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Timbuktu Institute – Semaine 1 - Février 2026
Alors que le premier mois de l’année fut déjà un moment d’intense activité diplomatique, de la France à la Hongrie en passant par la Turquie et les Etats-Unis, le Tchad continue sur cette lancée. A présent, le pays se tourne vers ses voisins régionaux. Ainsi, l’Ambassadeur tchadien au Burkina Faso, Mahamat Saleh Adoum Ahmat a été reçu le 4 février par le ministre des Affaires étrangères burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré pour discuter de la coopération bilatérale, notamment dans les domaines de la mobilité des citoyens et de l’enseignement supérieur. Les deux pays souhaitent relancer une commission mixte de coopération en 2026 afin de dynamiser leurs échanges économiques, éducatifs et diplomatiques dans un contexte de défis communs tels que l’insécurité, la migration et le développement.
Le même jour, une délégation de la Protection civile tchadienne était accueillie à Niamey (Niger) pour échanger sur la prévention et la gestion des risques, catastrophes et crises. L’objectif annoncé selon les deux parties, est de mettre en place une collaboration technique durable inspirée du modèle nigérien de gestion de crises afin de mieux répondre aux défis croissants liés aux catastrophes naturelles, chocs climatiques et urgences sanitaires dans la région sahélienne. Conscient de son rôle stratégique dans la stabilité régionale, le Tchad s’emploie donc à renforcer sa coopération régionale, non seulement pour améliorer la gestion des crises et la mobilité des populations, mais aussi pour consolider sa position stratégique au sein d’une conjoncture sahélienne complexe et instable.
Un syndicaliste derrière les barreaux
Le 2 février, le Tribunal de grande instance de N’Djaména a condamné le président du Syndicat indépendant des enseignants (Siet), Djimoudouel Faustin, à un an de prison ferme pour « incitation à la haine, à la révolte et à la rébellion ». Réclamant notamment que les promesses d'amélioration des conditions de travail et de rémunération des enseignants se concrétisent, il avait appelé à la grève des enseignants du 5 janvier au 4 février. Dans un contexte où le rétrécissement continu de l’espace civique tchadien est manifeste, avec moult arrestations de journalistes et d’activistes politiques, cette nouvelle condamnation d’une voix critique de la gouvernance du pays vient assombrir un tableau déjà inquiétant. Elle pose, une fois de plus, l’adversité pour les acteurs civiques de faire entendre leurs revendications sans risquer des sanctions.
A l’est du pays, la crise humanitaire due au conflit soudanais demeure une problématique épineuse. C’est fort de cette nécessité que le gouvernement tchadien, avec le soutien de partenaires internationaux, a lancé le 5 février le Plan de Réponse Humanitaire (HNRP) et le Plan de Réponse pour les Réfugiés (RRP) pour 2026. Ces programmes visent à coordonner l’action humanitaire face aux besoins d’urgence de millions de personnes affectées par les conflits, les déplacements forcés et l’insécurité alimentaire. Face à l’ampleur du problème, le Tchad espère ainsi endiguer cette crise dans un contexte où l’insécurité et les déplacements forcés se greffent aux fragilités socio-économiques. En revanche, l’on peut souligner que la réussite de ces programmes dépendra autant de la coordination internationale que de la capacité de l’État à transformer sa planification en actions concrètes sur le terrain.