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Timbuktu Institute - Semaine 3 - Février 2026
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Au Togo, l’actualité révèle un pays en proie à des tensions entre affirmation stratégique et défis institutionnels. Des menaces visant le journaliste Roger Amemavoh au procès en appel de Félix Abalo Kadangha, en passant par l'objectif fixé par Faure Gnassingbé en matière de souveraineté alimentaire et par sa présidence de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires, cette séquence illustre un équilibre délicat entre ambition politique, exigences de gouvernance et protection des libertés.
Menaces contre Roger Amemavoh : un révélateur des défis structurels de la liberté de la presse au Togo
Les menaces visant le journaliste Roger Amemavoh sont un révélateur des défis auxquels la liberté de la presse est confrontée au Togo. L’Observatoire togolais des médias (OTM) a en effet dénoncé « une atteinte grave à la liberté d’expression et des médias », appelant les autorités à garantir la sécurité du journaliste. De son côté, le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) a condamné « avec la plus grande fermeté » ces menaces et évoqué une « recrudescence des atteintes à la liberté de la presse ». Le gouvernement, par la voix des ministères en charge de la Communication et de la Sécurité, a indiqué « suivre la situation avec attention ». Cette affaire relance le débat structurel sur la protection des journalistes au Togo. Si la réaction officielle marque une reconnaissance institutionnelle du problème, l'enjeu réside désormais dans la capacité à traduire ces déclarations en mesures concrètes de protection et en garanties procédurales effectives.
Procès en appel de Félix Abalo Kadangha : crédibilité de la justice militaire et enjeux de la responsabilité de l’État au Togo
Cinq ans après la mort du colonel Toussaint Bitala Madjoulba, le procès en appel de Félix Abalo Kadangha s’est ouvert le 16 février 2026 devant la justice militaire. Condamné en 2023 à 20 ans de réclusion pour « complot contre la sûreté de l’État », « complicité d’assassinat » et « entrave à la justice », l’ancien chef d’état-major conteste une décision que ses avocats jugent entachée de vices de procédure et marquée par un manque criant de preuves. Ce procès est hautement symbolique ; il interroge la crédibilité de la justice militaire, la gestion des affaires sensibles impliquant les forces armées, ainsi que la transparence des mécanismes de responsabilité au sommet de l’État. Cet événement intervient dans un contexte où le débat porte sur l'extradition de Damiba et ses péripéties.
Faure Gnassingbé : cap sur la souveraineté alimentaire et l’autonomie dans la production agricole au Togo
Lors de sa visite dans les zones d'aménagement agricole planifié (ZAAP) de Dankpen et de la Binah, il a déclaré : « Au-delà de la sécurité alimentaire, il est impératif d'atteindre la souveraineté alimentaire. » Le président du Conseil a souligné que « le gouvernement ne détient pas toutes les réponses » et a appelé à une collaboration renforcée avec les producteurs. Cette déclaration marque un tournant stratégique vers une logique d’une autonomie dans le cadre de la production agricole. En distinguant la sécurité alimentaire de la souveraineté alimentaire, il met l’accent sur la réduction de la dépendance aux importations et sur la responsabilisation conjointe de l’État et des producteurs. L’enjeu ne se limite pas à la production agricole : il s'agit de consolider la résilience économique du pays et de structurer durablement les chaînes de valeur rurales. Cette orientation s'inscrit donc dans une logique d'autosuffisance stratégique visant à réduire la dépendance aux importations et à consolider la résilience économique nationale. Toutefois, la réussite de cette démarche dépendra de la professionnalisation effective des zones d'activités agricoles et agroalimentaires (ZAAP) et de l'accès au financement, aux intrants et aux marchés.
L’harmonisation du droit des affaires en Afrique : un levier diplomatique pour le repositionnement stratégique du Togo
L'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) est un levier diplomatique pour le repositionnement stratégique du Togo. Cette prise de fonction confère au Togo une visibilité accrue dans l'espace juridique africain. Cette accession à la présidence de l'OHADA renforce le positionnement diplomatique du Togo au sein de l'architecture juridique africaine. Elle offre à Lomé une tribune stratégique pour promouvoir la sécurité juridique, l'attractivité des investissements et l'intégration économique régionale, tout en renforçant son image d'acteur institutionnel influent. Le pays progresse sur plusieurs fronts, mais la consolidation durable dépendra de la capacité des institutions à garantir simultanément la sécurité, les libertés publiques et une gouvernance inclusive.