Timbuktu Institute Week 1 - March 2026

Explosions heard near the presidential palace in Ouagadougou on the night of 28 February to 1 March 2026 have reignited questions about the internal cohesion of the military regime led by Captain Ibrahim Traoré. Between suspicions of dissent within the army, security communications surrounding anti-terrorist operations, the political reorientation of 8 March and the circulation of false information about the Alliance of Sahel States, these events testify to the many military, political and informational challenges facing the Burkinabe transition.

Night-time incident at the presidential palace: divisions within the junta?

During the night of 28 February to 1 March 2026, explosions were heard near the presidential palace in Ouagadougou. This situation triggered a wave of alerts among supporters of Captain Ibrahim Traoré's military regime. However, the government ruled out the possibility of a coup attempt. According to one source, ‘it all started with a shot fired at a vehicle in which flammable products were stored.’ Other corroborating sources suggest that this reflects internal tensions among the military regarding the management of the security situation, as officers summoned to Ouagadougou did not respond to the call. This defiance of hierarchical authority is a sign of dissent within the army, against a backdrop of growing jihadist pressure. The lack of communication from the presidency is adding to the uncertainty and fuelling speculation.

 

February military report: 100 ‘terrorists’ neutralised

Meanwhile, the country continues to make the fight against terrorism and the reconquest of territory an absolute priority. According to the authorities, significant progress has been made by the military this month. In this context, Colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, spokesperson for the Burkinabe Armed Forces, announced the neutralisation of at least 100 combatants during February 2026. The army also claims to have recaptured towns abandoned since 2019, such as Tongomayel, Béléhédé and Pobé-Mengao, located in the north of the country. Troops have been deployed to certain strategic areas in order to better secure the country against the terrorist threat. ‘Newly formed units have been successfully deployed in the field thanks to Burkinabe taxpayers,’ Colonel Ouédraogo said on Burkina Radio and Television (RTB). Similarly, the promotion of new artillery acquisitions and the increase in troop numbers is intended to counteract the persistent feeling of insecurity. The recapture of historically lost localities is politically significant, but its sustainability remains to be seen without collaboration with local populations and administrations.

Reorientation of 8 March: manipulation or real reform?

On another note, the Minister of Family and Solidarity, Pélagie Kaboré, announced that International Women's Day would no longer be marked by festive celebrations. The entire month of March will be devoted to concrete actions in the 17 regions, focusing on the economic empowerment of women. This symbolic reform is in line with the rhetoric of breaking with previous practices, promoted by the Traoré transition. While the goal of economic empowerment is laudable, the political instrumentalisation of 8 March for government communication purposes deserves to be questioned, especially since accompanying measures have not yet been put in place to ensure monitoring and evaluation.

False AES communiqué on the war in Iran

The Burkinabe communication services have denied the authenticity of a communiqué attributed to the Confederation of Sahel States and widely circulated on social media. This document, which bears the AES seal and the supposed signature of Captain Traoré, claims that an attack on an allied state, referring to Iran, would be perceived as a direct attack on the organisation's interests. This fake communiqué capitalises on the sovereignist positions and proven diplomatic and military rapprochement between the AES and Iran. The rapprochement between Ouagadougou and Tehran is indeed proven: as mentioned in the previous issue, the Burkinabe Minister of Defence was received in Tehran to discuss a military partnership. In this context, the fight against disinformation is all the more complex for the regime, as it must navigate between its declared alliances and the control of its international image.

Timbuktu Institute Semaine 1 - Mars 2026

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Des détonations entendues près de la présidence de Ouagadougou dans la nuit du 28 février au 1er mars 2026 ont ravivé les interrogations sur la cohésion interne du régime militaire dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré. Entre soupçons de dissensions au sein de l'armée, communication sécuritaire autour des opérations antiterroristes, réorientation politique du 8 mars et circulation de fausses informations sur l'Alliance des États du Sahel, ces événements témoignent des nombreux défis militaires, politiques et informationnels auxquels la transition burkinabè est confrontée.

Incident nocturne à la présidence : fractures au sein de la junte ?

