Togo : Affaire Affectio, tensions politiques et rapprochement avec l’Inde Spécial

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Timbuktu Institute - Semaine 1 - mai 2026 

Au Togo, l’affaire Affectio refait surface.  Honoré Sitsopé Sokpor dit Affectio a en effet été emprisonné une fois de plusle 4 mai, soit quelques mois seulement après sa mise sous contrôle judiciaire. Pour rappel, le poète et activiste, critique du pouvoir, avait été interpellé en avril pour avoir divulgué des images de chantier dans la capitale, qu'il aurait envoyées à des tiers de l'extérieur, notamment au « M66 » ou au « Mouvement du 6 juin », des mouvements activistes de la diaspora. Ces deux mouvements sont actifs depuis 2025 lors des grandes manifestations contre le pouvoir. Sa première arrestation était liée à un poème jugé virulent qu’il avait posté sur les réseaux sociaux. Selon son avocat, « le procureur a estimé que ce qu'il a fait est grave, étant donné qu'il est sous contrôle judiciaire », bien qu’aucun chef d’inculpation n’ait encore été retenu contre lui. De leur côté, l’opposition et la société civile crient à l’injustice et exigent sa libération immédiate et sans condition. 

Par ailleurs, on note que l’arrestation d’Affectio accentue les tensions politiques et les inquiétudes sur les libertés publiques Le front « Touche pas à ma constitution » de l'opposant en exil Nathaniel Olympio parle de « cas d'acharnement ». Il réclame la libération de tous les prisonniers politiques et la fin des intimidations. Le leader de l'ANC, Jean-Pierre Fabre, embouche la même trompette et dénonce ces arrestations qu'il juge arbitraires. Ce dernier s'est étonné des conditions d'arrestation d'Affectio : « Quel est le danger de prendre des photos ? Sommes-nous dans un cadre de secret-défense ? Est-ce que le site sur lequel la photo a été prise est interdit ? » Peut-on prendre des photos sur un chantier public ? » Il estime que l’incarcération est abusive et relève purement et simplement du harcèlement. Cette arrestation vient donc durcir le climat sociopolitique togolais, déjà tendu, alors que la situation sécuritaire au nord du pays reste inquiétante.

Lomé et New Delhi renforcent leur coopération autour de la gouvernance parlementaire

Sous un autre registre, Jeudi, à Lomé, le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, Pacôme Adjourouvi, a eu un entretien avec l’ambassadeur de l’Inde au Togo, Sayed Razi Haider Fahmi, au sujet des perspectives de coopération bilatérale en matière de gouvernance démocratique et de renforcement du fonctionnement des institutions parlementaires. En effet, l’Inde accompagne le Togo dans sa marche vers la maturité parlementaire. Considéré comme l’une des « plus grandes et plus anciennes démocraties parlementaires », le pays de Gandhi pourrait soutenir efficacement le Togo dans sa quête d'un parlement digne de ce nom. Pour l'autorité indienne, « dans une démocratie, le Parlement demeure l'expression des aspirations souveraines des citoyens ». Son homologue  togolais semble vouloir échanger des bonnes pratiques parlementaires afin d’assurer la transformation institutionnelle souhaitée.