
Sacré-Coeur 3 – BP 15177 CP 10700 Dakar Fann – SENEGAL.
+221 33 827 34 91 / +221 77 637 73 15
contact@timbuktu-institute.org
Sacré-Coeur 3 – BP 15177 CP 10700 Dakar Fann – SENEGAL. +221 33 827 34 91 / +221 77 637 73 15
contact@timbuktu-institute.org
Timbuktu Institute Week 1 – June 2026
Download the full Sahel weather report
Faced with the combined challenges of regulating domestic trade and combating insecurity, the Burkinabe authorities are stepping up control measures in sectors deemed sensitive. Thus, at the crossroads of commercial and security issues, Ouagadougou is tightening its grip on the two-wheeler market. Through an interministerial decree published on 4 June by the Ministry of Trade, the government announced the introduction of new regulations strictly governing the import, assembly and sale of bicycles and motorcycles within the country. The operators concerned are now required to submit a quarterly report to the Ministry of Trade detailing their stock levels, customer base, as well as their prices and sales volumes. They have been granted a grace period of three months to one year to comply, failing which they face closure. This measure comes against a backdrop of ongoing tension between the Ministry and traders over price-setting, but also addresses security concerns. The ban on certain categories of motorcycles, in force since 2022, has in fact proved difficult to enforce. Around a year ago, some 900 vehicles belonging to prohibited categories were intercepted, suspected of being intended for the logistical supply of armed terrorist groups active in the sub-region.
In the same vein of prioritising security imperatives, the Burkinabe Council of Ministers has approved a package of security projects worth 5.737 billion CFA francs, to be funded from the 2026 national budget. These funds are earmarked for the procurement of materials and equipment for the National Armed Forces, the Internal Security Forces, as well as several specialised agencies: the National Office for the Security of Mining Sites (ONASSIM), the National Road Safety Office (ONASER), the National Police and its training colleges, the Directorate General of Water and Forests, and the LAABAL Brigade. These investments aim to strengthen the operational and logistical capabilities of the entire security apparatus in a context marked by the persistent jihadist threat. Furthermore, Burkina Faso’s Prime Minister Jean Emmanuel Ouédraogo has mandated, via an administrative note dated 1 June, the systematic use of the term ‘comrade’ in all correspondence, speeches and public statements within the country’s ministries and institutions. Presented as a vehicle for equality, fraternity and solidarity between leaders and citizens, this directive follows in the wake of the “Progressive and Popular Revolution” that Ouagadougou intends to embody.
Between diversification and regional cooperation
Burkina Faso’s diplomatic activity has remained particularly intense in recent days, marked by several high-level meetings on security, economic and international cooperation issues. On1June, a Portuguese delegation led by the Special Envoy for Africa, Rita Laranjinha, was received in Ouagadougou by Burkina Faso’s Minister of Foreign Affairs, Karamoko Jean Marie Traoré. Discussions focused on the situation within the AES Confederation and the prospects for multilateral cooperation. The head of Burkinabe diplomacy outlined the Confederation’s foundations and ambitions, calling on the special envoys to gain a better understanding of the situation on the ground. The delegation left with, in its own words, a more nuanced understanding of the reality in the Sahel. Two days later, on 3 June, a delegation of Serbian parliamentarians led by Slavenko Ristic, Chair of the Serbian Parliament’s Defence and Security Committee and CEO of the defence technology firm Tehnicki Remont Bratunac, was received in Ouagadougou by Burkina Faso’s Minister of Foreign Affairs, Karamoko Jean Marie Traoré. Discussions focused on prospects for bilateral cooperation, particularly in the fields of defence, security and training. The Serbian delegation expressed its admiration for Ibrahim Traoré’s leadership and his commitment to strengthening Belgrade’s presence on the African continent. On the Burkinabe side, this visit was presented as part of the junta’s policy of diversifying international partnerships, with a particular focus on Eastern European countries.
Finally, the warming of relations between Burkina Faso and Benin, following a long period of strained ties, is now clearly evident. During an official visit to Ouagadougou on 2 June, Benin’s President Romuald Wadagni was welcomed by Captain Ibrahim Traoré. The two leaders reaffirmed their commitment to reviving bilateral cooperation, with a particular focus on security (the fight against terrorism and cross-border crime) and economic exchanges, notably the role of the port of Cotonou in supplying Burkina Faso. The counterparts agreed to expedite the holding of the fifth session of the Joint High Commission on Cooperation and to finalise several pending agreements. The visit concluded with an official invitation extended to Ibrahim Traoré to visit Benin. This clearly demonstrates Ouagadougou’s desire to consolidate its regional presence whilst expanding its network of international partners, against a backdrop of shifting geopolitical balances in West Africa.
Timbuktu Institute Semaine 1 - juin 2026
Télécharger l'intégralité de la Météo Sahel
Face aux défis conjugués de la régulation du commerce intérieur et de la lutte contre l'insécurité, les autorités burkinabè multiplient les mesures de contrôle dans des secteurs jugés sensibles. Ainsi, à la croisée d’enjeux commerciaux et sécuritaires, Ouagadougou resserre son contrôle sur le marché des deux-roues. Par voie d’arrêté interministériel rendu public le 4 juin par le ministère du Commerce, le gouvernement a annoncé l’instauration d’une nouvelle réglementationencadrant strictement l'importation, le montage et la commercialisation des vélos et motos sur le territoire national. Les opérateurs concernés sont désormais tenus de soumettre chaque trimestre, au ministère du Commerce, un rapport détaillant leurs stocks, leur clientèle, ainsi que leurs prix et volumes de vente. Un délai de trois mois à un an leur est accordé pour se mettre en conformité, sous peine de fermeture. Cette mesure s'inscrit dans un contexte de tension persistante entre le ministère et les commerçants sur la fixation des prix, mais répond aussi à des impératifs sécuritaires. L'interdiction de certaines catégories de motocyclettes, en vigueur depuis 2022, peine en effet à être appliquée. Il y a environ un an, quelque 900 engins appartenant à des catégories prohibées avaient été interceptés, soupçonnés d'être destinés à l'approvisionnement logistique de groupes armés terroristes actifs dans la sous-région.
