Iyad Ag Ghali, the leader of the al-Qaeda-linked JNIM group, has become the most wanted man in the Sahel and the greatest threat to the Malian government. In recent months, this rebel leader has changed his tactics in waging his war. Instead of simply fighting the army on the ground, he is now employing a strategy of ‘economic blockade’. By cutting off main roads and destroying key infrastructure such as power lines, he seeks to deprive the capital of food, fuel and energy. His aim is to make life unbearable for residents in order to weaken the country from within. Behind these physical attacks, Iyad Ag Ghali’s objective is purely political: he wants to isolate the current regime in power in Bamako and bring about its downfall. According to regional experts, even if he succeeded in bringing down the government, this Tuareg leader would probably not lead the country in an official and visible capacity. He would no doubt prefer to remain in the shadows to control the situation from a distance. For the government, this threat is extremely serious. It is no longer confined to the military front, but is playing out directly in the daily lives of Malians, forcing the authorities to urgently find new solutions to protect the heart of the country.

Coordinated attacks are putting the government and its Russian allies to the test

The security situation in Mali is becoming increasingly critical, according to analyses by the Mediterranean Foundation for Strategic Studies (FMES). The major offensive led by JNIM groups and FLA rebels marked a real turning point. By striking several key cities across the country simultaneously – such as Bamako, Kati, Gao, Sévaré – and even regaining control of Kidal, these armed groups have proven that they can circumvent security measures. For the government, the loss of Kidal is a severe blow: it undermines the official narrative promising to regain full control of the territory and highlights the limitations of the current strategy. This situation greatly undermines the security model chosen by the ruling regime, which relies heavily on assistance from its Russian partners such as the Africa Corps. The simultaneous attacks reveal that this external military support is not enough to halt the attackers’ advance. Whilst a direct military capture of the capital, Bamako, remains unlikely in the short term, the threat has shifted to the daily lives of residents. JNIM is now implementing a strategy of economic strangulation around the capital to demoralise the population. For the government, this combination of military and economic pressure represents a huge challenge, as the threat now risks spreading far beyond Mali’s borders.

A geopolitical crisis threatening to destabilise the region

The Malian conflict is no longer merely an internal affair; it is now at the heart of a major geopolitical crisis that is reshaping the balance of power across West Africa. Long regarded by the international community as a zone of instability, the Sahel region is now bearing the full bri of the deteriorating security situation in Mali. The increase in attacks and the change in strategy by armed groups no longer threaten only Bamako, but also jeopardise the stability of neighbouring countries. This situation is causing immense concern, not only on the African continent, but also as far afield as Europe, which fears the long-term consequences of this security vacuum. The spread of the crisis highlights the limitations of current alliances. Terrorist groups and rebel movements are exploiting the instability of the borders to shift the conflict and extend their influence, transforming the Sahel into a lawless zone that is increasingly difficult to control.  Faced with a conflict that threatens to engulf the entire region, the very survival of Sahelian states will now depend on their ability to stem this situation before it becomes completely uncontrollable.

Malian refugees torn by despair

The unfolding crisis is now having dramatic humanitarian consequences across borders, particularly in Mauritania, where tens of thousands of Malians have sought refuge. For these families, many of whom are settled in the Mbera camp, daily life is marked by a constant dilemma. On the one hand, there is a deep-seated desire and a fragile hope of one day returning to their homeland. On the other, the reality on the ground and the persistent violence in Mali cast a constant shadow of fear over a new, even more massive exodus, whilst living conditions in the Mauritanian camps are already extremely precarious.

This continuous flow of displaced people is placing a severe strain on Mauritania’s reception capacity, as the country must manage this humanitarian emergency with limited resources and often insufficient international aid. The refugees, who have fled the fighting between the Malian army, its allies and armed groups, find themselves stranded, waiting for the security situation to improve. This situation serves as a reminder that the current crisis is not merely a matter of tactical or military issues. It represents an immense humanitarian challenge, for as long as stability is not restored in Mali, thousands of people will remain condemned to a life of exile and uncertainty.

