Rapport - FRAGILITY OBSERVATORY OF WEST & CENTRAL AFRICA FOR RESILIENCE & DEMOCRACY - “FOWARD” Spécial

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Timbuktu Institute 2026

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Tout au long des mois de septembre et d’octobre, plusieurs événements survenus en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale ont mis en lumière les pressions croissantes auxquelles sont confrontées les institutions politiques et sécuritaires, ainsi que la diversité des réponses apportées par les États pour les contenir. Au Sahel central, les attaques majeures contre des positions de l’armée malienne et la réorganisation du commandement militaire nigérien à la suite de la mutinerie de la fin août ont ravivé les interrogations sur l’efficacité des forces armées, leur cohésion et le rôle des partenaires sécuritaires extérieurs. Ces difficultés se sont inscrites dans un environnement sécuritaire régional plus large, marqué par le renforcement des dispositifs mis en place par des pays voisins, notamment le Sénégal, le Bénin et le Nigeria, face aux menaces provenant des espaces frontaliers sahéliens ou s’y développant. 

Sur le plan politique, les règles institutionnelles encadrant la compétition et la participation ont continué de faire l’objet de contestations dans plusieurs pays. Les restrictions touchant les partis d’opposition en Guinée-Bissau, les pressions administratives exercées sur les formations politiques au Cameroun et les différends relatifs aux institutions électorales en Côte d’Ivoire illustrent différentes formes que peut prendre l’entrave à la compétition politique. Parallèlement, au Sénégal et en Gambie, les difficultés économiques et les revendications sociales se sont davantage imbriquées dans les rivalités politiques. Ces évolutions rappellent toutefois une distinction essentielle : les mobilisations citoyennes, le contrôle parlementaire et l’activité de l’opposition peuvent renforcer les mécanismes de contrôle et de responsabilité lorsque les systèmes politiques offrent des voies crédibles pour exprimer les griefs et y répondre.

À l’échelle régionale, les divisions politiques ont persisté, alors même que se maintiennent les efforts visant à préserver une coopération pragmatique. En effet, l’Alliance des États du Sahel (AES) a poursuivi sa coordination diplomatique et institutionnelle, tandis que les gouvernements voisins cherchaient à gérer des défis sécuritaires communs malgré des tensions non résolues. Dans ce sillage, la reprise des contacts entre l’Algérie et le Mali illustre également l'importance stratégique persistante de relations qui dépassent le seul cadre de l’AES. Somme toute, les trajectoires de fragilité régionale semblent dépendre non seulement des pressions auxquelles les États et les sociétés font face, mais aussi de la capacité des réponses gouvernementales et régionales à atténuer les vulnérabilités existantes plutôt qu’à en créer de nouvelles.