Dans la même veine de priorisation des impératifs sécuritaires, le Conseil des ministres burkinabè a approuvé un ensemble de projets sécuritaires d'un montant de 5,737 milliards FCFA, financés sur le budget national 2026. Ces fonds sont destinés à l'acquisition de matériels et équipements au profit des Forces armées nationales, des Forces de sécurité intérieure, ainsi que de plusieurs structures spécialisées : l'Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM), l'Office national de la sécurité routière (ONASER), la Police nationale et ses écoles de formation, la Direction générale des eaux et forêts, et la Brigade LAABAL. Ces investissements visent à renforcer les capacités opérationnelles et logistiques de l'ensemble du dispositif sécuritaire dans un contexte marqué par la persistance de la menace jihadiste. Par ailleurs, le Premier ministre burkinabè Jean Emmanuel Ouédraogo a imposé, par note administrative datée du 1er juin, l’usage systématique du terme « camarade » dans l'ensemble des correspondances, discours et prises de parole au sein des ministères et institutions du pays. Présentée comme un vecteur d'égalité, de fraternité et de solidarité entre dirigeants et administrés, cette directive s'inscrit dans le sillage de la « Révolution progressiste et populaire » que Ouagadougou entend incarner.
Entre diversification et coopération régionale
La diplomatie burkinabè est demeurée particulièrement active ces derniers jours, marquée par plusieurs rencontres de haut niveau portant sur les questions sécuritaires, économiques et de coopération internationale. Le 1er juin, une délégation portugaise conduite par l'envoyée spéciale pour l'Afrique, Rita Laranjinha, est reçue à Ouagadougou par le ministre burkinabè des Affaires étrangères Karamoko Jean Marie Traoré. Les échanges ont porté sur la situation au sein de la Confédération AES et sur les perspectives de coopération multilatérale. Le chef de la diplomatie burkinabè a exposé les fondements et ambitions de la Confédération, en appelant les envoyés spéciaux à une meilleure connaissance du terrain. La délégation est repartie avec, selon ses propres termes, une perception affinée de la réalité sahélienne. Deux jours après, le 3 juin, une délégation de parlementaires serbes conduite par Slavenko Ristic, président de la Commission Défense et sécurité du parlement serbe et PDG de l'entreprise de technologies de défense Tehnicki Remont Bratunac, a été reçue à Ouagadougou par le ministre burkinabè des Affaires étrangères Karamoko Jean Marie Traoré. Les échanges ont porté sur les perspectives de coopération bilatérale, notamment dans les domaines de la défense, de la sécurité et de la formation. La partie serbe a affiché son admiration pour le leadership d'Ibrahim Traoré et sa volonté de renforcer la présence de Belgrade sur le continent africain. Côté burkinabè, cette visite a été présentée comme s'inscrivant dans la politique de diversification des partenariats internationaux que mène la junte, avec une attention particulière portée aux pays d'Europe de l'Est.
Enfin, le rapprochement entre le Burkina Faso et le Bénin, après une longue période de froid, est désormais palpable. En visite officielle à Ouagadougou le 2 juin, le président béninois Romuald Wadagni a été accueilli par le capitaine Ibrahim Traoré. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de relancer la coopération bilatérale, avec un accent particulier sur la sécurité (lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière) et sur les échanges économiques, notamment le rôle du port de Cotonou dans l'approvisionnement du Burkina Faso. Les homologues ont convenu d'accélérer la tenue de la cinquième session de la Grande Commission mixte de coopération et de finaliser plusieurs accords en suspens. La visite s’est conclue par une invitation officielle adressée à Ibrahim Traoré à se rendre au Bénin. Ainsi, se dessine clairement la volonté de Ouagadougou de consolider son ancrage régional tout en élargissant son réseau de partenaires internationaux, dans un contexte marqué une recomposition des équilibres géopolitiques en Afrique de l’Ouest.
Timbuktu Institute Week 1 – June 2026
Download the full Sahel weather report
Since the dismissal of Ousmane Sonko and the appointment of Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô as Prime Minister, all eyes have remained fixed on the Presidential Palace, awaiting the formation of the new government. Predictions and speculation were rife, particularly around one central question: with or without Pastef? Finally, on1June, President Bassirou Diomaye Faye appointed a new 30-member government, marked by the virtual absence of Pastef, the party led by the new Speaker of the National Assembly, Ousmane Sonko. The new cabinet is mainly composed of technocrats and figures close to the president. Several influential figures from Pastef, who previously held strategic ministries such as the Interior, Justice or Petroleum, have been excluded. Among the few party members retained in the government is Yankhoba Diémé, appointed Minister of the Armed Forces, who, like his colleagues, chose not to follow his party’s instructions, as the party had announced its refusal to participate in the government due to disagreements over its composition.
The same applies to several political figures allied with Pastef, such as the Minister for National Education, Moustapha Guirassy, and Déthié Fall at Infrastructure. Against a backdrop of severe financial crisis, Finance Minister Cheikh Diba has been reappointed with his remit expanded to include the Economy, whilst El Hadji Abdourahmane Diouf takes the helm of the Ministry of Energy and Petroleum. At the Ministry of the Interior, Mouhamadou Makhtar Cissé succeeds Sonko’s lawyer, Maître Bamba Cissé. Presented as a “government of mission and accountability”, this new executive appears, however, to be weakened from the outset by the absence of Pastef, the majority party in the National Assembly. All things considered, the new government team will have to operate against a backdrop of growing and ongoing tensions. Furthermore, Pastef’s refusal to join the government due to disagreements over its composition marks the tangible beginning of a major political rift at the highest levels of state, long hinted at by the Head of State and his former Prime Minister.
Abdoulaye Wade’s centenary: a backdrop to tensions between Diomaye and Sonko?
