Timbuktu Institute, July 2026

The Timbuktu Institute – African Center for Peace Studies, in partnership with the Rosa Luxemburg Foundation, will soon publish a research report on migration, resilience, and human security in the departments of Goudiry and Bakel, in the far east of Senegal. Based on a mixed-methods field study combining quantitative data, qualitative interviews, direct observations, and life narratives, this work offers one of the most detailed analyses ever conducted of this border region, at the crossroads of historical migration dynamics and shifting regional security landscapes—particularly in light of the current security situation in Mali.

A Border Region Under Dual Pressure

Bordering the Senegal and Falémé rivers and in direct contact with Mali and Mauritania, Goudiry and Bakel face multiple challenges: as one of the country’s oldest regions of emigration, the area is now also exposed to porous borders and the deteriorating security situation in neighboring Mali. This situation is exemplified by significant events such as the recent attack in Diboli and the concerns of a youth population that faces chronic unemployment, precarious living conditions, and socioeconomic vulnerabilities. It is against this backdrop that the Timbuktu Institute, supported by the Rosa Luxemburg Foundation, has chosen to conduct a large-scale field study, utilizing quantitative questionnaires, semi-structured interviews, direct observations, and life narratives, distributed across the two departments in eastern Senegal.

Initial trends: Migration, a structural pillar rather than a temporary phenomenon

Preliminary results confirm that migration is not a marginal phenomenon but rather the central social reality of the region: in nearly all households surveyed, at least one member is currently migrating, and one-quarter of households include a migrant who left more than ten years ago. Remittances, received “regularly” by nearly three out of four respondents, primarily fund families’ food and healthcare, ahead of education and housing; this is a sign that the remittance economy remains largely focused on short-term resilience rather than productive investment.

This structural dependence on migration is accompanied by a shared awareness of its human cost: tragedies at sea and in the desert, the brain drain, and the breaking up of families. The life stories collected from returning migrants who passed through Libya, Algeria, Morocco, or France give this statistical reality a face and a voice, reflecting both the hardships endured during their journey and the pride in the achievements made possible by the money sent home.

Unemployment and Radicalization: A Link Identified by All Field Actors

One of the most obvious findings of the study is the interesting convergence of viewpoints among heads of households, young people, women leaders, religious guides, and members of the Defense and Security Forces regarding the link between a lack of economic opportunities and vulnerability to radicalization. The report documents a three-stage process, described with great insight by the respondents themselves: the loss of direction linked to unemployment, frustrations with the system, and then the search for recognition and a sense of social belonging—a fertile ground that extremist networks know how to exploit in neighboring countries. In the face of this risk, religious leaders and families are widely regarded as the two primary actors in prevention, far ahead of formal institutional mechanisms. One specific trend, noted in Bakel, deserves particular attention: the recent arrival of new preachers delivering an unusual religious message, mentioned independently by several respondents.

Human Security, Trust in the FDS, and Community Dialogue

The study also explores the public’s perception of their security and of their Defense and Security Forces: a majority of respondents rate the security situation as good to very good and express genuine trust in the Defense and Security Forces, while noting a persistent shortage of human and logistical resources. Notably, the proximity of the regional threat appears to have further strengthened cooperation between civilian populations and security forces

Regarding inter-community dialogue, the study confirms the vitality of traditional mechanisms—embodied by customary chiefdoms, religious mediation, and “joking kinship”—which, far ahead of formal mechanisms, remain the primary recourse for communities in conflict resolution.

A Report to Inform Public and Partnership-Based Action

Beyond the analysis, the study outlines the concrete expectations expressed by the populations of Goudiry and Bakel regarding the state, local authorities, the Defense and Security Forces, technical and financial partners, and the diaspora—ranging from vocational training for young people to improving road access, and including the channeling of remittances into sustainable productive investments.

The full report, which details all of these findings by department and contextualizes them with field data, will be released in the coming weeks by the Timbuktu Institute and the Rosa Luxemburg Foundation. Based on initial trends and current findings, it will serve as a key reference resource for public actors, development partners, and civil society organizations working in the Tambacounda region and, more broadly, in eastern Senegal.

