Côte d’Ivoire : Entre consolidation politique et défis régionaux Spécial

Source : Météo Sahel Janvier 2026 

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Lors de son discours du Nouvel An, le Président ivoirien a appelé à « la consolidation de la paix et de la sécurité, au renforcement de la cohésion nationale et à la poursuite résolue de notre marche vers le développement, dans un esprit de solidarité active envers les couches les plus vulnérables ». Ainsi, le Chef de l’État, réélu pour un quatrième mandat, réaffirme son engagement à poursuivre la construction du pays et invite les Ivoiriens à ce qu'il appelle le « nouveau contrat social » qui les lie. Dans un contexte régional instable, il a profité de ce moment solennel pour annoncer que la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme serait intensifiée, afin que le pays demeure un modèle de transparence et de bonne gouvernance en Afrique. Lors de sa prestation de serment en décembre dernier, il avait dressé un tableau sombre de l'environnement régional, assez fragile. Selon lui, « les menaces terroristes persistent, se transforment, se numérisent. Le cyberterrorisme, en particulier, nous impose une vigilance de chaque instant. » La Côte d'Ivoire est confrontée, comme la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest, à des défis politico-sécuritaires de plus en plus complexes et exigeants.

Cette semaine a été marquée par la période post-électorale en Côte d’Ivoire, avec des législatives qui se sont soldées par une victoire écrasante du RHDP. Selon les résultats provisoires, le parti au pouvoir est largement en tête avec 197 sièges sur les 255 en jeu. Le contentieux électoral a ensuite été ouvert jusqu’au 5 janvier pour permettre aux formations politiques de déposer des recours en cas de désaccord. Le communiqué précise que « conformément à l'article 101 du code électoral, le Conseil constitutionnel informe les candidats qu'ils disposent d'un délai de cinq jours à compter de cette proclamation pour présenter leurs réclamations ou observations en dix exemplaires originaux ». Pour rappel, des informations font état de l'arrestation de 15 jeunes dans la région de Tonkpi, qui ont été acheminés vers le procureur de la République. Une procédure judiciaire a ensuite été ouverte pour détention de cartes d'électeurs ; onze d'entre eux ont été relaxés et les quatre autres comparaîtront devant le tribunal le 6 janvier. De son côté, l'opposition continue de mener le combat pour le renforcement de la démocratie et contre les dérives du pouvoir. Réunis le 3 janvier dernier dans leur siège, les membres du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (Ppa-Ci) ont réaffirmé leur volonté de poursuivre la lutte contre le quatrième mandat et pour la libération des prisonniers d'opinion. Ils envisagent également de réorganiser leur parti afin de se préparer au mieux pour les prochaines échéances électorales.

Pendant ce temps, l’actualité politique ivoirienne a connu un rebondissement qui a fait couler beaucoup d’encre. Il s'agit de la démission du gouvernement, survenue après les deux grandes élections qui se sont déroulées en Côte d'Ivoire et qui ont vu la victoire éclatante du parti au pouvoir. Mercredi 7 janvier, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a démissionné avec l’ensemble de son gouvernement, qui assurera l’intérim jusqu’au prochain remaniement. Après deux ans à la tête de la primature, Robert quitte le gouvernement.