Actualités

Actualités (172)

Où va la Tunisie ? Comment les enjeux de cette élection présidentielle sont vus d’Afrique subsaharienne ? Quel avenir pour les réformes sociales et politiques entamées depuis la révolution ? La démocratie tunisienne est-elle encore assez enracinée au point de donner des gages pour des transitions paisibles ? Les interrogations se multiplient alors que la crainte d’errements politiques, de compromissions « décomplexées » avec les islamistes inquiètent, de plus en plus, la société civile et les franges progressistes du pays..

L'auto-immolation par le feu du jeune vendeur ambulant Mohamed Bouazizi en fin 2010[1], a constitué l’élément déclencheur du soulèvement populaire contre le régime de Ben Ali, ainsi que l’avènement inattendu du printemps arabe. En effet, partant d’un divorce avec un régime dictatorial, en passant par lachute de Ben Ali, la révolution tunisienne a fait souffler le vent de  la démocratie dans le pays, et ouvrant ainsi la porte aux pays du Maghreb et même du Moyen-Orient. Le retour sur la scène politique de Beji Caïd Essebsi[2], illustre homme politique et avocat tunisien pour occuper le poste de premier ministre et assurer la transition démocratique marquait le début d’une nouvelle ère pour la Tunisie.

D’ailleurs, il va créer son propre parti, le Nidaa Tounes[3] et ainsi devenir le premier président tunisien élu démocratiquement au suffrage universel en 2014. Sous Ben Ali, un climat de crainte gagnait le quotidien des tunisiens avec une presse muselée, une liberté d’opinion bafouée, des opposants politiques emprisonnés, une instabilité constitutionnelle qui sont entre autres des ingrédients de la dictature. Au lendemain de l’insurrection de 2011, si les tunisiens savourent la liberté, le gouvernement lui, fait face à de nouveaux défis notamment l’apaisement du climat politique, la satisfaction des urgences sociales, le cas du chômage, bref rebâtir le pays.

Autrement dit, pour prendre en charge les exigences sociales, motifs de soulèvement populaire, le nouveau gouvernement va s’inscrire dans une logique de mener une réforme institutionnelle qui marquera le début d’une nouvelle époque avec une volonté de prise en charge des préoccupations des populations. Et c’est dans ce sillage qu’une nouvelle Constitution[4] a été adopté afin d’apaiser le climat politique et de fonder un Etat de droit, même si la demande en termes d’emploi des jeunes reste pressante.

La disparition de Béji Caid Essebsi, dont le mandat était presque fini, intervint dans un contexte où la Tunisie se trouvait dans une posture de reconstruction avec de nouvelles réformes qui sont engagées. Le décès du président tunisien a ainsi, bouleversé malgré une transition plus ou moins réussie qui a placé le chef du parlement et actuel président intérimaire Mohamed Ennaceur dans une situation de leadership inattendu. Il a dû occuper le fauteuil présidentiel jusqu’à la fin du mandat comme le prévoyait la Constitution en ces termes : « En cas de vacance provisoire de la fonction de Président de la République pour des motifs qui rendent impossible la délégation de ses pouvoirs, la Cour constitutionnelle se réunit sans délai et constate la vacance provisoire, le Chef du Gouvernement remplace le Président de la République. La durée de la vacance provisoire ne peut excéder soixante jours. Si la vacance provisoire excède les soixante jours ou en cas de présentation par le Président de la République de sa démission écrite au Président de la Cour constitutionnelle, de décès ou d’incapacité permanente ou pour tout autre motif de vacance définitive, la Cour constitutionnelle se réunit sans délai, constate la vacance définitive et en informe le Président de l’Assemblée des représentants du peuple qui est sans délai investi des fonctions de Président de la République par intérim, pour une période de quarante-cinq jours au moins et de quatre-vingt-dix jours au plus ».

C’est dans ce contexte inédit dans son histoire que la Tunisie organise des élections présidentielles et se trouver un dirigeant pour les cinq prochaines années. Dès lors, les tunisiens sont appelés aux urnes ce 15 septembre avec une pléthore de candidatures consacrant le multipartisme dans ce pays tout en interrogeant sur la pertinence des différentes offres politiques. Deux figures connues de la vie politique tunisienne, le Premier ministre Youssef Chahed[5], et le président intérimaire de l’Assemblée Nationale en l’occurrence Abdelfattah Mourou[6] sont très attendues.

Mais l’autre candidature surprenante dans cette course à la présidentielle sera l'avocat Mounir Baatour[7] qui se présente ouvertement comme homosexuel et défenseur du droit des gays. Elle ne sera pas finalement retenue, car l’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections en Tunisie (ISIE)[8] ne validera que 26 candidatures sur 97.

Toutefois, cette course à la présidentielle va aussi se distinguer avec la participation de deux femmes qui témoignent, ces dernières années, d’une plus grande reconnaissance d’un rôle féminin sur l’espace politique et dans les institutions publiques.

Un détour historique pour apprécier la position de la Tunisie sur la question du droit des femmes nous amènera à comprendre que cette évolution qui tranche d’avec la situation dans les autres pays arabes sera encore plus prononcée dans les années à venir.

Cette place de la femme dans la société tunisienne pourrait être sujette à double interprétation. D’abord, vouloir apporter une touche de modernité en responsabilisant la femme et lui octroyer plus de liberté mais aussi une ligne de démarcation vis-à-vis du monde arabe où la la reconnaissance des droits de la femme reste limitée. Ensuite, on sait qu’au regard de la situation internationale, l’image que renvoie le pays compte beaucoup et que différents organismes internationaux apprécient la mise en évidence du rôle féminin dans les affaires des institutions publiques. Il faut aussi rappeler que la Tunisie se distingué par l’émergence sur la scène publique de fortes personnalités féministes –comme Raja Benslama - qui ont même pu investir le champ de l’interprétation des textes religieux afin de lutter contre les lectures islamistes qui brident l’évolution de la société comme dans d’autres pays arabes et musulmans.

Mais, c’est avec la nouvelle constitution adoptée le 26 janvier 2014 que ce rôle féminin sera encore mieux pris en compte avec l’octroi de plus reconnaissance des droits à travers d’abord son article 21[9] qui proclame l'égalité entre les citoyens et citoyennes devant la loi sans aucune discrimination, ensuite, l'article 34[10] garantit la représentativité des femmes dans les assemblées élues.

