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Timbuktu Institute Octobre 2026 - Semaine 1
Depuis maintenant plusieurs mois, N’Djamena affiche un cap clair : donner davantage de place à l’économie dans ses relations extérieures comme dans son agenda intérieur. Ainsi, l’ambition affichée avec le plan national de développement « Tchad Connexion 2030 » est considérable. Il s'agit d'attirer jusqu’à 26 milliards d’euros d’investissements d’ici 2030 et engager une diversification de l’économie encore largement dépendante de secteurs peu créateurs d’emplois. Pour y parvenir, le gouvernement mise sur l’amélioration du climat des affaires, la modernisation des infrastructures et une meilleure adéquation entre les compétences disponibles et les besoins du marché du travail. Et c’est par ailleurs dans cette perspective que le Tchad mise – quoique plutôt sobrement – sur son partenariat économique renouvelé avec la France, après une longue période de froid. Le gouvernement tchadien met en avant plusieurs réformes destinées à faciliter l’activité des entreprises : nouveau Code du travail, exonérations fiscales, digitalisation des procédures et création d’un guichet unique à travers l’Agence nationale des investissements et des exportations (Anie), etc. Pour l’administrateur provisoire de la Chambre de commerce et d’industrie, Abderrahmane Gademi, de la Chambre de commerce et d’industrie, ces mesures doivent accompagner « le développement économique du Tchad, la diversification économique » et la transformation du tissu industriel.
Toutefois, la volonté de faire revenir les investisseurs se heurte toutefois à un obstacle qui excède les mesures réglementaires. En effet, l’accès à l’électricité demeure l’un des principaux handicaps du pays, classé 49è sur 54 dans l’indice d’attractivité de l’Institut Amadeus pour 2024. L’économiste Djimadoum Mandekor relève ainsi « un décalage entre des engagements et (...) une mise en œuvre pratique ». Quelques projets témoignent néanmoins d’un début de reprise. L’entreprise française Qair a notamment signé un accord pour construire deux centrales solaires de 30 MW chacune aux portes de N’Djamena. Le Medef International identifie également des possibilités dans les infrastructures, l’énergie et la santé, ainsi que dans une éventuelle reprise de la coopération sécuritaire.
A la recherche de relais économiques
Partout sur le continent africain, le temps est à la diversification des partenaires ; et N’Djamena ne fait pas exception. Dès lors, le nouveau ministre d’État chargé des Affaires étrangères, Ahmed Kogri, recevait le 28 septembre l’ambassadeur du Maroc à N’Djamena, Abdellatif Erroja. Au-delà des félicitations adressées au nouveau ministre, les deux responsables ont évoqué l’approfondissement d’une coopération déjà étendue à l’agriculture, l’énergie, les transports, la logistique et l’enseignement. En l’occurrence, le Maroc dispose d’une relation déjà structurée. Six accords avaient été signés en 2020 et les accords conclus en décembre 2021 avaient porté à 150 par an le nombre de bourses marocaines accordées aux étudiants tchadiens. La liaison aérienne Casablanca-N’Djamena et les projets d’infrastructures complètent ce réseau de coopération. Lors de la Fête du Trône, le 30 juillet, l’ambassadeur marocain avait d’ailleurs présenté cette relation comme un modèle de « partenariat sud-sud ». Cette diversification des partenariats prend d’autant plus de relief que N’Djamena cherche parallèlement à réorganiser ses propres outils économiques. Ainsi, le Tchad souhaite non seulement convaincre les partenaires étrangers, mais aussi créer les conditions permettant à leurs investissements de trouver un environnement plus favorable. D’où l’importance particulière accordée à la modernisation des infrastructures.
Bâtir les conditions de l’attractivité
Dans cet élan, l’Aéroport international Hassan-Djamous constitue à cet égard un chantier non moins important. Le 30 septembre, les autorités tchadiennes ont engagé la validation de son Plan d’urgence avec l’ASECNA, en réunissant services aéroportuaires, forces de sécurité, secours, structures sanitaires et autorités administratives. L’objectif étant de clarifier les responsabilités et les chaînes de commandement afin de pouvoir répondre rapidement à un incident. Le dispositif accompagne les travaux de modernisation de l’aéroport, engagés en janvier 2025 avec un financement de 32,5 millions d’euros apporté par l’AFD Agence française de développement (AFD) et l’État tchadien. Rénovation et prolongement de la piste principale, mise aux normes des infrastructures selon les recommandations de l’OACI, rénovation de l’aérogare et extension du parking avion doivent permettre à la principale porte d’entrée aérienne du pays de franchir une nouvelle étape vers sa certification internationale.
