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Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026
Le Niger a fait face à l’un de ses premiers défis en interne depuis l’arrivée du général Abdourahamane Tiani au pouvoir en 2023 avec la tentative de coup d’État de la fin du mois d’août 2026. Avec l’appui d’Africa Corps, l’armée nigérienne a réussi à reprendre très vite le contrôle des sites stratégiques.
Répressions et remaniements au sein de l’armée
Deux semaines après la mutinerie, le régime nigérien a engagé une vague de purges. Plusieurs hauts gradés de l’armée ont ainsi été révoqués de leurs fonctions. Il s’agit du limogeage et du placement en résidence surveillée de l’ex-chef d’état-major des armées, le général Moussa Salaou Barmou puis de la nomination du général de brigade Mamane Sani Kiaou, ancien chef d’état-major de l’Armée de terre, expérimenté dans la lutte antiterroriste à Tillabéry et Diffa, à la tête de l’armée nigérienne. Il s’en est suivi une vague d’arrestations notamment celle d’une quarantaine d’officiers et sous-officiers du BSR-COS dont le présumé leader le commandant Maïhati, et de soldats du 1er Bataillon parachutiste de Niamey et l’arrestations de civils comme Kalla Moutari, ancien ministre de la Défense, proche de Mohamed Bazoum, Kalla Ankouaro ancien ministre des Affaires étrangères, et disparition depuis le 31 août du journaliste Moussa Kaka avec des soupçons de disparition forcée selon Amnesty International.
Ces mesures arrivent dans un contexte où l’État est accusé de restriction des libertés avec des partis politiques dissous, la prolongation du mandat de Tiani jusqu’en 2030 au moins, la détention sans procès de l’ex-président Bazoum et de son épouse, etc. Le Niger aurait d’ailleurs chuté dans les classements de la liberté de la presse classé 120e chez RSF et serait considéré comme « non libre » par Freedom House. De là, le gouvernement a publié un programme de « refondation de la République » et multiplié les visites de sensibilisation auprès des troupes pour restaurer la cohésion.
Un partenariat avec la Russie réservé à la protection du régime militaire en place ?
Malgré la promesse des militaires de résoudre l’insécurité en combattant le JNIM et l’État islamique au Sahel, trois ans après l’arrivée de Tiani au pouvoir, la violence a augmenté avec près de 2 000 victimes civiles et militaires en 2025 et des attaques jusqu’à Niamey en 2026. Les officiers subalternes et soldats de première ligne subissent de plein fouet les conséquences avec notamment les pénuries de ravitaillement, les conditions de vie précaires, et ont peu d’influence sur la conduite de la guerre. Certains observateurs considèrent le partenariat avec les paramilitaires russes comme un moyen de protéger uniquement le régime de crises internes comme les tentatives de coups d’État, entre autres. Ces phénomènes sont également observés dans les pays membres de l’Alliance des États du Sahel.
Une poursuite des opérations offensives et de contrôle de zone
Les Forces de défense et de sécurité poursuivent également les opérations offensives et de contrôle de zone avec l’Opération Damissa qui concerne la région de Dosso avec comme objectif la destruction de plusieurs dizaines de cases et hameaux utilisés comme refuges par des mercenaires et des groupes armés dans la zone de Kabéri. L’Opération Naléwa Dolé pour la région de Diffa Bosso a permis l’arrestation de deux membres de Boko Haram, de deux guetteurs, et de trois poseurs d’engins explosifs improvisés dont deux femmes ainsi qu’une saisie de tissus à motifs militaires destinés à Boko Haram avec deux de leurs anciens combattants capturés. Des consultations médicales, des distributions de vivres et médicaments, ainsi que la sensibilisation des populations sont également organisées ; ces opérations dénotent de la poursuite de la lutte contre les groupes armés comme Boko Haram dans le sud-est.
Le mutisme choisi du général Tiani et le recours à des nominations d’ « hommes de terrain » est la preuve que le gouvernement nigérien prend la situation en main malgré les allégations d’inefficacité.