post-électoraux
Mardi 8 janvier, plus de 140 détenus - en prison depuis plus de deux mois - de la crise post-électorale d’octobre 2025 ont comparu devant le tribunal militaire de Yaoundé. Ils ont été jugés pour « propagation de fausses nouvelles, attroupement, rébellion en groupe et défaut de carte d’identité » pour avoir participé aux manifestations de contestations contre les résultats annoncés de la dernière présidentielle. La cour a rejeté la requête de libération provisoire introduite par le collectif d’avocats.
En parallèle, au nord-ouest du pays, la situation sécuritaire demeure délétère. Les forces de défense camerounaises ont affirmé avoir neutralisé onze combattants séparatistes, le 6 janvier au cours d’une opération militaire dans le département de Bui, entre les localités de Ntabah et de Mbawrong. Depuis 2017, les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont le théâtre d’une guerre opposant l’Etat camerounais à divers groupes séparatistes.