Si l’essence du printemps arabe était de rompre avec l’autoritarisme, la dictature, pour permettre aux populations d’épouser le modèle démocratique, la Tunisie semble le seul pays à avoir préservé les acquis issus des révolutions, même si elle rencontre certains problèmes notamment, une économie moins compétitive, ainsi qu’une forte demande sociale qui constituent des défis auxquels le prochain président devra faire face pour réaliser les rêves de progrès. De son côté, le parti islamiste Ennahda qui continué à tisser sa toile bien au-delà des couches paupérisées et des militants originels, présente officiellement un candidat mais aborde cette présidentielle quelque peu divisé.

De fortes personnalités de la société civile avec un passé militant assez marqué à gauche expriment encore des craintes quant à l’attitude de certains hommes politiques qui, pour des raisons électoralistes, n’hésiteront pas à répondre aux sirènes des islamistes au prix de « liaisons dangereuses » pour l’avenir de la démocratie en Tunisie. Au même moment les formations progressistes sont plongées dans de profondes divisions, des querelles de chapelles qui les ont considérablement affaiblies au point que l’universitaire tunisien, Mohamed-Chérif Ferjani, estime qu’à cette veille de présidentielle décisive la gauche « perd complètement la boussole[11] »

Assane Sarr, stagiaire, Observatoire Africain du Maghreb et du Moyen-Orient, Dakar (Sénégal)

 

 



[1]https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Bouazizi consulté le 27 Août 2019 à 10h 15 minutes

[2]https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9ji_Ca%C3%AFd_Essebsi consulté le 27 Août à 10h 25minutes

Le projet intitulé « Les jeunes des OSC et des ASC mobilisent leurs cités pour des valeurs citoyennes et contre la violence » a été soutenu par l’Ambassade de France à Dakar à travers son dispositif PISCCA (Projets Innovants de la Société Civile et des Coalitions d’Acteurs). Le principal objectif était de renforcer les capacités de ces jeunes des mouvements associatifs pour l’acquisition d’outils afin de promouvoir le vivre-ensemble, la culture de la paix et la non-violence. En effet, lors de la cérémonie de lancement le 2 juillet 2018 à Mbour, Timbuktu Institute lançait un appel solennel en faveur du rapprochement et de la réunification des fractions pour le bien du mouvement navétanes. Et tout au long du déroulement des activités du projet à Dakar, Mbour, Kaolack et Saint-Louis, des messages de paix ont été véhiculés en étroite collaboration avec les partenaires allant dans le sens d’une saison apaisée.

Malgré tous les efforts consentis par les différentes parties prenantes, la violence ne s’est pas estompée. Pour rappel, plus de 50 associations sportives de la ville avaient décidé de créer une structure parallèle conduisant à l’existence de deux championnats émaillées de perturbations et de manifestations. Sur le terrain, plusieurs fois la police a eu à intervenir pour rétablir l’ordre avant, pendant et après l’organisation des matchs et l’occupation du stade Caroline Faye qui faisait l’objet de polémique entre les deux championnats rivaux. Cette situation a abouti à l’interdiction des activités de navétanes depuis le 28 janvier dernier, à la veille de la campagne présidentielle de février 2019. Fort heureusement, la plupart de ces ASC frondeuses ont rejoint la « grande famille », l’organisme départemental de coordination des activités de vacances (ODCAV) authentique dirigé par Pape Amar Mbodj. Un grand pas vers l’organisation d’un championnat sans risque de violence.

C’est ce mardi 27 août 2019 que le Préfet du département de Mbour, Saër NDAO sort enfin l’arrêté tant attendu portant levée de la suspension des activités du championnat national populaire. En effet, les autorités administratives du département avaient interdit les activités de « navétanes » depuis le 28 janvier dernier, veille de la campagne présidentielle. Suite à des concertations sérieuses entre le Préfet et les acteurs des tous bords du mouvement, les matchs peuvent enfin démarrer sur toute l’étendue du département à compter de la date de publication de l’arrêté n° 19-528 / DMB / P. Un ouf de soulagement pour les dirigeants et supporters du football amateur mbourois qui ont vécu la saison dernière dans la division.

A la capitale, la saison passée a été émaillée de scènes de violence graves et un manque criard d’infrastructures pouvant accueillir correctement les compétitions. Des dysfonctionnements ont été notés et les amateurs du football local ont dénoncé cet état de fait. Il s’avère urgent de résoudre ces tares congénitales afin d’anticiper sur l’organisation de l’année à venir. Avec la Coupe d’Afrique des Nations, la tenue comité local de développement (CLD) de Dakar-plateau concernant la saison 2019-2020 qui était initialement prévu le 18 juillet a été reportée à une date ultérieure. Ce sera l’occasion de discuter profondément sur la question brûlante de la réouverture du stade Demba Diop fermée depuis la date du drame ayant abouti à la mort de huit supporters du Stade de Mbour le 15 juillet 2017 au cours du match contre l’US Ouakam.

Saint-Louis aussi avait enregistré des scènes de violence ayant abouti à la mort d’un jeune supporter dans le département de Dagana. Par la suite, le sous-préfet avait interdit toute activité de navétanes dans cette localité.Les phases nationales se déroulent du 20 août au 7 septembre dans la région de Louga sans incident majeur.

Timbuktu Institute appelle les différentes parties prenantes au calme et au dialogue inclusif pour une saison de championnat populaire sans problème.

Ensemble, œuvrons pour la non-violence dans le milieu sportif !

"It is clear that this kind of event allows France to heal her diplomacy. But I think we can hope for more. Africa's participation in the G7 is a good thing if we go beyond the stage. This contrasts, of course, with the vision of a great ball of the powerful, between-rich. But the process will be inclusive only if we succeed in giving substance to this spirit of openness. The Sahel expects more actions, not speeches. I hope that the voices of these heads of state will be heard in the hubbub of this felted high mass. "

Are the concerns of Bakary Sambe, director of the Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies and coordinator of the Observatory of Religious Radicals and Conflicts in Africa, well-founded? The G7, the gathering of the seven richest countries on the planet, was this year on the theme of reducing inequalities. The French presidency of the G7 has made it her warhorse with, in a line of sight, the African continent which she wants to ensure the development "on new bases partnership", as Emmanuel Macron has repeatedly said, goaded into this. Germany, which wants to put a stop to illegal immigration to Europe by helping Africans stay at home.

