Timbuktu Institute – Semaine 4 - Janvier 2026
La dernière semaine du mois de janvier a été marquée par un resserrement institutionnel à l'échelle nationale. En effet, le contexte national, marqué par des menaces terroristes pressantes et des tentatives de déstabilisation internes et externes, a conduit les autorités à dissoudre tous les partis politiques et leurs activités sur l'ensemble du territoire. Cette décision a été rendue publique le jeudi 29 janvier au soir, lors du conseil des ministres, par le ministre d'État, ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité du Burkina Faso, Émile Zérbo. Selon lui, les partis politiques auraient « favorisé la division des citoyens, contribué à la fragilisation du tissu social et créé un développement déséquilibré du territoire ». Le gouvernement semble ainsi remettre en cause le rôle structurant des partis politiques, en mettant en lumière leurs effets néfastes sur la cohésion nationale et la stabilité du pays. C'est la raison pour laquelle le décret de dissolution de toutes les formations politiques et l'annulation des textes réglementaires les régissant ont été adoptés, entraînant le transfert de leurs actifs à l'État central. Cette décision soulève la lancinante question de la liberté politique depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités militaires, qui semblent déterminées à refonder l’État et à réduire l’espace politique.
Extradition de Damiba : durcissement sécuritaire et risques de tensions internes
Pendant ce temps, l’extradition de Damiba a fortement marqué l’actualité du pays. En effet, l’ex-chef de la junte de 2022, Paul-Henri Sandaogo Damiba, a été remis aux autorités burkinabè, et le traitement de ce dossier suscite de nombreuses convoitises. Depuis cet événement, une série d'arrestations a été observée dans les milieux militaires, mais aussi chez certains civils soupçonnés d'avoir collaboré avec l'ancien chef de l'État. À cela s'ajoute le placement sous surveillance de hautes personnalités, ainsi que le rapatriement de certaines d'entre elles hors du pays. Certains observateurs y voient une véritable chasse à l’homme qui pourrait créer de nouveaux conflits internes. Les autorités ont affirmé avoir déjoué à plusieurs reprises des complots visant de hauts responsables en début janvier ; ces annonces ont servi à justifier des arrestations et un renforcement de la sécurité autour des grandes villes.
Gestion des urgences sécuritaires et risque de tensions urbaines
Parallèlement, les violences armées et l’extension des zones non contrôlées, notamment au nord et à l’est, continuent d’affecter la situation sécuritaire, malgré les avancées réalisées. Le travail du pouvoir militaire mêle donc impératifs sécuritaires et gestion des libertés publiques jugée restricitive. Dans les jours à venir, l’on peut s'attendre à un renforcement des contrôles administratifs et judiciaires contre les acteurs politiques et les ONG dissidentes, ainsi qu'à un risque élevé d'épisodes de tension localisés autour des grandes villes, sous forme de manifestations.