Bénin-Niger : regain de tensions diplomatiques en pleine période électorale  Spécial

© AP Photo/Eraldo Peres / Mali Government Information Center via AP © AP Photo/Eraldo Peres / Mali Government Information Center via AP

Le torchon brûle à nouveau entre le Bénin et le Niger. Alors que les relations entre les deux pays voisins se sont dégradées crescendo depuis l’arrivée au pouvoir du général Abdourahmane Tiani en 2023, suite au renversement de l’ex-président Mohamed Bazoum, la discorde avait semblé faire montre d’une relative accalmie au cours de ces derniers mois. Ceci jusqu’au début de l’année où les deux pays ont mutuellement expulsé des diplomates. Après que Cotonou ait expulsé le 1er janvier deux fonctionnaires – un agent de police et un fonctionnaire des services nigériens - de l’ambassade nigérienne, Niamey a rendu la pareille en déclarant persona non grata le chargé d'affaires béninois. Les autorités béninoises n’ont pas officiellement communiqué sur cette décision. Pour rappel, Cotonou avait rappelé son ambassadeur en février 2025. Cette nouvelle friction entre les deux pays intervient dans le sillage du putsch manqué au Bénin, où le gouvernement avait, par ailleurs, fustigé l’implication de « politiciens béninois nostalgiques » et de soutiens étrangers. De son côté, le général Tiani n’a pas arrêté d’accuser le Bénin d’abriter une base française dans le but de déstabiliser le Niger.

Ouverture du chapitre électoral

Cette année, les Béninois seront appelés aux urnes pour les élections législatives, communales et la présidentielle. Le 11 janvier, les scrutins pour les législatives et communales ont eu lieu. Les députés seront désormais élus pour un mandat de 7 ans – au lieu de 5 ans précédemment – depuis la révision de la Constitution de novembre 2025. Cinq partis sont en lice pour les 109 sièges : l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), le Bloc républicain (BR) et Moele Bénin. Puis, on note le parti d’opposition Les Démocrates (LD) de l’ex-président Boni Yayi et les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), parti d’opposition dite « modérée ». Par contre, pour les communales, seuls l’URP, le BR et le FCBE participent. Les listes de candidature de LD ont été jugées irrecevables par la Cour constitutionnelle, sachant que le parti ne sera également pas de la partie à la présidentielle, suite à une disqualification pour défauts de parrainage.