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Timbuktu Institute - Semaine 4 - Mars 2026
Dans un contexte ouest-africain marqué par la progression de la menace djihadiste vers les États côtiers, le Togo redouble d'efforts pour renforcer sa posture sécuritaire et diplomatique. Entre évaluation onusienne de ses dispositifs de lutte contre le terrorisme et reconfiguration de ses partenariats opérationnels avec ses voisins et alliés occidentaux, Lomé s'inscrit dans une dynamique d'anticipation stratégique. Cette double approche, à la fois institutionnelle et opérationnelle, témoigne de la volonté de Lomé de consolider sa résilience face aux risques croissants en provenance du Sahel, tout en affirmant son positionnement au sein du bloc des États côtiers.
Évaluation onusienne au Togo : entre crédibilisation internationale et persistance des vulnérabilités sécuritaires
Du 23 au 31 mars 2026, le Togo accueillera une mission d'évaluation du Comité contre le terrorisme des Nations unies, dirigée par la sous-secrétaire générale Nathalia Gherman. Cette mission, qui fait suite à une précédente visite en 2019, a pour objectif de mesurer les progrès réalisés, d'identifier les lacunes et de formuler des recommandations. Les domaines d'évaluation comprennent la justice pénale, la lutte contre le financement du terrorisme, la sécurité des frontières, la prévention de l'extrémisme violent, l'utilisation des nouvelles technologies et l'intégration du genre dans les politiques de sécurité. Pour Lomé, cette mission représente une opportunité de crédibilisation diplomatique et d'accès à un appui technique international renforcé. La région des Savanes reste toutefois une zone de vulnérabilité structurelle. Les incursions djihadistes en provenance du Burkina Faso voisin risquent en effet de s'intensifier à mesure que la situation sécuritaire de ce pays se dégrade. La visite de la mission onusienne constitue une opportunité de mobiliser des ressources supplémentaires, mais ne permettra pas de répondre aux enjeux opérationnels immédiats.
Reconfiguration sécuritaire Togo-Bénin : ancrage côtier, partenariats occidentaux et risque de tensions avec l’AES
Le 25 mars 2026, des informations ont fait état d'une reconfiguration du dispositif de coopération sécuritaire frontalière entre le Togo et le Bénin, soutenu par les États-Unis et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Cette nouvelle dynamique allie réponse opérationnelle et ancrage communautaire, avec une attention particulière portée à la région des Savanes. Elle s'inscrit dans la continuité des efforts déployés par les pays du golfe de Guinée pour prévenir la « sahélisation » de leurs territoires septentrionaux. Elle vient compléter le partenariat militaire tripartite entre la Côte d'Ivoire, le Bénin et la France, observé la même semaine. Le Togo se positionne ainsi dans le « camp des États côtiers » face à l'AES, en renforçant ses coopérations avec le Bénin, la Côte d'Ivoire et les partenaires occidentaux. Ce choix est stratégiquement cohérent, mais peut exposer le pays à une éventuelle pression de la Confédération AES, dont les membres partagent ses frontières nord. Le Togo évolue ainsi dans un équilibre délicat entre coopération internationale, impératifs de sécurité immédiats et recomposition des alliances régionales, dans un contexte de menace djihadiste de plus en plus diffuse et persistante.