Bénin : arrestation de l’ex-ministre Alassane Tigri pour putsch manqué Spécial

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Timbuktu Institute – Semaine 4 - Janvier 2026 

Nouvel épisode dans la séquence judiciaire de l’après-putsch manqué du 7 décembre dernier. Après la comparution du député d’opposition Soumaïla Boké devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » et d’« incitation à la rébellion », c’est au tour d’Alassane Tigri, ancien ministre et vice-président du parti d’opposition Les Démocrates (LD). Arrêté à son domicile à Cotonou le 28 janvier  dans l’enquête relative au putsch, le frère aîné de Pascal Tigri – présenté par les autorités comme l’un des cerveaux du putsch – a été placé sous mandat de dépôt pour « trahison, intelligence avec une puissance étrangère, complicité de meurtre et attentat contre la sûreté de l’État ».

D’après des informations rapportées par Libre Express, un appel suspect entre Alassane Tigri et son frère cadet Pascal Tigri aurait eu lieu durant la veille de la tentative de coup d’Etat. A la barre, Alassane Tigri aurait assuré que cet appel n’avait rien à voir avec l’évocation d’un hypothétique putsch. Selon lui, son frère se serait plutôt contenté de lui demander où il se trouvait, à savoir Tanguiéta (nord du pays), leur ville d’origine. Pour mémoire, hormis les deux personnalités précitées, deux autres ont été entendues par la justice. Le premier Chabi Yayi, fils de l’ex-président Boni Yayi (président des LD) a été interpellé avant d’être libéré et placé sous contrôle judiciaire. Le second, l’ex-ministre et opposant Candide Azannaï a été interpellé et est actuellement sous écrou pour « incitation à la rébellion ». Sans supputer sur le détail de ces procédures judiciaires, elles illustrent à tout le moins l’intransigeance des autorités sur la neutralisation des présumés auteurs ou complices du putsch, qui en l’occurrence, semblent appartenir à l’opposition. En ce sens, la gravité des différents chefs d’accusations souligne l’ampleur de la menace perçue par l’Etat et les enjeux de stabilisation de l’espace politique béninois.

 Niamey accuse…encore

Après le regain des tensions entre Niamey et Cotonou, le chef de l’Etat nigérien Abdourahamane Tiani s’est prononcé en accusant le Bénin d’abriter des bases militaires françaises. Après l’attaque jihadiste perpétrée par l’Etat Islamique dans la nuit du mercredi 28 au 29 janvier contre l’aéroport de Niamey (à une dizaine de kilomètres de la présidence), Tiani a déclaré : « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara. Nous les avons suffisamment écoutés aboyer. Qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir ». Interpellé sur ces accusations, le porte-parole du gouvernement béninois Wilfried Houngbédji, les a qualifiées de « peu crédibles », estimant que Cotonou n’a « pas de temps à perdre (...) avec des gens dont la seule vocation est de nous empêcher d'avancer ». Dans un contexte régional instable marqué par des enjeux politico-sécuritaires persistants, ce nouvel épisode illustre à nouveau la profondeur des dissensions et éloigne une perspective prochaine de dégel diplomatique entre les deux pays voisins. De son côté, Cotonou continue d’opter pour une gestion stratégique mais ferme de la communication étatique à ce sujet, visant à encadrer les perceptions nationale et internationale dans le but de préserver ses intérêts diplomatiques et sécuritaires.