Iyad Ag Ghali, le chef du groupe JNIM lié à al-Qaïda, est devenu l'homme le plus recherché du Sahel et la plus grande menace pour le gouvernement malien. Depuis quelques mois, ce chef rebelle a changé de méthode pour mener sa guerre. Au lieu de simplement combattre l'armée sur le terrain, il utilise désormais une stratégie de « blocage économique ». En coupant les routes principales et en détruisant des installations importantes comme les lignes électriques, il cherche à priver la capitale de vivres, de carburant et d'énergie. Son but est de rendre la vie des habitants impossible pour affaiblir le pays de l'intérieur. Derrière ces attaques matérielles, l'objectif d'Iyad Ag Ghali est purement politique : il veut isoler le régime actuel au pouvoir à Bamako et provoquer sa chute. Selon les spécialistes de la région, même s'il réussissait à faire tomber le gouvernement, ce chef touareg ne dirigerait probablement pas le pays de manière officielle et visible. Il préférerait sans doute rester dans l'ombre pour contrôler la situation à distance. Pour le gouvernement, cette menace est extrêmement grave. Elle ne se joue plus seulement sur le front militaire, mais directement dans le quotidien des Maliens, ce qui oblige le pouvoir à trouver de toute urgence de nouvelles solutions pour protéger le cœur du pays.

Les attaques coordonnées mettent à l'épreuve le pouvoir et ses alliés russes

L'insécurité au Mali prend une tournure de plus en plus critique, selon les analyses de la Fondation Méditerranéenne d'Études Stratégiques (FMES). L'offensive majeure menée par les groupes du JNIM et les rebelles du FLA a marqué un véritable tournant. En frappant en même temps plusieurs villes clés à travers le pays comme Bamako, Kati, Gao, Sévaré, et même en reprenant le contrôle de Kidal, ces groupes armés ont prouvé qu'ils pouvaient contourner les dispositifs de sécurité. Pour le gouvernement, la perte de Kidal est un coup très dur : elle affaiblit le discours officiel qui promettait de reprendre le contrôle total du territoire et montre les limites de la stratégie actuelle. Cette situation fragilise grandement le modèle de sécurité choisi par le pouvoir en place, qui repose largement sur l'aide de ses partenaires russes comme l'Africa Corps. Les attaques simultanées révèlent que cet appui militaire extérieur ne suffit pas à stopper l'avancée des assaillants. Si une prise militaire directe de la capitale, Bamako, reste peu probable à court terme, la menace s'est déplacée vers le quotidien des habitants. Le JNIM applique désormais une stratégie d'asphyxie économique autour de la capitale pour décourager la population. Pour le gouvernement, ce cumul de pressions militaires et économiques représente un immense défi, car la menace  risque maintenant de s'étendre bien au-delà des frontières maliennes.

Une crise géopolitique qui menace de déstabiliser la région

Le conflit malien n'est plus seulement une affaire intérieure, il est désormais au cœur d'une crise géopolitique majeure qui redessine l’équilibre de toute l'Afrique de l'Ouest. Longtemps considérée par la communauté internationale comme une zone d'instabilité, la région du Sahel subit aujourd'hui de plein fouet la dégradation sécuritaire au Mali. La multiplication des attaques et le changement de stratégie des groupes armés ne menacent plus seulement Bamako, mais mettent en péril la stabilité des pays voisins. Cette situation crée une immense inquiétude, non seulement sur le continent africain, mais aussi jusqu'en Europe, qui redoute les conséquences à long terme de ce vide sécuritaire. Cette propagation de la crise montre les limites des alliances actuelles. Les groupes terroristes et les mouvements rebelles profitent de l'instabilité des frontières pour déplacer le conflit et étendre leur influence, transformant le Sahel en une zone de non-droit de plus en plus difficile à contrôler.  Face à un conflit qui menace d'emporter toute la région, la simple survie des États sahéliens dépendra désormais de leur capacité à freiner cette situation avant qu'elle ne devienne totalement incontrôlable.