Dans la nuit du 28 février au 1er mars 2026, des détonations ont été entendues près de la présidence à Ouagadougou. Cette situation a déclenché une vague d'alertes parmi les partisans du régime militaire du capitaine Ibrahim Traoré. Du côté du pouvoir, l'hypothèse d'une tentative de coup d'État a toutefois été écartée. Selon une source, « tout serait parti d'un tir sur un véhicule dans lequel étaient entreposés des produits inflammables ». D'autres sources concordantes suggèrent qu'il s'agirait d'un reflet de tensions internes entre militaires concernant la gestion de la situation sécuritaire, alors que des officiers convoqués à Ouagadougou n'ont pas répondu à l'appel. Cette défiance à l'égard de l'autorité hiérarchique est le signe de dissensions au sein de l'armée, dans un contexte de pression djihadiste croissante. Le manque de communication de la présidence accentue le flou et alimente les spéculations.

Bilan militaire de février : 100 « terroristes » neutralisés

Pendant ce temps, le pays continue de faire de la lutte contre le terrorisme et de la reconquête du territoire une priorité absolue. Selon les autorités, d'importants progrès ont été réalisés par les militaires ce mois-ci. Dans ce contexte, le colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, porte-parole des Forces armées burkinabè, a annoncé la neutralisation d'au moins 100 combattants au cours du mois de février 2026. L'armée revendique également la reconquête de localités abandonnées depuis 2019, telles que Tongomayel, Béléhédé et Pobé-Mengao, situées dans le nord du pays. Des déploiements de terrain ont ainsi été effectués dans certaines zones stratégiques afin de mieux sécuriser le pays face à la menace terroriste. « Des unités récemment constituées ont été projetées avec brio sur le terrain grâce aux contribuables burkinabè », a déclaré le colonel Ouédraogo sur les ondes de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB). De même, la mise en avant de nouvelles acquisitions d'artillerie et de la montée en puissance des effectifs vise à contrebalancer le sentiment d'insécurité persistant. La reconquête de localités historiquement perdues est politiquement significative, mais sa durabilité reste à démontrer sans une collaboration avec les populations et l’administration au niveau local.

Réorientation du 8 mars : instrumentalisation ou réforme réelle ?

Dans un autre registre, la ministre de la Famille et de la Solidarité, Pélagie Kaboré, a annoncé que la Journée internationale des droits des femmes ne serait plus marquée par des célébrations festives. Tout le mois de mars sera consacré à des actions concrètes dans les 17 régions, axées sur l'autonomisation économique des femmes. Cette réforme symbolique s'inscrit ainsi dans la rhétorique de rupture avec les pratiques antérieures, portée par la transition Traoré. Si l'objectif d'autonomisation économique est louable, l'instrumentalisation politique du 8 mars à des fins de communication gouvernementale mérite d'être interrogée, d'autant que des mesures d'accompagnement n'ont pas encore été mises en place pour assurer le suivi et l'évaluation.

Faux communiqué de l'AES sur la guerre en Iran

Les services de communication burkinabè ont démenti l'authenticité d'un communiqué attribué à la Confédération des États du Sahel et largement diffusé sur les réseaux sociaux. Ce document, qui reproduit le sceau de l'AES et la signature supposée du capitaine Traoré, affirme qu'une attaque contre un État allié, en référence à l'Iran, serait perçue comme une atteinte directe aux intérêts de l'organisation. Ce faux communiqué capitalise sur les positions souverainistes et les rapprochements diplomatiques et militaires avérés entre l'AES et l'Iran. Le rapprochement entre Ouagadougou et Téhéran est effectivement avéré : comme mentionné dans le précédent numéro, le ministre burkinabè de la Défense a été reçu à Téhéran pour discuter d'un partenariat militaire. Dans ce contexte, la lutte contre la désinformation est d'autant plus complexe pour le régime que celui-ci doit naviguer entre ses alliances affichées et la maîtrise de son image internationale.

