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Timbuktu Institute Octobre 2026 - Semaine 1
La question de l’orpaillage reste l’une des principales actualités du pays. Cette fois-ci, il est à noter un tournant décisif : le phénomène est désormais considéré comme une question de sécurité nationale. Il ne s'agit plus seulement d'une infraction économique, mais d'un enjeu sécuritaire national pour les autorités. Pour Fidèle Sarassoro, secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité, la lutte contre l'orpaillage illégal est « une exigence de sécurité nationale ». Ainsi, les opérations de démantèlement des sites clandestins se poursuivent et l’État reste déterminé à les éradiquer dans un délai de six mois.
L’orpaillage illégal érigé en enjeu de sécurité nationale
Pour le ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, « l'État de Côte d'Ivoire est déterminé à éradiquer l'orpaillage illégal sur toute l’étendue du territoire national. Face à l'ampleur de ce phénomène, l'État ivoirien adopte une posture de fermeté. Cela doit se faire dans le strict respect de la loi et des droits des populations ». Il en appelle ainsi à la responsabilité de tous face à ce fléau qui gangrène l’économie et l'environnement. Pour ce faire, les forces de sécurité ont été dotées de centaines de véhicules le 30 septembre afin de pouvoir « mener des opérations sur terre comme sur l’eau », « de jour comme de nuit ». À cela s’ajoutent le durcissement des sanctions, notamment par le biais de l’augmentation des amendes et des peines d’emprisonnement. Pour rappel, le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal a été créé en 2021 dans le but d'éradiquer ce phénomène.
Côte d’Ivoire : complicité affichée avec Conakry, dégel prudent avec le Sahel
Sur le plan diplomatique, Alassane Ouattara a dépêché Robert Beugré Mambé à la fête nationale de la Guinée. Les autorités ont lancé un appel solennel aux ressortissants ivoiriens pour qu'ils réservent un accueil chaleureux à leur hôte. Dans une note publiée par l’ambassade de Côte d’Ivoire en Guinée, on peut lire : « L'ambassade invite tous les Ivoiriens de Conakry à se mobiliser pour réserver au Premier ministre un accueil chaleureux, le vendredi 2 octobre 2026, à partir de 7 h, à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry. » Les deux pays entretiennent en effet de bonnes relations diplomatiques depuis plusieurs décennies. Cette visite est de nature à renforcer ces liens historiques de coopération entre Abidjan et Conakry. À chaque occasion, le général Mamadi Doumbouya présente Ouattara comme son grand frère, ce qui témoigne de la solidité de leurs relations. Pour rappel, il y a quelques semaines, le président guinéen était chez son homologue ivoirien dans le cadre d'une visite de travail.
Dégel diplomatique à l’épreuve des divergences sécuritaires et politiques
En outre, les relations entre la Côte d’Ivoire et le Sahel ont été au cœur de l’actualité. Ces dernières années, les rapports n'étaient pas au beau fixe ; ils étaient marqués par un climat de suspicion et des accusations récurrentes d'infiltration de la part d'États comme le Burkina Faso contre la Côte d’Ivoire. Depuis quelque temps, un dégel semble toutefois se produire. Selon Jeune Afrique, leurs relations se sont récemment renforcées, notamment pour développer la coopération et les échanges. Cette « détente » entre la Côte d’Ivoire et l’AES traduit surtout un pragmatisme dicté par la nécessité de contenir les risques sécuritaires transfrontaliers, sans pour autant effacer les divergences politiques et stratégiques. Il faut souligner que ces pays sont collectivement fragilisés par l’insécurité grandissante. Ils gagneraient à collaborer pour mieux faire face à la menace terroriste. Ainsi, ce rapprochement est de nature à réduire les tensions à court terme, mais sa consolidation dépendra de la capacité des acteurs à instaurer des mécanismes de confiance, notamment en matière de sécurité des frontières, de coopération économique et de relations avec les organisations régionales.