
Sacré-Coeur 3 – BP 15177 CP 10700 Dakar Fann – SENEGAL.
+221 33 827 34 91 / +221 77 637 73 15
contact@timbuktu-institute.org
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Entretien réalisé par Aliou Ngamby NDIAYE, Le Soleil
« Les malheureux incidents et les débats qui s’en sont suivis, ont été l’occasion d’une thérapie collective qui a eu son utilité. Ils nous ont révélé qu’un acquis a toujours besoin d’être consolidé surtout au fil du temps et avec l’émergence de nouvelles générations dans les deux pays, non forcément connectées à l’histoire commune ou nourrie des ressources symboliques qui sous-tendent une relation qui a survécu à tous les régimes et changements politiques au Sénégal et au Maroc. Et il en sera ainsi de tous les malentendus superficiels. Mais il faudra, nécessairement, éduquer et sensibiliser davantage les peuples respectifs à la teneur et au sens des rapports qui unit nos deux pays, ne serait-ce que pour mieux préserver ces ressources qui lui garantissent la capacité de se réinventer perpétuellement », avertit Dr. Bakary Sambe dans cet entretien.
À l’heure où se tient à Rabat, du 26 au 28 janvier 2026, la 15e session de la Grande Commission mixte maroco-sénégalaise – en présence notamment des Premiers ministres Ousmane Sonko et Aziz Akhannouch –, cette rencontre intervient dans un contexte marqué par l’exemplarité historique des relations bilatérales, mais aussi par les remous passagers liés à la finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal à Rabat. Dans cet entretien accordé au quotidien national sénégalais, Le Soleil, juste avant l’événement, Dr Bakary Sambe, président du Timbuktu Institute et spécialiste reconnu des relations arabo-africaines, décrypte les fondements profonds de cette coopération « rarement égalée » en Afrique : du traité d’amitié de 1966 à la Convention d’établissement de 1964 – célébrée en 2025 comme un acte fondateur unique –, en passant par l’accélération spectaculaire sous le règne de Mohammed VI et l’essor du « Maroc africain ».Il analyse aussi le rôle structurant de la Commission dans le suivi des accords, la réciprocité rare en matière de bourses et d’accès à l’emploi public, ainsi que la capacité des deux pays à dépasser les tensions sportives grâce à une conscience partagée de l’enjeu stratégique et symbolique de leur lien séculaire. Une plongée éclairante sur une relation modèle, appelée à se renforcer encore. Dr. Bakary Sambe est le Président du Timbuktu Institute, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, spécialiste du Maroc et des relations arabo-africaines et du Moyen Orient, ayant publié deux ouvrages sur la politique africaine du Maroc dont le dernier en date « Le Maroc africain, Trajectoires d’une ambition continentale » (2024)
Le Sénégal et le Maroc tiennent, du 26 au 28 janvier 2026, la 15e session de la Grande commission mixte entre les deux États. Quels sont les secteurs clés qui structurent traditionnellement les travaux de cette Grande commission mixte ?
Lors des différentes sessions de la Commission, des groupes de travail examinent l’état de la coopération bilatérale et élaborent des programmes à court terme. Ces derniers feront l’objet de futurs protocoles de coopération après chaque session. Il y a ainsi un ensemble d’instruments juridiques régissant la coopération formelle entre les deux pays. Ces instruments touchent tous les domaines d’activités : l’économie, le social, la culture, la science… Sur le plan commercial, un accord du 13 février 1963 réglemente les échanges entre les deux pays. Ce, sur la base de l’octroi réciproque des autorisations d’importation et d’exportation. Le développement fulgurant des échanges et le caractère stratégique de la coopération dans divers domaines nécessitent la révision et surtout le renforcement des cadres juridiques et des mécanismes.
Comment évaluez-vous l’évolution de la coopération entre le Sénégal et le Maroc au regard des quatorze sessions précédentes ?