Before an audience of dignitaries gathered at the Grand Théâtre National, President Faye celebrated the 100th birthday of Abdoulaye Wade, an iconic figure in Senegalese political history. In a lively and spirited speech, the Head of State elevated the ‘Pope of Sopi’ to the status of national heritage, whilst delivering a political message. “You have taught us that today’s adversary is not an enemy and may even become tomorrow’s partner (…) You have taught us that no quarrel, however fierce, is worth tearing apart the country we share,” he declared, referring to Wade. Praising the values of patience, resilience and overcoming adversity which, in his view, have marked the centenarian’s “ ” journey, President Faye reminded his audience that the intensity of political debate must not overshadow the duty to preserve “the Senegalese home”. It is hard not to see this as a reference to the current political tensions between the Sonko and Diomaye camps, especially when the latter asserts that “democracy is not a prize to be snatched and jealously guarded”. Furthermore, could this move be seen as an attempt by the Head of State – in search of a political base – to build closer ties with the Senegalese Democratic Party (PDS)? It is true that the party has been more or less on the sidelines of Senegalese politics for the past few years. Nevertheless, the party still has a solid electoral base, and is well aware of this. In this regard, it is noteworthy that after backing the Diomaye-Sonko ticket for the 2024 presidential election, the PDS subsequently joined the opposition by supporting Macky Sall’s Alliance for the Republic (APR) in the legislative elections. At present, the two political parties form a parliamentary group in the National Assembly.
Pastef Congress: a show of strength
Following Ousmane Sonko’s swift election as Speaker of the National Assembly after his dismissal as Prime Minister, Pastef’s political response was, to say the least, eagerly anticipated. It came in the form of the party’s first congress, held on 6 June, twelve years after its founding. At this veritable mass gathering in Diamniadio, Ousmane Sonko was, unsurprisingly, unanimously elected party president. Amidst a jubilant atmosphere and cheers from the crowd, he sought to reassure on the political tensions whilst setting a clear course. There is “no institutional crisis” in Senegal, he asserted. Whilst, since his ousting from the Prime Minister’s office, some activists have branded President Faye and those Pastef members who agreed to join the new government as “traitors”, the new head of the legislature urged his supporters to refrain from any insults or verbal attacks. “I will never betray the party’s ideals and principles (….) The entire living party has gathered here to reflect, debate and prepare for the future,” he assured in his speech. Furthermore, he was keen to emphasise Pastef’s positioning as a “force for thought, organisation and transformation”, underpinned by an “ideological framework [which] is a sovereignist Pan-Africanism of democratic transformation”. Thus, as far as can be said, this congress appears to be a political reaffirmation aimed at reminding everyone that, despite his departure from the Prime Minister’s Office, Sonko intends to remain the centre of gravity of Pastef as well as a key player in Senegal’s power equation.
Timbuktu Institute Semaine 1 - juin 2026
Télécharger l'intégralité de la Météo Sahel
Depuis le limogeage d’Ousmane Sonko et la nomination d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô à la Primature, les regards demeuraient rivés sur le Palais, dans l’attente de la composition du nouveau gouvernement. Les pronostics et spéculations sont allés bon train, notamment autour d’une question centrale : avec ou sans Pastef ? Finalement, le 1er juin, le président Bassirou Diomaye Faye a nommé un nouveau gouvernement de 30 membres, marqué par la quasi absence du Pastef, le parti dirigé par le nouveau président de l’Assemblée Nationale, Ousmane Sonko. Le nouveau cabinet est principalement composé de technocrates et de personnalités proches du président. Plusieurs figures influentes du Pastef, qui détenaient auparavant des ministères stratégiques comme l’Intérieur, la Justice ou le Pétrole, en sont exclus. Parmi les quelques membres du parti maintenus au gouvernement, figure Yankhoba Diémé, nommé ministre des Forces armées, qui à l’instar de ses camarades, ont choisi de ne pas suivre la consigne de leur parti dans la mesure où celui-ci a annoncé son refus de participer au gouvernement en raison de désaccords sur sa composition.
Il en va de même pour plusieurs figures politiques alliées du Pastef, à l’instar du ministre de l'Éducation nationale Moustapha Guirassy ou Déthié Fall aux Infrastructures. Dans un contexte de grave crise financière, le ministre des Finances, Cheikh Diba, est reconduit avec des compétences élargies à l’Économie, tandis qu’El Hadji Abdourahmane Diouf prend la tête du ministère de l’Énergie et du Pétrole. Au ministère de l’Intérieur, Mouhamadou Makhtar Cissé succède à l’avocat de Sonko, Maître Bamba Cissé. Présenté comme un « gouvernement de mission et d’obligation de résultat », ce nouvel exécutif apparaît toutefois fragilisé dès sa naissance par l’absence du Pastef, le parti majoritaire à l’Assemblée. Tout compte fait, la nouvelle équipe gouvernementale devra se mouvoir dans un contexte de tensions croissantes et continues. De plus, le refus du Pastef de participer au gouvernement en raison de désaccords sur sa composition, inaugure de manière palpable la rupture politique majeure au sommet de l’Etat, longtemps susurrée par le chef de l’Etat et son ex-premier ministre.
Centenaire d’Abdoulaye Wade, toile de fond des tensions entre Diomaye et Sonko ?
Devant un parterre de personnalités réunies au Grand Théâtre national, le président Faye a célébré les 100 ans d’Abdoulaye Wade, figure emblématique de l’histoire politique sénégalaise. Dans un discours vif et alerte, le chef de l’Etat a érigé le « Pape du Sopi » au rang de patrimoine national, tout en livrant un message politique. « Vous nous avez appris que l’adversaire d’un jour n’est pas un ennemi et qu’il peut même devenir le partenaire du lendemain (…) Vous nous avez appris qu’aucune querelle, si vive soit-elle, ne mérite que l’on déchire le pays qui nous est commun », a-t-il déclaré, se référant à Wade. Magnifiant les valeurs de patience, de résilience et de dépassement qui ont, selon lui, marqué le parcours du centenaire, le président Faye a rappelé que l’intensité du débat politique ne saurait se passer de la vocation de préserver « la maison-Sénégal ». Difficile de ne pas y voir une référence aux tensions politiques actuelles entre les camps Sonko et Diomaye, surtout lorsque ce dernier affirme que « la démocratie n’est pas un butin que l’on arrache et que l’on garde jalousement ». Par ailleurs, pourrait-on voir dans cette séquence une volonté du chef de l’Etat – en quête d’appareil politique - de se rapprocher du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) ? Il est vrai que la formation politique apparaît plus ou moins en retrait de la scène politique sénégalaise depuis quelques années. Néanmoins, le parti dispose toujours d’un solide socle électoral, et en est bien conscient. En ce sens, il est notable qu’après avoir soutenu le duo Diomaye-Sonko pour la présidentielle en 2024, le PDS avait par la suite rejoint l’opposition en soutenant aux législatives, l’Alliance pour la République (APR) de Macky Sall. A l’heure actuelle, les deux formations politiques forment un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale.
Congrès du Pastef, une démonstration de force
Après l’élection express d’Ousmane Sonko au perchoir de l’Assemblée suite à son limogeage de la Primature, la réponse politique du Pastef était pour le moins attendue. Elle fut toute trouvée avec la tenue le 6 juin, du premier congrès du parti, douze ans après sa création. Lors de cette véritable messe à Diamniadio, Ousmane Sonko a été sans surprise, élu à l’unanimité président du parti. Sous une ambiance de liesse et des hourras de la foule, il s’est voulu rassurant sur les tensions politiques tout en définissant un cap clair. Il n’y « pas de crise institutionnelle » au Sénégal, a-t-il ainsi affirmé. Alors que depuis son éviction de la Primature, certains militants qualifient de « traîtres » le président Faye ainsi que les membres de Pastef ayant accepté d’intégrer le nouveau gouvernement, le nouveau chef du législatif a exhorté ses partisans à s’abstenir de toute injure ou attaque verbale. « Jamais je ne trahirai les idéaux et les principes du parti (….) C’est tout le parti vivant qui s’est donné rendez-vous ici pour réfléchir, débattre et préparer l’avenir », a-t-il assuré dans son discours. En outre, il a tenu à insister sur le positionnement de Pastef en tant que « force de pensée, d’organisation et de transformation », sous-tendu par une « matrice idéologique [qui] est un panafricanisme souverainiste de transformation démocratique ». Ainsi, pour peu que l’on puisse en dire, ce congrès apparaît comme une opération de réaffirmation politique destinée à rappeler que, malgré son départ de la Primature, Sonko entend demeurer le centre de gravité du Pastef ainsi qu’un acteur incontournable de l’équation du pouvoir au Sénégal.
Timbuktu Institute – June 2026
On the occasion of its 10th anniversary, the Timbuktu Institute is organizing a Side Meeting as part of the Fragility Forum 2026, to be held at the World Bank headquarters in Washington DC. This side meeting interrogates the modalities, limits, and necessary reforms of international engagement in the Sahel and the Gulf of Guinea. As the Sahel undergoes an unprecedented geopolitical reconfiguration, this session challenges the persistent tendency to apply undifferentiated tools and conditionalities to deeply dissimilar political and security contexts. It makes a resolute case for sustained engagement by international partners despite the deterioration of certain politico-security environments, arguing that any eventual disengagement would risk worsening the political and security situation, accelerating fragility, and ceding ground to destabilizing actors and transnational threats. Central to the discussions is the debate over the gap between international conceptions of fragility and local perceptions — a disconnect that continues to undermine the impact of even the best-resourced interventions. The session concludes with a forward-looking examination of the key institutional reforms required to make international engagement genuinely differentiated, adaptive, and impactful.
Main session themes
Central positioning
The session seeks to document the inadequacy of standardised approaches that apply uniform tools and conditionalities to deeply different political and security realities across the Sahel. It argues that governments in the region face a wide array of challenges, legitimacy questions, and highly diverse local dynamics, and that only a genuinely contextualised and differentiated approach — one that grants strategies and initiatives the dignity of tailored solutions — will enable regional and international partners to rise to the challenges of the current moment.
Timbuktu Institute - Juin 2026
À l’occasion de son 10e anniversaire, le Timbuktu Institute organise un Side meeting dans le cadre du Fragility Forum 2026 qui se tiendra au siège de la Banque Mondiale à Washington DC. Ce side meeting interroge les modalités, les limites et les réformes nécessaires de l’engagement international au Sahel et dans le Golfe de Guinée. Alors que le Sahel traverse une reconfiguration géopolitique sans précédent, cette session remet en question la tendance persistante à appliquer des outils et des conditionnalités indifférenciés à des contextes politiques et sécuritaires profondément dissemblables. Elle plaide résolument pour un engagement soutenu des partenaires internationaux malgré la dégradation de certains environnements politico-sécuritaires, arguant que le désengagement éventuel risquerait d’aggraver la situation politico-sécuritaire et accélèrerait la fragilité pour céder du terrain à des acteurs d’instabilité et aux menaces transnationales. Au cœur des discussions le débat sur le fossé entre les conceptions internationales de la fragilité et les perceptions locales, le décalage qui continue de saper l’impact des interventions même les mieux dotées en ressources. La session propose enfin un examen prospectif des réformes institutionnelles clés requises pour rendre l’engagement international véritablement différencié, adaptatif et impactant.
Thèmes principaux de la session
Positionnement central
La session cherche à documenter l’impertinence des approches standardisées qui consistent à appliquer des outils et conditionnalités uniformes à des réalités politiques et sécuritaires profondément différentes dans le Sahel. Elle défend l’idée que les gouvernements de la région font face à de nombreux défis, des questions de légitimité et des dynamiques locales très diverses, et que seule une approche véritablement contextualisée et différenciée accordant la dignité de solutions aux stratégies et initiatives permettra aux partenaires régionaux et internationaux d’être à la hauteur des enjeux actuels.
Timbuktu Institute, June 2026
China has decided to eliminate tariffs on African products from 53 countries on the continent. This landmark measure was announced by President Xi Jinping during the China–Africa and African Union Summits. It represents a significant shift in economic relations with the continent, which will have repercussions on the economy as a whole. For China, the intent behind this measure is to support its African trading partners. However, for some analysts, it comes amid specific geopolitical challenges: the trade war between China and the United States, the reduction or restructuring of European and American funding, as well as a profound shift in global relations. In this context, the decision to open the Chinese market to African countries should lead to a quantitative increase in exports, although it simultaneously raises several questions. Will trade imbalances and dependencies be reduced? To what extent will China benefit strategically from such a measure? But, between mutual benefits and soft power, will this decision present geostrategic challenges for both parties in an increasingly multipolar and complex world?