Cependant, la modernisation matérielle ne suffira pas à elle seule. La révision de la Politique nationale de l’emploi et de la formation professionnelle, lancée le 2 octobre, montre que le gouvernement cherche également à agir sur l’autre versant de l’attractivité, en l’espèce la disponibilité d’une main-d’œuvre capable d’accompagner la transformation économique. Dans un pays d'environ 21,5 millions d’habitants où plus de la moitié de la population a moins de 20 ans, des dizaines de milliers de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. Pour ce faire, le Comité technique interministériel installé à cette occasion dispose de six mois pour établir un diagnostic et proposer une nouvelle politique articulée autour de l’apprentissage, de l’adéquation formation-emploi, de l’entrepreneuriat, de l’emploi des jeunes et des femmes, de l’économie informelle, du numérique et de l’intelligence artificielle. Le ministre Abdoulaye Mbodou Mbami résume l’enjeu en trois mots : « la rigueur », « l’inclusion » et « l’opérationnalité ». Il apparaît au bout du compte que cette exigence d’effectivité semble être commune à l’ensemble des chantiers engagés par N’Djamena. Ceci pour un triptyque clair mais délicat : attirer les capitaux tout en résolvant la question énergétique, moderniser les infrastructures qui suppose de disposer de procédures et de compétences adaptées ainsi que diversifier les partenariats pour transformer les accords diplomatiques en projets économiques effectifs et véritables.
Timbuktu Institute October 2026 - Week 1
For several months now, N’Djamena has set a clear course: giving the economy a greater role in its external relations as well as in its domestic agenda. The ambition set out in the national development plan “Chad Connection 2030” is considerable. It aims to attract up to 26 billion euros of investment by 2030 and to diversify an economy still largely dependent on sectors that create few jobs. To achieve this, the government is counting on improving the business climate, modernising infrastructure and better matching available skills with labour market needs. It is also with this in mind that Chad is betting – albeit rather soberly – on its renewed economic partnership with France, after a long cold spell. The Chadian government is highlighting several reforms intended to make business easier: a new Labour Code, tax exemptions, digitalisation of procedures and the creation of a one-stop shop through the National Agency for Investment and Exports (ANIE), among others. For the interim administrator of the Chamber of Commerce and Industry, Abderrahmane Gademi, these measures should support “Chad’s economic development, economic diversification” and the transformation of the industrial base.
However, the drive to bring investors back is running up against an obstacle that goes beyond regulatory measures. Access to electricity remains one of the country’s main handicaps; Chad ranks 49th out of 54 in the Amadeus Institute’s 2024 attractiveness index. Economist Djimadoum Mandekor thus points to “a gap between commitments and (...) practical implementation”. A few projects nevertheless point to the beginnings of a recovery. The French company Qair has notably signed an agreement to build two 30 MW solar power plants on the outskirts of N’Djamena. Medef International also sees opportunities in infrastructure, energy and health, as well as in a possible resumption of security cooperation.
In search of economic relays
Across the African continent, the trend is towards diversifying partners, and N’Djamena is no exception. The new Minister of State for Foreign Affairs, Ahmed Kogri, received on 28 September Morocco’s ambassador to N’Djamena, Abdellatif Erroja. Beyond congratulating the new minister, the two officials discussed deepening a cooperation that already extends to agriculture, energy, transport, logistics and education. Morocco already has a well-structured relationship with Chad. Six agreements were signed in 2020, and those concluded in December 2021 raised to 150 per year the number of Moroccan scholarships awarded to Chadian students. The Casablanca-N’Djamena air link and infrastructure projects complete this cooperation network. On Throne Day, 30 July, the Moroccan ambassador had described the relationship as a model of “South-South partnership”. This diversification of partnerships is all the more significant as N’Djamena is at the same time seeking to reorganise its own economic tools. Chad wants not only to convince foreign partners, but also to create the conditions for their investments to find a more favourable environment. Hence the particular importance given to modernising infrastructure.