Je me souviendrai toujours, lorsque le quotidien national sénégalais Le Soleil analysait l’évolution de cette coopération, à la veille de la visite du Roi Mohammed VI en mai 2001, à Dakar, et qui résume parfaitement cette évolution en évoquant « une parfaite symbiose, une alliance bilatérale rarement égalée dans la coopération Sud-Sud. ». En plus d’un traité d’amitié et de coopération conclu dès 1963, les deux pays étaient déjà, à l’époque, liés par, au moins, huit autres accords et quatre conventions. Ces instruments juridiques sont constamment renforcés par plusieurs protocoles. Contrairement à d’autres accords et conventions signés entre les États du Sud au lendemain des visites officielles et qui sont, vite, rangés dans les archives sans grands effets, ceux entre le Sénégal et le Maroc bénéficient d’un suivi hors du commun sur le continent comme le démontrent la tenue de la Commission. C’est une coopération vivante constamment irriguée par l’envie partagée d’aller toujours plus loin. Le Sénégal et le Maroc sont en concertation permanente sur plusieurs questions de développement, africaines ou internationales. Pour ce faire, un comité spécial permanent veille au bon fonctionnement de la coopération et à l’application des différents accords et traités signés entre les deux pays. Mais l’avènement du règne du Roi Mohammed VI a, de manière inouïe, accéléré cette coopération en lui donnant plus de substance mais surtout un nouvel élan qui a rendu possible un renforcement exceptionnel de cette relation à laquelle l’économie, les investissements massifs dans les secteurs bancaires et financiers ont donné une réelle substance. C’est tout le sens du « Maroc africain » que j’analyse dans mon ouvrage du même titre et rappelé par le communiqué du Cabinet royal le jeudi 22 janvier dernier.
Le 27 mars 1964 à Dakar, la convention d’établissement entre le Sénégal et le Maroc a été signée sous les visions du premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor et du Roi du Maroc, Hassan II. Quelle est l’importance de ce document dans la coopération bilatérale ?
On pourrait avancer, sans risque de se tromper, que l’Acte fondateur le plus significatif dans l’histoire des relations bilatérales entre le Sénégal et le Maroc fut la Convention d’établissement signée depuis le 27 mars 1964. Elle a été signée lors de la visite historique de sa Majesté le Roi Hassan II au Sénégal pendant laquelle il inaugura la Grande Mosquée de Dakar construite par son architecte personnel un certain Gustave Collet. Elle sera ratifiée du côté marocain en 1965. Cette convention, que Timbuktu Institute vient de célébrer durant toute l’année 2025 est tellement importante que les deux chefs d’États ont accordé à l’Institut leur haut-patronage conjoint. Elle dispose, clairement, en son article premier de la Section 1 : « Sans préjudice des conventions intervenues ou à intervenir entre les deux parties contractantes, les nationaux de chacune des parties pourront accéder aux emplois publics dans l’autre État dans les conditions déterminées par la législation de cet État. ». Le Maroc est, ainsi, le seul État au monde où un Sénégalais peut, en principe, accéder à des emplois réservés aux nationaux et vice versa. Les célébrations de ce 60e Anniversaire lancées officiellement en février 2025 à Dakar par l’Ambassade du Maroc et le Ministère de l’Intégration africaine et des affaires étrangères ont été clôturées symboliquement dans les provinces Sud du Maroc par un Symposium sanctionné par la Déclaration de Laayoune – entre l’Université Mohammed VI-Polytechnique et Timbuktu Institute- et le Forum bilatéral « Le Sénégal sur la baie de Dakhla ».
Le Sénégal et le Maroc ont disputé la finale de la Can 2025 qui s’est tenue à Rabat. Est-ce que le levier de la diplomatie sportive peut renforcer les relations politiques et diplomatiques entre les deux pays ?
Le sport et surtout le football sont devenus le lieu de toutes les passions même celles déchainées par les incompréhensions passagères. Mais, je reste persuadé que quel que soit l’enjeu d’une finale de la CAN elle ne sera, le temps passant, qu’une parenthèse sportive infinitésimale dans le long cours d’une histoire faite d’affinité naturelle sur le socle d’un tas de ressources symboliques et historiques partagées dont les deux peuples et leurs leadership politiques ont pleinement conscience. Les malheureux incidents et les débats qui s’en sont suivis, ont été l’occasion d’une thérapie collective. Ils nous ont révélé qu’un acquis a toujours besoin d’être consolidé surtout au fil du temps et avec l’émergence de nouvelles générations dans les deux pays, non forcément connectées à l’histoire commune ou nourrie des ressources symboliques qui sous-tendent une relation qui a survécu à tous les régimes et changements politiques au Sénégal et au Maroc. Et il en sera ainsi de tous les malentendus superficiels. Mais il faudra, nécessairement, éduquer et sensibiliser davantage les peuples respectifs à la teneur et au sens des rapports qui unit nos deux pays. Je dis toujours aux diplomates des deux pays, qu’aussi précieux qu’il puisse être aucun bien ne doit détruire ce lien.