Timbuktu Institute, juillet 2026

Le Timbuktu Institute – African Center for Peace Studies procédera à la publication prochaine, en partenariat avec la Fondation Rosa Luxemburg, d'un rapport d'étude consacré à la migration, à la résilience et à la sécurité humaine dans les départements de Goudiry et de Bakel, à l'extrême Est du Sénégal. Fruit d'une enquête de terrain mixte associant données quantitatives, entretiens qualitatifs, observations directes et récits de vie, ce travail offre l'un des diagnostics les plus fins jamais réalisés sur cette zone frontalière, au carrefour des dynamiques migratoires historiques et des recompositions sécuritaires régionales, notamment avec la situation sécuritaire actuelle au Mali.

Une zone frontalière sous double tension

Adossés au fleuve Sénégal et à la Falémé, en contact direct avec le Mali et la Mauritanie, Goudiry et Bakel cumulent les défis : terre d'émigration parmi les plus anciennes du pays, la zone est aujourd'hui également exposée à la porosité des frontières, à la dégradation de la situation sécuritaire au Mali voisin. Cette situation est matérialisée par des événements marquants comme la récente attaque à Diboli et les interrogations d’une jeunesse durablement confrontée au chômage, à la précarité et aux vulnérabilités socio-économiques. C'est dans ce contexte que le Timbuktu Institute soutenu par la Fondation Rosa Luxemburg a choisi de conduire une étude de terrain d'ampleur, mobilisant questionnaires quantitatifs, entretiens semi-directifs, 7 observations directes et des récits de vie, répartis entre les deux départements de l’Est du Sénégal.

Premières tendances : la migration, un pilier structurel plus qu'un accident conjoncturel

Les résultats préliminaires confirment que la migration n'est pas un phénomène marginal mais bien le fait social central de la zone : dans la quasi-totalité des ménages enquêtés, au moins un membre est actuellement en migration, et un quart des ménages comptent un migrant parti depuis plus de dix ans. Les transferts de fonds, reçus « régulièrement » par près de trois répondants sur quatre, financent avant tout l'alimentation et la santé des familles, avant l'éducation et l'habitat ; signe d'une économie des transferts encore largement tournée vers la résilience de court terme plutôt que vers l'investissement productif.

Cette dépendance structurelle à la migration s'accompagne d'une lucidité partagée sur son coût humain : des drames en mer et dans le désert, la fuite des compétences, l’éclatement des familles. Les récits de vie recueillis auprès de migrants de retour, passés par la Libye, l'Algérie, le Maroc ou la France, donnent à cette réalité statistique un visage et une certaine voix, entre épreuves endurées en transit et fierté des réalisations permises par l'argent envoyé au pays.

Chômage et radicalisation : un lien identifié par l'ensemble des acteurs de terrain

L'un des enseignements les plus évidents de l'étude est l’intéressante convergence des points de vue des chefs de ménage, des jeunes, des femmes leaders, des guides religieux, des agents des Forces de Défense et de Sécurité, sur le lien entre absence d'opportunités économiques et vulnérabilité à la radicalisation. Le rapport documente un mécanisme en trois temps, décrit avec une grande finesse par les répondants eux-mêmes : la perte de repères liée à l'absence de travail, les frustrations à l'égard du système, puis la recherche de reconnaissance et d'appartenance sociale ; un terreau que les réseaux extrémistes savent exploiter dans les pays voisins. Face à ce risque, les leaders religieux et les familles sont plébiscités comme les deux premiers acteurs de prévention, loin devant les dispositifs institutionnels formels. Un signal spécifique, relevé à Bakel, mérite une attention particulière : l'arrivée récente de nouveaux prêcheurs tenant un discours religieux inhabituel, mentionnée indépendamment par plusieurs répondants.

Sécurité humaine, confiance envers les FDS et dialogue communautaire

L'étude explore, également, la perception qu'ont les populations de leur sécurité et de leurs Forces de Défense et de Sécurité : une majorité de répondants juge la situation sécuritaire bonne à très bonne et exprime une confiance réelle envers les FDS, tout en pointant un déficit persistant de moyens humains et logistiques. Fait notable, la proximité de la menace régionale semble avoir plus renforcé  la coopération entre populations civiles et forces de sécurité

Au sujet du dialogue intercommunautaire, l'étude confirme la vitalité des mécanismes traditionnels  incarnés par les chefferies coutumières, la médiation religieuse, le cousinage à plaisanterie qui demeurent, très largement devant les dispositifs formels, les premiers recours des populations pour la résolution des conflits.

Un rapport pour éclairer l'action publique et partenariale

Au-delà du diagnostic, l'étude restitue les attentes concrètes exprimées par les populations de Goudiry et de Bakel à l'endroit de l'État, des collectivités locales, des Forces de Défense et de Sécurité, des partenaires techniques et financiers et de la diaspora — de la formation professionnelle des jeunes au désenclavement routier, en passant par la structuration des transferts de fonds en investissements productifs durables.

