Côte d'Ivoire : À l'approche du scrutin, le flou électoral nourrit la défiance Spécial

Timbuktu Institute Semaine 2 - Septembre 2026 

En Côte d’Ivoire, l’actualité est marquée par la transparence du processus électoral depuis la dissolution de la CEI. Jusqu’à présent, les Ivoiriens ignorent la composition de l’organe chargé d’organiser les élections. Quelle sera sa composition ? Sera-t-elle autonome ? De leur côté, les partis politiques de l’opposition continuent de multiplier les rencontres afin de parler d’une seule voix et de pousser l’État à statuer sur cette question. Le 7 septembre dernier, le chapitre de la liquidation de la CEI a été ouvert lors de la cérémonie de passation de charges entre le secrétaire général sortant et le liquidateur. Beaucoup d'observateurs craignent que cette méfiance entre les différentes parties ne soit à l’origine de contestations futures.

La réforme du fichier électoral, un test pour la crédibilité du processus électoral

Une question purement technique devient alors une question politique. En effet, la révision du fichier électoral devra attendre la mise en place du nouvel organe chargé des élections. Une première réunion a eu lieu en juin dernier entre le gouvernement et les différents partis politiques, mais depuis, les choses ne semblent pas avoir évolué. Une certaine frange de l’opposition y voit une manière pour le pouvoir d’exercer un contrôle accru sur le fichier électoral en question. Cette situation pourrait aboutir à une crise électorale si une solution n’est pas trouvée. La réforme gagnerait à être plus inclusive pour que les prochaines élections soient libres et transparentes, gage d’une stabilité politique.

L’affaire Koné Katinan et le risque de judiciarisation de la compétition politique

Par ailleurs, l’actualité ivoirienne a également été marquée par l’audition, mercredi dernier, de Justin Koné Katinan, suite à la plainte du RHDP. En effet, l’ancien ministre du Budget sous Gbagbo a dénoncé l’orpaillage clandestin et ses conséquences sur l’économie criminelle, le trafic de drogue et la corruption, entre autres. Pour rappel, le quatrième vice-président du PPA-CI avait affirmé que « l’orpaillage illégal est un phénomène né de la méthode de conquête du pouvoir par le RDR (l'ancienne formation d'Alassane Ouattara, aujourd'hui intégrée au RHDP) ». Selon lui, le parti au pouvoir était à l’origine même de cette situation qu’il prétend combattre. Ces accusations gravissimes ont conduit à son placement sous mandat de dépôt le vendredi 11 septembre. Pour le porte-parole du gouvernement, il est important de préciser que la plainte émane du parti et non du gouvernement. Le parti au pouvoir évoque des « affirmations gratuites » qui le représentent comme un « creuset de délinquants ». Cette situation est de nature à raviver la flamme de la tension politique en Côte d’ivoire, après plusieurs années de tensions. Plusieurs observateurs craignent ainsi une certaine judiciarisation de la compétition politique.

Orpaillage illégal : la Côte d’ivoire mise sur le renseignement et les nouvelles technologies

Pendant ce temps, le gouvernement s’est fixé un délai de six mois pour mettre un terme à ce phénomène d’orpaillage clandestin qui gangrène l’économie. Dans cette perspective, les autorités misent sur le renseignement, la surveillance accrue, le renforcement des capacités des agents et l’application des sanctions, entre autres. Pour ce faire, le recours aux drones sera un atout. Selon le préfet de l’Indénié-Djuablin, Kouadio Kouassi Eugène, « ces appareils survolent le département au moins une fois par semaine afin de détecter toute nouvelle installation et de faire remonter rapidement les informations aux autorités ». C’est un phénomène qui mérite d’être combattu au regard des réseaux criminels qu’il peut générer.