Timbuktu Institute - Semaine 4 - Février 2026
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De la mise en œuvre du programme d'urgence pour la région des Savanes au Togo à l'initiative d'arbitrage maritime engagée par le Ghana, en passant par le repositionnement logistique du port autonome de Lomé au profit du Niger, l'espace ouest-africain connaît une profonde reconfiguration stratégique. Ces dynamiques, qui mêlent prévention des conflits, sécurisation juridique des ressources maritimes et redéfinition des corridors commerciaux sahéliens, traduisent une volonté convergente de stabilisation par des instruments économiques, diplomatiques et structurels, dans un contexte régional marqué par l’insécurité et les recompositions en dehors de l’espace CEDEAO.
PURS 2026–2027 : une stratégie de stabilisation intégrée pour la région des Savanes face à l’insécurité et aux déplacements forcés
Le plan 2026-2027 du Programme d'urgence pour la région des Savanes (PURS), doté d'un budget de 18 milliards de francs CFA, vise plus de 430 000 personnes vulnérables. L’approche mise sur l’inclusion sociale et l’intégration durable des personnes déplacées au sein des communautés d’accueil. Cette stratégie s'inscrit en effet dans une logique de prévention structurelle, fondée sur le développement socio-économique comme levier de stabilisation. Selon la coordinatrice résidente du système onusien, « ensemble, avec détermination et solidarité, nous pourrons faire en sorte que chaque déplacé, chaque réfugié et chaque membre des communautés hôtes puissent vivre dans la sécurité, la dignité et l’espoir ». Le programme vise à réduire les risques de violences basées sur le genre et les menaces sécuritaires, à améliorer les conditions d’accueil des ménages déplacés hébergés par des familles déjà fragilisées et à combler les carences structurelles en matière d'eau, d'hygiène et d'assainissement. Ce programme intervient dans une zone en proie à une insécurité grandissante depuis plusieurs années, avec son lot de victimes et de déplacés.
Différend maritime entre le Ghana et le Togo : l’arbitrage comme instrument de stabilisation stratégique
Le Ghana a choisi de recourir à l’arbitrage international pour régler son différend maritime avec le Togo, tandis que Lomé a officiellement pris acte de cette initiative. Ce contentieux, qui porte sur la délimitation des espaces maritimes et l’exploitation des ressources offshore, s'inscrit dans une stratégie de judiciarisation visant à prévenir toute escalade des tensions diplomatiques. L’objectif ultime est de consolider et de préserver les relations historiques de coopération et de bon voisinage entre les deux pays. Le règlement de ce contentieux est essentiel pour les intérêts économiques et diplomatiques des deux pays, car il conditionne la maîtrise des ressources maritimes et la clarification des compétences juridictionnelles en mer. Ce différend persistant découle de l'absence d'une délimitation maritime formellement reconnue entre les deux pays. Cette décision fait suite à huit années de pourparlers infructueux, les discussions entre les deux pays n'ayant pas permis de trouver un compromis acceptable pour les deux parties.
Le Port autonome de Lomé, pivot logistique du Togo dans la recomposition sahélienne
Parallèlement, le Port autonome de Lomé s’active pour sécuriser l’acheminement de 20 000 tonnes d’engrais à destination du Niger, ce qui permet au Togo de consolider son positionnement en tant que hub logistique stratégique dans le nouveau contexte régional marqué par la recomposition des échanges avec les États sahéliens en dehors de l’espace CEDEAO. L’annonce a été faite le 25 février 2026 par le Ministre togolais chargé de l’économie maritime, à l’issue d’une réunion de travail avec Mahaman Elhadj Ousmane, Ministre nigérien de l’agriculture. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du renforcement des relations économiques entre le Togo et le Niger, qui se sont intensifiées depuis le retrait du Niger de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. Dans un contexte de tensions avec le Bénin, notamment marqué par la fermeture des frontières terrestres, Niamey s'appuie désormais davantage sur la plateforme portuaire togolaise pour acheminer ses marchandises vers ses partenaires commerciaux.