Les réfugiés Maliens partagés dans le désarroi

L’évolution de la crise a, à présent, des conséquences humanitaires dramatiques au-delà des frontières, particulièrement en Mauritanie où des dizaines de milliers de Maliens ont trouvé refuge. Pour ces familles installées notamment dans le camp de Mbera, la vie quotidienne est rythmée par un dilemme permanent. D'un côté, il y a le désir profond et le fragile espoir de retourner un jour sur leur terre natale. De l'autre, la réalité du terrain et la violence persistante au Mali font planer la crainte permanente d'un nouvel exode encore plus massif, alors que les conditions de vie dans les camps mauritaniens sont déjà très précaires.

Ce flux continu de déplacés met à rude épreuve les capacités d'accueil de la Mauritanie, qui doit gérer cette urgence humanitaire avec des ressources limitées et une aide internationale souvent insuffisante. Les réfugiés, qui ont fui les combats entre l'armée malienne, ses alliés et les groupes armés, se retrouvent bloqués dans l'attente d'une amélioration de la situation sécuritaire. Cette situation rappelle que la crise actuelle ne se résume pas à des questions tactiques ou militaires. Elle représente un défi humain immense, car tant que la stabilité ne sera pas rétablie au Mali, des milliers de personnes resteront condamnées à vivre dans l'exil et l'incertitude.

The centre of the country has once again been rocked. The Bandiagara region was targeted by attacks from armed groups, which struck the town of Gomossogou and the village of Kori-Kori on the same day. The death toll stands at around 50, the majority of whom were young people, according to local authorities. These acts were described as “cowardly and barbaric” by Major-General Oliver Diassana, the regional governor, who  strongly condemns these “inhuman acts”. The security situation, already fragile particularly due to the attacks on 25 April, has allowed armed groups to expand further across the territory; the centre has now become a new lever for pressure, in addition to the north, which is increasingly occupied by the attackers. It should also be noted that the Dogon region represents a significant part of Mali’s history; this attack symbolically affects the entire population due to the respect held for the region and the importance it holds for Malian culture. The strategy of striking several locations simultaneously allows armed groups to move quickly whilst maximising damage and, at the same time, destabilising the population as much as possible by instilling fear at a time when the central government is seeking to strengthen its offensive. The recurrence of attacks is becoming another problem in security management, which has already been precarious for many years, posing a new challenge for President Goïta, who now holds the dual roles of President and Minister of Defence.

Addressing the Tuaregs’ demands: a path to peace?

Since the attacks of 25 April, a question has arisen: if the Malian government were to take the Tuareg groups’ demands into account, what would become of the political and security situation?

The crisis afflicting Mali continues to worsen, and recent clashes clearly show that military force alone is no longer enough to restore calm. For many observers, the real way to ensure a climate of peace lies in listening to and addressing the demands of the Tuareg populations in the north. Since the country’s independence, these communities have felt a deep sense of abandonment by the central government. They denounce a historical injustice in the development of the region: whilst the south benefits from the majority of investment, schools and hospitals, the northern regions remain largely marginalised and deprived of basic infrastructure. This gap has fuelled anger within this community, driving certain groups to take up arms. Today, the government’s strategy, which relies primarily on military offensives, is showing its limitations in the face of fighters who know the terrain inside out and who draw on this popular discontent.  The current situation therefore demands a crucial al choice. It is no longer simply a matter of winning battles on the ground, but of rebuilding a sincere political dialogue and fully integrating the North into the national project.

Resumption of attacks in Mali: President Macron’s position

The recent waves of violent attacks affecting Mali are once again provoking a reaction beyond Africa’s borders, particularly in France. When asked about the rapid deterioration of the security situation in the country, President Emmanuel Macron expressed his views on this crisis. For the French Head of State, these tragic events demonstrate that the Malian transitional authorities did not make the best decision to protect their population by demanding the permanent withdrawal of French military forces. He stated that this choice has now left a security vacuum which armed groups are exploiting to expand. Whilst expressing that the turn of events “broke his heart” for the citizens of Mali, Burkina Faso and Niger who face insecurity on a daily basis, the French President expressed his hope that the region’s leaders would reconsider their position. In his view, a return to stability cannot be achieved without a resumption of dialogue and strengthened international cooperation.