Le rapport complet, qui détaille l'ensemble de ces résultats par département et les met en perspective avec les données de terrain, sera rendu public dans les prochaines semaines par le Timbuktu Institute et la Fondation Rosa Luxemburg. Au regard des premières tendances et des conclusions en l’état, il constituera une ressource de référence pour les acteurs publics, les partenaires au développement et les organisations de la société civile engagés dans la région de Tambacounda et, plus largement, dans l’Est du Sénégal.

Timbuktu Institute Week 1 - July 2026

More than a decade after the emergence of Boko Haram, the Lake Chad Basin remains a hotbed of chronic instability, where jihadist incursions continue to dictate the daily lives of local populations. As a result, the security situation there continues to deteriorate, exacerbating an already severe humanitarian crisis. According to the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR), more than 3.5 million people are currently forcibly displaced in Cameroon, Chad, Niger, and Nigeria, while more than 8 million people require humanitarian assistance. Between January 2024 and April 2026, security incidents rose significantly, with an increase in attacks on civilians, kidnappings, and clashes involving armed groups such as Boko Haram and the Islamic State in West Africa (ISWAP). Borno State, in northeastern Nigeria, remains the epicenter of this violence, leading to new displacements into neighboring countries, particularly Niger and Chad. The crisis particularly affects vulnerable populations: women and children face increased risks of violence and disruptions to essential services, while school closures are depriving thousands of children of an education. Given the scale of the needs, UNHCR warns that humanitarian funding is insufficient and calls for increased international support to prevent a lasting escalation of instability in the region.

Meanwhile, flooding is ravaging the country, particularly in the capital. Faced with the persistent risk of flooding in N’Djamena, Prime Minister Allah-Maye Halina conducted, on June 30, a field visit to several neighborhoods in the capital to assess prevention measures and identify the most affected areas. Following the recent heavy rains, he observed that several drainage channels were blocked and that maintenance work on water infrastructure was inadequate, specifically criticizing the failures of the National Committee for Flood Management and Prevention. Urgent measures were ordered, including the removal of sediment from drainage systems and the acceleration of work on the Walia levee, the partial absence of which had contributed to the severe flooding of 2024. The head of government also called on local authorities to prioritize a preventive and ongoing approach, arguing that risk management should not be limited to periods of heavy rainfall.

N’Djamena Strengthens Its Alliances

On the international front, Chad is stepping up its efforts toward international cooperation. On June 30 in Abu Dhabi, Chadian President Mahamat Idriss Deby Itno was received by his Emirati counterpart, Sheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan, as part of a meeting focused on strengthening strategic cooperation between Chad and the United Arab Emirates. In particular, the two leaders reviewed the progress of commitments related to the “Chad Connexion 2030” National Development Plan, for which a financing forum was held in November 2025 in Abu Dhabi. Discussions also focused on several projects supported by the UAE in the fields of energy, health, social development, and humanitarian aid, as well as regional and international issues of mutual interest.

Furthermore, in this vein, the government has resumed its cooperation with the South African NGO African Parks Network (APN) through new agreements covering the management of four major protected areas in the country: Zakouma National Park, Siniaka-Minia Park, the Aouk Reserve, and the Ennedi Natural and Cultural Reserve. This signing follows a period of tension marked by the Chadian authorities’ decision in October 2025 to terminate the previous partnership agreements, prior to the start of new negotiations. The new cooperation framework provides for an increased role for the state in the management and oversight of protected areas, strengthened financial governance, and greater involvement of local authorities. The authorities also highlight commitments to transparency, the development of ecotourism, support for local communities, and the fight against poaching. This renewed partnership thus aims to reconcile biodiversity conservation, the economic development of natural resources, and the strengthening of national sovereignty in the management of protected areas.

