Côte d’Ivoire : Hégémonie du parti au pouvoir et continuité de l’action publique Spécial

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En Côte d’ivoire, l’ancien Premier ministre a été promu à la tête de l’hémicycle par ses collègues députés avec un large score de 85 % des voix. En effet, le parti au pouvoir confirme son hégémonie dans l’échiquier politique après l’élection de Ouattara pour un quatrième mandat. Ce qui garantit à l’Etat central une forte cohérence institutionnelle et une certaine marge de manœuvre à mettre en place ses programmes, assurer une stabilité et une continuité de l’action gouvernementale. L’élection de l’ancien Premier ministre Patrick Achi à la présidence de l’Assemblée nationale marque une étape clé dans la consolidation du dispositif politique ivoirien, dans un environnement régional instable. Dans la même veine, le président Alassane Ouattara a procédé à un remaniement ministériel ce vendredi 23 janvier. Ce remaniement n’a pas connu de changement majeur et semble s’inscrire dans la continuité. La nomination de son propre frère Téné Birahima Ouattara au poste de vice-Premier ministre et chargé de la défense a attiré l’attention dans ce gouvernement. Parallèlement, le ministre de l’agriculture Kobenan Kouassi Adjoumani, en poste depuis 2011 a été éjecté de l’équipe. Est-ce par le fait du contexte de chute des cours mondiaux du cacao, qui a fortement pénalisé les agriculteurs ivoiriens, premier producteur mondial de cette denrée ? Dans tous les cas, son départ a fortement marqué l’actualité du pays ces derniers jours. Il occupe maintenant le poste de conseiller spécial à la présidence.

Lancement du nouveau quinquennat : orientations stratégiques et priorités gouvernementales en Côte d’ivoire

Dans la même logique, le 24 janvier 2026, le président Alassane Ouattara a présidé le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement issu des élections de 2025 en Côte d'Ivoire. Il a alors fixé les grandes orientations de l’action gouvernementale, en mettant l’accent sur la mise en œuvre rigoureuse du plan national de développement 2026-2030, conçu comme le cadre stratégique pour accélérer le développement économique et social, tout en renforçant la sécurité, la cohésion nationale et la paix. Il a insisté sur la « détermination du gouvernement à mettre en œuvre le plan national de développement 2026-2030, ainsi que les orientations découlant du contrat social que nous avons conclu avec nos concitoyens cette année. Nous devons aller encore plus loin, car les populations attendent de nous. »

Le premier Conseil des ministres marque ainsi le lancement effectif du prochain quinquennat et la structuration du cadre stratégique de l'action publique. La place centrale accordée au Plan national de développement témoigne de la volonté de poursuivre et de renforcer la planification afin d'obtenir des résultats mesurables en matière de développement économique et social. L’accent est également mis sur la sécurité, la cohésion nationale et la paix, illustrant ainsi l'étroite articulation entre développement et stabilité, dans un contexte postélectoral et régional sensible. Enfin, la référence au « contrat social » exprime l'exigence de redevabilité et de performance du gouvernement face aux nombreuses attentes de la population.

Prévention sécuritaire et institutions fortes : la Côte d’Ivoire comme pôle de stabilité régionale

Ces dernières années, l’absence de crise sécuritaire notable confirme cette tendance. À la différence des États sahéliens, la Côte d’Ivoire mise sur la force de ses institutions pour prévenir l’instabilité. Cette stratégie de prévention repose sur l’anticipation des menaces, la surveillance des frontières nord et la lutte contre les trafics et la radicalisation. La Côte d’ivoire cherche à se positionner comme un pôle de stabilité et un partenaire de confiance, tant pour les acteurs régionaux que pour les partenaires internationaux.