Une tension a été notée lors de cette finale remportée par le Sénégal à Rabat. Est-ce que cette session de la Grande commission mixte peut aider à dépassionner cet épisode ?
Ce qui est extraordinaire dans cette relation quasi sacralisée est qu’elle peut indéfiniment compter sur des « gardiens du temple ». Depuis le début de cet épiphénomène qui ne doit pas rendre alarmiste au point de perdre de vue l’enjeu existentiel d’une coopération Sud-Sud servant de modèle à l’échelle du continent. En plus des bonnes volontés, les déclarations responsables et volontaristes du leadership politique des deux pays montrent qu’il y a une claire conscience commune d’un lien sacré à préserver. En attestent les communiqués successifs du Ministre Cheikh Niang, de la Zaouia Tijaniyya de Fès et d’innombrables figures symboliques de cette relation. De plus, après les félicitations élégantes et les hommages rendus au peuple marocain et à son Souverain par le Président de la République Bassirou Diomaye Faye, les échanges téléphoniques entre les deux premiers ministres Aziz Akhannouch et Ousmane Sonko, le ton apaisant et plein de sagesse du Roi Mohammed VI dans le récent communiqué du Palais Royal vient de fermer la porte à tous les oiseaux de mauvais augure. Au vu de son contexte et de la compréhension commune des enjeux, la prochaine Session de la Grande commission, à Rabat, donnera un nouvel élan à l’exemplarité de la coopération sénégalo-marocaine.
Source : Interview parue dans le journal Le Soleil des Samedi 24 et 25 janvier
Dakar - Le Timbuktu Institute – African Center for Peace Studies et l’Association des Étudiants Africains en Science Politique (ASSEASPO) ont signé ce lundi 26 janvier à Dakar, un mémorandum d’entente visant à structurer une coopération durable autour de la recherche, de la formation et de la promotion de la science politique en Afrique.
À travers cet accord, les deux parties entendent mutualiser leurs expertises et leurs réseaux afin de renforcer la pensée critique et l’engagement intellectuel des étudiants africains sur les sujets engageant l’avenir du continent tels que la démocratie, les dynamiques religieuses et la géopolitique, la sécurité, la gouvernance, etc. La collaboration portera notamment sur l’organisation conjointe de conférences et de webinaires scientifiques et citoyens, la mise en place de formations en tutorat assurées par des chercheurs du Timbuktu Institute, ainsi que l’accueil régulier de stagiaires issus de l’Asseaspo.
L’objectif est de créer des passerelles concrètes entre le monde académique étudiant et la recherche appliquée sur les enjeux de paix, de sécurité et de gouvernance en Afrique. Créée en 2023, l’Asseaspo est une association regroupant des ressortissants issus de seize pays d’Afrique (Sénégal, Cameroun, Bénin, Guinée, République démocratique du Congo, Congo, Gabon, Niger, Burundi, Côte d’Ivoire, Madagascar, Togo, Tchad, Mali, Burkina Faso et République centrafricaine)
Le mémorandum prévoit également une participation active des membres de l’Asseaspo aux enquêtes de terrain et aux projets de recherche du Timbuktu Institute ainsi que la valorisation et la diffusion conjointes des productions intellectuelles. Conclu pour une durée initiale de deux ans renouvelable, l’accord institue un comité mixte chargé du suivi et de l’évaluation des activités, traduisant la volonté des deux partenaires d’inscrire cette coopération dans un cadre structuré, évolutif et orienté vers le renforcement durable de la recherche et de la formation en sciences politiques sur le continent africain.
Entretien réalisé par Aliou Ngamby NDIAYE, Le Soleil
« Les malheureux incidents et les débats qui s’en sont suivis, ont été l’occasion d’une thérapie collective qui a eu son utilité. Ils nous ont révélé qu’un acquis a toujours besoin d’être consolidé surtout au fil du temps et avec l’émergence de nouvelles générations dans les deux pays, non forcément connectées à l’histoire commune ou nourrie des ressources symboliques qui sous-tendent une relation qui a survécu à tous les régimes et changements politiques au Sénégal et au Maroc. Et il en sera ainsi de tous les malentendus superficiels. Mais il faudra, nécessairement, éduquer et sensibiliser davantage les peuples respectifs à la teneur et au sens des rapports qui unit nos deux pays, ne serait-ce que pour mieux préserver ces ressources qui lui garantissent la capacité de se réinventer perpétuellement », avertit Dr. Bakary Sambe dans cet entretien.