Timbuktu Institute semaine 1 Juillet 2026

Plus d'une décennie après l'irruption de Boko Haram, le bassin du lac Tchad demeure un foyer d'instabilité chronique, où les incursions jihadistes continuent de dicter le quotidien des populations. Ainsi, la situation sécuritaire continue de s’y dégrader, aggravant une crise humanitaire déjà profonde. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 3,5 millions de personnes sont aujourd’hui déplacées de force au Cameroun, au Tchad, au Niger et au Nigeria, tandis que plus de 8 millions de personnes nécessitent une assistance humanitaire. Entre janvier 2024 et avril 2026, les incidents sécuritaires ont connu une hausse significative, avec une multiplication des attaques contre les civils, des enlèvements et des affrontements impliquant des groupes armés comme Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). L’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, demeure l’épicentre de cette violence, entraînant de nouveaux déplacements vers les pays voisins, notamment le Niger et le Tchad. La crise affecte particulièrement les populations vulnérables : les femmes et les enfants sont exposés à des risques accrus de violences et de rupture des services essentiels, tandis que la fermeture des écoles prive des milliers d’enfants d’éducation. Face à l’ampleur des besoins, le HCR alerte sur l’insuffisance des financements humanitaires et appelle à un soutien international renforcé afin d’éviter une aggravation durable de l’instabilité dans la région.

Pendant ce temps, les inondations sévissent dans le pays, notamment dans la capitale. Face aux risques persistants d’inondations à N’Djamena, le Premier ministre Allah-Maye Halina a effectué, le 30 juin, une visite de terrain dans plusieurs quartiers de la capitale afin d’évaluer les dispositifs de prévention et les zones les plus touchées. Après les fortes pluies enregistrées récemment, il a constaté l’obstruction de plusieurs caniveaux et l’insuffisance des travaux d’entretien des infrastructures hydrauliques, dénonçant notamment les défaillances du Comité national de gestion et de prévention des inondations. Des mesures urgentes ont été ordonnées, notamment le désensablement des ouvrages d’évacuation des eaux et l’accélération des travaux liés à la digue de Walia, dont l’absence partielle avait contribué aux graves inondations de 2024. Le chef du gouvernement a également appelé les autorités locales à privilégier une approche préventive et permanente, estimant que la gestion des risques ne devait pas se limiter aux périodes de fortes pluies.

N’Djamena consolide ses alliances

Au plan externe, le Tchad multiplie les démarches de coopération internationale. Ainsi, le président tchadien Mahamat Idriss Deby Itno a été reçu, le 30 juin à Abu Dhabi, par son homologue émirati Cheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan, dans le cadre d’une rencontre consacrée au renforcement de la coopération stratégique entre le Tchad et les Émirats arabes unis. Les deux dirigeants ont notamment évalué l’état d’avancement des engagements liés au Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », dont le forum de financement s’était tenu en novembre 2025 à Abu Dhabi. Les discussions ont également porté sur plusieurs projets soutenus par les Émirats dans les domaines de l’énergie, de la santé, du développement social et de l’aide humanitaire, ainsi que sur des enjeux régionaux et internationaux d’intérêt commun.

Par ailleurs, dans cette veine que le gouvernement a renoué sa coopération avec l’ONG sud-africaine African Parks Network (APN) à travers de nouveaux accords portant sur la gestion de quatre grandes aires protégées du pays : le parc national de Zakouma, le parc de Siniaka-Minia, la réserve de l’Aouk et la réserve naturelle et culturelle de l’Ennedi. Cette signature intervient après une période de tensions marquée par la décision des autorités tchadiennes, en octobre 2025, de mettre fin aux précédents accords de partenariat, avant l’ouverture de nouvelles négociations. Le nouveau cadre de coopération prévoit un rôle accru de l’État dans le pilotage et le contrôle des espaces protégés, une gouvernance financière renforcée ainsi qu’une implication plus importante des collectivités locales. Les autorités mettent également en avant des engagements en faveur de la transparence, du développement de l’écotourisme, du soutien aux communautés riveraines et de la lutte contre le braconnage. Ce partenariat renouvelé vise ainsi à concilier préservation de la biodiversité, valorisation économique des ressources naturelles et renforcement de la souveraineté nationale dans la gestion des aires protégées.

Timbuktu Institute Week 1 - July 2026

Nigeria appears to remain trapped in a cycle of ongoing security pressure. Despite the measures taken by the authorities, structural vulnerabilities and the proliferation of pockets of violence are fueling a climate of instability that is proving difficult to resolve. In the northeast of the country, Borno State continues to face the persistent threat of jihadist groups. On June 29, armed men suspected of belonging to the Islamic State in West Africa (ISWAP) attacked a high school in the town of Lassa, in the Askira-Uba district, while students were taking a national biology exam. The attackers abducted several dozen high school students and killed three people, including a soldier. According to authorities, a search operation conducted by the army led to the recovery of ten victims, while at least 37 families have reported their children missing. Investigators believe the militants had infiltrated the community the day before, taking advantage of a local market and posing as merchants or forestry officials to prepare for their operation. This attack, which led to the temporary closure of schools in the district, illustrates ISWAP’s continued ability to carry out mass kidnappings in a region marked by more than fifteen years of jihadist insurgency. It also comes just hours after the abduction of several women and two infants in nearby fields, confirming the severe security pressure that continues to weigh on the civilian population of Borno State.

