Côte d'Ivoire : Entre libertés en débat et coopération renforcée avec Conakry et Rabat Spécial

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 Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026

Le placement sous mandat de dépôt de Justin Koné Katinan, vice-président du PPA-CI, continue d’occuper l’espace médiatique ivoirien. Pour rappel, l’affaire en question comporte deux volets et deux chefs d’inculpation : d’un côté, une plainte pour diffamation du RHDP pour, entre autres, diffamation, injures et diffusion de fausses nouvelles ; de l’autre, une procédure enclenchée par le parquet pour troubles à l’ordre public lors des élections de 2025. Si le parquet parle de la régularité des procédures, l’opposition et des organisations de la société civile évoquent une restriction pure et simple des libertés politiques. 

L’affaire Katinan au croisement des tensions politiques et des enjeux de libertés

Dans la même veine, le Parti communiste français a tenu à condamner avec la plus grande fermeté son arrestation et a profité de l’occasion pour exiger sa libération immédiate. Dans le communiqué du 17 septembre, on peut lire : « Utiliser la législation antiterroriste contre un dirigeant de l’opposition, à la suite de prises de position publiques, constitue une menace directe contre la liberté d’expression, le pluralisme politique et les droits démocratiques. » Ainsi, pour le PCF, la justice ne doit pas servir à servir les intérêts du parti au pouvoir. Dans ce contexte post-électoral assez tendu, ces divergences constituent une menace pour la stabilité politique du pays.

L’axe Conakry-Abidjan face aux défis sécuritaires transfrontaliers

Pendant ce temps, la visite du président guinéen à Abidjan replace la coopération sécuritaire au cœur des débats. En effet, lors de sa visite officielle en Côte d’Ivoire, Mamadi Doumbouya a mis l’accent sur la coopération économique, commerciale et sécuritaire entre les deux pays. Cette visite s'inscrit dans le cadre du renforcement de l’axe Conakry-Abidjan, alors que les défis communs sont multiples : orpaillage clandestin, criminalité organisée, dégradation de l’environnement, etc. Les deux pays considèrent le contrôle de ces réseaux comme un enjeu économique et sécuritaire. Pour le président guinéen, « je suis convaincu qu’il n’y a pas de développement sans paix ni stabilité. Or, notre espace géographique fait face à des défis de sécurité de toute nature. Nous sommes disposés à travailler avec vous en matière d’échange de renseignements, de lutte contre la criminalité transfrontalière et le terrorisme, ainsi que sur le corridor commercial et la coopération au sein des organisations régionales africaines… ». Doumbouya a également tenu à saluer la « qualité du contact direct et régulier » avec Ouattara, qu’il considère comme son grand frère. Il n’a pas manqué l’occasion d’inviter solennellement son homologue à la fête d’indépendance de la Guinée, le 2 octobre prochain.

La diversification des partenariats militaires face aux défis sécuritaires

Dans la même lancée, l’installation du nouveau cadre de coordination militaire entre Abidjan et Rabatconstitue une avancée vers une architecture militaire plus structurée. Créée en mai 2025 à Rabat, cette commission militaire mixte ambitionne de devenir un creuset d’échanges en matière de renseignement, de renforcement des capacités, de logistique et de santé, entre autres. Dans le cadre de ce partenariat, des forces de défense et de sécurité ivoiriennes continueront à être formées dans les écoles militaires marocaines. La Côte d’Ivoire poursuit ainsi sa stratégie de coopération sécuritaire fondée sur la diversification des partenaires afin de mieux faire face aux enjeux actuels, notamment la lutte contre le terrorisme qui frappe à ses frontières.