Mali – Mahmoud Dicko : l’influence persistante d’un imam en exil face au pouvoir Spécial

© Nicolas Réméné pour JA © Nicolas Réméné pour JA

Timbuktu Institute - Semaine 3 - Février 2026

 

L’imam Mahmoud Dicko, figure centrale de la vie socio-politique malienne, se trouve aujourd'hui au cœur d'une « aventure ambiguë » marquée par son passage du statut de pivot incontournable du pouvoir à celui d'opposant frontal en exil. Après avoir joué un rôle déterminant dans la chute d'Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, il s'est progressivement distancé des militaires au pouvoir, dénonçant le non-respect du calendrier de transition. Désormais réfugié en Algérie, Dicko cherche à redéfinir son rôle en se positionnant comme un médiateur pour la paix, tout en intégrant des coalitions d'opposition à l'étranger, comme la Coalition des Forces pour la République (CFR). Son discours, qui mêle habilement rigueur religieuse, populisme et critique des élites, continue de diviser : ses partisans y voient un rempart moral indispensable face à une junte autoritaire, tandis que ses détracteurs s'inquiètent de son influence théocratique et de ses positions ultra-conservatrices qui menacent la laïcité de l'État. Malgré la dissolution de son mouvement (la CMAS) par les autorités de Bamako, l'imam reste une figure incontournable dont la capacité de mobilisation, même à distance, demeure un défi majeur pour les colonels au pouvoir.

Opération des FAMa à Ségou : Terroristes neutralisés et matériel saisi

Selon un communiqué de l'état-major général des armées du lundi 16 février 2026, les Forces Armées Maliennes (FAMa) ont mené une importante opération de ratissage le dimanche précédent dans le secteur de Nampala (région de Ségou). L'intervention, qui a ciblé les zones des villages de Toulé et d'Akoub, s'est soldée par la neutralisation de plusieurs terroristes. En plus du bilan humain, l'armée a saisi une quantité significative d'équipements, incluant des armes, des munitions ainsi que du matériel de communication. À travers cette opération, la hiérarchie militaire réaffirme sa détermination à traquer les groupes armés sur l'ensemble du territoire national pour assurer la sécurité des populations.

L’AES lance la feuille de route de sa deuxième année

Le gouvernement malien a officiellement examiné, ce 17 février 2026, la feuille de route de l'An II de la Confédération des États du Sahel (AES), visant à consolider les acquis de la première année et à opérationnaliser les engagements pris par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cette étape fait suite à la ratification récente de quatre protocoles majeurs portant sur la défense, la diplomatie, le développement et la création d'un parlement confédéral. Sous la présidence tournante du capitaine Ibrahim Traoré, la confédération entend transformer ces textes juridiques en actions concrètes pour répondre aux besoins urgents des populations en matière de sécurité, de libre circulation et d'infrastructures. Les autorités réaffirment le caractère irréversible de ce processus d'intégration régionale, né de la rupture avec la CEDEAO et de la volonté des trois États de bâtir un espace souverain et sécurisé.