Building the conditions for attractiveness
In this drive, Hassan Djamous International Airport is an equally important project. On 30 September, the Chadian authorities began validating its Emergency Plan with ASECNA, bringing together airport services, security forces, emergency services, health facilities and administrative authorities. The aim is to clarify responsibilities and chains of command so as to be able to respond rapidly to an incident. The system accompanies the airport’s modernisation works, launched in January 2025 with 32.5 million euros of funding from the French Development Agency (AFD) and the Chadian State. Renovation and extension of the main runway, upgrading of infrastructure in line with ICAO recommendations, renovation of the terminal and extension of the aircraft parking area should enable the country’s main air gateway to take a new step towards international certification.
However, physical modernisation alone will not be enough. The revision of the National Employment and Vocational Training Policy, launched on 2 October, shows that the government is also seeking to act on the other side of attractiveness, namely the availability of a workforce capable of supporting economic transformation. In a country of around 21.5 million inhabitants where more than half the population is under 20, tens of thousands of young people enter the labour market every year. To this end, the Interministerial Technical Committee set up on this occasion has six months to carry out a diagnosis and propose a new policy built around apprenticeship, matching training with jobs, entrepreneurship, youth and women’s employment, the informal economy, digital technology and artificial intelligence. Minister Abdoulaye Mbodou Mbami sums up the challenge in three words: “rigour”, “inclusion” and “operationality”. In the end, this demand for effectiveness appears to be common to all the projects undertaken by N’Djamena, in pursuit of a clear but delicate triptych: attracting capital while solving the energy question; modernising infrastructure, which requires appropriate procedures and skills; and diversifying partnerships to turn diplomatic agreements into real, effective economic projects.
Timbuktu Institute Octobre 2026 - Semaine 1
Près de dix ans après le déclenchement de la crise anglophone, le Cameroun reste confronté à une fracture avec son lot de scolarité interrompue, de familles déplacées et de territoires durablement marqués par la peur. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la persistance des violences, les déplacements de population et les perturbations de la vie quotidienne rappellent constamment que le retour à la paix demeure encore largement à construire. Et cela, Yaoundé en est plus que conscient. En déplacement dans la ville de Buea, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a de nouveau appelé, le 28 septembre, à mettre un terme à l’engrenage des violences. Mais au même moment, les enlèvements, les menaces contre les écoles et les opérations de « ville morte » qui ont lieu le même jour rappellent s’il en était que le dialogue politique continue de se heurter à une réalité sécuritaire persistante. « Le dialogue doit produire des résultats », a insisté le chef du gouvernement, comme pour souligner que l’enjeu demeure de parvenir à modifier concrètement les conditions d’une paix. Cela étant, le choix de Buea n’est pas anodin. Dans le Sud-Ouest, la crise a profondément désorganisé les services publics et notamment l’éducation. Cinq enseignants ont ainsi été enlevés le 8 septembre à Wum avant d’être libérés le lendemain. Le 25 septembre, le proviseur d’un lycée public avait été blessé par balle lors d’une tentative d’enlèvement à Bamenda. Dans plusieurs localités, les groupes séparatistes continuent par ailleurs d’imposer des couvre-feux et de menacer les parents qui envoient leurs enfants à l’école. La rentrée de septembre aura ainsi offert une nouvelle mesure de l’emprise exercée par le conflit sur la vie quotidienne. C’est dans ce contexte que la journée « ville morte » du 1er octobre est venue confirmer cet état de fait. Pour les séparatistes, la date anniversaire de la réunification de 1961 conserve une forte portée symbolique, d’autant qu’elle correspond à la proclamation de l’« Ambazonie » en 2017. À Bamenda, Buea et dans les localités voisines, le ralentissement des activités s’est accompagné d’un important déploiement sécuritaire. Dix ans après le début de la crise, les bilans restent lourds. En effet, plusieurs ONG évoquent plus de 6 000 morts et des centaines de milliers de déplacés.
Bras de fer médiatique
Cette difficulté à rétablir un ordre durable dans les régions anglophones trouve un autre écho dans le bras de fer qui oppose désormais les autorités camerounaises à une partie du paysage médiatique. Le 29 septembre, le Conseil national de la communication (CNC) a suspendu pour un mois Vision 4, la chaîne de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, après plusieurs mois de tensions avec le régulateur. À l’origine de la sanction, la diffusion, le 2 juin, d’un reportage particulièrement critique visant une avocate de la partie civile dans l’affaire Martinez Zogo. Le journaliste Martial Owona avait déjà été suspendu trois mois, tandis que le groupe L’Anecdote avait refusé de répondre aux convocations du CNC. Son directeur des médias, Philippe Boney, avait même affirmé n’avoir « que faire du CNC ». La confrontation a ensuite changé de terrain, le groupe contestant devant la justice la légalité des sanctions et mettant en cause le mandat du président du Conseil, Joseph Chebongkeng Kalabubsu. La réponse du régulateur a été à la mesure de cette escalade : suspension de Vision 4 et de Philippe Boney pendant un mois, tandis que Martial Owona voit sa sanction portée à six mois et que Jean-Claude Fouda Abega, directeur de publication de L’Anecdote, est également suspendu. Toutefois, la chaîne a pu maintenir sa programmation au Cameroun en passant par Vision 4 RCA, sa déclinaison centrafricaine, qui échappe à la compétence du CNC.
Entre leviers et dépendances
En parallèle, Yaoundé entend en outre renforcer ses marges de manœuvre sur le front économique, notamment en misant sur des infrastructures capables de soutenir les échanges régionaux. C’est à ce titre que le 4 octobre, le président Paul Biya a autorisé un prêt d’environ 390 millions de dollars auprès de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), destiné à moderniser le corridor Douala-Bangui. L’axe est stratégique pour la Centrafrique, mais aussi pour le Tchad, dont les marchandises empruntent la liaison entre Douala et Garoua-Boulaï sur plus de 800 kilomètres. Cet investissement s’inscrit dans une politique plus large de modernisation des infrastructures, avec notamment un financement de plus de 212 millions d’euros de la Banque islamique de développement pour l’axe Douala-Bafoussam. Ces chantiers doivent renforcer la vocation du Cameroun comme porte d’accès à la mer pour plusieurs pays enclavés d’Afrique centrale. Ils viennent toutefois alourdir une équation financière déjà surveillée, plusieurs experts mettant en garde contre les risques liés à l’accumulation des emprunts.
Le renforcement des infrastructures ouvre aussi sur une autre dimension de la stratégie de Yaoundé, celle de ses partenariats extérieurs. Sur le terrain diplomatique donc, les relations avec Washington illustrent à leur tour les marges de manœuvre, mais aussi les dépendances, auxquelles le Cameroun doit composer. La nomination, le 28 septembre, de Christian Jové Ehrhardt comme ambassadeur des États-Unis à Yaoundé remet ainsi en lumière un accord conclu discrètement entre les deux pays en décembre 2025. Le diplomate avait auparavant joué un rôle dans la politique américaine d’expulsion de migrants vers des pays tiers, et notamment dans les discussions ayant abouti à l’engagement du Cameroun d’accueillir jusqu’à 1 000 personnes expulsées des États-Unis. L’arrangement, révélé plusieurs mois plus tard, avait suscité la controverse. Les organisations de défense des migrants dénoncent la politique américaine d’expulsions vers des pays tiers et les risques de persécution ou de torture auxquels certains migrants pourraient être exposés. Pour sa part, le Cameroun est resté discret sur les modalités de l’accord. La nomination de Christian Jové Ehrhardt à Yaoundé prend, à cet égard, une résonance particulière. Celui qui a contribué à Washington à la politique d’expulsion de migrants vers des pays tiers arrive dans un pays appelé à jouer lui-même un rôle dans ce dispositif. Au-delà de la coopération bilatérale, cette nomination pose ainsi la question de la capacité de Yaoundé à négocier ses intérêts dans une relation où les priorités américaines peuvent aussi se traduire par de nouvelles attentes à son égard.
Timbuktu Institute October 2026 - Week 1
Nearly ten years after the outbreak of the Anglophone crisis, Cameroon is still facing a rift that has brought interrupted schooling, displaced families and territories durably scarred by fear. In the North-West and South-West regions, persistent violence, population displacement and disruption of daily life are a constant reminder that peace remains largely to be built. And Yaoundé is well aware of this. On a visit to the city of Buea, Prime Minister Joseph Dion Ngute again called, on 28 September, for an end to the cycle of violence. But at the same time, the kidnappings, the threats against schools and the “ghost town” operations held on the same day were a reminder, if one were needed, that political dialogue continues to run up against a persistent security reality. “Dialogue must produce results,” the head of government insisted, as if to underline that the challenge remains to change the actual conditions for peace. That said, the choice of Buea is not insignificant. In the South-West, the crisis has deeply disrupted public services, particularly education. Five teachers were kidnapped on 8 September in Wum before being released the next day. On 25 September, the head of a public secondary school had been shot and wounded during an attempted kidnapping in Bamenda. In several localities, separatist groups also continue to impose curfews and threaten parents who send their children to school. The September school term thus offered a new measure of the conflict’s grip on daily life. It was in this context that the “ghost town” day of 1 October confirmed this state of affairs. For the separatists, the anniversary of the 1961 reunification retains strong symbolic value, especially as it coincides with the proclamation of “Ambazonia” in 2017. In Bamenda, Buea and neighbouring localities, the slowdown in activity was accompanied by a large security deployment. Ten years after the start of the crisis, the toll remains heavy: several NGOs report more than 6,000 deaths and hundreds of thousands of displaced people.
Media standoff
This difficulty in restoring lasting order in the Anglophone regions finds another echo in the standoff now pitting the Cameroonian authorities against part of the media landscape. On 29 September, the National Communication Council (CNC) suspended Vision 4 for one month, the channel owned by businessman Jean-Pierre Amougou Belinga, after several months of tension with the regulator. The sanction stemmed from the broadcast, on 2 June, of a particularly critical report targeting a lawyer for the civil party in the Martinez Zogo case. Journalist Martial Owona had already been suspended for three months, while the L’Anecdote group had refused to respond to the CNC’s summonses. Its media director, Philippe Boney, had even declared that he “couldn’t care less about the CNC”. The confrontation then moved to a different arena, with the group challenging the legality of the sanctions in court and questioning the mandate of the Council’s chairman, Joseph Chebongkeng Kalabubsu. The regulator’s response matched this escalation: Vision 4 and Philippe Boney were suspended for one month, Martial Owona’s sanction was extended to six months, and Jean-Claude Fouda Abega, publication director of L’Anecdote, was also suspended. However, the channel was able to keep broadcasting in Cameroon through Vision 4 RCA, its Central African version, which falls outside the CNC’s jurisdiction.
Between levers and dependencies
In parallel, Yaoundé also intends to strengthen its room for manoeuvre on the economic front, notably by focusing on infrastructure capable of supporting regional trade. It was in this context that, on 4 October, President Paul Biya authorised a loan of around 390 million dollars from the International Bank for Reconstruction and Development (IBRD) to modernise the Douala-Bangui corridor. The route is strategic for the Central African Republic, but also for Chad, whose goods travel the more than 800 kilometres between Douala and Garoua-Boulaï. This investment is part of a broader infrastructure modernisation policy, including more than 212 million euros of financing from the Islamic Development Bank for the Douala-Bafoussam road. These projects are meant to strengthen Cameroon’s role as a gateway to the sea for several landlocked Central African countries. However, they add to an already closely watched financial equation, with several experts warning of the risks of accumulating debt.
Strengthening infrastructure also opens up another dimension of Yaoundé’s strategy: its external partnerships. On the diplomatic front, relations with Washington in turn illustrate both the room for manoeuvre and the dependencies Cameroon has to contend with. The appointment on 28 September of Christian Jové Ehrhardt as United States ambassador to Yaoundé has thus brought back into focus an agreement discreetly concluded between the two countries in December 2025. The diplomat had previously played a role in the US policy of deporting migrants to third countries, notably in the discussions that led to Cameroon’s commitment to receive up to 1,000 people deported from the United States. The arrangement, revealed several months later, had sparked controversy. Migrant rights organisations denounce the US policy of deportations to third countries and the risks of persecution or torture to which some migrants could be exposed. Cameroon, for its part, has remained discreet about the terms of the agreement. In this respect, Christian Jové Ehrhardt’s appointment to Yaoundé takes on particular resonance. The man who contributed in Washington to the policy of deporting migrants to third countries is arriving in a country that is itself expected to play a role in that system. Beyond bilateral cooperation, this appointment thus raises the question of Yaoundé’s capacity to negotiate its interests in a relationship where American priorities may also translate into new expectations of it.