Even if this meeting, in the end, focused much on other subjects than Africa, starting with the Amazon ravaged by fires, the Iranian nuclear, the international trade, even Hong Kong, the initial objective France to put Africa at the heart of the discussions has nevertheless been achieved. Most of our African colleagues have hailed the "good intentions" of the French presidency in their coverage of the summit, but are nevertheless very skeptical about the ability of the rich to take an interest in the poor, especially when they arrogate to seven the right to decide the fate of the planet:

"The sad reality is that Africa, which accounts for about 5% of world trade, has a hard time hearing about its specific problems related to climate change, the tax evasion orchestrated by multinationals, unemployed , insecurity, etc., "comments the Burkina Faso newspaper Le Pays, which also regrets that the five African presidents invited to this summit" have been just to furnish the decor. "

The composition of the African delegation has been much in the news in Africa. Kigali's main daily, the New Times, believes, for example, that the choice of guest countries owes nothing to chance, but to a clever mix. Thus, "Paul Kagame of Rwanda was officially invited as former President of the African Union, Al-Sissi of Egypt as current President of the African Union, Cyril Ramaphosa as newly elected President of the African Union. South Africa's second largest economy, Senegal's Macky Sall as president of NEPAD, and finally Roch-Marc Christian Kaboré as president of G5 Sahel and as head of state for a country, Burkina Faso, first line concerning the fight against terrorism in a region under secure tension ", writes the newspaper.
Which, in the opinion of most African commentators, hides also the diplomatic backslides of France who would have benefited from it to "work its bilateral relations with Africa". According to the Elysee, President Macron will make an official visit to South Africa in 2020. As for the country of Paul Kagame with which France has long had a heavy judicial liability on the causes of the 1994 genocide, it is a question of reunion assumed:

"Rwanda has a major geostrategic role to play in the Great Lakes area. In addition, since October 2018, it is a Rwandan, Louise Mushikiwabo, who is at the head of the International Organization of the Francophonie (OIF), "recalls the New Time.

Two new conferences to bring Libya out of the crisis

Speaking on behalf of the G5 Sahel member states (Burkina Faso, Mauritania, Mali, Niger, Chad), the Burkinabe head of state pleaded with both the French presidency and German Chancellor Angela Merkel, for the international community to take concerted action to stabilize Libya. Making a connection between the security crisis in Libya, instability in the Sahel and that prevailing in the world in general, he called on the G7 to "show a clear position to bring peace and stability to Libya".
A satisfied request since the paragraph on Libya in the final declaration was described by Emmanuel Macron in an interview on August 27 on a large French television channel, as "one of the main advances of this summit with Iraq." After reaffirming their support for the work of the United Nations to set up an inter-Libyan conference, the G7 leaders have agreed to organize two new international conferences to discuss a way out of the crisis in this country oil-laden, but who knows the chaos since the fall of Moamer Khadafi in 2001 and his subsequent assassination:

"We support a truce in Libya that can lead to a lasting ceasefire. We believe that only a political solution will ensure the stability of Libya. We look forward to a well-prepared international conference involving all stakeholders and regional actors involved in this conflict. In this regard, we support the work of the United Nations and the African Union to set up an inter-Libyan conference, "said the communiqué adopted by the seven richest countries on the planet, on August 26, summit of Biarritz.

Neither the date nor the venue of this conference have yet been disclosed. But, according to French diplomatic sources, this is a "revised and corrected" version of that initially planned by Ghassan Salamé, UN special envoy, before the April 4 offensive on Tripoli by the National Army. Libyan Arabian Army (ANL), which is led by Marshal Khalifa Haftar, strongman of Cyrenaica in the East. The difference with the organization of this new inter-Libyan conference is that it will be "more inclusive" with, in particular, "the presence of the military leaders of Misrata and Zintan", at the head of Western militias supporting the Prime Minister. Libyan minister Fayez el-Sarraj who heads the Government of National Unity (GNA), the only one to be recognized by the international community.
Another international conference on Libya is also scheduled to take place in New York at the end of September in the margins of the UN General Assembly and Security Council. Long divided, G7 leaders now seem to want to be pragmatic to leave the country, now deeply divided, the political impasse in which it is located. "In this perspective, France is conducting consultations with London and Rome and seeks to install a lasting truce in Tripoli nearly five months after the start of the conflict," said sources.

Towards an enlargement of the G5 Sahel

The intense lobbying of Roch-Marc Christian Kaboré in Biarritz did not however fully bear fruit concerning the reinforcement of the financial means of the G5 Sahel. One of the ambitions displayed by the French presidency at the summit was to unlock the funding promised for the security forces of the five Sahelian states concerned. Opposed to the transformation of this force into a UN mission, which would have solved the question of its financing, the United States has always shown its preference for bilateral aid as they currently do with Niger or Burkina Faso.

Faced with a resurgence of jihadist attacks in this region for several months, the security forces of the G5 Sahel states found themselves in the front line, despite the presence of the Barkhane force in Mali. However, of the 420 million euros originally pledged to them, "a large part of this money has still not been received by G5 Sahel. The disbursement did not follow, "confirmed . Bakary Sambe.

"This situation gives the impression of a great competition between the military powers that are France, Germany – which asserts itself more and more – China and Russia, among others. And sends a very negative image to the local populations who are subjected to the draconian measures imposed by the authorities, while feeling less and less secure. The Sahel is a patient around whom there are many doctors. But nobody agrees on the diagnosis, "he added.

Speaking at a press conference attended by Burkinabe President Emmanuel Macron and Angela Merkel spoke of the importance of "better arming" and "better training" the region's military and police. However, there is no question for the German Chancellor to go beyond the 200 German soldiers deployed in Mali to support MINUSMA, the UN mission in Mali. For now, France and Germany are seeking to convince other donors, not just the G7, to commit to a "new partnership" for the Sahel.
This hand extended to other countries in the region is aimed essentially at "expanding" the G5 Sahel and "strengthening" financially the international coalition fighting against jihadist groups in Mali, Niger, Mauritania, Chad and Burkina Faso. The first step is to involve the Gulf of Guinea countries, particularly Senegal, Côte d'Ivoire and Ghana, in the efforts of the G5 Sahel. A Franco-German meeting scheduled "before the end of the year" must set the terms. While an ECOWAS summit, set in mid-September in Ouagadougou, will examine the feasibility of creating a broad military coalition encompassing the G5 Sahel states and some of their neighbors.
Criticized by NGOs who find this partnership too vague and too much access to strategic considerations, "while Paris and Berlin should have, in their eyes, announced an initiative to fight against inequalities," they argue, the possibility of an extension of the G5 Sahel to other ECOWAS countries is rather well received in West Africa. At the last summit of this regional organization, in July in Abuja, this prospect had already been announced. Ivorian President Alassane Ouattara has never concealed his support for a rapprochement between the G5 Sahel and the rapid intervention forces of ECOWAS, and even an extension to Central African countries such as Cameroon and Chad. who are also victims of Boko Haram attacks.