À l’heure où se tient à Rabat, du 26 au 28 janvier 2026, la 15e session de la Grande Commission mixte maroco-sénégalaise – en présence notamment des Premiers ministres Ousmane Sonko et Aziz Akhannouch –, cette rencontre intervient dans un contexte marqué par l’exemplarité historique des relations bilatérales, mais aussi par les remous passagers liés à la finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal à Rabat. Dans cet entretien accordé au quotidien national sénégalais, Le Soleil, juste avant l’événement, Dr Bakary Sambe, président du Timbuktu Institute et spécialiste reconnu des relations arabo-africaines, décrypte les fondements profonds de cette coopération « rarement égalée » en Afrique : du traité d’amitié de 1966 à la Convention d’établissement de 1964 – célébrée en 2025 comme un acte fondateur unique –, en passant par l’accélération spectaculaire sous le règne de Mohammed VI et l’essor du « Maroc africain ».Il analyse aussi le rôle structurant de la Commission dans le suivi des accords, la réciprocité rare en matière de bourses et d’accès à l’emploi public, ainsi que la capacité des deux pays à dépasser les tensions sportives grâce à une conscience partagée de l’enjeu stratégique et symbolique de leur lien séculaire. Une plongée éclairante sur une relation modèle, appelée à se renforcer encore. Dr. Bakary Sambe est le Président du Timbuktu Institute, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, spécialiste du Maroc et des relations arabo-africaines et du Moyen Orient, ayant publié deux ouvrages sur la politique africaine du Maroc dont le dernier en date « Le Maroc africain, Trajectoires d’une ambition continentale » (2024)
Le Sénégal et le Maroc tiennent, du 26 au 28 janvier 2026, la 15e session de la Grande commission mixte entre les deux États. Quels sont les secteurs clés qui structurent traditionnellement les travaux de cette Grande commission mixte ?
Lors des différentes sessions de la Commission, des groupes de travail examinent l’état de la coopération bilatérale et élaborent des programmes à court terme. Ces derniers feront l’objet de futurs protocoles de coopération après chaque session. Il y a ainsi un ensemble d’instruments juridiques régissant la coopération formelle entre les deux pays. Ces instruments touchent tous les domaines d’activités : l’économie, le social, la culture, la science… Sur le plan commercial, un accord du 13 février 1963 réglemente les échanges entre les deux pays. Ce, sur la base de l’octroi réciproque des autorisations d’importation et d’exportation. Le développement fulgurant des échanges et le caractère stratégique de la coopération dans divers domaines nécessitent la révision et surtout le renforcement des cadres juridiques et des mécanismes.
Comment évaluez-vous l’évolution de la coopération entre le Sénégal et le Maroc au regard des quatorze sessions précédentes ?
Je me souviendrai toujours, lorsque le quotidien national sénégalais Le Soleil analysait l’évolution de cette coopération, à la veille de la visite du Roi Mohammed VI en mai 2001, à Dakar, et qui résume parfaitement cette évolution en évoquant « une parfaite symbiose, une alliance bilatérale rarement égalée dans la coopération Sud-Sud. ». En plus d’un traité d’amitié et de coopération conclu dès 1963, les deux pays étaient déjà, à l’époque, liés par, au moins, huit autres accords et quatre conventions. Ces instruments juridiques sont constamment renforcés par plusieurs protocoles. Contrairement à d’autres accords et conventions signés entre les États du Sud au lendemain des visites officielles et qui sont, vite, rangés dans les archives sans grands effets, ceux entre le Sénégal et le Maroc bénéficient d’un suivi hors du commun sur le continent comme le démontrent la tenue de la Commission. C’est une coopération vivante constamment irriguée par l’envie partagée d’aller toujours plus loin. Le Sénégal et le Maroc sont en concertation permanente sur plusieurs questions de développement, africaines ou internationales. Pour ce faire, un comité spécial permanent veille au bon fonctionnement de la coopération et à l’application des différents accords et traités signés entre les deux pays. Mais l’avènement du règne du Roi Mohammed VI a, de manière inouïe, accéléré cette coopération en lui donnant plus de substance mais surtout un nouvel élan qui a rendu possible un renforcement exceptionnel de cette relation à laquelle l’économie, les investissements massifs dans les secteurs bancaires et financiers ont donné une réelle substance. C’est tout le sens du « Maroc africain » que j’analyse dans mon ouvrage du même titre et rappelé par le communiqué du Cabinet royal le jeudi 22 janvier dernier.