The armed groups’ strategy: block everything to weaken.

Pressure from armed groups is mounting around the Malian capital, plunging the country into an unprecedented logistical and energy crisis. Over the weekend, fighters from JNIM, affiliated with al-Qaeda, tightened their blockade of Bamako by targeting strategic road links. Around ten coaches and several cars were intercepted and set alight between Ségou and the capital, notably near the town of Zambougou. Although the attackers made the passengers alight before burning the vehicles, the operation sowed terror and paralysed traffic, leaving numerous wrecked vehicles on the roads.

Alongside this transport war, a severe blow has been dealt to the economy and the daily lives of Malians by attacking the country’s energy infrastructure. Electrical installations linked to the Manantali hydroelectric dam, located in the Kayes region, have been sabotaged and destroyed. Yet this dam is a vital piece of infrastructure that supplies not only Mali, but also Senegal and Mauritania. Its sabotage immediately plunged several districts of Bamako into darkness, causing massive power cuts that can last for 48 to 72 hours at a stretch. Whilst the state-owned company Énergie du Mali (EDM) referred to a “network incident”, regional experts do not rule out a link between these power cuts and the attack.

Faced with this two-pronged offensive paralysing the capital, the central government is attempting to respond with force. Although it remains silent on these road and energy attacks, the Malian army is continuing its operations on other fronts. In particular, it has successfully escorted hundreds of tanker lorries to resupply Bamako, and has carried out further air strikes in the Gao region against terrorist positions. Whilst the situation remains completely deadlocked in the Kidal region, where fresh clashes seem inevitable, this strategy  by armed groups targeting basic infrastructure poses a huge challenge for the central government. The latter must now succeed in protecting the country’s vital points whilst maintaining its military offensives in the north.

 

Le centre du pays a été une nouvelle fois secoué. La région de Bandiagara a été la cible d’attaques par les groupes armés ayant touché la ville de Gomossogou ainsi que le village de Kori-Kori le même jour. Le bilan s’est élevé à une cinquantaine de morts majoritairement composé de jeunes selon les autorités locales. Ces actes ont été jugés “lâches et barbares” selon le Colonel-major Oliver Diassana, gouverneur de la région qui  condamne fermement ces “actes inhumains”. La situation sécuritaire déjà fragilisée notamment en raison des attaques du 25 avril dernier, a permis aux groupes armés de s'étendre davantage sur le territoire; le centre est à présent devenu un nouveau moyen de pression en plus du Nord qui devient de plus occupé par les assaillants. A noter également que le pays dogon représente une part d’histoire pour le Mali, cette attaque touche symboliquement l’ensemble de la  population en raison du respect porté sur ce dernier et de l’importance qu’il représente pour la culture malienne. La stratégie consistant à  frapper simultanément plusieurs endroits permet aux groupes armés de se déplacer rapidement tout en maximisant les dégâts et par la même occasion déstabiliser le plus possible les populations en installant la crainte au moment où  le pouvoir central  cherche à renforcer son offensive. La récurrence des attaques devient un autre problème dans la gestion sécuritaire qui est déjà précaire depuis de nombreuses années, ce qui constitue un nouveau défi pour le Président Goïta qui allie à présent son titre de Président ainsi que celui de ministre de la Défense.

Répondre aux revendications des Touaregs : un chemin vers la paix ?

Depuis les attaques du 25 avril, une question se pose : si le gouvernement malien prenait en compte les revendications des groupes Touaregs, qu'adviendrait-il de la situation politico-sécuritaire ?

