Guinée : Doumbouya vante son bilan à l'ONU, l'opposition dénonce le verrouillage Spécial

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Timbuktu Institute - Semaine 4 Septembre 2026 

Pour sa deuxième prise de parole devant l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’État guinéen a consacré l’essentiel de son intervention au bilan de l’action menée depuis son arrivée au pouvoir. Insistant sur l’adoption de la nouvelle Constitution, le développement d’infrastructures et le programme Simandou 2040, Mamadi Doumbouya a fait de cette tribune, habituellement consacrée à la vision des États sur les enjeux internationaux, un exposé de sa politique intérieure.

Devant l’ONU, Mamadi Doumbouya défend le bilan de son action

Anticipant les critiques susceptibles de viser la nature de son pouvoir, le président a également défendu un modèle de gouvernance adapté au « génie national », citant les pays d’Asie et du Proche-Orient qui « n’ont pas attendu qu’un modèle extérieur leur soit validé pour bâtir leur prospérité ».  Il a par ailleurs appelé à construire un partenariat international « respectueux de la souveraineté de chaque nation », fondé sur une « co-construction gagnant-gagnant » plutôt que sur des « schémas préétablis ».

À New-York, la diaspora guinéenne proteste contre le pouvoir

En marge de sa prise de parole, plusieurs centaines de membres de la diaspora guinéenne se sont rassemblés devant l’hôtel où séjournait Mamadi Doumbouya pour exprimer leur mécontentement à l’égard du chef de l’État. Les manifestants ont notamment dénoncé la répression mise en œuvre par le pouvoir ainsi que la partialité du système judiciaire.

Un opposant à Mamadi Doumbouya empêché de se rendre aux États-Unis ?

L’ancien Premier ministre guinéen et président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, affirme avoir été empêché de se rendre à New York où il devait participer à plusieurs réunions en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Son passeport aurait été révoqué par les autorités guinéennes sans qu’il en soit informé. Son parti dénonce une atteinte aux droits et accuse le pouvoir de Conakry de chercher à restreindre les libertés politiques. Cette mesure vient s’ajouter à la dissolution de l’UFDG et d’autres partis d’opposition décidée début mars, au motif de « manquement à leurs obligations ».

La Guinée, premier pays africain bénéficiaire d’investissements étrangers

Sur le plan économique, la Guinée a enregistré plus de 7,7 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2025, la plaçant en tête du continent, notamment grâce au projet minier Simandou. Cependant, les retombées pour les entreprises nationales demeurent limitées. Seul un milliard de dollars leur aurait été versé, le reste bénéficiant en majorité à des entreprises chinoises et portugaises. Alors que 13 à 15 milliards de dollars supplémentaires doivent encore être investis dans le projet Simandou, l’enjeu porte désormais sur la capacité de la Guinée à davantage associer les entreprises nationales au projet, afin que l’afflux de capitaux étrangers puisse bénéficier au tissu économique local.

Simandou : un nouveau contrat renforce les ambitions économiques de la Guinée

La Compagnie du TransGuinéen (CTG) et le groupe américain Wabtec ont signé un contrat de 700 millions de dollarsvisant à accompagner l’exploitation et la maintenance de la flotte de locomotives affectées au projet Simandou, avec un engagement cumulé porté à 1,2 milliard de dollars sur plus de 14 ans.  Cet accord commercial doit également permettre un « transfert de technologies » et la formation locale des équipes selon le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla.