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Timbuktu Institute January 2026
This week, Côte d'Ivoire is entering a new political phase marked by the establishment of a new legislature. Patrick Achi, former Prime Minister, has been nominated by Alassane Ouattara as the RHDP candidate for President of the National Assembly, succeeding Adama Bictogo, who has held the position since 2022. This choice, confirmed during an internal meeting held on January 15, 2026, in Abidjan, reflects Achi's position as one of the central technocrats of what is known as the "Ouattara system," having held several strategic positions within the administration. It should be noted that this legislature is part of a dynamic of reinforced parliamentary domination by the RHDP. Following the legislative elections of December 27, 2025, the presidential party won 197 seats out of 255, a substantial increase compared to the previous legislature. As a reminder, two electoral districts were invalidated following disputes. An analysis of current events suggests that this configuration gives the government greater ability to control institutional functioning and consolidate the post-election political architecture. This situation involves control of key positions (presidency of the Assembly, strategic committees, etc.).
In addition, the establishment of the new legislature was marked by a notable institutional event: the oldest elected member, Mamadou Diawara, canceled a communiqué from the Secretary General convening the inaugural session for Friday, January 16, 2026, at 9 a.m. This cancellation was declared "null and void," without any detailed public explanation being provided. The session will finally be held on Saturday, January 17, 2026, at 9 a.m., under the chairmanship of Diawara. Is this a potential tension in administrative coordination or purely political issues? In any case, an internal political adjustment seems to have been made to the schedule for the official installation and election of the president of the National Assembly in order to smooth things over.
Strategically, Abidjan is also strengthening its regional position in terms of security. Côte d'Ivoire has become the 21st African country to join the US Department of Defense's State Partnership Program (SPP). Membership was formalized on January 13, 2026, with the Pennsylvania National Guard. The stated objectives include sharing expertise, interoperability with US forces, and structured support for capacity building. These agreements come at a time when Côte d'Ivoire is facing a tense security situation at its borders. This strengthening of the military partnership with Washington seems to be a clear signal of a pro-Western stance. It thus intends to play a pivotal role in the stability of West Africa. In a regional environment undergoing profound change (security breakdowns in the Sahel, rise of competing influences, transformations in Western military capabilities), Côte d'Ivoire is thus confirming its path toward political and institutional stability, backed by a strategy of cooperative security.
Timbuktu Institute Janvier 2026
Au courant de cette semaine, la Côte d’ivoire ouvre une nouvelle séquence politique marquée par la mise en place de la nouvelle législature. Patrick Achi, ancien Premier ministre a été désigné comme candidat du RHDP à la présidence de l’Assemblée nationale par Alassane Ouattara pour succéder à Adama Bictogo au perchoir depuis 2022. Ce choix entériné lors d’une réunion interne tenu le 15 janvier 2026 à Abidjan, traduit le positionnement de Achi comme l’un des technocrates centraux de ce qu’on appelle « système Ouattara », car ayant exercé plusieurs fonctions stratégiques au sein de l'Administration. Rappelons que cette législature s’inscrit dans une dynamique de domination parlementaire renforcée du RHDP. À l'issue des élections législatives du 27 décembre 2025, le parti présidentiel a remporté 197 sièges sur 255, soit une progression substantielle par rapport à la précédente législature. Pour rappel, deux circonscriptions électorales ont été invalidées à la suite de contestations. En analysant l’actualité, il apparaît que cette configuration donne au pouvoir une capacité accrue à verrouiller le fonctionnement institutionnel et à consolider l’architecture politique post-électorale. Cette situation passe par le contrôle des postes clés (présidence de l'Assemblée, commissions stratégiques, etc.).
En outre, la mise en place de la nouvelle législature a été marquée par un événement institutionnel notable : le doyen d’âge des députés élus Mamadou Diawara a annulé un communiqué du Secrétaire général qui convoquait la séance inaugurale au vendredi 16 janvier 2026 à 9 heures. Cette annulation a été déclarée « nulle et de nul effet », sans qu'aucune explication publique détaillée ne soit fournie. Ladite séance se tiendra finalement le samedi 17 janvier 2026 à 9 h, sous la présidence de Diawara. Est-ce une tension potentielle dans la coordination administrative ou des enjeux purement politiques ? Dans tous les cas, un ajustement politique interne autour du calendrier de l'installation officielle et de l'élection du président de l'Assemblée nationale semble avoir été fait pour arrondir les angles.