Le 27 mars 1964 à Dakar, la convention d’établissement entre le Sénégal et le Maroc a été signée sous les visions du premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor et du Roi du Maroc, Hassan II. Quelle est l’importance de ce document dans la coopération bilatérale ?
On pourrait avancer, sans risque de se tromper, que l’Acte fondateur le plus significatif dans l’histoire des relations bilatérales entre le Sénégal et le Maroc fut la Convention d’établissement signée depuis le 27 mars 1964. Elle a été signée lors de la visite historique de sa Majesté le Roi Hassan II au Sénégal pendant laquelle il inaugura la Grande Mosquée de Dakar construite par son architecte personnel un certain Gustave Collet. Elle sera ratifiée du côté marocain en 1965. Cette convention, que Timbuktu Institute vient de célébrer durant toute l’année 2025 est tellement importante que les deux chefs d’États ont accordé à l’Institut leur haut-patronage conjoint. Elle dispose, clairement, en son article premier de la Section 1 : « Sans préjudice des conventions intervenues ou à intervenir entre les deux parties contractantes, les nationaux de chacune des parties pourront accéder aux emplois publics dans l’autre État dans les conditions déterminées par la législation de cet État. ». Le Maroc est, ainsi, le seul État au monde où un Sénégalais peut, en principe, accéder à des emplois réservés aux nationaux et vice versa. Les célébrations de ce 60e Anniversaire lancées officiellement en février 2025 à Dakar par l’Ambassade du Maroc et le Ministère de l’Intégration africaine et des affaires étrangères ont été clôturées symboliquement dans les provinces Sud du Maroc par un Symposium sanctionné par la Déclaration de Laayoune – entre l’Université Mohammed VI-Polytechnique et Timbuktu Institute- et le Forum bilatéral « Le Sénégal sur la baie de Dakhla ».
Le Sénégal et le Maroc ont disputé la finale de la Can 2025 qui s’est tenue à Rabat. Est-ce que le levier de la diplomatie sportive peut renforcer les relations politiques et diplomatiques entre les deux pays ?
Le sport et surtout le football sont devenus le lieu de toutes les passions même celles déchainées par les incompréhensions passagères. Mais, je reste persuadé que quel que soit l’enjeu d’une finale de la CAN elle ne sera, le temps passant, qu’une parenthèse sportive infinitésimale dans le long cours d’une histoire faite d’affinité naturelle sur le socle d’un tas de ressources symboliques et historiques partagées dont les deux peuples et leurs leadership politiques ont pleinement conscience. Les malheureux incidents et les débats qui s’en sont suivis, ont été l’occasion d’une thérapie collective. Ils nous ont révélé qu’un acquis a toujours besoin d’être consolidé surtout au fil du temps et avec l’émergence de nouvelles générations dans les deux pays, non forcément connectées à l’histoire commune ou nourrie des ressources symboliques qui sous-tendent une relation qui a survécu à tous les régimes et changements politiques au Sénégal et au Maroc. Et il en sera ainsi de tous les malentendus superficiels. Mais il faudra, nécessairement, éduquer et sensibiliser davantage les peuples respectifs à la teneur et au sens des rapports qui unit nos deux pays. Je dis toujours aux diplomates des deux pays, qu’aussi précieux qu’il puisse être aucun bien ne doit détruire ce lien.
Une tension a été notée lors de cette finale remportée par le Sénégal à Rabat. Est-ce que cette session de la Grande commission mixte peut aider à dépassionner cet épisode ?
Ce qui est extraordinaire dans cette relation quasi sacralisée est qu’elle peut indéfiniment compter sur des « gardiens du temple ». Depuis le début de cet épiphénomène qui ne doit pas rendre alarmiste au point de perdre de vue l’enjeu existentiel d’une coopération Sud-Sud servant de modèle à l’échelle du continent. En plus des bonnes volontés, les déclarations responsables et volontaristes du leadership politique des deux pays montrent qu’il y a une claire conscience commune d’un lien sacré à préserver. En attestent les communiqués successifs du Ministre Cheikh Niang, de la Zaouia Tijaniyya de Fès et d’innombrables figures symboliques de cette relation. De plus, après les félicitations élégantes et les hommages rendus au peuple marocain et à son Souverain par le Président de la République Bassirou Diomaye Faye, les échanges téléphoniques entre les deux premiers ministres Aziz Akhannouch et Ousmane Sonko, le ton apaisant et plein de sagesse du Roi Mohammed VI dans le récent communiqué du Palais Royal vient de fermer la porte à tous les oiseaux de mauvais augure. Au vu de son contexte et de la compréhension commune des enjeux, la prochaine Session de la Grande commission, à Rabat, donnera un nouvel élan à l’exemplarité de la coopération sénégalo-marocaine.
