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Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026
Au Burkina Faso, le quatrième anniversaire de l’accession du capitaine Traoré à la magistrature suprême se prépare en grande pompe. Cette fois-ci, ce sera à l'occasion de la grande « Nuit de la Révolution progressiste populaire » prévue le 30 septembre prochain.
Quatre ans de pouvoir, entre célébration révolutionnaire, récit souverainiste et défis persistants
L’annonce a été faite par le gouvernement à travers son chef, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, qui présente l’événement comme un « moment de communion populaire » pour célébrer les acquis et réaffirmer l'attachement du pays à sa souveraineté. C’est également un intense moment de communication gouvernementale sur les résultats obtenus sur le terrain, notamment en matière de sécurité, de culture et de défense. Quand bien même l’État affirme contrôler plus de 74 % du territoire, des sources estiment que des groupes terroristes continuent de revendiquer des parties du pays, notamment au nord. Dans cette perspective, plusieurs questions se posent : les populations circulent-elles librement ? Ont-elles accès aux services sociaux ? La justice est-elle indépendante ? Les libertés sont-elles garanties ? Toutefois, cet événement sera l'occasion pour les souteneurs de IB de présenter les « succès » du régime dans plusieurs domaines. Selon le ministre de la Communication, « nous voulons que partout où il y a des Burkinabè, partout où il y a des Africains qui croient à l’idéal révolutionnaire porté par le camarade capitaine Ibrahim Traoré, les amis du Burkina Faso se rassemblent pour qu’en bons veilleurs et gardiens de la révolution, nous puissions prendre part à cette nuit qui se déroulera de 18 h à 2 h du matin ». Une manière pour les autorités d’étendre leur lutte contre l’« impérialisme » à d’autres Africains.
Les blindés « Nanga », entre souveraineté militaire et défi d’autonomie stratégique
Au même moment, les forces armées burkinabè ont réceptionné leur premier lot de véhicules blindés produits localement, appelés « Nanga ». Après la production de tenues locales, comme annoncé la semaine dernière, cet acte vise à réduire davantage la dépendance vis-à-vis de l’étranger dans un contexte de guerre. Quid de la maintenance et de la fourniture de ces équipements ? Dans tous les cas, c’est un grand défi à relever pour les autorités qui ont fait de la souveraineté leur cheval de bataille tout au long de leur mandat.
AES : les frontières comme espaces de gouvernance face aux défis sécuritaires
Par ailleurs, au sein de l’AES, les pays travaillent à mettre en place un cadre commun de coopération transfrontalière afin de mieux faire face à la menace terroriste. Ce cadre a en effet pour but d’améliorer la sécurité, la mobilité et les échanges entre les trois pays. Il s’agira de partager des renseignements, de surveiller ensemble les frontières communes, mais aussi et surtout de lutter contre la criminalité transfrontalière. Pour le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, il s'agit d'une initiative de coordination entre les territoires frontaliers qui « permettra aux gouverneurs des régions frontalières de disposer désormais d’un espace formel d’échanges, de coordination et de mutualisation ». Ses homologues nigérien et malien, sur la même longueur d'onde, soulignent la nécessité de constituer des « espaces de vie et d’échanges » au regard des liens entre les peuples. Ces États semblent de plus en plus comprendre que les frontières sont des espaces de gouvernance face aux défis sécuritaires actuels. Toutefois, cette initiative gagnerait à voir la participation des autorités, des forces de défense et de sécurité, ainsi que des communautés.