 

Source :https://fr.sputniknews.com/afrique/201908291042009059-invitee-au-g7-lafrique-na-t-elle-vraiment-fait-que-de-la-figuration/

Du 29 juillet au 9 août 2019, UNESCO-International Institute for Capacity Building in Africa (IICBA) a organisé un voyage d’étudeau Japon en partenariat avec le gouvernement japonais et l’Université d’Hiroshima par le biais du Centre d’étude de la coopération internationale en éducation (CICE).

Douze pays africains ont été conviés à cette rencontre à laquelle Timbuktu Institute African Center for Peace Studies a représenté le Sénégal. L’objectif de ce programme, dans ce contexte où nombre de pays africains traversent des crises de toutes natures, est non seulement de contribuer au renforcement de la paix et de la résilience mais aussi la préventionde l’extrémisme violent à travers l’outil éducatif. Le Japon était, à juste titre pris en exemple en qualité de pays ayant fait preuve de résilience et d’exemple en termes de reconstruction de la paix malgré les péripéties que nous révèlent l’expérience de la deuxième guerre mondiale.

Renforcement de la paix et de la résilience et prévention de l’extrémisme violent dans les pays africains par le développement des enseignants, voilà le thème plus qu’actuel qui a réuni universitaires, chercheurs et experts sur les questions de paix et sécurité dans les villes historiques d’Hiroshima et de Nagasaki et à la capitale nipponne, Tokyo. Cette rencontre internationale fut riche en partages d’expériences entre acteurs relevant de divers univers nonobstant les barrières linguistiques. C’est la troisième fois consécutive que le Japon soutient un tel projet qui, au-delà de l’implication des pays africains malgré l’obstacle « distance » par rapport à l’Asie, traduit une ouverture de celle-ci sur l’enjeu sécuritaire.

Entre conférences retraçant l’expérience japonaise et visites de structures gouvernementales qui ont été le moment d’échanges importants entre personnalités publiques et participants, ces derniers ont eu droit à une palette de communications éclairant leur lanterne sur la tragédie de la guerre et les stratégies ayant concouru à la reconstruction des villes dévastées. Puis, les Musées historiques de la bombe atomique de Nagasaki et du Mémorial pour la paix d’Hiroshima ont été respectivement visités. L’arrivée sur ces lieux, dont le décor fait glaner le visiteur dans les champs du passé, a été un moment mémorable permettant de concrétiser l’idée qu’on s’est toujours faite de la Grande guerre.La date du 6 août, qui invoque un souvenir douloureux, a été commémorée dans la cadre de ce voyage devant le Musée du Mémorial pour la paix à Hiroshima, une cérémonie rehaussée par la présence des autorités japonaises, du corps diplomatique étranger et d’individus venus des quatre coins du monde.

Aussi, la rencontre a été fort interactive du fait de la présentation, par les participants, des spécificités nationales au-delà des perceptions que l’on pourrait avoir à travers les technologies de l’information et de la communication.

Ainsi, une belle collaboration en termes d’échanges dans les domaines scientifique et culturel est née de cette rencontre entre le Japon, pays qui se distingue par sa résilience en référence aux tragédies d’Hiroshima et de Nagasaki et l’Afrique qui traverse une période sombre de son histoire en raison de la violence extrémiste. Tout porte à croire que ce partenariat portera ses fruits sur le long terme en termes relèvement du niveau de sécurité pour atteindre l’objectif de construction d’une paix mondiale durable.

Journée noire pour le Burkina Faso. Lundi 19 août, une attaque « menée par des groupes armés terroristes » contre la caserne de Koutougou a fait vingt-quatre morts, sept blessés et cinq disparus, selon l'état-major général des armées. Cette « attaque d'envergure » est la plus meurtrière qu'ait connue le pays depuis 2016 et touche toute la région du Sahel. Une situation qui sera cette année au programme des discussions du G7, à Biarritz. Roch Kaboré, président du Burkina Faso, le Sénégalais Macky Sall, le chef d'État égyptien Abdel Fattah al-Sissi, mais aussi le président rwandais Paul Kagamé participeront aux réunions programmées du 24 au 26 août. Le dirigeant sud-africain Cyril Ramaphosa fait également le déplacement, en tant que partenaire engagé dans la protection de la planète et la transformation numérique.

 

Une première, dont l'objectif est de « rehausser l'engagement international au Sahel, peut-on lire sur le site de l'Élysée. Celui-ci visera au renforcement de l'appui aux forces de sécurité des États de la région et se doublera d'une mobilisation pour le développement, dans le cadre de l'Alliance Sahel que l'ensemble des dirigeants du G7 seront invités à rejoindre ». Voulue par Emmanuel Macron, la participation des acteurs africains est donc cette année une réalité. Coup de com diplomatique ou véritable engagement ? Bakary Sambe, directeur de Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies et coordonnateur de l'Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afriquerépond au Point Afrique.

Bakary Sambe : L'objectif principal est surtout de renforcer la solidarité entre les nations du Sud comme de l'Occident face aux grands défis mondiaux comme le terrorisme. Aujourd'hui, on est aussi vulnérable à Tombouctou et à Ouagadougou qu'à Paris ou à New York. La situation sécuritaire au Sahel concerne aussi bien l'Afrique que l'Europe. C'est pour cela que l'organisation du G5 Sahel a été autant soutenue à l'international.

Justement, les ambitions du G5 Sahel se sont-elles concrétisées ? L'organisation est-elle efficace ?

La démarche, à l'origine, était plutôt bonne. Le problème, c'est qu'on n'y met pas assez de moyens. Il y a une différence considérable entre ce qui se passe sur le terrain et les promesses faites lors des réunions. Aujourd'hui, alors que les groupes terroristes sont en train de se coordonner, de s'organiser, la communauté internationale ne fait que se disperser un peu plus.