Source : Interview parue dans le journal Le Soleil des Samedi 24 et 25 janvier
At dawn on Tuesday, January 13, clashes broke out in Korbol (south) between the Chadian army and rebels from the Movement for Peace, Reconstruction and Development (MPRD). While Chadian soldiers had already been present in the Moyen-Chari region for several days, three emissaries (two sub-prefects and a canton chief) were sent to the area to deliver a 48-hour ultimatum. However, according to RFI, they were taken prisoner by the rebels. According to Luc Beyam, Secretary General of the MPRD, the army had been "attempting since Saturday to surround the men of the political-military group." This claim is contradicted by the Chadian authorities, who assert that an ambush was set by MPRD fighters. According to the army, the toll is three dead and ten wounded among the defense and security forces. It should be noted that there is "more damage on the Chadian soldiers' side," according to the MPRD secretary general. This violence comes after months of negotiations for the signing of a peace agreement between the authorities and the MPRD, with the aim of convincing the rebel group to disarm.
Border unrest
In a statement released on January 16, the Chadian authorities strongly condemned a new incursion by armed elements of the Sudanese Rapid Support Forces (RSF), who, according to them, raped seven soldiers and repeatedly violated Chadian airspace. N'Djamena warned that any further attempts at aggression, provocation, or violation of Chadian territory and its borders "from wherever they may come will be met with an immediate, vigorous, and relentless response."
Still on the borders, but this time on a more positive note, the authorities of Chad and Libya announced on January 11 the creation of a joint unit to strengthen security along their common border. This mechanism aims to improve coordination between the services of the two countries to combat cross-border crime, illicit trafficking, and illegal immigration, while regulating the movement of local populations.
C’est à l’heure tombante de la matinée du mardi 13 janvier que les heurts ont débuté à Korbol (sud) entre l’armée tchadienne et des rebelles du Mouvement pour la paix, la reconstruction et le développement (MPRD). Alors que les soldats tchadiens étaient déjà présents depuis quelques jours dans la région du Moyen-Chari, trois émissaires (deux sous-préfets et un chef de canton) ont été dépêchés sur place pour remettre un ultimatum de 48 heures. Mais, rapporte RFI, ces derniers ont été retenus prisonniers par les rebelles. Selon Luc Beyam, Secrétaire général du MPRD, l’armée aurait « tenté, depuis samedi, d’encercler les hommes du groupe politico-militaire ». Affirmation contredite du côté des autorités tchadiennes, où l’on assure qu'une embuscade aurait été tendue par les combattants du MPRD. D’après l’armée, le bilan est de 3 morts et 10 blessés parmi les forces de défense et de sécurité. Convient-il de noter qu’il y a « plus de casse du côté des soldats tchadiens », soutient le secrétaire général du MPRD. Ces violences surviennent au terme de longs mois de négociations pour la signature d’un accord de paix entre les autorités et le MPRD, avec pour objectif de convaincre le groupe rebelle de se désarmer.
Troubles aux frontières
Dans un communiqué rendu public le 16 janvier, les autorités tchadiennes ont fustigé sans ambages, une nouvelle incursion d’éléments armés soudanais des Forces de soutien rapide (FSR), qui selon elles, ont violé sept soldats et multiplié les violations de l’espace aérien tchadien. N’Djamena a averti que toute nouvelle tentative d’agression, de provocation ou de violation du territoire tchadien et de ses frontières « d’où qu’elle vienne, fera l’objet d’une riposte immédiate, vigoureuse et implacable ».
Toujours aux frontières mais cette fois-ci sur une note plus positive, les autorités du Tchad et de la Libye ont annoncé, le 11 janvier, la création d’une unité conjointe chargée de renforcer la sécurité le long de leur frontière commune. Ce mécanisme vise à améliorer la coordination entre les services des deux pays pour lutter contre la criminalité transfrontalière, les trafics illicites et l’immigration clandestine, tout en encadrant la circulation des populations locales.
