
Sacré-Coeur 3 – BP 15177 CP 10700 Dakar Fann – SENEGAL.
+221 33 827 34 91 / +221 77 637 73 15
contact@timbuktu-institute.org
Timbuktu Institute Semaine 2 - Juin 2026
Dans un contexte de recomposition continue des équilibres régionaux, le Sénégal s’emploie à renforcer son positionnement, lorgnant un rôle d’acteur central dans les dynamiques en présence. C’est en ce sens que Dakar mène actuellement une offensive diplomatique en Afrique de l’Ouest afin de consolider la candidature du général Birame Diop à la présidence de la Commission de la Cedeao pour le mandat 2026-2030. Après des étapes à Freetown et à Abidjan, la tournée du ministre des Affaires étrangères Cheikh Niang s’est poursuivie le 8 juin à Lomé, où il a été reçu par le président du Conseil togolais Faure Gnassingbé. Portant un message du président Diomaye Faye, le chef de la diplomatie sénégalaise a officiellement présenté le candidat désigné par le Sénégal et sollicité le soutien des autorités togolaises. Une démarche qui s’inscrit dans une stratégie régionale plus large visant à renforcer les appuis autour de la candidature sénégalaise, à l’approche des prochaines échéances de la Cedeao. Selon Dakar, cette mobilisation vise à promouvoir un profil jugé apte à contribuer à la relance de l’institution régionale eu égard aux défis sécuritaires et politiques majeurs en Afrique de l’Ouest. Elle intervient par ailleurs dans un contexte où le Sénégal qui occupe actuellement la présidence de la Commission de la Cedeao, ne cache pas son désir de jouer un rôle accru au sein de l’organisation régionale.
Parallèlement, le président Diomaye Faye a reçu le 10 juin, un émissaire de son homologue mauritanien, Mohamed El Ghazouani, dans le cadre du renforcement du dialogue politique entre les deux pays voisins. L’envoyé spécial, le ministre mauritanien des Affaires étrangères et de la Coopération africaine, Mohamed Salem Ould Merzoug, était porteur d’un message du chef de l’État mauritanien. Cette audience s’inscrit dans la continuité des échanges réguliers entre Dakar et Nouakchott, qui entretiennent des relations diplomatiques stratégiques et structurées. En l’espèce, les discussions ont réaffirmé la volonté commune des deux pays de consolider leur coopération dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment l’économie, l’énergie, la pêche et la sécurité, dans un espace régional caractérisé par une forte interdépendance. Au-delà du geste diplomatique, cette rencontre illustre la densité des relations sénégalo-mauritaniennes et le souhait des deux pays de renforcer un partenariat présenté comme fraternel, face aux enjeux politiques, économiques et sécuritaires de la sous-région.
Équilibres institutionnels en recomposition
Au plan interne, face à l’aggravation des tensions entre le président Diomaye Faye et son ex-Premier ministre Ousmane Sonko, un collectif regroupant syndicats, intellectuels et acteurs de la société civile a saisi l’opinion publique pour alerter sur les risques d’une crise institutionnelle. Au centre de la controverse figure la réintégration de Sonko à l’Assemblée nationale, dont la légalité est contestée par l’opposition, et qui a permis son élection au perchoir. Les signataires estiment que seul le Conseil constitutionnel peut trancher ce différend et rétablir un climat de sérénité politique. Ils l’exhortent à se prononcer rapidement sur le recours déjà déposé par des députés de l’opposition, afin d’éviter que le conflit ne se transforme en rapport de force durable entre la présidence et la majorité parlementaire.
Pendant ce temps, deux députés du Pastef, Ismaila Diallo (premier vice-président de l’Assemblée nationale) et Cheikh Thioro Mbacké (troisième vice-président), ont annoncé leur démission de leurs fonctions de vice-présidents de l’Assemblée nationale du Sénégal. D’une part, Ismaila Diallo justifie sa décision par un « esprit de responsabilité et de fidélité » à son engagement. De son côté, Cheikh Thioro Mbacké évoque une décision prise après réflexion, motivée par des « convenances personnelles et politiques ». Toutefois, les deux élus restent par ailleurs députés. Si les raisons profondes de ces positionnements ne se laissent pas encore clairement déceler, elles apparaissent comme un nouvel épisode dans le jeu de passe-passe dans un Parlement, où le Pastef entend user de son pouvoir législatif, dans le différend politique qui l’oppose au chef de l’Etat.