Sur le plan stratégique, Abidjan renforce également son positionnement régional en matière de sécurité. La Côte d'ivoire est en effet devenue le 21ème pays africain à rejoindre le State Partnership Program (SPP) du département de la Défense des États-Unis. L’adhésion a été officialisée le 13 janvier 2026 avec la Garde nationale de Pennsylvanie. Les objectifs affichés sont, entre autres, le partage d’expertise, l’interopérabilité avec les forces américaines, un accompagnement structuré pour la montée en capacités. Ces accords interviennent dans un contexte où la Côte d’ivoire est confrontée à une situation sécuritaire tendue à ses frontières. Ce renforcement du partenariat militaire avec Washington semble être un signal clair de positionnement pro-occidental. Elle entend ainsi jouer un rôle pivot dans la stabilité de l’Afrique de l’Ouest. Dans un environnement régional en pleine recomposition (ruptures sécuritaires au Sahel, montée des influences concurrentes, transformations des dispositifs militaires occidentaux), la Côte d'Ivoire confirme ainsi une trajectoire de stabilité politico-institutionnelle, adossée à une stratégie de sécurité coopérative.
Timbuktu Institute January 2026
This week, Burkina Faso underwent a partial government reshuffle, accompanied by a symbolic reconfiguration of certain ministries, notably the Ministry of Defense, which was renamed the Ministry of War and Patriotic Defense, headed by Major General Célestin Simporé. The announcement was made during the 8 p.m. television news by the Minister Secretary-General of the Government. This readjustment is part of a government tightening around a team presented as better suited to the current context, marked by the fight against insecurity and "territorial reconquest." This reshuffle is certainly partial but politically significant. Symbolically, through certain terminology—Ministry of War and Patriotic Defense—the military authorities are signaling their desire to further politicize the security sector by framing it in terms of national mobilization, legitimizing a strategy of total war against armed groups, and consolidating a patriotic and sovereignist narrative under the leadership of Captain Ibrahima Traoré. At the same time, a ministry of "servants of the people" has been established. Many observers see this as a populist reconfiguration of the state aimed at reaffirming the proximity of power to the so-called "popular" social classes and symbolizing a break with the old, elitist style of governance.
Viviane Yolande Compaoré case: investigation opened after gruesome discovery
At the same time, the news in Burkina Faso was marked by a serious event: Viviane Yolande Compaoré/Ouédraogo, a former minister and political figure, was found murdered in her home. According to the Faso prosecutor at the Ouagadougou High Court, the body was discovered on January 10, 2026, in a house in Sector 51, Karpala district. Initial findings indicate that this was an assault followed by murder. A team comprising the public prosecutor's office, the judicial police, the forensic police, and a medical examiner visited the scene. The authorities have announced the opening of an investigation and have appealed for witnesses to help find the perpetrators and accomplices. This incident comes after several cases of mysterious kidnappings and murders in Burkina Faso in recent years, which have created a climate of suspicion.
Timbuktu Institute Janvier 2026
Cette semaine, le Burkina Faso a connu un remaniement partiel du gouvernement, accompagné d'une reconfiguration symbolique de certains ministères, notamment celui de la Défense, rebaptisé ministère de la Guerre et de la Défense patriotique, à sa tête, le Général de division Célestin Simporé. L’annonce a été faite lors du journal télévisé de 20 heures par le ministre secrétaire général du gouvernement. Ce réajustement s'inscrit dans une logique de resserrement gouvernemental autour d'une équipe présentée comme mieux adaptée au contexte actuel, marqué par la lutte contre l'insécurité et la « reconquête territoriale ». Ce remaniement est certes partiel mais politiquement significatif. Au plansymbolique, à travers une certaine terminologie - ministère de la guerre et de la défense patriotique -, les autorités militaires marquent leur volonté de politiser davantage le champ sécuritaire en l'inscrivant dans un registre de mobilisation nationale, légitimer une stratégie de guerre totale contre les groupes armés et consolider un récit de type patriotique et souverainiste sous la houlette du capitaine Ibrahima Traoré. Dans le même temps, un ministère des « serviteurs du peuple » a été érigé. Beaucoup d’observateurs y voient une reconfiguration populiste de l’État qui vise à réaffirmer la proximité du pouvoir avec les catégories sociales dites « populaires » et symboliser une rupture avec l’ancienne gouvernance, considérée comme élitiste.
