Diplomatie tous azimuts : Wadagni accélère le rapprochement régional du Bénin Spécial

Timbuktu Institute Semaine 2 - Juin 2026

Capitale après capitale, le président Romuald Wadagni poursuit le marathon séquentiel de son offensive diplomatique de bon voisinage. A peine investi, il entamait déjà, en bon manœuvre, le tissage de sa toile diplomatique en inscrivant son action dans une dynamique de rapprochement et de concertation à l’échelle régionale. En témoignent les visites effectuées en début de mois à ses voisins  (Nigeria, Niger, Burkina Faso, Togo et Côte d’Ivoire). Fort de cet entrain, l’itinéraire diplomatique de Wadagni a connu la semaine suivante, trois nouvelles stations : le Sénégal, le Mali et la Guinée-Bissau. Un trajet, comme il apparaît, centré sur des États membres de l’Uemoa, visant ainsi à renforcer la coopération économique et commerciale au sein de l’espace communautaire et à approfondir les concertations sur les enjeux sécuritaires régionaux.

Accueilli le 9 juin à Dakar par son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye, Romuald Wadagni a tenu un entretien bilatéral consacré au renforcement des relations entre les deux pays. Les discussions ont porté sur les perspectives de coopération économique et financière, les défis communs auxquels fait face la sous-région ainsi que les moyens de consolider et d’élargir le partenariat entre Cotonou et Dakar. Suite à cette rencontre express, le président béninois a mis cap le même jour, sur Bamako. Reçu par son homologue malien Assimi Goïta, les deux chefs d’Etat ont échangé sur la relance de la coopération bilatérale, notamment dans les domaines commercial, portuaire et douanier. De plus, ils ont également convenu d’organiser la deuxième session de la Grande Commission mixte Bénin-Mali afin de dynamiser les échanges économiques et les circuits logistiques entre les deux pays. Par ailleurs, les discussions ont aussi accordé une place importante aux questions sécuritaires. Face à la persistance de la menace terroriste au Sahel, Wadagni et Goïta ont – tout en réaffirmant leur attachement au respect de la souveraineté des États - exprimé leur volonté de renforcer la coopération en matière de renseignement, de surveillance territoriale et de coordination sécuritaire. « L’Afrique avance quand ses fils se parlent », a déclaré Goïta sur son compte X, à l’issue de la rencontre. En dernier lieu, la journée diplomatique chargée de Wadagni a pris fin en Guinée-Bissau, le président béninois devenant en outre le premier dirigeant étranger accueilli dans le nouveau pavillon présidentiel de l'aéroport de Bissau. Avec son homologue Horta Inta-A Na Man, les deux présidents ont échangé sur le renforcement de la coopération bilatérale, les opportunités économiques et les enjeux d'intégration régionale en Afrique de l'Ouest.

Wadagni, l’heure du gouvernail

On l’aura compris : dans un espace régional en proie à des défis sécuritaires persistants et recompositions géopolitiques, le Bénin cherche à se faire passerelle. Notamment entre la Cedeao et les Etats de l’Alliance du Sahel (AES). En effet, les relations compliquées ayant prévalu ces dernières années entre le Bénin et l’AES ne se prêtaient pas à un tel positionnement. Mais à l’heure actuelle, leur nouveau rapprochement offre une belle occasion pour Cotonou de se positionner en « faiseur de paix » ou médiateur dans la région. Dans ce sillage, une telle posture traduit un pragmatisme assumé ; Cotonou entendant préserver ses marges de manœuvre diplomatiques et économiques dans un environnement ouest-africain de plus en plus fragmenté.

Au plan interne, le président Wadagni cherche à imprimer un tempo de discipline et de probité. En effet, lors de sa première réunion de travail avec les ministres conseillers de la Présidence, il a appelé ses collaborateurs à placer l'intérêt général au cœur de leur action. Insistant sur l'exemplarité, la cohérence entre les discours et les actes ainsi que l'attention aux populations vulnérables, il a rappelé que leur mission consiste avant tout à « servir le Bénin et les Béninois ». Marquant la fin de la période électorale, le chef de l'État a exhorté ses conseillers à dépasser les considérations régionales ou communautaires pour œuvrer au service de l'ensemble de la nation. Un appel d’autant plus parlant que plusieurs langues dans l’opinion publique, qualifient de « récompenses politiques » ces postes de ministres.