 

Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026

 

Patricia Llombart Cussac's analysis goes beyond diplomatic courtesy; she highlights Senegal's unique position as the ‘last bastion’ of institutional stability in the face of the rise of transitional regimes in the Sahel. For the European Union, maintaining Senegal as a privileged partner is a strategic necessity. This explains the massive support for the new regime's food and energy sovereignty projects, seen as an opportunity to demonstrate that a democratic transition can meet the aspirations of young people without breaking with the constitutional order.

The Dakar-Conakry security pivot: a response to the regional ‘vacuum’

The ratification of the defence agreement with Guinea by Senegalese MPs marks a turning point. With regional organisations such as ECOWAS weakened, Senegal is favouring strong bilateral agreements with its direct neighbours. The challenge is twofold: to prevent instability in the Sahel from ‘spilling over’ to the south and to secure areas where resources are shared. This Dakar-Conakry axis is becoming a new pole of stability, independent of traditional multilateral structures, for managing asymmetric threats along the borders.

Gold mining in Kédougou: the battle for resource sovereignty

The dismantling of illegal sites in Kédougou is not just a simple police operation, it is an act of regaining economic control. Illegal gold mining is often linked to hidden financing networks and causes ecological disasters (mercury pollution). By cracking down on these sites, the Senegalese state is seeking to formalise the mining sector so that it truly benefits the public treasury, while drying up potential sources of financing for armed groups operating in border areas.

Pastef's ‘Ndogou’: the delicate balance between party and state

The revelations about this meeting at the Palace illustrate the challenge of the ‘rupture’ advocated by Bassirou Diomaye Faye. This moment of religious and political communion serves to reassure Pastef leaders who fear a dilution of the party's ideology in the technocratic management of the state. This is where the cohesion of the majority is at stake: how to remain a fighting party while assuming the burdens and compromises of power. These ‘ndogous’ are in fact political seminars of great importance for maintaining discipline within the ranks. 

Interpol offensive: migration from the perspective of organised crime

Senegal's involvement in this Interpol operation marks a paradigm shift. We no longer talk only about ‘migrants’, but about ‘victims of criminal networks’. By targeting the logistical infrastructure of traffickers (financiers, landlords, transporters), the aim is to break the economic model of irregular migration. For Senegal, it is also a way of showing its international partners that it is tackling the migration issue at the top, by attacking the mafia roots of the problem rather than just the individuals at sea.

 

 

 

 

Timbuktu Institute - Semaine 4 - Février 2026 

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L'analyse de Patricia Llombart Cussac ne se limite pas à une courtoisie diplomatique ; elle souligne la position singulière du Sénégal comme "dernier bastion" de stabilité institutionnelle face à la montée des régimes de transition dans le Sahel. Pour l'Union Européenne, maintenir le Sénégal comme partenaire privilégié est une nécessité stratégique. Cela explique l'appui massif aux projets de souveraineté alimentaire et énergétique du nouveau régime, perçu comme une opportunité de démontrer qu'une transition démocratique peut répondre aux aspirations de la jeunesse sans rompre avec l'ordre constitutionnel. 

Le pivot sécuritaire Dakar-Conakry : une réponse au "vide" régional 

La ratification de l'accord de défense avec la Guinée par les députés sénégalais marque un tournant. Alors que les organisations régionales comme la CEDEAO sont fragilisées, le Sénégal privilégie des accords bilatéraux musclés avec ses voisins directs. L'enjeu est double : éviter que l'instabilité du Sahel ne "déborde" par le sud et sécuriser les zones de partage de ressources. Cet axe Dakar-Conakry devient un nouveau pôle de stabilité, indépendant des structures multilatérales traditionnelles, pour gérer les menaces asymétriques le long des frontières. 

Orpaillage à Kédougou : la bataille pour la souveraineté des ressources 

Le démantèlement des sites clandestins à Kédougou n'est pas qu'une simple opération de police, c'est un acte de reprise de contrôle économique. L'orpaillage illégal est souvent lié à des réseaux de financement occultes et cause des désastres écologiques (pollution au mercure). En frappant ces sites, l'État sénégalais cherche à formaliser le secteur minier pour qu'il profite réellement au Trésor public, tout en asséchant les potentielles sources de financement pour les groupes armés qui gravitent autour des zones frontalières. 

