Mali : cinq ans de Goïta, entre célébration du pouvoir, offensive sécuritaire et défis persistants Spécial

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Timbuktu Institute Semaine 2 - Juin 2026

Le Palais des Sports de Bamako a accueilli en son sein une foule de personnes venue célébrer les 5 années du Président Goïta à la tête du pays. Une présence remarquée des Maliens s’est fait sentir notamment celle des jeunes et aussi celle des délégations de toutes les régions venues en nombre pour apporter leur soutien. Cet événement pourrait être perçu comme une  du pouvoir en place de montrer son ancrage  au sein de la population, laquelle lui témoigne déjà un soutien sans faille. Le bilan des réalisations de ces dernières années a été présenté, mettant en avant la construction et la rénovation d'infrastructures sportives et de jeunesse. La célébration de ce quinquennat met en lumière la volonté de faire perdurer la confiance portée au régime, une manière de maintenir un climat de cohésion au sein du pays -malgré les évènements récents- tout en gardant le cap sur de nouveaux projets. 

Opération DOUGOUKOLOKO : la voie vers l’assurance de sécurité ?

Dans le soucis de garder le contrôle sur leur espace terrestre, les ministères de la Défense, de la Justice, de l’Administration Territoriale, de la Sécurité, du Transport et de l’Environnement s’unissent en prenant un arrêté officialisant le lancement de l’opération “DOUGOUKOLOKO”. Ayant pour objectif de changer d’approche concernant les mouvements des groupes armés, cette opération a pour ambitionne  de ratisser de fond en comble toutes zones susceptibles de servir de refuge aux les assaillants. Pour se faire, une mesure a été prise : interdire de façon totale l’accès aux civils  afin de permettre aux forces armées de mener à bien leur mission. L’étendue  du territoire nécessite une inspection des plus minutieuse et une anticipation de toutes sortes d’attaques. Ce nouveau décret intervient dans une période où les attaques coordonnées et les forces de frappes des groupes armés font des ravages dans le pays tout entier, ce qui est un moyen de freiner leur avancée tout en assurant l’intégrité physique et morale des populations.

Koro : le nouveau refuge pour les exilés

"Ils sont arrivés chez nous le jour de notre foire hebdomadaire, en nous intimant l’ordre de quitter notre village avant le lever du soleil".Voici la situation à laquelle sont confrontés des milliers de Burkinabés comme Hamsetou : abandonner leur terre natale pour survivre. Depuis fin mai, la localité de Koro située au centre du Mali s’est muée en centre pour réfugiés,  accueillis en nombre depuis quelques semaines en raison des menaces exercées par les groupes armés sur ces populations et les obligeant à abandonner tout ce qu’ils possèdent au risque de subir les représailles. De plus en plus d’exilés rejoignent les lieux, ce qui complique l’organisation et l’accueil Un appel à la mobilisation a d’ailleurs été lancé par le maire adjoint afin d’accueillir le plus de réfugiés possible. Ce phénomène inquiète dans la mesure où  il peut être interprété  comme une “victoire” des assaillants en autorité en déracinant progressivement les habitants des zones ciblées. Les autorités des deux pays devront faire face à ce double défi qui est d’une part freiner de toute urgence ce harcèlement et de l’autre faire le nécessaire pour loger et prendre en charge  le maximum de déplacés.

Mali-Maroc : les relations diplomatiques s’intensifient

Bamako et Rabat collaborent dans la cohésion la plus totale. Les deux pays avancent en étant l’un pour l’autre, un partenaire diplomatique prometteur en favorisant le développement de nombreux secteurs tels que la santé, l’éducation, l'agriculture, la religion ainsi que l’accès à l’électricité. Cette alliance met en lumière la volonté du gouvernement malien de diversifier ses partenariats  en explorant de nouveaux horizons. Reconnaître la Marocanité du Sahara renforce davantage les relations entre les deux nations, ce qui permet au Mali de saisir de nouvelles opportunités et de planifier de nouveaux projets favorisant l’émergence du pays. De plus, rapprochement témoigne  d’une volonté commune de consolider leur coopération politique et économique dans un contexte régional en constante évolution. À travers ce partenariat stratégique, les deux États entendent renforcer leurs échanges et créer un cadre propice à la réalisation de projets susceptibles de contribuer au développement et à la stabilité de leurs territoires respectifs.

Jouleybib de Nampala : Bamako intensifie la traque des chefs jihadistes

La lutte contre les groupes armés franchit une nouvelle étape avec la traque de Jouleybib de Nampala, présenté comme l’un des principaux chefs jihadistes opérant dans certaines zones du territoire malien. Cette décision traduit la volonté des autorités de renforcer la pression sur les organisations armées en ciblant directement leurs responsables. En cherchant à obtenir des renseignements susceptibles de faciliter son arrestation ou sa neutralisation, le pouvoir mise sur une stratégie combinant action militaire et collaboration des populations. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une multiplication des attaques contre les forces armées  et les civils, soulignant l’importance pour les autorités de réduire la capacité de nuisance des groupes armés et de restaurer l’autorité de l’État dans les zones ciblées.

Liberté de la presse : le traitement des journalistes suscite des interrogations

Deux récentes affaires impliquant des journalistes ravivent les interrogations sur la liberté de la presse au Mali. D’un côté, le journaliste Chahana Takiou a été placé en détention après avoir critiqué les autorités de transition, dans un contexte où les relations entre médias et pouvoir restent marquées par des tensions récurrentes. De l’autre, Abdramane Keïta a été placé sous mandat de dépôt à la suite de déclarations liées à la figure jihadiste Iyad Ag Ghali, un sujet particulièrement sensible dans un pays confronté à une forte insécurité. Dans les deux cas, les autorités parlent généralement de respecter la loi et la nécessité de préserver l’ordre public. Ces décisions alimentent cependant les débats sur la liberté d’expression ainsi que les avis sur la situation sécuritaire du pays. Elles pourraient contribuer à un climat de prudence accru au sein de la presse et renforcer les interrogations sur l’espace accordé aux voix critiques dans le contexte actuel.

Gao : les FAMa frappent les réseaux suspects
Lors d’une opération spéciale menée à Gao, les FAMa ont procédé à l’interpellation de plusieurs individus et à la saisie de cartes NINA ainsi que d’une importante somme d’argent. Cette action s’inscrit dans la lutte engagée par les autorités contre les réseaux soupçonnés de soutenir des activités criminelles ou terroristes dans la région. Les éléments saisis pourraient permettre aux enquêteurs de mieux comprendre certains circuits utilisés pour l’identification, les déplacements ou encore le financement de ces réseaux. Cette opération montre la volonté des forces de sécurité de renforcer leur présence dans une zone toujours confrontée à des défis sécuritaires importants. Elle vise également à limiter les activités susceptibles de fragiliser la stabilité locale et à renforcer le contrôle de l’État sur le territoire. Dans un contexte sécuritaire sensible, ce type d’intervention illustre la poursuite des efforts pour lutter contre les menaces persistantes.

Le JNIM franchit un nouveau cap technologique

La diffusion d’images par le JNIM montrant l’utilisation de drones révèle une évolution dans l’armement du groupe armé. Cette démonstration met en évidence son adaptation constante aux nouvelles technologies dans le cadre de leurs activités. L’emploi de drones pourrait lui permettre d’améliorer ses  capacités de surveillance, de renseignement ou de coordination sur le terrain, constituant ainsi un défi supplémentaire pour les forces de sécurité. Cette évolution souligne la nécessité pour les États de la région de renforcer leurs dispositifs de lutte contre les menaces afin de préserver leur avantage opérationnel face à des adversaires en constante évolution.