The removal of Chinese customs barriers: a strategic opportunity for Africa?
The removal of customs duties is a discriminatory economic measure that has positive effects: theoretically, it reduces the price of imported goods and increases consumer purchasing power. China has eliminated 100% of tariffs with African countries. This announcement was made on Saturday, February 14, 2026. With the exception of one, all African countries will, in principle, see customs barriers removed in their trade with the People’s Republic of China. Starting May 1, African nations will no longer pay tariffs on their exports to China. As the leading trading partner of African nations for the 16th consecutive year, trade has expanded into areas such as “the digital economy, green development, and finance.” For Senegalese economist Cheikh Mbacké Sène, “at first glance, this offers an unprecedented commercial opportunity for African economies. But upon closer inspection, it is above all a full-scale test of the continent’s ability to transform external openness into a lever of economic power. "Nevertheless, the immediate impact has been called into question, as it depends heavily on a country’s productive capacity and level of development. The elimination of Chinese tariffs on African imports will undoubtedly improve access to the Chinese market, particularly for key commodities such as coffee and cocoa.
Chinese Tariff Exemptions: Support for African Development or a Tool of Soft Power?
It is worth noting that in 2024, China had already granted tariff exemptions to 33 African countries considered the least developed. This measure, already praised at the time, has now been extended to 53 countries through 2028. This measure, which consists of granting special tariff treatment to Africa, is a first in the history of international cooperation with the continent. According to Lauren Johnston, a senior researcher at the AustChina Institute, “China is positioning itself as the champion of trade liberalization and an economic partner favorable to Africa, unlike Donald Trump and the United States.” On the American side, slogans like “America First” and “Make America Great Again” reflect the scale and mindset of the conflict between the United States and other countries—primarily China, which they view as their main adversary. This war, which has resulted in the imposition of trade barriers, has prompted many companies to seek other partners to sell their goods, particularly in Europe and Africa. Thus, unlike the United States, which imposed import tariffs on several African states, China has opted for an exemption. Is this a soft power tool or simply a mechanism designed to support African countries? It should be noted that China, like African nations, also benefits from this trade as part of a “win-win” approach to new trade with Africa, as presented by the Chinese press. It should be noted, however, that in these trade relations, the balance of trade favors Beijing, whose exports of goods to the continent have increased, particularly in manufactured goods.
Africa Facing the Opening of the Chinese Market: What Are the Economic Gains?
For some analysts, this situation helps reduce revenue shortfalls, increase government revenues, and improve competitiveness. For example, more than half of Sierra Leone’s exports are already destined for Beijing. Moreover, the country has a trade surplus in its relations with China, largely due to its mineral exports. Like most African nations, it will benefit from this exemption. According to the Minister of Industry, Alpha Ibrahim Sesay, “we expect benefits from this, particularly for our businesses. If you don’t have to pay customs duties, your products are comparatively cheaper in the markets where you export.” African countries could indeed benefit from this measure, which offers opportunities to be seized provided they remain competitive and depending on their economic performance. It should be noted that this Chinese policy could also benefit African companies. One example is an Ivorian coffee roasting plant that exports approximately 90% of its products to China each year. Senegal, for instance, could take advantage of these exemptions due to its significant export potential for products such as phosphate and, increasingly, oil and gas. During a press conference in Beijing, Yusong Chen, Deputy Director-General of the Department of Treaties and Law at the Ministry of Commerce of the People’s Republic of China, emphasized the importance of this measure, which, in his view, promotes trade between China and Africa in general, and Senegal in particular. According to him, “Senegal is a very important country in West Africa and for China,” and these measures will help increase its exports to that country.
China’s trade strategy in Africa: a win-win partnership or economic domination?
Trade between Africa and China increased between 2024 and 2025. However, of the $348 billion traded in 2025, Chinese exports to Africa amounted to $225 billion. This results in a net trade deficit between the African continent and its partner, a deficit that should be reduced to achieve a better balance in trade. This situation calls for an African trade strategy aimed at finding ways to boost exports, particularly of agricultural and fishery products. It is up to African countries to increase their production in order to reduce the imbalance and take full advantage of the elimination of customs duties. The effects of this measure are already beginning to be felt on the ground. Trade appears to be picking up. According to Chinese authorities, trade flows reached a record high during the first quarter of 2026. The example of Yiwu speaks volumes. It is a major trade hub located in eastern China. It is considered the world’s largest market for consumer goods. Buyers and sellers from around the world gather there to trade in this “global supermarket.” Steve Umba, a Congolese man who has worked in this commercial hub for nearly 20 years, welcomes the measure, which he considers a win-win partnership. “It’s definitely helped; zero tariffs are a plus. It’s boosted many markets and startups—everyone benefits. The Chinese are open-minded. They win, and so do you. And you grow together.” Many merchants are reaping the benefits.
Africa - China: The Rise of a Strategic Partnership in a Multipolar World
For some observers, this decision to eliminate tariffs sends a clear political message. China is reportedly seeking to further expand its influence on the African continent, as European funding dries up and U.S. support is cut off in several strategic areas. African countries seem to welcome this timely measure. South Africa and Kenya, in particular, see it as an “opportunity for exporters, small businesses, and agricultural producers.” In a public statement, Chinese President Xi Jinping, for his part, extended his warm congratulations to the current chair of the African Union on the occasion of the organization’s 39th summit. He assured African heads of state that “China is ready to work with Africa to perpetuate their historic friendship, deepen their mutually beneficial cooperation, strengthen their mutual understanding and affection, and together write a new chapter in the China-Africa community with a shared future, from time immemorial to the new era.” The Chinese president praised 70 years of diplomatic relations between China and Africa—relations that, despite countless challenges, continue to move forward steadily.
Could Senegal truly benefit greatly from such a measure?
