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Au-delà du désœuvrement : Quand l’orpaillage clandestin tue au Sénégal Spécial

© JOHN WESSELS / AFP © JOHN WESSELS / AFP

Timbuktu Institute – Semaine 2 - Février 2026

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Un nouvel accident tragique s’est produit le 8 février 2026 dans la région de Kédougou (sud-est du Sénégal), sur un site d’orpaillage illégal situé à Gamba-Gamba. Selon les autorités locales, au moins deux personnes ont trouvé la mort après qu’un éboulement soudain de terrain a enseveli une partie du site alors que de nombreux orpailleurs travaillaient dans des conditions extrêmement précaires. Trois autres individus ont été légèrement blessés, tous de nationalité étrangère. Les victimes ont été évacuées vers l’hôpital régional de Kédougou, tandis que les recherches ont dû être interrompues temporairement à cause de la dangerosité du lieu.
Ce drame met en lumière les risques humains majeurs de l’exploitation aurifère clandestine, qui attire de nombreux travailleurs en dehors des circuits sécurisés, souvent sans encadrement institutionnel, ni respect des normes de sécurité. Cette activité illégale persiste malgré les opérations de démantèlement et les efforts de la gendarmerie et de l’armée pour sécuriser la zone.

Tensions à l’UCAD : colère après la mort d’un étudiant

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a été secouée par de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, dans un contexte de mécontentement lié aux mauvaises conditions de vie sur le campus, notamment la fermeture des restaurants universitaires et les difficultés sociales.

Lors de ces échauffourées, Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, a perdu la vie. Ce décès a provoqué une vive émotion et une colère profonde au sein de la communauté estudiantine, qui dénonce une répression excessive et un manque de considération de la part des autorités.

Les étudiants expriment un sentiment d’abandon, déclarant être « affamés, trahis et déçus ». Leur frustration vise également certaines figures politiques, notamment Ousmane Sonko, envers qui ils disent ressentir une forte déception, estimant que les attentes placées en lui n’ont pas été satisfaites face à cette crise.

Le Centre des Oeuvres Universitaires de Dakar (COUD) a par ailleurs fermé le campus social, obligeant de nombreux étudiants à quitter les lieux, ce qui renforce davantage la tension.

Cette crise ravive le débat sur la gestion des revendications étudiantes et sur l’usage de la force dans les espaces universitaires.

Dans l’affaire judiciaire impliquant Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom Farba Ngom, la Chambre d’accusation a rendu une décision importante le 12 février 2026. Elle a confirmé la liberté provisoire accordée précédemment au député-maire d’Agnam (Matam), malgré l’opposition du Parquet financier. Cette décision intervient dans une affaire complexe mêlant des accusations financières, politiques et médiatiques.

Depuis plusieurs mois, Farba Ngom est au cœur d’une procédure judiciaire très suivie, où il est notamment visé par des accusations portant sur des détournements de fonds publics, blanchiment de capitaux et autres infractions graves. Des révélations antérieures de la ministre de la Justice ont pointé l’usage illégal de téléphones portables en détention et des échanges intensifs avec des personnalités politiques et médiatiques, ce qui a porté l’affaire au-delà d’un simple dossier pénal classique.

La confirmation de sa liberté provisoire signifie qu’il pourra sortir de détention sous contrôle judiciaire, sauf si le parquet se pourvoit en cassation dans les délais légaux. La décision renforce le débat sur la justice, l’immunité parlementaire et l’équilibre des pouvoirs au Sénégal, et illustre la manière dont les procédures judiciaires s’articulent avec les enjeux politiques dans le pays.

Arrestations massives liées à des accusations d’homosexualité et actes connexes

Au Sénégal, plusieurs arrestations récentes ont suscité une vive controverse autour de charges liées à des “actes contre nature”. Dans le cadre d’enquêtes menées par les forces de sécurité, au moins 12 personnes ont été interpellées, dont deux célébrités publiques un animateur de télévision et un chanteur pour des accusations comprenant actes contre nature, transmission volontaire du VIH et “conspiration criminelle”.

Les organisations de défense des droits humains, comme Stop Homophobia, ont exprimé leur préoccupation face à ces arrestations, rappelant que les relations consensuelles entre adultes de même sexe restent pénalement réprimées au Sénégal et exposent les personnes LGBTQIA+ à des poursuites, des arrestations arbitraires et une stigmatisation sociale forte.

Dans ce contexte, la controverse est amplifiée par des débats dans les médias et sur les réseaux sociaux : certains observateurs dénoncent une instrumentalisation des affaires liées à l’homosexualité dans un climat où la société sénégalaise est très conservatrice sur ces questions, tandis que d’autres insistent sur la nécessité de faire respecter la loi en vigueur.

Arrestations dans une affaire de réseau criminel transfrontalier lié à l’exploitation sexuelle et à la transmission du VIH

Parallèlement aux arrestations pour “actes contre nature”, les autorités sénégalaises ont interpellé 14 personnes dans un important dossier de réseau criminel présumé, impliquant des infractions bien plus graves, notamment pédophilie organisée, proxénétisme, viols sur mineurs de moins de 15 ans, actes sexuels filmés, et transmission volontaire du VIH/SIDA.

Cette opération, menée en coordination avec des enquêteurs français, aurait permis de démanteler un groupe transnational actif depuis plusieurs années et dont certains membres seraient accusés d’avoir forcé des garçons à des actes sexuels avec des hommes, souvent contraints à subir des relations non protégées, selon les déclarations officielles.

Les suspects ont été présentés devant un juge et doivent répondre de charges particulièrement lourdes. Les autorités ont également appelé les citoyens à soutenir les enquêtes en partageant des informations pertinentes via une ligne téléphonique gratuite mise à disposition du public.