Sixty-three years after the assassination of President Sylvanus Olympio on January 13, 1963, the Togolese political scene is marked by the reactivation of the debate on memory, the opposition's denunciation of a "founding crime," and renewed demands for the opening of archives, particularly French ones. In a statement released in Lomé on January 13, 2026, the National Alliance for Change ( r ANC), led by Jean-Pierre Fabre, asserts that the assassination of Togo's first president is at the heart of impunity, state lies, and democratic gridlock in the country. According to the party, the current Togolese government is part of a historical continuum: a "system born of an assassination" that has never been acknowledged, never been judged, and never been redressed. In line with this reasoning, the ANC is demanding that the archives on this assassination be opened in their entirety, insisting on the need for access to the French archives as well. This request ties in with a long-standing debate in Togo: the idea that the country's political and institutional crisis is rooted in the brutal rupture of 1963, which ushered in a trajectory marked by coups, the locking of power, and competing official narratives.
DRC–Rwanda: Faure Gnassingbé strengthens Togolese diplomacy
Meanwhile, the news in Lomé is dominated by diplomacy, spearheaded by Faure Gnassingbé, who is seeking to consolidate his role as regional mediator, particularly in the security crisis between the DRC and Rwanda. On January 16, 2026, the president of the African Union Commission, Mahmoud Ali Youssouf, is received in Lomé by Faure Gnassingbé as part of consultations related to African mediation on the crisis in the eastern Democratic Republic of Congo. Togo is being promoted as a facilitator, seeking to harmonize African efforts, build trust between the parties, and consolidate international cooperation on the issue. This dynamic is part of a broader regional trend marked by a proliferation of mediations (African Union, United States, Qatar, etc.), which reinforces the importance for Lomé to establish itself as a platform for dialogue. Current events are therefore marked by the Togolese government's efforts to consolidate its role as a stabilizing force and mediator in Africa and its image of stability through diplomacy, at a time when the opposition is refocusing national conflict on the question of the origins of the political system and the need for truth, justice, and reconciliation.
Soixante-trois ans après l'assassinat du Président Sylvanus Olympio, le 13 janvier 1963, la scène politique togolaise est marquée par la réactivation du débat mémoriel, la dénonciation d'un « crime fondateur » par l'opposition et l'exigence renouvelée d'ouverture des archives, notamment françaises. Dans une déclaration rendue publique à Lomé le 13 janvier 2026, l'Alliance nationale pour le changement (ANC), dirigée par Jean-Pierre Fabre, affirme que l'assassinat du premier Président togolais est au cœur de l'impunité, du mensonge d'État et du blocage démocratique dans le pays. Selon le parti, la gouvernance togolaise actuelle s'inscrit dans une continuité historique : un « système né d'un assassinat », jamais assumé, jamais jugé et jamais réparé. Dans cette logique, l’ANC exige l'ouverture complète des archives sur cet assassinat en insistant sur la nécessité d'accéder également aux archives françaises. Cette requête rejoint un débat ancien au Togo : l'idée que la crise politique et institutionnelle du pays serait enracinée dans la rupture brutale de 1963, qui a inauguré une trajectoire marquée par les coups de force, le verrouillage du pouvoir et les récits officiels concurrents.
RDC–Rwanda : Faure Gnassingbé renforce la diplomatie togolaise
Pendant ce temps, l’actualité à Lomé est marquée par le volet diplomatique sous l'impulsion de Faure Gnassingbé qui cherche à consolider son rôle de médiateur régional, notamment dans la crise sécuritaire entre la RDC et le Rwanda. Le 16 janvier 2026, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, est reçu à Lomé par Faure Gnassingbé dans le cadre des consultations liées à la médiation africaine sur la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le Togo est mis en avant en tant qu'acteur de facilitation, cherchant à harmoniser les efforts africains, renforcer la confiance entre les parties et consolider une coopération internationale autour du dossier. Cette dynamique s'inscrit dans une tendance régionale plus large, marquée par la multiplication des médiations (Union africaine, États-Unis, Qatar, etc.), ce qui renforce l'importance pour Lomé de s'imposer comme plateforme de dialogue. L’actualité est donc marquée par le pouvoir togolais qui cherche à consolider son rôle de stabilisateur et de médiateur en Afrique son image de stabilité par la diplomatie au moment où l’opposition recentre la conflictualité nationale sur la question de l’origine du système politique et sur la nécessité de vérité, justice et réconciliation.
