Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026
Le 10 septembre, le JNIM a submergé le camp militaire de Dioura, dans la région de Mopti, infligeant aux FAMa l'un de leurs pertes les plus lourdes depuis 2012 : selon les sources, entre 50 et 150 soldats maliens auraient été tués, aux côtés de paramilitaires russes d'Africa Corps. Face au silence de Bamako sur le bilan, l'armée a riposté dès le 15 septembre par des frappes contre des bases logistiques jihadistes. Mais cette attaque ravive les interrogations sur la vulnérabilité de l'armée malienne et sur l'efficacité du soutien russe.
La région de Mopti (Dioura), cible d’une attaque meurtrière
Ciblé à plusieurs reprises ces dernières années, le camp militaire de Dioura, situé dans la région de Mopti dans le centre du Mali, fait face à une attaque massive lancée par le JNIM. Considérée comme l’une des attaques les plus meurtrières subies par l’armée malienne depuis la crise sécuritaire en 2012. Les faits se sont déroulés le 10 septembre 2026 à l’aube quand l’assaut avec différents moyens de locomotion dont la moto, les véhicules armés ou même à pied a permis aux djihadistes de submerger rapidement le camp militaire et d’occuper ainsi les lieux. Après avoir filmé les lieux et saisi des armes, des munitions et des véhicules, les djihadistes se seraient retirés avant que les FAMa n’abandonnent les lieux.
Le bilan est lourd avec des chiffres revus à la hausse. Alors que certaines sources annoncent un bilan humain de plus de cinquante militaires maliens et cinq paramilitaires russes d’Africa Corps tués en plus de plusieurs dizaines de prisonniers, d’autres sources estiment au moins 100 militaires maliens tués, soit le double des premières estimations. Selon AFP et Reuters, le nombre de soldats maliens tués aurait atteint les 150. Pendant ce temps, le JNIM affilié à Al Qaëda qui revendique l’attaque, annonce 150 morts et plus de 90 capturés. Les forces armées maliennes ainsi que leurs familles ont choisi de ne pas communiquer sur cet attaque rendant plus ou moins dubitatif la communauté internationale dans la mesure où ce mutisme pourrait être considéré comme une confirmation des chiffres annoncés.
Une réponse militaire disproportionnée
Du côté de l’armée malienne, la riposte ne s’est pas faite attendre. Dès les jours qui suivent, précisément le 15 septembre 2026, les FAMa, appuyés par leurs partenaires principalement russes, ont frappé des bases logistiques terroristes dans le cadre de l’opération Dougoukoloko. Ils ont d’abord ciblé le nord de Dioura qui est considéré comme un point de repli avec du matériel de guerre, des motocyclettes et des drones Kamikazes, puis à 35 km au sud-est de Mondoro caractérisé par une forte concentration de groupés armés avec véhicules et armement. Selon l’état-major, ces opérations sont couronnées de succès. Il annonce par ailleurs la poursuite de ses missions de reconnaissance afin d’évaluer les effets et éradiquer les menaces restantes.
Un partenariat avec la Russie en manque d’efficacité ?
De ces attaques, force est de constater plusieurs tendances structurelles. D’abord, elles mettent en lumière la vulnérabilité de l’armée malienne malgré le soutien d’Africa Corps. D’où la remise en cause de l’efficacité d’Africa Corps et du partenariat avec la Russie de manière générale qui ne cesse de montrer ses limites.
De plus, le fait que la communication de Bamako concernant les attaques terroristes, particulièrement sur les bilans reste superflu, peut être considéré par l’opinion comme un aveux d’échec surtout qu’il y a un écart considérable entre les informations données par les sources militaires locales et la presse internationale, de même qu’avec la propagande du JNIM. Ce dernier, au regard des dernières attaques qui sont plutôt ciblées, font de plus en plus de victimes du côté des FAMa et leur donnent ainsi du fil à retordre. Par exemple l’attaque de Dioura a fait beaucoup de victimes malgré la présence des paramilitaires russes et constitue la suite d’une longue série d’attaques perpétrées par le JNIM dans le cadre d’opérations coordonnées qui ont coûté la vie au ministre malien de la défense.