However, could this Chinese measure, which runs until April 30, 2028, be a game-changer for a country like Senegal, which has maintained relations with China for several decades? One might expect that key products already prominent in trade with China will now be more easily marketed. In this new landscape, “peanuts, sesame, cashews, fish, phosphates, and other Senegalese products could suddenly become much more competitive” in China’s vast market of 1.4 billion consumers, says this exporter, who has been active for years in trade between Senegal and China. “This is a historic opportunity. It allows for a significant increase in exports, an improvement in the trade balance, the creation of jobs through local processing, and the attraction of Chinese investment in agribusiness, infrastructure, and special economic zones,” adds a business leader who makes no secret of his optimism regarding investment attraction and the development of trade. Indeed, Senegal, which has already benefited from a strengthened strategic partnership with Beijing since 2025, can thus accelerate its Vision 2050 and become a true regional industrial hub despite the enormous challenge of strengthening compliance with Chinese standards, improving logistics (the Port of Dakar and transport corridors), providing better support for SMEs, and ensuring product quality. In short, this “opportunity” will only translate into lasting success if Senegal manages to overcome other major challenges: non-tariff barriers (very strict sanitary and phytosanitary certifications), increased competition with other African countries also benefiting from the Chinese measure, the still relatively limited export capacity of Senegalese SMEs, logistical and payment difficulties (particularly the use of the yuan), and above all the risk of excessive economic dependence, as seen in other countries. While representing what a member of parliament from the Kaolack region describes as a “historic opportunity,” without swift measures and actions and better coordination between the government and the private sector, this tariff advantage could remain largely underutilized, even though Senegal possesses real potential.
In short, China’s decision to eliminate tariffs for African countries is, certainly, a boon in absolute terms. But it is also a means for Beijing to exert greater influence in a rapidly changing world. To take full advantage of this, the African continent would benefit from increasing its production and diversifying its economy to capitalize on this historic opportunity. However, Africa, which represents a major market, is currently coveted by several other major powers, and China does not intend to sit on the sidelines in this competition to “conquer” even more commercial space on the continent.
Timbuktu Institute, Juin 2026
La Chine a décidé de supprimer les droits de douane sur les produits africains de 53 pays du continent. Cette mesure phare a été annoncée par le Président Xi Jinping lors des Sommets Chine – Afrique et Union Africaine. Il s'agit d'une évolution conséquente dans les relations économiques avec le continent, qui aura des répercussions sur l'économie dans son ensemble. L’esprit de cette mesure est, pour la Chine, de soutenir ses partenaires commerciaux africains. Cependant, pour certains analystes, elle intervient dans un contexte d'enjeux géopolitiques particuliers : la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, la diminution ou la transformation des financements européens et américains, ainsi qu’une profonde mutation des rapports mondiaux. Dans ce contexte, cette décision d'ouvrir le marché chinois aux pays Africains devrait permettre d'augmenter quantitativement les exportations bien qu’elle soulève, en même temps, plusieurs questionnements. Les déséquilibres commerciaux et les dépendances vont-ils se réduire ? Dans quelle mesure, la Chine tirera-t-elle profit d’une telle mesure sur le plan stratégique ? Mais, entre bénéfices mutuels et soft power, cette décision présentera-t-elle des enjeux géostratégiques pour les deux parties dans un monde de plus en plus multipolaire et complexes.
La suppression des barrières douanières chinoises : une fenêtre stratégique pour l’Afrique ?
La suppression des droits de douane est une mesure économique discriminatoire qui a des effets positifs : théoriquement, elle permet de réduire le prix des biens importés et d'accroître le pouvoir d'achat des consommateurs. La Chine a supprimé les droits de douane à 100 % avec les pays africains. Cette annonce a été faite le samedi 14 février 2026. À l'exception d’un seul, tous les pays africains verront, en principe, les barrières douanières supprimées dans le cadre de leur commerce avec la République populaire de Chine. À partir du 1er mai, les États africains cesseront de payer des droits de douane pour leurs exportations vers la Chine. Premier partenaire commercial des États africains pour la 16ème année consécutive, les échanges commerciaux se sont élargis vers des domaines tels que « l'économie numérique, le développement vert et les finances ». Pour l’économiste sénégalais Cheikh Mbacké Sène, « à première vue, elle offre une opportunité commerciale inédite aux économies africaines. Mais à y regarder de plus près, elle constitue surtout un test grandeur nature de la capacité du continent à transformer une ouverture extérieure en levier de puissance économique. » Néanmoins, l’impact immédiat a pu être questionné, car il dépend fortement de la capacité productive du pays et de son niveau de développement. La suppression des droits de douane chinois vis-à-vis de l’Afrique permettra à coup sûr d’améliorer l’accès au marché chinois, notamment pour les matières premières les plus importantes telles que le café et le cacao.
Exonérations douanières chinoises : soutien au développement africain ou outil de soft power ?
Rappelons qu'en 2024, la Chine avait déjà exonéré des droits de douane pour 33 pays africains considérés comme les moins avancés. Cette mesure, déjà saluée à l’époque, est désormais étendue à 53 pays jusqu’en 2028. Cette mesure, qui consiste à accorder un traitement tarifaire spécial à l’Afrique est une première dans l’histoire de la coopération internationale en direction du continent. Selon Lauren Johnston, chercheuse senior à l'AustChina Institute, « la Chine se positionne comme le champion de la libéralisation commerciale et un partenaire économique favorable à l'Afrique, contrairement à Donald Trump et aux États-Unis ». Du côté de l’Amérique, les slogans « America first » ou encore « Make America great again » traduisent l’ampleur et l’état d’esprit de la guerre entre les États-Unis et les autres pays, en premier lieu la Chine, qu’ils considèrent comme leur principal adversaire. Cette guerre, qui s'est traduite par l'imposition de barrières commerciales, a incité de nombreuses entreprises à chercher d'autres partenaires pour écouler leurs marchandises, notamment en Europe et en Afrique. Ainsi, contrairement aux États-Unis qui soumettaient plusieurs États africains à des droits de douane à l’entrée, la Chine a opté pour une exonération. Instrument de soft power ou simple mécanisme mis en place pour accompagner les pays africains ? Il faut noter que la Chine profite aussi, comme les États africains de ces échanges commerciaux dans le cadre d’une conception « gagnant-gagnant » des nouveaux échanges avec l’Afrique, tel que cela est présenté par la presse chinoise. Il faut, néanmoins, noter que, dans ces échanges, la balance commerciale est en faveur de Pékin, dont les exportations de marchandises ont augmenté sur le continent notamment en bien manufacturés.
