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Burkina Faso : Entre souveraineté industrielle, mobilisations juvéniles et insécurité persistante Spécial

© RTB/YouTube (Capture d'écran) © RTB/YouTube (Capture d'écran)

Timbuktu Institute Semaine 2 - Septembre 2026  

Cette semaine, l'actualité au Burkina Faso est marquée par la réaffirmation de la souveraineté, pas seulement militaire, mais aussi économique, industrielle et culturelle. C'est dans cette optique que le complexe industriel Texforces-BF a été inauguré en grande pompe à Bobo-Dioulasso le 9 septembre par le capitaine Traoré. Estimé à 17 milliards de FCFA, ce projet ambitieux vise à produire des tenues pour les militaires, les supplétifs volontaires pour la patrie et les civils. Les autorités ambitionnent ainsi de fabriquer localement ces vêtements, de relancer l’industrie textile et de poursuivre leur longue marche vers la souveraineté tant chantée. Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serge Poda, “ nous ne pouvons pas continuer à produire la matière première, exporter les emplois qu'elle peut créer et importer ensuite les produits issus de notre propre richesse”.

Burkina Faso : de la souveraineté militaire à la souveraineté industrielle, le pari Texforces-BF

Avec son dispositif, Texforces-BF change cette équation : notre coton pourra être davantage transformé sur notre sol, par nos compétences, pour répondre notamment à nos besoins nationaux. » Le Burkina Faso demeure un grand pays producteur de coton, mais la transformation reste un défi à relever. Cette initiative est de nature à réduire les importations, à créer des emplois pour les jeunes dans ce domaine et à impulser une véritable dynamique de transformation industrielle. Pour le chef de l’État, « quand on parle de souveraineté, ce ne sont pas que des mots. Pendant longtemps, même dans la sous-région, nous exportions nos matières brutes. Nous avons décidé, à travers ce complexe, d'affirmer notre souveraineté dans le secteur textile. » L’État est donc résolument engagé à reprendre la main sur ce secteur porteur.

De Sankara à Traoré : la jeunesse comme moteur du projet de souveraineté et de transformation du Burkina Faso

Toujours dans cette même dynamique, IB s’est encore illustré par les déclarations tonitruantes auxquelles il a habitué l’opinion publique. Cette fois-ci, il s’est plus appesanti sur la jeunesse et sa responsabilité historique face aux défis actuels.  « (...) on vous conseille d'attendre tout de Dieu dans les mosquées, dans les églises et dans les temples. Dieu ne viendra pas vous donner ce que vous voulez. S’il vous a créé avec un cerveau et des membres, c’est pour vous en servir, pour être utile à vous-mêmes, à votre famille, à votre communauté ». Il a profité de l’occasion pour les exhorter à s’orienter davantage vers les secteurs moteurs de l’industrialisation. Dans ces messages, la référence à Thomas Sankara se fait toujours sentir.

Souveraineté sous tension : la persistance de l’insécurité face aux ambitions de reconquête territoriale

Pendant ce temps, la crise sécuritaire reste une préoccupation centrale. Cette fois-ci, les informations obtenues sur le terrain font état de l'enlèvement d'un ressortissant espagnol vendredi dernier. Selon une source sécuritaire, cet enlèvement serait lié à une attaque terroriste. Selon plusieurs sources, les forces de sécurité sont à pied d'œuvre pour élucider cette affaire. Pour rappel, des journalistes espagnols avaient subi le même sort par le passé lors d'une mission de reportage et avaient été retrouvés morts à l'est du pays au cours d'une attaque terroriste. Les enlèvements de ressortissants étrangers écornant l’image du pays peuvent avoir des conséquences néfastes sur le tourisme, les investissements, etc. Le Burkina Faso se trouve donc à la croisée des chemins, entre l’affirmation de sa souveraineté, la lutte contre les vulnérabilités sécuritaires et la reconquête de son territoire.