Cette situation donne l'impression d'une grande compétition entre les puissances militaires que sont la France, l'Allemagne – qui s'affirme de plus en plus –, la Chine et la Russie, entre autres. Et renvoie une image très négative aux populations sur place qui subissent les mesures draconiennes imposées par les autorités, tout en se sentant de moins en moins en sécurité. Le Sahel est un malade autour duquel il y a beaucoup de médecins. Mais personne n'est d'accord sur le diagnostic.

Lire aussi Mali : faut-il dialoguer avec les djihadistes ?

Au total, plus de 420 millions d'euros ont pourtant été promis...

Vous l'avez dit, il a été « promis ». Mais une grande part de cet argent n'a toujours pas été reçue par le G5 Sahel. Le décaissement n'a pas suivi.

La présence des chefs d'État africains à Biarritz peut-elle déboucher sur des solutions concrètes, ou est-ce simplement une démonstration diplomatique ?

Il est clair que ce genre d'événements permet à la France de soigner sa diplomatie. Mais je pense qu'on peut espérer plus. La participation de l'Afrique au G7 est une bonne chose si l'on va au-delà du décor. Cela tranche, certes, avec la vision d'un grand bal des puissants, de l'entre-riches. Mais la démarche ne sera inclusive que si on réussit à donner corps à cet esprit d'ouverture. Le Sahel attend plus d'actions, pas des discours. J'espère que les voix de ces chefs d'État seront audibles dans le brouhaha de cette grand-messe feutrée.

Cela fait vingt ans ce 30 juillet que Mohammed VI règne sur le Maroc. Sous son impulsion, le pays a opéré une réorientation de sa politique étrangère, aux multiples facettes, vers l'Afrique sub-saharienne.

Cette réorientation s'est soldée en 2017 par sa réintégration dans l'Union africaine. Le Maroc avait quitté l'organisation régionale en 1984 suite à la reconnaissance par l'institution de la République arabe sahraouie démocratique qui comprend le Sahara occidental, une zone que le Maroc revendique. Selon le chercheur Bakari Sambe, directeur du Timbuktu Institute, le royaume a depuis opté pour une diplomatie fondée sur l'économie, avec succès.

« Le Maroc a converti son capital symbolique en capital économique et plus tard en capital diplomatique, vers les pays classiques comme le Sénégal, qui a toujours été la tête de pont des relations entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest, qui était son point d’entrée dans l’espace Cédéao - plus de 80 millions de consommateurs -».

Le Maroc a joué la carte de la finance, « Finance dont les pays africains avaient besoin à l’époque, notamment avec de grands groupes qu’ils ont rachetés au Sénégal. Aujourd’hui, les banques marocaines possèdent des filiales dans tous les pays de l’Afrique de l’Ouest. Donc le Maroc a joué sur les points consensuels, sur le plan économique, mais en avançant petit à petit sur le calendrier diplomatique et sur la grande question sahraouie qui l’oppose à pas mal de pays africains dont l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Algérie. »

Cette stratégie lui permet de se positionner aujourd'hui comme une porte d'entrée vers le continent africain face à la Libye en pleine crise et à l'Algérie avec qui il entretient des relations compliquées.

Pays refuge pour les affaires, pays de transit pour les hommes

« Le Maroc investit de nouvelles missions en jouant ce que l’on appelle les Bridge Power, c’est-à-dire les (têtes de ponts), à l’intersection entre l’Europe et l’Afrique... », reprend Bakary Sambe.

► Lire aussi : Six nouveaux accords économiques signés entre le Maroc et le Mali

« Le jeu du Maroc est très clair : c’est de dire aux pays européens et aux pays asiatiques que l’Afrique noire fait partie des régions que nous connaissons depuis la nuit des temps, depuis les caravanes. Nous pouvons vous y accompagner. Et Casablanca peut rester en attendant le lieu de dépôt de vos affaires et de vos capitaux. En cas de risque, vous pouvez vous redéployer sur Casablanca, qui est toute proche du continent africain, mais qui est à deux heures de Paris.

En même temps, le Maroc sert - pour l’Union européenne en tout cas -, à faire fonctionner les politiques migratoires, parfois, malheureusement, les plus draconiennes. Le roi a fait des efforts en régularisant plus de 50 000 Africains, mais le Maroc reste un grand pays de transit. La question migratoire est un atout aussi pour le Maroc pour s’imposer sur le plan stratégique au niveau des Européens. 

 

 

Dialogue interreligieux, situation au Sahel et dans la sous-région en rapport avec l'actualité récente au Sénégal ...Dr. Bakary Sambe, Directeur de Timbuktu Institute partenaire du Colloque annuel sur le dialogue interreligieux, a accordé une interview au quotidien national sénégalais Le Soleil dans le cadre du colloque interreligieux organisé le 25 juin 2019 par la Fondation Konrad Adenauer sur l’importance du dialogue religieux pour un pays comme le Sénégal. D’après lui, le Sénégal a certes des acquis en termes de stabilité et de bonne cohabitation entre les religions mais ces acquis ont besoin d’être consolidés en tenant compte de l’environnement sous-régional et de la situation au Sahel.

Quelle est l’importance d’un dialogue entre les religions au Sénégal ?

Ce dialogue arrive à point nommé au regard de l’actualité récente que notre pays a vécue. Cela nous interpelle sur plusieurs choses. La première remarque est que le contrat social sénégalais est un acquis. Et comme tout acquis, il doit être consolidé pour qu’il soit durable. Ce genre d’initiatives avec la présence de tous les chefs religieux, des membres du gouvernement pour encourager cela est un des  jalons posés pour la consolidation de notre contrat social. J’ai bon espoir parce que le Sénégal a encore les ressources culturelles, spirituelles, sociales qui nous permettent de dépasser de telles crises temporaires. Cela montre que le rôle des religieux est très important. Il est à valoriser pas seulement en termes d’appel au dialogue lorsque de grandes crises se profilent mais aussi matière de prévention et d’anticipation. Aujourd’hui nous devons véritablement mettre en valeur ce que beaucoup de pays nous envient, cette forme de cohésion sociale, la convergence des vues entre les différentes confréries, les relations paisibles entre l’Eglise et l’Islam mais aussi cette tolérance qui est notre marque de fabrique et qui fait de notre pays un îlot de stabilité dans l’océan d’instabilité qu’est la sous-région ouest africaine. Ceci est un trésor et nous devons le conserver. C’est pourquoi je salue l’initiative du gouvernement dans son souci de vouloir préserver l’image de nos guides religieux qui font partie du patrimoine national.

