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Timbuktu Institute - Semaine 4 Septembre 2026
En cette fin d’hivernage, le JNIM affilié à Al Qaeda multiplie ses attaques avec des modes opératoires de plus en plus sophistiqués. Le 14 septembre 2026, le poste principal de commandement aérien de Sévaré, ainsi que la base de Kona, ont été la cible d’attaques aux drones kamikazes et mortiers. Les djihadistes auraient mis hors service des drones et hélicoptères, tué au moins 30 soldats de l’armée malienne et mené une embuscade contre un convoi de mercenaires russes. Cette situation met en exergue la montée en puissance indéniable du JNIM mais aussi la vulnérabilité de l’armée malienne avec ses partenaires dans cette zone immensément peuplée, considérée depuis une dizaine d’années comme épicentre de l’activité djihadiste.
Après l’attaque contre le camp militaire de Dioura, l’État malien n’a toujours pas communiqué sur le bilan officiel de l’assaut, malgré les chiffres annoncés par la presse internationale. Face à ce mutisme de l’armée malienne, les familles des victimes se seraient repliées vers les images publiées par le JNIM, qui revendique au moins 150 soldats tués et plus de 90 capturés, pour tenter d’identifier les victimes.
Malgré l’annonce du retrait du Mali du traité de Rome en juin 2026, la Cour Pénale internationale reste compétente dans la poursuite des enquêtes dont le pays fait objet depuis 2013, jusqu’à la date de retrait effective en juin 2027. D’ailleurs, dans un rapport de recherche mené par Amnesty International entre 2025 et 2026 dans 10 localités de la région du Hodh Ech-Chargui en Mauritanie où le HCR a enregistré 290 000 réfugiés maliens, 119 d’entre eux originaires de Mopti, Ségou et Tombouctou ont été interrogés. Ce rapport dénonce de graves violations du droit humanitaire international et des droits humains commises par les parties au conflit armé opposant l’armée malienne aux groupes armés non-étatiques. Le même rapport donne des détails sur deux frappes de drones des FAMa à Tombouctou, lesquelles ont visé un marché et une maison familiale en novembre 2025, tuant au moins 23 civils. une des personnes interrogées a déclaré : “Nous n’avons trouvé aucune preuve de la présence de membres de groupes armés ou d’objectifs militaires sur l’un ou l’autre des sites visés par ces frappes. Si cela était confirmé, elles constitueraient des attaques directes contre des civil·e·s et des biens de caractère civil, et devraient faire l’objet d’enquêtes en tant que possibles crimes de guerre”. Des proches de victimes auraient confié qu’il n’y avait aucun combattant dans ce marché et que les personnes tuées au nombre de 16, étaient toutes des civiles. Par ailleurs, Amnesty international fait également état de plusieurs violations commises par les membres du JNIM et des membres du FLA au point que certains maliens survivant au conflit ont été poussés à l’exil. “Ils nous ont dit de partir et de ne jamais revenir”, témoigne un réfugié.
Quand le Mali accuse l’Ukraine devant l’ONU
Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a accusé l’Ukraine d’ingérence et de soutien à des “groupes terroristes” au Sahel à l’occasion de l'Assemblée générale de l’ONU le 28 septembre 2026. Il accuse Kiev d’apporter un soutien financier, logistique et de renseignement à des organisations liées à la criminalité transnationale organisée dont le but est de déstabiliser le Mali et ainsi bloquer sa volonté de se libérer de la “domination coloniale”. Il a par ailleurs appelé l’Afrique à ne pas rester silencieuse d’autant plus que les conséquences pourraient s’étendre à l’échelle régionale.
Cette dénonciation arrive juste après que le Président Assimi Goïta ait appelé à la réconciliation nationale lors de son allocution radiotélévisée à la veille du 66ème anniversaire d’indépendance du Mali. Le président malien a affirmé avec la plus grande fermeté l'importance qu’il accorde à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale et n’a pas manqué de rendre hommage aux soldats tombés au front et d’annoncer la création de l’Observatoire de la paix et de la réconciliation nationale. Entre accusations contre l’Ukraine et une alliance avec la Russie qui a montré ses limites dans un climat d’insécurité accrue, la prise de position et la stratégie de Bamako sont largement justifiées selon les autorités maliennes.