Affaire Viviane Yolande Compaoré : enquête ouverte après la découverte macabre
Parallèlement, l'actualité burkinabè a été marquée par un fait grave : Viviane Yolande Compaoré/Ouédraogo, ancienne ministre et personnalité politique, a été retrouvée assassinée à son domicile. Selon le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou, le corps a été découvert le 10 janvier 2026 dans une maison du secteur 51, quartier Karpala. Les premiers éléments de l'enquête indiquent qu'il s'agit d'une agression suivie d'un assassinat. Une équipe associant le parquet, la police judiciaire, la police scientifique et un médecin légiste s'est rendue sur place. Les autorités ont annoncé l’ouverture d’une enquête et lancé un appel à témoins afin de retrouver les auteurs et les complices. Ce fait intervient après plusieurs cas d’enlèvements et d’assassinats mystérieux au Burkina Faso ces dernières années qui créent un climat de suspicion.
Timbuktu Institute January 2026
In his address to the nation on December 31, 2025, President Bassirou Diomaye Faye took stock of the past year and made an enthusiastic appeal for unity, responsibility, and the banishment of violence in all its forms. The very next day, the Prime Minister addressed the people of Passy during the celebration of the 72 hours of Passy Cultural Days, which he presided over. It was an opportunity for Ousmane Sonko to denounce the injustices suffered by Senegal. "This country is not poor, but its wealth has been squandered," he said, before calling for national unity to ensure a better future for young people.
In legal circles, the reopening of the case between the Prime Minister and former minister Mame Mbaye Niang is causing debate. At least, that is what the Senegalese press is reporting, according to which the prosecutor's office has decided to reopen the Ousmane Sonko Mame Mbaye Niang trial. The conviction of Ousmane Sonko, currently Prime Minister, for defamation, which was upheld by the Supreme Court, is still the subject of debate. This is because new evidence, including the report by the General Inspectorate of Finance (IGF) on the management of PRODAC, has been added to the case file.
In the National Assembly, the acquisition of official vehicles for members of parliament announced by MP Thierno Alassane Sall is the subject of controversy. This information was not disclosed to members of parliament, even though it falls within the remit of the President of the National Assembly, El Hadji Malick Ndiaye. Today, questions are being raised about the details of the acquisition of these vehicles, such as the supplier.
In the north of the country, specifically in the Langue de Barbarie region, which is part of Senegalese territory, the Mauritanian police are conducting patrols that are causing great concern among the people of Gokhou Mbadj. Mauritania is reportedly planning to set up a police station not far from the gas platform. However, this could interfere with the fishing activities of the local population, especially if the police station in question is built on Senegalese territory, which would be a source of tension between the two countries.
Timbuktu Institute Janvier 2026
Pour son adresse à la Nation du 31 décembre 2025, le Président Bassirou Diomaye Faye a dressé le bilan de l’année dernière et lancé un appel enthousiaste à l’unité, à la responsabilité et au bannissement de la violence quelle qu’elle soit. Dès le lendemain, le Premier ministre s’est à son tour adressé à la population de Passy lors de la célébration des 72 heures des journées culturelles de Passy qu’il présidait. C’était l’occasion pour Ousmane Sonko de dénoncer les injustices dont serait victime le Sénégal. “Ce pays n’est pas pauvre, mais ses richesses ont été dilapidées “, at-il déclaré avant de lancer un appel à l’unité nationale pour un meilleur épanouissement de la jeunesse.
Sous un régistre judiciaire, la réouverture du dossier opposant le Premier ministre à l'ancien ministre Mame Mbaye Niang, fait débat. C’est en tout cas ce que relaye la presse sénégalaise selon laquelle, le bureau du procureur aurait décidé d’ouvrir à nouveau le procès Ousmane Sonko Mame Mbaye Niang. Cette condamnation de Ousamne Sonko pour diffamation, actuellement Premier ministre, confirmé par la cour suprême, fait encore l’objet de débat. Et pour cause, d’autres nouvelles pièces dont le rapport de l’inspection générale des finances (IGF) sur la gestion du PRODAC se seraient ajoutées au dossier.
Du côté de l’Assemblée Nationale, l’acquisition de véhicules de fonction pour les députés annoncée par le député Thierno Alassane Sall fait l’objet de polémique. En effet cette information n’aurait pas été donnée aux députés alors que cela serait même du ressort du Président de l’Assemblée nationale El Hadji Malick Ndiaye. Aujourd'hui, des questionnements relatifs aux détails de l’acquisition de ces véhicules tels que le fournisseur, sont soulevés.