However, the security picture is not entirely bleak. The military continues to make progress in its fight against jihadist groups active in the country’s northeast. In fact, according to the Joint Task Force Operation Hadin Kai, several alleged ISWAP leaders have surrendered to the Nigerian armed forces as part of counterinsurgency operations. According to military command, these surrenders are reportedly the result of ground offensives and intelligence operations that have weakened several insurgent bases and disrupted jihadist chains of command. In total, 76 suspected fighters—some accompanied by family members—are also reported to have laid down their arms over the past week. Nigerian authorities view this development as a sign that the operational capabilities of ISWAP and Boko Haram are weakening, while affirming their intention to continue operations until the armed groups are completely neutralized or surrender.

Abuja Strengthens Regional Security Alliances

In an effort to contain the expansion of jihadist groups from the Sahel, Nigeria intends to strengthen its military cooperation with its neighbors Benin and Niger. Nigerian Defense Minister General Christopher Musa stated on July 2 that the border area between the three countries had become a new priority sector for Abuja, due to the advance of fighters affiliated with the Group for the Support of Islam and Muslims (JNIM), who are reportedly seeking to exploit the corridor through Burkina Faso and Benin to enter Nigeria. The initiative notably calls for increased intelligence sharing and the possibility of coordinated cross-border operations. Cooperation with Benin is already underway, with Beninese forces conducting operations on Nigerian territory with Abuja’s approval.

This initiative comes amid a deteriorating security situation in northwestern Nigeria, marked by a surge in attacks and kidnappings, as the country has been facing a jihadist insurgency since 2009, led primarily by Boko Haram and ISWAP. At the same time, the authorities have launched a repatriation operation to bring their nationals home from South Africa, amid growing tensions over the issue of migration. A second flight chartered by the Nigerian government brought 269 Nigerian citizens back from Johannesburg to Lagos, bringing the total number of people repatriated since the start of the operation to 335. This initiative comes as South Africa steps up its security measures in the face of announced anti-immigrant protests and a rise in hostile rhetoric targeting foreigners, particularly Africans.

Meanwhile, a political and administrative scandal is currently rocking Abuja over a fake organization presented as an official government agency. The “Presidential Foreign Investment Promotion Council” (PFIPC), purportedly established to promote foreign investment, is said to have operated for several months as a recognized institution, interacting with government agencies and even having access to office space, staff, and bank accounts at the Central Bank of Nigeria. According to authorities, the organization was in fact fabricated from scratch by Prince Adeniyi Adeyemi, who is accused of forging official documents and impersonating a public official. Eight charges have been filed against him, including forgery and the creation of a fictitious government agency. The scandal also implicates several officials close to President Bola Tinubu, including Chief of Staff Femi Gbajabiamila, whose signature allegedly appeared on a disputed letter of appointment. While authorities claim to have uncovered a vast institutional fraud operation, Adeniyi Adeyemi denies the charges and denounces them as an attempt to manipulate the situation in order to discredit him.

Timbuktu Institute semaine 1 Juillet 2026

Le Nigeria semble demeurer dans la nasse d’une pression sécuritaire durable. Malgré les réponses apportées par les autorités, les vulnérabilités structurelles et la multiplication des poches de violences entretiennent un climat d’instabilité qui peine à se résorber. Dans le nord-est du pays, l’État de Borno reste confronté à la menace persistante des groupes jihadistes. Le 29 juin, des hommes armés soupçonnés d’appartenir à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ont attaqué un lycée de la ville de Lassa, dans le district d’Askira-Uba, alors que les élèves composaient un examen national de biologie. Les assaillants ont enlevé plusieurs dizaines de lycéens et tué trois personnes, dont un militaire. Selon les autorités, une opération de ratissage menée par l’armée a permis de retrouver dix victimes, tandis qu’au moins 37 familles ont signalé la disparition de leurs enfants. Les enquêteurs estiment que les combattants s’étaient infiltrés dans la communauté dès la veille, profitant d’un marché local et se faisant passer pour des commerçants ou des agents forestiers afin de préparer leur opération. Cette attaque, qui a conduit à la fermeture temporaire des établissements scolaires dans le district, illustre la capacité persistante de l’Iswap à mener des opérations de kidnapping de masse dans une région marquée par plus de quinze ans d’insurrection jihadiste. Elle intervient par ailleurs quelques heures après l’enlèvement de plusieurs femmes et de deux nourrissons dans des champs voisins, confirmant la forte pression sécuritaire qui continue de peser sur les populations civiles de l’État de Borno.

