Gambie : Recomposition des alliances politiques à l’approche de la présidentielle Spécial

© TDR © TDR

Timbuktu Institute - Semaine 4 Septembre 2026 

À l'approche de la présidentielle gambienne du 5 décembre prochain, le paysage politique se recompose rapidement autour du président sortant. Ce dernier affiche une confiance totale dans sa réélection, la déclarant ainsi « pleinement assurée ». Adama Barrow a par ailleurs appelé ses opposants politiques à rejoindre sa coalition. Après le GDC en juillet, c’est l’APP-Sobeyaa, parti pourtant critique du gouvernement et ayant demandé à plusieurs reprises la destitution de Barrow, qui a annoncé cette semaine avoir conclu un accord d’alliance avec le parti présidentiel.

Ne doutant pas de sa réélection, le parti présidentiel déploie sa stratégie

Il semble toutefois que cette décision ne soit pas consensuelle au sein du parti d’opposition. Plusieurs membres fondateurs et cadres de l’APP-Sobeyaa se sont ainsi désolidarisés de ce rapprochement et ont appelé à la démission du président du parti, signataire de cet accord.  Un commentateur proche du pouvoir a quant à lui mis en garde l’opposant Talib Bensouda, déclarant qu’il risquait la prison s’il continuait de combattre le président Barrow. Invoquant des éléments compromettants présents selon lui dans un rapport officiel non publié, le partisan du pouvoir a appelé le maire de Kanifing à abandonner la perspective d’une candidature.

L’UDP refuse le rapprochement avec Barrow et structure son alliance

Le chef de l’UDP, Ousainu Darboe, a réaffirmé son refus de rejoindre l’alliance du président sortant et fixé un objectif de 75 % des voix dans la municipalité de Kanifing. L’UDP a par ailleurs formé sa propre alliance, « Gambia first », qui a bénéficié cette semaine du soutien du parti Gambia for all. Hagi Suwaneh, président national des jeunes de l’UDP, a de son côté vivement critiqué le président Barrow, l’accusant entre autres d’être avide de pouvoir. Il a formulé des critiques à l’encontre du maintien de Barrow au pouvoir au-delà des trois années de transition initialement promises, ainsi que de son opposition au projet de Constitution de 2020, qui prévoyait une limitation des mandats présidentiels. Suwaneh a également accusé le président de mauvaise gestion et d’enrichissement personnel. Il a enfin dénoncé la situation économique du pays ainsi que les difficultés persistantes d’accès à l’eau, à l’électricité et aux médicaments. L’UDP devrait, selon ses dires, continuer d’élargir son alliance d’opposition dans un futur proche. 

 Yahya Jammeh prépare son retour dans le jeu politique

L’ancien président déchu Yahya Jammeh, toujours en exil en Guinée équatoriale, a officiellement lancé son mouvement « No to Alliance » (NAM). À cette occasion, il a annoncé son souhait de revenir en Gambie avant la fin octobre afin de désigner le candidat de son mouvement à l’élection présidentielle. En cas d’empêchement, des cadres de son parti devraient procéder à cette annonce en son nom.

La banque centrale renforce les exigences en matière d’emploi local

La banque centrale de Gambie a ordonné à l'ensemble des banques commerciales opérant dans le pays d'engager un remplacement de leurs employés non-gambiens par des Gambiens « suffisamment qualifiés », avec obligation de transfert de compétences, d'ici au 31 décembre 2026. La mesure fait suite à une étude ayant révélé un nombre « relativement élevé » de personnels non-gambiens employés en dehors du cadre formel des quotas d'expatriés.