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Guinée-Bissau : Entre référendum contesté, libertés restreintes et ambitions minières Spécial

© AFP/Samba Balde © AFP/Samba Balde

Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026

À moins de trois mois des élections présidentielles et législatives prévues conjointement le 6 décembre prochain, le porte-parole du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) critique les conditions dans lesquelles se déroule la transition politique en Guinée-Bissau. Muniro Conté a ainsi mis en cause la création du Parti populaire guinéen (PPG) dirigé par le Premier ministre et le ministre des Finances, estimant que la participation de membres du gouvernement de transition à la compétition électorale pourraitcompromettre l’équité et la transparence du scrutin.

Dénonciation des conditions de la transition démocratique à l’approche des élections générales par le principal parti politique

Le porte-parole a également rappelé que le PAIGC ne reconnaît pas le résultat du référendum du 30 août qualifié de « frauduleux » et comparé à « un autre coup d’État ». Pour mémoire, le scrutin qui prévoyait de remplacer le régime parlementaire par un régime présidentiel renforcé, a abouti à la victoire du « oui » avec 70 % des suffrages exprimés et 55 % de participation, selon la Commission nationale électorale. Muniro Conté affirme que les électeurs ont massivement boycotté le référendum et que les résultats officiels « ne correspondent pas à l’atmosphère ressentie le jour du vote ». Au-delà de la contestation du référendum, Muniro Conté dénonce les restrictions imposées à l’activité politique du pays. Le 9 janvier dernier, les autorités de transition ont interdit les réunions publiques et les conférences de presse des partis politiques au motif que celles-ci avaient permis à leurs organisateurs « d’inciter à la violence et à la désobéissance ». Le porte-parole du PAIGC estime que ces mesures ont placé la Guinée-Bissau « dans l’orbite des régimes dictatoriaux ».

Cette semaine, le Haut Commandement Militaire pour le Rétablissement de la Sécurité et de l'Ordre Public a en outre imposé aux formations politiques de déplacer, sous sept jours, leurs sièges situés à moins de 500 mètres des organes de souveraineté, établissements hospitaliers, représentations diplomatiques et unités militaires ou paramilitaires. La mesure semble viser directement le PAIGC, dont le siège est situé à proximité immédiate d’un hôpital dans le centre de Bissau. Un tour de vis supplémentaire alors que Muniro Conté regrette l’inefficacité des missions de médiation conduites par la CEDEAO et l’Union africaine chargées de contribuer au rétablissement des libertés politiques.

Le Premier ministre entend dissiper les soupçons entourant son nouveau parti

Face aux critiques de l’opposition, le Premier ministre de transition et chef du Parti populaire guinéen (PPG), Ilídio Vieira Té, a assuré qu’il n’utiliserait pas ses fonctions gouvernementales pour développer sa formation politique. Il a affirmé vouloir maintenir une séparation entre l’exercice du pouvoir et l’activité partisane. Malgré les restrictions visant l’exercice de l’activité politique en Guinée-Bissau, le Premier ministre a indiqué défendre la neutralité des institutions, l’égalité de traitement des candidats et la liberté de faire campagne. Il a enfin balayé les rumeurs faisant du PPG un instrument de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, affirmant qu’il n’y aurait « ni présidents cachés ni centres de décision parallèles ». 

La coopération avec la Chine : une stratégie pour développer le secteur minier

La Guinée-Bissau a participé à la 28ème conférence internationale minière « China Mining 2026 », organisée du 10 au 12 septembre à Tianjin. Réunissant des représentants d’une soixantaine de pays et d’organisations internationales, l’événement a été consacré au développement d’une exploitation minière « gagnant-gagnant, verte et intelligente ». Si le ministre des Ressources naturelles a notamment rappelé le potentiel du pays en bauxite et en phosphate, la délégation bissau-guinéenne a également indiqué vouloir améliorer la connaissance du potentiel minier national. Le renforcement des capacités techniques du pays doit quant à lui passer par la formation de personnels nationaux, le transfert de technologies et le développement de la coopération technique avec la Chine. Le ministre Júlio Mamadú Baldé a présenté une stratégie de développement minier fondée sur la transformation locale des ressources, permettant de favoriser la création d’emplois ainsi que la captation de la valeur ajoutée.