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Tchad : N’Djamena garde un œil ouvert sur le Soudan Spécial

© JORIS BOLOMEY / AFP © JORIS BOLOMEY / AFP

Timbuktu Institute Janvier 2026

 

N’Djamena continue de suivre de près l’évolution de la guerre dans son pays voisin, le Soudan. C’est fort de cette situation que le 22 janvier, le ministre d’État tchadien Abdullah Sabir Fadoul a reçu le personnel intérimaire de l'ambassade de la République du Soudan au Tchad pour échanger sur les enjeux humanitaires et sécuritaires en présence et surtout sur la situation des réfugiés soudanais à l’est du Tchad. Par la voix du diplomate Abdullah Abker Saleh, Khartoum a exprimé sa gratitude pour l’accueil et le soutien apportés aux réfugiés, notamment l’inclusion socioéconomique et l’accompagnement des étudiants pour leurs examens. De son côté, N’Djamena a souligné l’urgence d’une paix durable au Soudan, rappelant que la stabilité du pays voisin est cruciale pour la sécurité et l’économie tchadiennes, déjà fragilisées par le conflit.

Par ailleurs, l’activité de coopération bilatérale de N’Djamena en ce premier mois de l’année ne s' arrête pas à ses voisins. Le 20 janvier, le Tchad et la Biélorussie ont signé un mémorandum d’entente en matière de coopération militaro-technique. Cet accord vise à développer les échanges militaires et technologiques, renforcer les compétences et équiper les forces armées tchadiennes, tout en favorisant le transfert de technologies et le soutien logistique. Ces initiatives illustrent la stratégie tchadienne visant à sécuriser ses frontières et à renforcer sa position régionale à travers une diplomatie active et des partenariats militaires ciblés. Elles révèlent également la double logique de N’Djamena : soutenir la stabilité de ses voisins tout en modernisant ses capacités de défense pour faire face aux défis sécuritaires et humanitaires persistants.

Création du Conseil national de la décentralisation

Un nouvel organe voit le jour dans l’architecture institutionnelle tchadienne. Il s’agit du Conseil national de la décentralisation (CND) dont le décret de création a été signé le 22 janvier par le chef de l'Etat, Mahamat Idriss Deby Itno. Dans sa mission d’amélioration de la gouvernance territoriale, le CND sera chargé de coordonner le transfert des compétences et ressources de l’État vers les collectivités, d’évaluer leur adéquation, de formuler des recommandations et de soumettre un rapport annuel au président. Par ailleurs, l’organe sera présidé par le Premier ministre et administré par des membres du gouvernement, du Parlement et des collectivités territoriales. En attendant de voir si le CND portera ses fruits, sa mise en place illustre à tout le moins une volonté d’institutionnaliser le suivi et l’évaluation du processus de décentralisation au Tchad. Quoiqu’il en soit, un tel cadre formel pourrait à n’en point douter, renforcer la cohérence et l’efficacité des transferts de compétences et de ressources vers les collectivités territoriales.