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Timbuktu Institute Semaine 1 - juin 2026
Qui a bon voisin a bon matin, enseigne la sagesse populaire. A l'évidence, le nouveau président béninois Romuald Wadagni, semble avoir fait sien ce dicton. Depuis la présence appréciée et remarquée de représentants de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) à son investiture, il est manifeste que Cotonou cherche à apaiser ses relations à l’échelle régionale. Ainsi, en quatre jours, le chef de l’Etat aura fait preuve d’un remarquable entrain diplomatique avec ses voisins : le Nigeria, le Niger, le Burkina Faso, le Togo puis enfin la Côte d’Ivoire. En effet, le 1er juin, sur l’invitation de son homologue nigérian Bola Tinubu, Wadagni s’est rendu à Lagos. Les échanges ont porté principalement sur la coopération bilatérale entre les deux pays, notamment les questions de sécurité frontalière, de commerce transfrontalier, d’énergie et de coopération régionale au sein de la Cedeao. Puis, le lendemain 2 juin, le président béninois a été accueilli avec solennité à Niamey par le chef de l’Etat nigérien Abdourahmane Tiani. Les deux homologues ont annoncé leur intention « d’œuvrer à la levée de tous les obstacles au renforcement de la coopération entre les deux pays, notamment la réouverture de la frontière Bénin–Niger », renseigne le communiqué conjoint final. Pour cela, un comité mixte d’experts béninois et nigériens a été officiellement installé (et dispose de 15 jours à compter du 5 juin) pour examiner les conditions de réouverture de la frontière entre les deux pays.
Le même jour, Wadagni a mis le cap sur Ouagadougou où les discussions avec son homologue Ibrahim Traoré ont principalement porté sur les enjeux sécuritaires liés au terrorisme et à la criminalité transfrontalière, ainsi que sur les questions économiques, notamment le commerce, les infrastructures et le rôle du port de Cotonou dans l’approvisionnement du Burkina Faso. A Lomé, le 3 juin, le renforcement de la coopération bilatérale, notamment dans les domaines du commerce, des infrastructures de transport et de la sécurité transfrontalière ont été les principaux sujets d’échange avec le président togolais Faure Gnassingbé. A la dernière étape de sa tournée régionale, où il a été reçu à Abidjan par son homologue le président Alassane Ouattara, la rencontre fut l’occasion d’aborder les dynamiques régionales, notamment les relations avec les pays de l’AES ainsi que les réformes économiques en cours dans l’espace UEMOA.
Pour une sous-région apaisée
En l’espèce, cette séquence diplomatique semble inaugurer une phase de repositionnement stratégique du Bénin dans l’espace ouest-africain, marquée par une volonté d’équilibrer ses relations entre blocs régionaux aux trajectoires politiques divergentes. De toute évidence, Cotonou est conscient des enjeux transfrontaliers dans les agendas bilatéraux en présence, notamment en matière de sécurité et d’intégration économique. Un gain immédiat étant la consolidation de ces échanges dans le but de redéfinir les mécanismes de coopération régionale autour d’approches plus pragmatiques et flexibles. Par ailleurs, cette dynamique de rapprochement pourrait progressivement contribuer – du moins semble l’espérer Cotonou - à réduire les logiques de méfiance qui structurent à l’heure actuelle, les relations entre États de la sous-région, en favorisant des mécanismes de dialogue plus continus et moins dépendants des seules conjonctures politiques. Enfin, dans l’horizon du renforcement de la résilience collective face aux crises sécuritaires et économiques, elle ouvre dans le même mouvement, la possibilité d’une reconfiguration des modes de coopération régionale, davantage fondés sur des intérêts pragmatiques partagés que sur des alignements strictement institutionnels.