Dans le Nord du pays, précisément dans la langue de barbarie qui relève du territoire sénégalais, la police mauritanienne effectue des patrouilles qui inquiètent au plus haut point les populations de “Gokhou Mbadj”. En effet, la Mauritanie envisagerait d’implanter un poste de police pas loin de la plateforme gazière. Sauf que cela risquerait de gêner les activités de pêche des populations riveraines, surtout si le poste de police en question est construit en territoire sénégalais; ce qui serait source de tensions entre les deux pays.
Timbuktu Institute January 2026
Described as a "year of trial and truth" in light of recurring terrorist attacks and the recent fuel crisis, 2025 has not been an easy year for Malian President General Assimi Goïta. In his address to the nation on December 31, 2025, he paid tribute to the memory of the civilians and soldiers who had fallen, while praising the resilience shown so far by the Malian people and commending the efforts of the FAMA in the fight against terrorism. He also promised to adopt a Charter for Peace and National Reconciliation and to continue the DDRI (disarmament, demobilization, reintegration, and integration) program in line with the peace process.
"Sovereignty, the choice of partners, and the defense of Malian interests" are now the three constitutional foundations governing Malian diplomacy. This, at least, was the message conveyed by the President of the Malian transition during his meeting with Mali's new ambassador to Geneva. The latter, Mr. Sékou dit Gaoussou Cissé, was keen to stress the importance of good communication about the realities of the country in order to reassure bilateral and multilateral partners.
With this in mind, and following the visa restrictions announced by Washington on its nationals, Mali has decided to apply reciprocity by imposing visas on American nationals, with a few exceptions. The Trump administration justifies these restrictions on the grounds of security requirements and deficiencies in migration policy.
While the new year 2026 seems to herald a lull in relations between Algeria and Mali, President Tebboune's speech to both houses of Parliament seems to have reignited tensions and contributed to a deterioration in relations between the two countries. In his speech, Tebboune reportedly criticized the "ingratitude" of certain Malian leaders, notably the Malian Prime Minister and Foreign Minister, who allegedly deliberately omitted to mention in their respective CVs that they are graduates of the National School of Administration in Algiers. These latest diplomatic developments point to turmoil that will need to be monitored in the coming weeks.
Timbuktu Institute Janvier 2026
Qualifiée d’“année de preuve et de vérité” au regard de la recurrence des attaques terroristes et de la récente crise du carburant, l’année 2025 n’aura pas été de tout repos pour le Président malien, le Général Assimi Goïta. En effet, dans son discours adressé à la Nation le 31 décembre 2025, il a tenu à s’incliner devant la mémoire des civiles et militaires tombés tout en saluant la résilience dont a fait preuve, jusqu’ici, le peuple malien et n’a pas manqué de saluer les efforts des FAMA dans le lutte contre le terrorisme. Il a par ailleurs promis l’adoption d’une Charte pour la paix et la réconciliation nationale ainsi que la poursuite du Programme DDRI (désarmement, démobilisation, réinsertion et intégration) en cohérence avec le processus de paix.
“La souveraineté, le choix des partenaires et la défense des intérêts des maliens” sont désormais les trois fondements constitutionnels régissant la diplomatie malienne. C’est en tous cas le message que le Président de la transition malienne a lancé lors de sa rencontre avec le nouvel Ambassadeur du Mali à Genève. Ce dernier, en l’occurrence M. Sékou dit Gaoussou Cissé, n’a pas manqué d’insister sur l’importance d’une bonne communication sur les réalités du pays pour rassurer les partenaires bilatéraux et multilatéraux.
Dans cette perspective, et suite aux restrictions des visas annoncées par Washington à l’égard de ses ressortissants, le Mali décide d’appliquer la réciprocité en imposant le visas aux ressortissants américains, assortie de quelques dérogations. En effet, l'administration Trump justifie ces limitations par des exigences sur le plan sécuritaire et une déficience en matière de politique migratoire.
Alors que la nouvelle année 2026 semble annoncer une accalmie dans les relations entre l’Algérie et le Mali, le discours du Président Tebboune devant les deux chambres du Parlement semble raviver les tensions et concourir à une dégradation des relations entre les deux pays. Dans ce discours, ce dernier aurait fustigé “l’ingratitude” de certains dirigeants maliens notamment le Premier ministre malien et celui des Affaires étrangères qui auraient omis, à dessein, de mentionner dans leurs Curriculums Vitae respectifs qu’ils sont diplômés de l’École nationale d’Administration d’Alger. Ces derniers développements sur le plan diplomatique augurent de remous qu’il faudra suivre dans les semaines à venir.