Cameroun : controverse sur les nouveaux critères d’éligibilité municipales et législatives Spécial

Alors que les élections législatives et municipales auront lieu dans les prochains mois, un nouveau critère d’éligibilité semble tomber comme un cheveu sur la soupe. Les autorités enjoignent désormais que les candidats présentent une attestation de conformité fiscale, délivrée via le site internet des impôts. Le problème est que non seulement le document n’est pas prévu par le Code électoral, mais aussi son obtention peut se révéler ardue. C’est ainsi que le Front des démocrates camerounais (FDC) - un parti de l’opposition - a saisi le Conseil constitutionnel dans le cadre d’un  recours pour dénoncer un « inconfort juridique » au sujet de l’obtention de cette pièce qu’il juge « non conforme au code électoral ». Le 13 janvier, le Conseil s’est déclaré incompétent.

En parallèle, dans un communiqué rendu public le 15 janvier et signé du porte-parole du perdant officiel de la récente présidentielle l’opposant Issa Tchiroma Bakary, ce dernier a formulé son « refus de cautionner les élections à venir », arguant que le régime en place a tenté : “tenté désormais de confisquer le pouvoir législatif, à travers des élections législatives et municipales organisées en toute illégalité et promises, comme par le passé, à toutes les formes de fraude. »

Scènes macabres dans la région du nord-ouest

Quinze morts membres d’une même famille : c’est le bilan de l’attaque survenue dans le département du Donga-Mantung(arrondissement de Ndu) dans la région anglophone du nord-ouest. Selon Adolphe Lele Lafrique, Gouverneur de la région en proie à une insécurité manifeste - depuis le déclenchement de la crise anglophone en 2017 – les assaillants provenant du département du Bui ont fait feu sur les habitants de Ndu, la mosquée puis des bâtiments, ainsi des greniers et véhicules. La communauté Mbororo, à laquelle appartiennent toutes les victimes, est régulièrement accusée par les forces séparatistes – dites « Amba Boys » - de collaborer avec les forces gouvernementales déployées sur le terrain.