L’Afrique face à l’ouverture du marché chinois : Pour quels gains économiques ?
Pour certains analystes, cette situation permet de réduire le manque à gagner, d'augmenter les recettes des États et d'améliorer leur compétitivité. À titre d'exemple, plus de la moitié des exportations de la Sierra Leone sont déjà destinées à Pékin. D'ailleurs, ce pays affiche une balance commerciale excédentaire dans ses relations commerciales avec la Chine, notamment grâce à l'exportation de ses minerais. Comme la plupart des États africains, il profitera de cette mesure d'exonération. Selon le ministre de l'Industrie, Alpha Ibrahim Sesay, « nous en attendons des avantages, en particulier pour nos entreprises. Si vous n'avez pas à payer de droits de douane, vos produits sont comparativement moins chers là où vous exportez. » Les États africains pourraient tirer effectivement profit de cette mesure qui offre des opportunités à saisir à condition d’être compétitifs et selon leurs performances économiques. Il est à noter que cette politique chinoise pourrait aussi bénéficier également aux entreprises africaines. C’est l’exemple d’une usine de torréfaction ivoirienne exportant environ 90 % de ses produits vers la Chine chaque année. Le Sénégal, par exemple, pourrait tirer partie de ces exonérations, en raison de son important potentiel d'exportation de produits tels que le phosphate et de plus en plus le pétrole et le gaz. Lors d'une conférence de presse à Pékin, le directeur général adjoint du département des traités et du droit du ministère du Commerce de la République populaire de Chine, Yusong Chen, avait insisté sur l'importance de cette mesure, qui, selon lui, favorise les échanges entre la Chine et l'Afrique en général, et le Sénégal en particulier. Selon lui, « le Sénégal est un pays très important en Afrique de l’Ouest et pour la Chine », et ces mesures permettront d’augmenter ses exportations vers ce pays.
La stratégie commerciale chinoise en Afrique : partenariat gagnant-gagnant ou domination économique ?
Le commerce entre l’Afrique et la Chine a connu une hausse entre 2024 et 2025. Cependant, sur les 348 milliards de dollars américains échangés en 2025, les exportations chinoises à destination de l’Afrique s’élèvent à 225 milliards de dollars américains. Cela se traduit par un déficit commercial net entre le continent africain et son partenaire, déficit qui mériterait d'être résorbé pour un meilleur équilibre dans les échanges. Cette situaion appelle à une stratégie commerciale africaine visant à trouver les moyens de stimuler les exportations, notamment de produits agricoles et halieutiques. Il revient aux pays africains d'accroître leur production afin de réduire le déséquilibre et de profiter pleinement de la suppression des taxes douanières. Les effets de cette mesure commencent déjà à se faire sentir sur le terrain. Le commerce semble s'accélérer. Selon les autorités chinoises, les flux commerciaux ont atteint un record au cours du premier trimestre 2026. L’exemple de Yiwu est assez parlant. C’est une grande plateforme commerciale située à l'est de la Chine. Il est considéré comme le plus grand marché mondial de biens de consommation. Des acheteurs et des vendeurs du monde entier s'y retrouvent pour échanger dans ce « supermarché mondial ». Steve Umba, un Congolais qui travaille dans ce hub commercial depuis presque 20 ans, salue la mesure, qu'il considère comme un partenariat gagnant-gagnant. « Ça a quand même aidé, zéro taxe, c’est avantageux. Ça a boosté beaucoup de marchés, beaucoup de jeunes entreprises, tout le monde s'y retrouve. Les Chinois sont ouverts. Ils gagnent, vous gagnez aussi. Et vous évoluez ensemble. » Beaucoup de commerçants y trouvent leur compte.
Afrique - Chine : la montée d’un partenariat stratégique dans un monde multipolaire
Pour certains observateurs, cette décision de suppression des droits de douane serait un message politique clair. La Chine chercherait à étendre davantage son influence sur le continent africain, alors que les financements européens se font rares et que l'appui américain est coupé dans plusieurs stratégiques. Les pays africains semblent saluer cette mesure qui tombe à point. L’Afrique du Sud et le Kenya y voient notamment une « occasion pour les exportateurs, les petites entreprises et les producteurs agricoles ». Dans une note rendue publique, le président chinois, Xi Jinping, a de son côté tenu à adresser ses chaleureuses félicitations au président en exercice de l’Union africaine à l'occasion du 39ème sommet de l’organisation. Il a assuré les chefs d'État africains que « la Chine était prête à travailler avec l'Afrique pour perpétuer leur amitié historique, approfondir leur coopération mutuellement bénéfique, renforcer leur compréhension et leur affection mutuelles, et écrire ensemble un nouveau chapitre de la communauté d'avenir partagé Chine-Afrique, de tout temps à l'ère nouvelle ». Le président chinois a magnifié 70 ans de relations diplomatiques entre la Chine et l'Afrique. Des relations qui, malgré mille et une contraintes, continuent leur bonhomme de chemin.
Le Sénégal, pourrait-il vraiment tirer grandement profit d’une telle mesure ?