La crise qui frappe le Mali ne cesse de s'aggraver, et les récents affrontements montrent bien que la force militaire seule ne suffit plus pour ramener le calme. Pour de nombreux observateurs, le véritable moyen pour garantir un climat de paix réside dans l'écoute et le traitement des revendications des populations touarègues du Nord. Depuis l'indépendance du pays, ces communautés ressentent un profond sentiment d'abandon de la part du pouvoir central. Elles dénoncent une injustice historique dans le développement du territoire : pendant que le Sud bénéficie de la majorité des investissements, des écoles et des hôpitaux, les régions du Nord restent largement marginalisées et privées d'infrastructures de base. Ce gap a créé de la colère au sein de cette communauté, poussant certains groupes à prendre les armes. Aujourd'hui, la stratégie du gouvernement, qui mise principalement sur les offensives de l'armée, montre ses limites face à des combattants qui connaissent parfaitement le terrain et qui s'appuient sur ce mécontentement populaire.  La situation actuelle impose donc un choix crucial. Il ne s'agit plus seulement de gagner des batailles sur le terrain, mais de reconstruire un dialogue politique sincère et d'intégrer pleinement le Nord dans le projet national.

Reprise des attaques au Mali : la position du Président Macron

Les récentes vagues d'attaques violentes qui touchent le Mali font à nouveau réagir au-delà des frontières africaines, et notamment en France. Interrogé sur la dégradation rapide de la situation sécuritaire dans le pays, le président Emmanuel Macron a exprimé son point de vue sur cette crise. Pour le chef de l'État français, ces événements tragiques démontrent que les autorités de transition maliennes n'ont pas pris la meilleure décision pour protéger leur population en exigeant le départ définitif des forces militaires françaises. Il a affirmé que ce choix laissait aujourd'hui un vide sécuritaire que les groupes armés exploitent pour s'étendre. Tout en confiant que la tournure des événements lui « fendait le cœur » pour les citoyens Maliens, Burkinabè et Nigériens qui subissent l'insécurité au quotidien, le président français a exprimé son souhait de voir les dirigeants de la région revoir leur position. Selon lui, un retour à la stabilité ne pourra se faire sans une réouverture du dialogue et une coopération internationale renforcée.

La stratégie des groupes armés : tout bloquer pour affaiblir.

La pression des groupes armés s'accentue autour de la capitale malienne, plongeant le pays dans une crise logistique et énergétique sans précédent. Au cours du week-end, les combattants du JNIM, affiliés à al-Qaïda, ont durci leur blocus sur Bamako en prenant pour cible les axes routiers stratégiques. Une dizaine d'autocars de transport et plusieurs voitures ont été interceptés et incendiés entre Ségou et la capitale, notamment près de la localité de Zambougou. Si les assaillants ont fait descendre les passagers avant de brûler les véhicules, l'opération a semé la terreur et paralysé le trafic, laissant derrière elle de nombreuses épaves sur les routes.

En parallèle de cette guerre des transports,  un coup dur est porté à l'économie et au quotidien des Maliens en s'attaquant aux infrastructures énergétiques du pays. Des installations électriques reliées au barrage hydroélectrique de Manantali, situé dans la région de Kayes, ont été sabotées et détruites. Ce barrage est pourtant une infrastructure vitale qui alimente non seulement le Mali, mais aussi le Sénégal ainsi que la Mauritanie. Son sabotage a immédiatement plongé plusieurs quartiers de Bamako dans le noir, provoquant des coupures d'électricité massives pouvant durer de 48 à 72 heures d'affilée. Si la société publique Énergie du Mali (EDM) a évoqué un « incident sur le réseau », les spécialistes de la région n’excluent pas l’existence d’un lien entre ces coupures et l’attaque.

Face à cette double offensive qui paralyse la capitale, le pouvoir central tente de répliquer par la force. Bien qu'elle garde le silence sur ces attaques routières et énergétiques, l'armée malienne poursuit ses opérations sur d'autres fronts. Elle a notamment réussi à escorter des centaines de camions-citernes pour ravitailler Bamako, et a mené de nouvelles frappes aériennes dans la région de Gao contre des positions terroristes. Alors que la situation reste totalement bloquée dans la région de Kidal, où de nouveaux affrontements semblent inévitables, cette stratégie  des groupes armés sur les infrastructures de base représente un défi immense pour le pouvoir central. Ce dernier doit désormais réussir à protéger les points vitaux du pays tout en maintenant ses offensives militaires dans le Nord. 