Comment consolider ces acquis, dans un contexte marqué par des menaces qui viennent de partout ?

Nous devons consolider ces acquis. Mais pour le faire il y’a plusieurs responsabilités. D’abord de la part des chefs religieux, les Khalifes précédents comme Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, dans son célèbre discours de 2010, El Hadji Abdou Aziz Sy Dabakh, dans ses nombreses interventions, Serigne Abdoul Aziz Sy Al-Amine dans ses appels constants au dialogue ont joué leur partition. Il appartient à la nouvelle génération de jouer la leur. Je suis relativement rassuré aujourd’hui quand je vois le cadre unitaire de l’Islam au Sénégal avec Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Alamine, Serigne Abdou Aziz Mbaké Majalis et tant d’autres appartenant à d’autres confréries appelant à la concorde. A chaque fois que certains veulent profiter des réseaux sociaux pour semer la zizanie et promouvoir des messages de haine dans l’inconscient de nos jeunes, ces personnalités se lèvent comme un seul homme pour dire que le Sénégal ne peut aller dans cette direction, nous devons rester dans la consolidation de nos acquis. C’est du rôle des religieux, des éducateurs, des enseignants que nous sommes. Le cadre unitaire de l’Islam a rédigé un manuel sur les écrits de la Paix professée par nos guides religieux. Il appartient à la famille éducative et aux autorités de s’approprier ces messages et de l’inclure dans les curricula de l’Education nationale.

L’autre responsabilité est politique. L’Etat doit prendre ses responsabilités pour qu’à l’image de tous les autres pays qu’on n’accepte pas de brûler nos symboles. Il faut que les modèles que nous avons soient valorisés et qu’on fasse un véritable travail de sensibilisation pour que des idéologies qui ont produit tellement de mal là où elles sont originaires ne soient pas importées dans notre pays et qu’on reste fier de ce patrimoine religieux que nous avons tout en veillant à son actualisation.

Le Mali à côté est en proie à des groupes djihadistes, qu’est ce que le Sénégal doit faire pour rester à l’abri ?

Quand on regarde les pays de la sous-région, on peut les classer en trois groupes. La catégorie des pays largement atteint par le terrorisme comme le Mali et le Nigéria. Il y a aussi, la catégorie des pays sous fortes pressions  sécuritaire comme le Burkina Faso et le Niger. Egalement des pays qui ont le temps de développer une approche prospective et préventive. Le Sénégal fait partie de cette troisième catégorie comme le Burkina Faso jusqu’en 2016. Il est vrai que nos forces de défense et de sécurité sur le qui-vive, développent des politiques nationales et des stratégies mais on doit coupler ces stratégies de défense avec celle de la prévention qui passent par l’Education, la sensibilisation, la valorisation du patrimoine religieux et l’implication de la Société civile pour que de manière éducative, consensuelle, on arrive à inculquer des valeurs de paix en guise prévention contre l’extrémisme violent. Il ne faut pas seulement se contenter de la lutte contre le terrorisme. La lutte contre le terrorisme malgré tous les moyens qu’elle mobilise, vise à éliminer les cibles et parfois elle n’est pas efficace car ne s’arrêtant qu’aux symptômes. On n’a jamais vu une kalachnikov tuer une idéologie. Le travail doit donc se faire en amont dans le cadre de la prévention contre l’extrémisme violent. Et dans ce sens, il faut développer une stratégie de prévention de l’Extrémisme et à côté et distincte d’une stratégie de lutte contre le terrorisme.

Le thème du colloque porte sur « Religion et Développement, » les deux concepts sont ils indissociables?

Il est vrai que certains penseurs, notamment les théoriciens de la sécularisation mettaient la religion à la pointe de l’échec du politique et de l’économique. Alors que nous pouvons dire que chez nous, les religions étaient des forces motrices du développement. Il y’a le Mouridisme dans la culture de l’arachide, par exemple, Cheikh El Hadj Malick Sy avec ses champs à Diacksao et Ndianrdé et toute sa théorie autour du travail come moyen de préservation de la dignité et des valeurs. Ces valeurs sont fortement incrustées par celles que professent nos confréries. Il n’y a aucune forme de contradiction mais des complémentarités. C’est le lieu de féliciter la Fondation Konrad Adenauer avec tous ses partenaires mais aussi l’Etat et les chefs religieux qui encore une fois ont donné un exemple de solidarité et de concorde autour d’une thématique aussi importante que le dialogue. La prière collective pour la paix si émouvante à laquelle nous avons assisté, ce matin, atteste que le Sénégal a encore des ressources endogènes, spirituelles  qui lui permettent de surpasser les crises. Les acquis sont là, mais il faut bien veiller à les consolider.

 

iGFM – (Dakar) L’Association pour Servir le Soufisme AIS s’est prononcé sur la Visite rendue officielle Secrétaire général de la Ligue Islamique en visite au Sénégal jugée comme une première dans notre pays, serait le couronnement d’un processus essaimé d’insultes que les wahhabites ont toujours proféré contre nos Confréries soufies et les Symboles islamiques.

Sinon, comment comprendre le privilège octroyé au Secrétaire général de la Ligue Islamique Mondiale, Dr Muhamed Abdul Karim Al-Issa, qui est l’hôte du Sénégal, depuis hier vendredi, et pour donner à l’événement toute sa solennité, le chef de l’État M. Macky Sall puisse autoriser son avion d’atterrir à l’aéroport militaire Léopold Sédar Senghor que seuls certains rares Chefs d’État ont le privilège d’atterrir.

Et comment expliquer la présence d’un Chef f’Etat d’un pays a majorité confrérique puisse s’assoir à côté d’un sponsor d’un Courant anti Soufisme notamment le Wahhabisme , source d’instabilité et de terrorisme dans le monde et pourfendeur du soufisme ?

De surcroît assister à la conférence sur le thème : « La pensée islamique authentique, méthodologie et message » qui sera co-présidé, dimanche à 9 heures, par le Président Macky Sall. Nous sommes certains qu’un Khalife Soufis n’est invité à la conférence.