Pour autant, cette mesure chinoise, qui court jusqu’au 30 avril 2028, pourrait-elle changer la donne pour un pays comme le Sénégal dont on sait les relations développées avec la Chine depuis plusieurs décennies ? On pourrait d’attendre que des produits phares assez présents dans les échanges avec la Chine soient, désormais, plus facilement commercialisés. Dans cette nouvelle configuration, « l’arachides, le sésame, la noix de cajou, les poissons, les phosphates, entre autres produits sénégalais pourraient devenir soudain beaucoup plus compétitifs » sur l’immense marché chinois de 1,4 milliard de consommateurs, témoigne cet exportateur actif depuis des années dans les échanges commerciaux entre le Sénégal et la Chine. « C’est une opportunité historique. Elle permet d’augmenter fortement les exportations, d’améliorer la balance commerciale, de créer des emplois grâce à la transformation locale et d’attirer des investissements chinois dans l’agro-industrie, les infrastructures et les zones économiques spéciales », renchérit un chef d’entreprise qui ne cache pas son optimisme pour l’attrait d’investissements et le développement des échanges. En effet, le Sénégal, qui bénéficie déjà d’un partenariat stratégique renforcé avec Pékin depuis 2025, peut ainsi accélérer sa Vision 2050 et devenir un véritable hub industriel régional malgré l’énorme défi du renforcement de la conformité aux normes chinoises, de l’amélioration de la logistique (port de Dakar et les corridors), d’un meilleur accompagnement des PME et de la qualité des produits. Pour dire que cette « chance » à saisir ne se transformera en succès durable que si le Sénégal réussit à relever d’autres défis de taille : les barrières non tarifaires (certifications sanitaires et phytosanitaires très strictes), la concurrence accrue avec les autres pays africains également bénéficiaires de la mesure chinoise, la capacité encore relativement limitée des PME sénégalaises à exporter, les difficultés logistiques et de paiement (notamment l’utilisation du yuan), et surtout le risque d’une dépendance économique trop forte à l’instar d’autres pays. Tout en représentant ce qu’un député de la région de Kaolack décrit comme une « opportunité historique », sans des mesures et actions rapides et une meilleure coordination entre l’État et le secteur privé, cet avantage tarifaire pourrait rester largement sous-exploité alors que le Sénégal détient de véritables potentialités.
En somme, la décision de la Chine de supprimer les droits de douane pour les pays africains est, certes, une aubaine, dans l’absolu. Mais, c’est aussi un moyen pour Pékin d'exercer une plus grande influence dans un monde en pleine mutation. Pour en tirer pleinement profit, le continent africain gagnerait à augmenter sa production et à diversifier son économie pour pouvoir profiter de cette opportunité historique. Toutefois, l’Afrique, qui représente un marché important, est, aujourd’hui, convoitée par plusieurs autres grandes puissances, et la Chine ne compte pas rester en retrait dans cette compétition pour « conquérir » encore plus d’espace commercial sur le continent.
Timbuktu Institute – Week 3 – may 2026
Download the full Sahel weather report
The heavy human toll recorded during the violent attack on the Garbougna military base serves as a brutal reminder of the persistent vulnerability of the Nigerien army’s positions. This tactical setback, which cost the lives of at least sixty professional soldiers, clearly demonstrates that armed groups retain a significant capacity for planning and coordination in the Sahel. The attackers are still managing to bypass the defensive systems put in place, thus demonstrating that the transitional government in Niamey is far from having achieved total control of the territory. This reality on the ground stands in stark contrast to the reassuring official rhetoric regarding the technological and logistical build-up of the national troops.
The border blockade: major operations
To address the deteriorating security situation and the fact that its borders are the scene of repeated attacks, the government of Niger has responded by opening two major new military fronts along the borders with Algeria and Chad. The strategic aim of this manoeuvre is to block the advance of mobile armed groups and to paralyse trafficking networks by permanently cutting off their traditional supply and retreat routes. By deploying special forces to these remote, hard-to-reach desert areas, Niger is seeking to reaffirm the state’s sovereignty over its geographical peripheries and to reassure its regional partners in the face of the transnational threat.
The oil agreement with China: a new lease of life for the economy
The final signing of the new oil export agreement between Niger and China provides vital financial support for the economic survival of the military regime in Niamey, following more than a year of technical deadlocks and severe political tensions. By securing oil revenues through the Chinese state-owned company Beijing, the Nigerien government has finally obtained the funds needed to finance its heavy military campaign and pay for its cross-border military operations. This major trade agreement enables the military regime to effectively resist international financial isolation and withstand the economic pressures or sanctions imposed by certain traditional Western countries. Crude oil thus became Niger’s main diplomatic weapon for preserving its political autonomy and consolidating its policy of breaking with the status quo in the sub-region.
Timbuktu Institute - Semaine 3 - mai 2026
Télécharger l'intégralité de la Météo Sahel
Le lourd bilan humain enregistré lors de l'attaque violente contre la base militaire de Garbougna vient rappeler de manière brutale la vulnérabilité persistante des positions de l'armée nigérienne. Ce revers tactique, qui a coûté la vie à au moins soixante soldats professionnels, prouve de façon évidente que les groupes armés conservent une capacité majeure de planification et de coordination au Sahel. Les assaillants parviennent encore à déborder les systèmes défensifs mis en place, démontrant ainsi que le contrôle total du territoire est loin d'être acquis par le gouvernement de transition de Niamey. Cette réalité du terrain contraste fortement avec les discours officiels rassurants sur la montée en puissance technologique et logistique des troupes nationales.
Le blocus des frontières : les grandes opérations
Pour faire face à la dégradation de la sécurité et à l'existence de frontières où sont le théâtre d’attaques à répétitions, le gouvernement du Niger réagit en ouvrant deux nouveaux fronts militaires importants aux limites territoriales de l'Algérie et du Tchad. L'échéance stratégique de cette manœuvre est de bloquer l'avancée des groupes armés mobiles et de paralyser les réseaux de trafiquants en coupant définitivement leurs routes traditionnelles de ravitaillement logistique et de repli. En envoyant des troupes spéciales dans ces zones désertiques difficiles d'accès, le Niger tente de réaffirmer la souveraineté de l'État sur ses marges géographiques et de rassurer ses partenaires régionaux face à la menace transnationale.
L'accord pétrolier avec la Chine : un nouveau souffle pour l’économie
La signature définitive du nouvel accord d'exportation pétrolière conclu entre le Niger et la Chine apporte une aide financière indispensable pour la survie économique du régime militaire de Niamey, après plus d'un an de blocages techniques et de fortes tensions politiques. En sécurisant les revenus de l'or noir avec la compagnie d'État chinoise Pékin, le pouvoir nigérien obtient enfin les fonds nécessaire pour financer son effort de guerre lourd et payer ses opérations militaires transfrontalières. Cet accord commercial majeur permet au régime militaire de résister efficacement à l'isolement financier international et de faire face aux pressions ou aux sanctions économiques imposées par certains pays occidentaux traditionnels. Le pétrole brut devient ainsi la principale arme diplomatique du Niger pour préserver son autonomie politique et consolider sa politique de rupture dans la sous-région.