 

Niger is in the process of radically reorienting its foreign and domestic policy through bold strategic choices that mark a clear break with the past. The country is now undertaking a major geopolitical shift by distancing itself from its historic partner, France, in favour of fully asserting its independence. To fill this void and tackle shared challenges, the Nigerien authorities are turning to the AES, seen as more supportive and better equipped to address current security threats. This new alliance is viewed by the ruling powers as the true lever for regained independence. Beyond defence issues, this new vision is also reflected domestically in the absolute priority given to food security. Nigerien leaders are aware that a country’s sovereignty cannot be complete if it depends on external in l aid to feed its population. This is one of the reasons why the government is implementing new agricultural strategies to boost local production and protect the country’s resources. For Niger and its neighbours in the AES, this comprehensive transition represents a bold challenge: to prove that it is possible to ensure the safety of citizens and develop the national economy by relying primarily on its own strengths and on selected regional partnerships.

At the three borders: tension in Niger, Libya and Chad

The tri-border area, which separates Niger, Libya and Chad, has become one of the most heavily monitored and dangerous places in the region. In this vast desert, coexistence between the various groups is extremely fragile. It is home to an explosive mix: smugglers, gold prospectors, armed gangs and the military. Indeed, each group seeks to control and profit from its territory, creating a constant sense of insecurity for those living in or travelling through the area. For Niger, this crossroads is a real headache. Since the country chose to distance itself from its former Western partners, it has had to monitor this border alone, through which arms and clandestine networks pass. The instability in neighbouring Libya, combined with the rebellion in Chad, makes cooperation very difficult.

Le Niger est en train de réorienter profondément sa politique étrangère et intérieure à travers des choix stratégiques forts qui marquent une rupture claire avec le passé. Le pays assume désormais un virage géopolitique majeur en s'éloignant de son partenaire historique, la France, au profit d'une liberté totalement revendiquée. Pour compenser ce vide et faire face aux défis communs, les autorités nigériennes se tournent vers l'AES, jugée plus solidaire et mieux adaptée pour répondre aux menaces sécuritaires actuelles. Cette nouvelle alliance est perçue par le pouvoir en place comme le véritable levier d'une indépendance retrouvée. Au-delà des questions de défense, cette nouvelle vision se traduit également sur le plan interne par une priorité absolue donnée à la sécurité alimentaire. Les dirigeants nigériens ont conscience que la souveraineté d'un pays ne peut pas être entière si elle dépend de l'aide extérieure pour nourrir sa population. C'est l’une des raisons pour lesquelles  le gouvernement met en place de nouvelles stratégies agricoles pour stimuler la production locale et protéger les ressources du pays. Pour le Niger et ses voisins de l'AES, cette transition globale représente un pari audacieux : prouver qu'il est possible de garantir la sécurité des citoyens et de développer l'économie nationale en comptant avant tout sur ses propres forces et sur des partenariats régionaux choisis.

Aux trois frontières : le Niger, la Libye et le Tchad sous tension

La zone des trois frontières, qui sépare le Niger, la Libye et le Tchad, est devenue l'un des endroits les plus surveillés et les plus dangereux de la région. Dans ce désert immense, la cohabitation entre les différents groupes est très fragile. On y trouve un mélange explosif : des passeurs, des chercheurs d'or, des bandes armées et des militaires. En effet, chaque groupe essaie de contrôler son territoire et d’en profiter, ce qui crée une insécurité permanente pour les personnes qui vivent ou circulent dans cette zone. Pour le Niger, ce carrefour est un vrai casse-tête. Depuis que le pays a choisi de s'éloigner de ses anciens partenaires occidentaux, il doit surveiller seul cette frontière par où passent armes et  réseaux clandestins. L’instabilité notée en Libye voisine, combinée à la rébellion au Tchad, rendent la coopération très difficile.

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