Alors que les élections législatives et municipales auront lieu dans les prochains mois, un nouveau critère d’éligibilité semble tomber comme un cheveu sur la soupe. Les autorités enjoignent désormais que les candidats présentent une attestation de conformité fiscale, délivrée via le site internet des impôts. Le problème est que non seulement le document n’est pas prévu par le Code électoral, mais aussi son obtention peut se révéler ardue. C’est ainsi que le Front des démocrates camerounais (FDC) - un parti de l’opposition - a saisi le Conseil constitutionnel dans le cadre d’un recours pour dénoncer un « inconfort juridique » au sujet de l’obtention de cette pièce qu’il juge « non conforme au code électoral ». Le 13 janvier, le Conseil s’est déclaré incompétent.
En parallèle, dans un communiqué rendu public le 15 janvier et signé du porte-parole du perdant officiel de la récente présidentielle l’opposant Issa Tchiroma Bakary, ce dernier a formulé son « refus de cautionner les élections à venir », arguant que le régime en place a tenté : “tenté désormais de confisquer le pouvoir législatif, à travers des élections législatives et municipales organisées en toute illégalité et promises, comme par le passé, à toutes les formes de fraude. »
Scènes macabres dans la région du nord-ouest
Quinze morts membres d’une même famille : c’est le bilan de l’attaque survenue dans le département du Donga-Mantung(arrondissement de Ndu) dans la région anglophone du nord-ouest. Selon Adolphe Lele Lafrique, Gouverneur de la région en proie à une insécurité manifeste - depuis le déclenchement de la crise anglophone en 2017 – les assaillants provenant du département du Bui ont fait feu sur les habitants de Ndu, la mosquée puis des bâtiments, ainsi des greniers et véhicules. La communauté Mbororo, à laquelle appartiennent toutes les victimes, est régulièrement accusée par les forces séparatistes – dites « Amba Boys » - de collaborer avec les forces gouvernementales déployées sur le terrain.
With legislative and municipal elections coming up in the next few months, a new eligibility requirement seems to have come out of nowhere. Authorities are now requiring candidates to submit a tax compliance certificate, which can be obtained from the tax authority's website. The problem is that not only is this document not required by the Electoral Code, but it can also be difficult to obtain. As a result, the Cameroon Democratic Front (FDC) – an opposition party – has referred the matter to the Constitutional Council in an appeal denouncing a "legal discomfort" regarding the obtaining of this document, which it considers "non-compliant with the Electoral Code." On January 13, the Council declared itself incompetent.
At the same time, in a statement released on January 15 and signed by the spokesperson for the official loser of the recent presidential election, opposition leader Issa Tchiroma Bakary, the latter expressed his "refusal to endorse the upcoming elections," arguing that the current regime has attempted to: "attempted to seize legislative power through parliamentary and municipal elections organized in complete illegality and promising, as in the past, all forms of fraud."
Macabre scenes in the northwestern region
Fifteen members of the same family were killed in an attack in the department of Donga-Mantung (Ndu district) in the English-speaking northwestern region. According to Adolphe Lele Lafrique, governor of the region, which has been plagued by insecurity since the outbreak of the English-speaking crisis in 2017, the attackers from the Bui department fired on the inhabitants of Ndu, the mosque, buildings, granaries, and vehicles. The Mbororo community, to which all the victims belong, is regularly accused by separatist forces—known as the "Amba Boys"—of collaborating with government forces deployed in the area.
Although the failed coup of December 7 now seems to be a thing of the past, its effects continue to be felt. MP Soumaila Sounon Boké of the opposition party, Les Démocrates (LD), appeared before the Court for the Suppression of Economic Offenses and Terrorism (Criet) on Tuesday, January 13. The charges against him relate to a message posted in a WhatsApp group in the midst of the coup attempt: "It's a day of celebration." The honorable member is accused of "apology for crimes against state security" and "incitement to rebellion." In court, he pleaded unfortunate oversight, claiming that the message was intended for another group of friends regarding festive contributions for the purchase of a sheep. "It was certainly because the phone was in my pocket and unlocked that the message was sent (...) I don't see the opportunity to stage a coup against a president who has decided to step down," he said. At the end of the proceedings, the Criet adjourned the case until February 24.
New attack in Atacora
After a few months of respite, the relative security that seemed to prevail in the north of the country has just been suspended. On the morning of January 14, unidentified armed individuals opened fire and set fire to the police station in the district of Gnémasson (commune of Péhunco) in the department of Atacora (northwest). For the moment, the Beninese authorities have not commented on the event and no one has claimed responsibility for the attack. Nevertheless, the Beninese armed forces continue to work to strengthen their operational capabilities in the face of the current security challenges. In fact, with the aim of improving its aerial surveillance and support for security missions, the Republican Police now has four new ultralight motorized aircraft (ULMs).