Le "Ndogou" du Pastef : l'équilibre délicat entre parti et État 

Les révélations sur cette rencontre au Palais illustrent le défi de la "rupture" prônée par Bassirou Diomaye Faye. Ce moment de communion religieuse et politique sert à rassurer les cadres du Pastef qui craignent une dilution de l'idéologie du parti dans la gestion technocratique de l'État. C'est ici que se joue la cohésion de la majorité : comment rester un parti de combat tout en assumant les lourdeurs et les compromis du pouvoir. Ces "ndogous" sont en réalité des séminaires politiques de haute importance pour maintenir la discipline dans les rangs. 

Offensive d'Interpol : la migration sous l'angle de la criminalité organisée 

 L'implication du Sénégal dans cette opération d'Interpol montre un changement de paradigme. On ne parle plus seulement de "migrants", mais de "victimes de réseaux criminels". En ciblant les infrastructures logistiques des trafiquants (financiers, logeurs, transporteurs), l'objectif est de briser le modèle économique de la migration irrégulière. Pour le Sénégal, c'est aussi une manière de montrer à ses partenaires internationaux qu'il traite la question migratoire par le haut, en s'attaquant aux racines mafieuses du problème plutôt qu'aux seuls individus en mer. 

Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026

 

Marwane Ben Yahmed takes a critical look at the actions of the military regimes in Mali, Burkina Faso and Niger. While these regimes have succeeded in establishing themselves through rhetoric about sovereignty and diplomatic breaks with the West, the author questions whether they have delivered on their initial promises, particularly in terms of overall security, economic stability and a return to constitutional order. The analysis highlights the ongoing challenge of transforming popular support linked to nationalist sentiment into tangible results for local populations.

Fight against trafficking: major drug seizure in Zinder

The Defence and Security Forces (FDS) carried out a spectacular operation in Damagaram Takaya, in the Zinder region, intercepting a large quantity of narcotics. This operation is part of a strategy to strengthen territorial surveillance and dismantle cross-border criminal networks that fuel instability in the region. Local authorities have praised the vigilance of the units on the ground in this fight against illicit trafficking.

 

Tradition and Spirituality: prayer for peace in Agadez

Faced with security and social challenges, the Sultan of Aïr mobilised the community of Agadez for a collective prayer dedicated to peace and national cohesion. This event highlights the central role of traditional and religious leaders in social mediation and strengthening unity in Niger. Beyond the spiritual dimension, this appeal aims to ease tensions and foster a climate of solidarity among the different components of Nigerien society.

Timbuktu Institute - Semaine 4 - Février 2026 

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Marwane Ben Yahmed dresse un bilan critique de l'action des régimes militaires au Mali, au Burkina et au Niger. Si ces régimes ont réussi à s'imposer par une rhétorique de souveraineté et de rupture diplomatique avec l'Occident, l'auteur interroge la concrétisation de leurs promesses initiales, notamment sur le plan de la sécurité globale, de la stabilité économique et du retour à l'ordre constitutionnel. L'analyse souligne le défi persistant de transformer le soutien populaire lié au sentiment nationaliste en résultats tangibles pour les populations locales.

 Lutte contre les trafics : saisie majeure de drogue à Zinder

Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont réalisé un coup d'éclat à Damagaram Takaya, dans la région de Zinder, en interceptant une importante quantité de produits stupéfiants. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de renforcement de la surveillance territoriale et de démantèlement des réseaux de criminalité transfrontalière qui alimentent l'instabilité dans la région. Les autorités locales ont salué la vigilance des unités sur le terrain dans cette lutte contre les trafics illicites. 

Tradition et Spiritualité : prière pour la paix à Agadez 

Face aux défis sécuritaires et sociaux, le Sultan de l’Aïr a mobilisé la communauté d'Agadez pour une prière collective dédiée à la paix et à la cohésion nationale. Cet événement souligne le rôle central des chefferies traditionnelles et religieuses dans la médiation sociale et le renforcement de l'unité au Niger. Au-delà de la dimension spirituelle, cet appel vise à apaiser les tensions et à favoriser un climat de solidarité entre les différentes composantes de la société nigérienne.