Cependant, le tableau sécuritaire n’est pas entièrement sombre. L’armée continue d’enregistrer des avancées dans sa lutte contre les groupes jihadistes actifs dans le nord-est du pays. En effet, d’après la Force opérationnelle interarmées Operation Hadin Kai, plusieurs responsables présumés de l’Iswap se sont rendusaux forces armées nigérianes dans le cadre des opérations de contre-insurrection. Selon le commandement militaire, ces redditions seraient le résultat des offensives terrestres et des opérations de renseignement ayant permis de fragiliser plusieurs bases insurgées et de perturber les chaînes de commandement jihadistes. Au total, 76 combattants présumés, certains accompagnés de membres de leurs familles, auraient également déposé les armes au cours de la dernière semaine. Les autorités nigérianes considèrent cette dynamique comme un signe d’affaiblissement des capacités opérationnelles de l’Iswap et de Boko Haram, tout en affirmant vouloir poursuivre les opérations jusqu’à la neutralisation complète ou la reddition des groupes armés.

Abuja renforce ses alliances sécuritaires régionales

Dans le but de contenir l’expansion des groupes jihadistes venus du Sahel, le Nigeria entend renforcer sa coopération militaire avec ses voisins du Bénin et du Niger. Le ministre nigérian de la Défense, le général Christopher Musa, a indiqué le 2 juillet, que la zone frontalière entre les trois pays était devenue un nouveau secteur prioritaire pour Abuja, en raison de la progression des combattants affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), qui chercheraient à exploiter le corridor passant par le Burkina Faso et le Bénin pour pénétrer au Nigeria. Le projet prévoit notamment un partage accru du renseignement et la possibilité d’opérations transfrontalières coordonnées. La coopération avec le Bénin est déjà engagée, avec des interventions de forces béninoises sur le territoire nigérian avec l’accord d’Abuja. Cette initiative intervient dans un contexte de dégradation sécuritaire dans le nord-ouest du Nigeria, marqué par la multiplication des attaques et des enlèvements, alors que le pays fait face depuis 2009 à une insurrection jihadiste menée principalement par Boko Haram et l’Iswap. Dans le même temps, les autorités ont lancé une opération de rapatriement de leurs ressortissants depuis l’Afrique du Sud, dans un contexte de tensions croissantes autour de la question migratoire. Un deuxième vol affrété par le gouvernement nigérian a permis le retour de 269 citoyens nigérians depuis Johannesburg vers Lagos, portant à 335 le nombre total de personnes rapatriées depuis le début de l’opération. Cette initiative intervient alors que l’Afrique du Sud renforce son dispositif sécuritaire face à des manifestations anti-immigrés annoncées et à une montée des discours hostiles visant les étrangers, notamment africains.

D’un autre côté, un scandale politico-administratif secoue actuellement Abuja autour d’une fausse structure présentée comme une agence gouvernementale officielle. Le « Presidential Foreign Investment Promotion Council » (PFIPC), censé promouvoir les investissements étrangers, aurait fonctionné pendant plusieurs mois comme une institution reconnue, en échangeant avec des administrations publiques et en bénéficiant même de locaux, d’employés et de comptes bancaires auprès de la Banque centrale nigériane. Selon les autorités, la structure aurait en réalité été créée de toutes pièces par Prince Adeniyi Adeyemi, accusé d’avoir falsifié des documents officiels et usurpé une fonction publique. Huit chefs d’accusation ont été retenus contre lui, notamment pour faux documents et création d’une agence gouvernementale fictive. L’affaire éclabousse également plusieurs responsables proches du président Bola Tinubu, dont le chef de cabinet Femi Gbajabiamila, dont la signature aurait figuré sur une lettre de nomination contestée. Si les autorités affirment avoir découvert une vaste opération de fraude institutionnelle, Adeniyi Adeyemi rejette les accusations et dénonce une tentative de manipulation visant à le discréditer.

Page 1 sur 160