S’assoir à côté de cette sommité wahhabite n’est il pas une caution morale et politique pour que le Wahhabisme puisse surseoir davantage et étendre ses tentacules au Sénégal ?

Selon certains, oui, l’octroi d’un terrain de 7000 mètres carrés aux Wahhabites pour y construire une université qui serait le prolongement des l’universités wahhabites obéit dans ce sens.

Source : IGFM

«Nous devons rester vigilants» et raffermir les liens entre les différentes confréries qui constituent un ciment social dans ce pays qui ne connaît pas des différends religieux. Bacary Samb, directeur de Timbuktu institute, se dit néanmoins «rassuré», car les ressorts sont là pour juguler cette menace. «Je suis très rassuré. Quand je vois des personnalités religieuses, des jeunes très investis dans le domaine comme Cheikh Tidiane Sy Al Amine, Serigne Abdou Aziz Mbacké, cela me rassure», a expliqué M. Samb, membre du Comité scientifique du colloque plaidoyer pour le dialogue interreligieux qui s’est ouvert hier à Dakar. «Ce sont des gens mal intentionnés qui veulent semer la zizanie entre les confréries qui font cela. Je pense que dans la pensée de Cheikh Ahmadou Bamba et dans celle de Elhadji Malick Sy, tous appellent à une concordance, une convergence de vues», a-t-il ajouté lors de ce colloque qui a pour thème «Religion et développement économique». Samba Sy, ministre du Travail, du dialogue social et des relations avec les institutions, analyse cette nouvelle tendance à l’aune de changements de la société. Il dit : «Nous sommes dans un monde qui est en train de changer radicalement de base. Il est important que nous parlions en tant que Sénégalais, mais aussi citoyens du monde pour essayer d’explorer les hypothèses les meilleures, afin que les progrès qui s’annoncent à l’horizon le soient dans le plein sens du terme.»
Le ministre du Travail, du dialogue social et des relations avec les institutions met en garde contre les menaces : «Autour de la question religieuse et celles économiques, il y a un cercle de feu qui est en train de se rétrécir. Et il est important que nous nous mettons dans la tête que nous ne vivons pas sur une sorte de planète isolée du reste de la sphère de l’univers.» Selon lui, «nous sommes concernés par ce qui se joue et se trame un peu partout. Et une initiative de cette nature a le mérite de mettre ensemble des chercheurs, des hommes religieux, des agents économiques pour leur dire : réfléchissons ensemble, essayons de tirer le meilleur parti de l’humanité». Quid de l’apport des religieux dans le développement économique ? M. Sy estime que la religion, «si elle est entendue au sens véritable qui est le sien, elle ne peut qu’être profitable». Mieux, il poursuit : «Une religion bien entendue et bien comprise peut aider au développement et contribuer à renforcer les performances économiques.»
Pour Thomas Volk, représentant résident de la Fondation Konrad Adenauer, le Sénégal est un modèle dans la sous-région et même à travers le monde pour sa cohabitation religieuse et sa cohésion sociale. C’est cette raison même qui les a poussés à inviter des représentants de la société civile, des religions différentes et des structures étatiques pour discuter des défis du développement.

Source : lequotidien.sn

Dr Bakary Sambe est enseignant-chercheur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, dans le nord du Sénégal. Il est également fondateur du Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies, un centre de recherche qui privilégie des approches transdisciplinaires sur des questions liées au radicalisme religieux. Avec La Croix Africa, il analyse la situation sécuritaire dans le Sahel secoué par de récurrentes attaques terroristes.

La Croix Africa  : Comment analysez-vous les attaques terroristes dans les églises au Burkina Faso ?

Bakary Sambe : La stratégie des groupes terroristes, après l’opération Serval (1) a été d’actionner et d’intensifier des conflits intercommunautaires pour ensuite s’y greffer mais également d’attirer l’attention de la communauté internationale et éventuellement des interventions en multipliant les zones d’instabilité. Cela a très bien été théorisé par Abou Walid al-Sahraoui un terroriste qui sévit actuellement dans la région. Il est vrai que le Burkina Faso était, jusque-là, exemplaire en matière de cohésion sociale et religieuse. Il était aussi un pays phare en matière de dialogue interreligieux, les chrétiens étaient invités à des fêtes et célébrations musulmanes et vice versa.

Mais il y a eu une fracture au moment de la transition politique (2) avec, notamment la montée de certaines Églises évangéliques qui étaient très proches des cercles du pouvoir. Cette montée a fait que certaines catégories de la population, notamment les musulmans (majoritaires à près de 60 %) se sont sentis marginalisés dans la gestion du pouvoir de même que certains catholiques qui se plaignaient des avantages octroyés à ces Églises évangéliques proches des cercles du pouvoir durant cette transition.

Fin décembre 2018-début janvier 2019, une attaque terroriste à Yirgou, dans le nord du Burkina Faso, a provoqué des affrontements intercommunautaires. Faut-il craindre qu’un pareil schéma se reproduise dans la sous-région ?

Bakary Sambe  : Il est vrai que les attaques de Yirgou, dans la commune de Barsalogho, dans le centre-nord du Burkina Faso, ont marqué un tournant décisif. Durant les funérailles des victimes, on s’est rendu compte que des opérations de vengeance ont été organisées avec un bilan de 13 morts. Si l’on sait que ce qui se passe actuellement dans la région, notamment dans le centre du Mali, ne sera pas sans conséquence dans les pays voisins, on peut bien craindre que les représailles continuent ainsi que les opérations de vengeance. D’ailleurs, l’on peut noter que le Burkina Faso est entré dans un cycle de violences. Celles-ci sont attisées par des conflits intercommunautaires qui, au début, n’avaient rien de religieux. Ils avaient plutôt une dimension silvo-agro-pastorale mais ont été attisés et aggravés par les groupes terroristes qui veulent se greffer sur ces tensions intercommunautaires afin de déstabiliser les pays de la région, notamment le Burkina Faso qui est considéré comme le verrou vers l’Afrique côtière.

Les tensions intercommunautaires seraient donc sensiblement identiques à celles entre bergers fulani et paysans sédentaires au Nigeria ?

