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Timbuktu Institute - Semaine 3 - Mars 2026
Au Bénin, l’échéance de la présidentielle d’avril est dorénavant toute proche. Entre ralliements, mouvements de soutiens et tractations, c’est le remue-ménage politique. Alors que les deux candidats en lice, le ministre de l’Economie et des Finances Romuald Wadagni et le président du FCBE (Forces Bénin pour un Bénin Émergent) n’avaient toujours pas présenté leur projet de société, c’est désormais chose faite, du moins, pour le candidat de la mouvance présidentielle. Samedi 21 mars, c’est dans un décor inspiré des conférences TED et devant une assistance distinguée, que Romuald Wadagni s’est prêté à l’exercice, durant une heure d’horloge. D’entrée, il a formulé le développement du pays en des termes de « processus long, fait d’étapes ». Dans un ton qui se veut accessible, Romuald Wadagni – une des pièces clés du magistère de Patrice Talon – a reconnu la réalité de méfaits et d’erreurs dans la mise en œuvre du Programme d’Action du Gouvernement (PAG), lancé en 2016. « Ce que nous avons mal fait, ensemble, dans le dialogue, nous allons le rectifier », a-t-il déclaré. Dans le même temps, il s’est engagé à être « le garant des institutions » et à respecter les principes démocratiques. Selon lui, l’un des principaux défis est la stabilisation des acquis des dix dernières années. « Je ferai le job avec intégrité, courage et constance. Je suis persuadé qu'en me faisant confiance, nous irons plus loin ensemble », a-t-il ainsi assuré.
En outre, Romuald Wadagni n’a pas manqué de relever le défi de l'extrême pauvreté. Sa proposition phare à cet égard, est la division du territoire en six pôles de développement, axés sur l'agriculture, l'industrie, l'innovation et le tourisme, avec un suivi régulier à chaque conseil des ministres. Concernant la situation sécuritaire du pays eu égard au contexte régional, au-delà du renforcement des capacités des forces armées, le candidat lance un appel au dialogue : « Nous devons nous parler. Nous n'avons pas le choix. Nous saisirons l'occasion pour aller encore vers nos voisins qui peinent à nous faire confiance. La nature nous a faits voisins, et on ne pourra rien y changer ». Somme toute, R. Wadagni s'inscrit dans une stratégie de légitimation mêlant continuité du bilan et projection programmatique. Une démarche qui vise à consolider son positionnement comme héritier réformateur du système incarné par l’actuel président Patrice Talon tout en tentant d’affermir sa crédibilité auprès d’un électorat en attente de garanties sociales et institutionnelles.
Vent debout contre la menace sécuritaire
Alors que le Bénin a subi ces dernières semaines, plusieurs déconvenues sécuritaires, le pays s’inscrit de plus en plus dans une dynamique de renforcement continu de ses capacités de défense. Depuis le 18 mars, les Forces Armées Béninoises (FAB) déroulent l’exercice grandeur nature « Alligator » dans les villes de Cotonou, Allada, Ouidah, Grand-Popo et Porto-Novo. Destiné à entraîner les soldats en conditions réelles, il vise à renforcer leur capacité à protéger les populations. Devant prendre fin le 30 mars, l’exercice est présenté comme ayant également une dimension pédagogique et citoyenne, permettant aux populations de se familiariser avec la présence militaire en zone urbaine et de tester les procédures opérationnelles des troupes.
Dans la même optique, le 19 mars 2026, les chefs d'état-major des armées de la France, de la Côte d’Ivoire et du Béninse sont réunis à Cotonou pour réaffirmer et renforcer leur coopération antiterroriste, initiée l’an dernier. L’objectif principal est de lutter contre la menace terroriste dans le nord du Bénin et en Côte d’Ivoire. Le colonel André Fofo Dokoui, commandant de l’opération « Mirador » dans le nord du Bénin, a insisté sur la nécessité d’une coopération régionale complète pour une riposte efficace et durable, tout en précisant que seuls des soldats béninois participent à l’opération. Que ce soit les opérations de sécurisation ou la coopération multilatérale, ces initiatives conjuguées témoignent d'une approche à double échelle, cherchant à répondre simultanément aux vulnérabilités internes et aux dynamiques déstabilisatrices transfrontalières. De plus, elles traduisent ainsi la volonté du Bénin de consolider ses forces propres tout en s'inscrivant dans un cadre de solidarité régionale appelé à se renforcer.