Mali : les FAMa multiplient les offensives contre les groupes armés terroristes Spécial

© Agnes COUDURIER/AFP © Agnes COUDURIER/AFP

 Timbuktu Institute – Semaine 2 - Février 2026

Télécharger l'intégralité de la Météo Sahel

 

Pour rappel, le Mali fait face à une instabilité sécuritaire persistante depuis 2012, marquée par la progression de groupes armés dans plusieurs régions du pays, nécessitant une vigilance accrue des autorités et des forces de défense.

Les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené plusieurs opérations militaires d’envergure à l’ouest de Ségou, ayant conduit à la neutralisation de plus d’une trentaine de combattants armés, selon un communiqué de l’État-Major général des Armées.

Ces offensives ont notamment visé un premier groupe repéré alors qu’il tentait d’accoster sur la rive gauche du fleuve Niger. Une dizaine d’assaillants ont ainsi été interceptés. Une seconde intervention a ensuite permis de neutraliser un autre groupe circulant à moto dans la même zone.

Le Chef d’État-Major a annoncé la poursuite de ces opérations de lutte contre la menace terroriste sur l’ensemble du territoire malien.

JNIM : diviser pour mieux régner ?

Le JNIM est sur tous les fronts avec comme principale motivation : déstabiliser le pays sur tous les plans. Le pressing est plus intense, les activités du pays ralentissent de jour en jour et ce phénomène paralyse la population et atteint fortement l’économie locale.

Les zones stratégiques telles que Kayes sont ciblées en raison de son important stock d’or.

Insécurité routière quasi quotidienne

Les routes sont devenues particulièrement dangereuses en raison des attaques répétées contre les convois de ravitaillement. Des camions-citernes sont incendiés et plusieurs chauffeurs ont été tués, notamment lors d’une attaque récente dans la région de Kayes ayant causé la destruction de dizaines de véhicules et fait au moins 15 morts. Un chauffeur rescapé témoigne du risque extrême encouru, évoquant un transport de carburant « au prix du sang » et signalant de nombreux disparus parmi ses collègues. En novembre déjà, 27 chauffeurs avaient été tués.

Pénuries massives et économie fragilisée

Les villes encerclées subissent de graves pénuries alimentaires et de carburant, entraînant une flambée des prix et un ralentissement général du commerce. Plusieurs routes restent impraticables, aggravant l’isolement des populations. Cette crise a également poussé le gouvernement à suspendre les cours dans certaines écoles et universités, faute de carburant disponible pour assurer le fonctionnement normal des services.

Paralysie des routes vers le Sénégal après une attaque terroriste contre un convoi

Fin janvier 2026, un convoi de camions-citernes transportant du carburant a été attaqué par des groupes armés terroristes dans l’ouest du Mali, sur l’axe stratégique reliant le pays à la frontière sénégalaise. L’attaque, attribuée au groupe jihadiste JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), a causé au moins 15 morts parmi les chauffeurs routiers, et des dizaines de véhicules ont été incendiés ou détruits sur place.

Cette embuscade s’inscrit dans un contexte plus large de blocage progressif des routes commerciales et d’une offensive jihadiste visant à perturber l’approvisionnement du Mali en carburant et en biens essentiels, aggravant une crise déjà existante depuis plusieurs mois.

Grève et paralysie des corridors commerciaux

En réaction, le Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (Synacor) a décrété une grève sur le principal corridor routier vers le Sénégal. Les routiers exigent notamment le rapatriement des dépouilles de leurs collègues tués avant toute reprise du travail.

Cette paralysie des axes stratégiques a des conséquences économiques et logistiques importantes. Le transport de marchandises entre le Mali et ses voisins est arrêté ou fortement réduit, avec des risques de perturbation des chaînes d’approvisionnement régionales. Le blocage des routes ralentit par ailleurs le commerce et accroît les coûts de circulation des biens.

Contexte sécuritaire et économique

L’attaque survient dans un climat d’insécurité croissante où le JNIM applique des tactiques de blocus et de sabotage des routes principales pour étouffer l’économie malienne. Depuis 2025, ce groupe jihadiste a multiplié les attaques contre des convois de carburant venant des pays côtiers, cherchant à exploiter la dépendance du Mali à ces routes d’approvisionnement.