Bakary Sambe  : Si pour le Nigeria, notamment dans l’État du Plateau, ce sont les bergers fulanis (Peuls) qui sont accusés de s’attaquer aux paysans Béroms, dans le cas du Burkina Faso et du Mali, ce sont les paysans sédentaires qui s’affrontent souvent avec Peuls nomades. Mais comme déjà dit, aujourd’hui, le terrorisme va parasiter tous les conflits pour attiser les tensions et faciliter l’installation de l’État islamique au Grand Sahara, notamment au Burkina Faso qui est une zone charnière entre l’Afrique côtière et le Sahel. C’est en partie, l’explication des vives tensions dans des zones comme Gorom Gorom et Markoye, dans la province de l’Oudalan.

Comment analysez-vous la situation au Niger avec les attaques récurrentes contre les militaires ?

Bakary Sambe  : Le Niger fait partie des pays qui sont sous pression sécuritaire. Il doit faire face au terrorisme sur au moins deux fronts : dans le Sud avec Boko Haram et au nord avec les Mujao et autres groupes venant du Mali tout en craignant, à tout moment, un débordement du front sud libyen. Avec la défaite de l’État islamique en Syrie et en Irak, tous les regards se tournent, en effet, vers le sud libyen qui devient un refuge pour les terroristes. Le groupe d’Abou Walid al-Sahraoui cherche à s’étendre. Ne pouvant pas déborder vers le sud algérien – qui est le territoire de Belmokhtar ou de ses hommes – il tente d’étendre ses tentacules vers le Niger. Ce pays est, en effet, une zone de passage et de circulation des armes à partir du canal libyen vers les pays sahéliens.

On se rend compte que ces pays ciblés par des attaques sont, pour la plupart, membres du G5 Sahel. Cela prouve-t-il son inefficacité ?

Bakary Sambe  : Le G5 Sahel en soi, est une bonne initiative mais qui a besoin de soutien et donc de l’appui de la communauté internationale. Il faut l’appuyer mais aussi crédibiliser la lutte contre le terrorisme. Aujourd’hui, alors que le terrorisme tend à s’étendre et à s’unifier, les partenaires internationaux sont en train de se disperser avec une multiplicité d’acteurs même au sein des Européens. Cela donne, malheureusement, aux populations l’impression qu’il y aurait d’autres agendas voire une compétition occidentale autour des ressources, ce qui décrédibilise de plus en plus la lutte contre le terrorisme. Il y a aujourd’hui un véritable dilemme sahélien ; entre la nécessité de gérer les urgences sécuritaires et la projection vers des solutions plus durables que le tout-militaire. La communauté internationale doit opérer une rupture paradigmatique : les groupes terroristes ont déjà réussi à transférer les hostilités dans les heurts intercommunautaires qui leur permettront de déstabiliser nos États. Ils sont déjà comme dans une situation de post-djihadisme alors que continuons à raisonner en termes de radicalisation du type religieux. le religieux n’est plus qu’un vernis, mais capable de mobiliser du sens et des symboles pour saper le vivre-ensemble.

Quelles solutions proposeriez-vous contre la menace terroriste dans le Sahel ?

Bakary Sambe : Pour une lutte efficace contre le terrorisme, il faut s’appuyer, certes, sur des solutions mais il ne faudrait pas négliger des alliés de taille : les populations locales dont la résilience doit être renforcée et les stratégies endogènes mises en valeur. Or les populations souffrent de plus en plus des contraintes et difficultés liées aux mesures sécuritaires draconiennes tout vivant de manière permanente en insécurité. Il faudrait donc d’une part une aide de la communauté internationale et d’autre part, la mise en place d’une politique sécuritaire inclusive mettant la population au cœur de la stratégie. L’on a malheureusement, jusque-là, privilégié le militaire détriment de la prévention. Et les alertes et restrictions sécuritaires des pays occidentaux font planer sur les États de la région la menace d’être catégorisés « pays pas sûr ». Hélas, cela les pousse à une politique du déni alors qu’ils pouvaient développer et assumer des politiques de prévention ; s’attaquer aux racines du problème au lieu de concentrer tous les efforts sur le militaire qui ne traite que des symptômes d’un mal beaucoup plus profond.

Pourquoi le Sahel est-il particulièrement visé par les attaques ?

Bakary Sambe  : Au regard des vastes étendues territoriales et des frontières poreuses comme celles Mali, celles du Niger et du Burkina Faso et aussi l’échec des terroristes en Irak et en Syrie, le Sahel risque d’être, pour les années à venir, une véritable base arrière des groupes terroristes. Malheureusement les attaques au Burkina Faso nous renseignent sur l’avenir du terrorisme qui tend à atteindre les pays côtiers.

Avec l’enlèvement de Français et le meurtre d’un guide béninois dans le parc de Pendjari au Bénin, faut-il craindre la percée des terroristes dans des zones jusque-là épargnées ?

Bakary Sambe  : Le Sahel constitue une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest où il y a une forte influence française. Plusieurs groupes ont proféré des menaces contre la France et ses alliés faisant d’elle une cible. Tout cela combiné explique l’acharnement de ces groupes qui en veulent également à la France et qui considèrent ces pays – notamment ceux du G5 Sahel – comme très liés à leur ancienne puissance coloniale.

Par ailleurs, on a vu dans le passé, des attaques dans d’autres pays loin de l’espace sahélo-saharien comme celles de Grand-Bassam… De fait, si le verrou burkinabè cédait, l’Afrique côtière serait menacée et là aussi, les groupes joueraient sur les conflits intercommunautaires et instrumentalisation de toute forme d’instabilité politique. Cela qui serait un risque énorme pour la région.

Recueilli par Lucie Sarr

(1) Offensive militaire lancée au Mali par l’armée française en janvier 2013 avec pour objectif de soutenir les troupes maliennes conte une offensive des groupes armés islamistes qui avaient pris le contrôle de l’Azawad, la partie nord du pays.

(2) Après la chute de l’ancien président Blaise Compaoré en octobre 2014, le Burkina Faso avait entamé une période de transition avec comme président Michel Kafando. Des élections présidentielles et législatives étaient prévues le 11 octobre 2015 mais le 16 septembre, des putschistes menés par le général Diendéré ont annoncé la destitution du président et la dissolution des instances de transition avant, finalement, de redonner le pouvoir à Michel Kafando. Après cette période d’instabilité, l’élection présidentielle a finalement eu lieu le 29 novembre 2015, dans un climat apaisé.

Page 1 sur 13