Timbuktu Institute

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Timbuktu Institute - Semaine 3 - Février 2026

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Cette semaine, le Burkina Faso est confronté à une équation complexe mêlant insurrection persistante, crise humanitaire majeure et tensions politico-judiciaires. Entre l'affirmation souverainiste du capitaine Ibrahim Traoré, la recrudescence d'attaques dans le nord du pays et les tensions autour de dossiers judiciaires sensibles, le pays est confronté à une crise systémique dans laquelle la sécurité, la gouvernance et la résilience sociale sont étroitement liées. L’enjeu central est la capacité des autorités à transformer le discours de reconquête et de souveraineté en une stabilisation tangible et durable du territoire.

Une crise humanitaire systémique et multidimensionnelle ?

Depuis 2015, le pays est confronté à une insurrection terroriste qui a profondément transformé son architecture politique, sécuritaire et diplomatique. Sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré, le pays affiche une ligne souverainiste affirmée, axée sur la reconquête territoriale et la réorientation de ses partenariats internationaux. La situation humanitaire reste toutefois alarmante. Le Plan national de réponse humanitaire (PNRH) pour 2026 cible 4 474 321 personnes vulnérables, pour un coût total de 769 841 825 700 francs CFA. Ce plan vise spécifiquement 1 294 232 personnes déplacées internes et 902 042 personnes de retour, ce qui témoigne d'une crise démographique et sociale profonde, marquée par des déplacements de population massifs, une recomposition territoriale contrainte et une fragilisation durable des structures communautaires. Le ministre de la Famille et de la Solidarité, qui est également président du Conseil national de secours d'urgence et de réhabilitation (CONASUR), souligne que les priorités sectorielles couvrent « la sécurité alimentaire et la nutrition, la santé, la protection, l'eau, l'hygiène et l'assainissement, l'éducation en situation d'urgence, ainsi que les abris ». Elle insiste sur l'interdépendance des secteurs, ce qui implique une plus grande efficacité globale de l'action humanitaire. Le Burkina Faso est ainsi confronté à une crise systémique dans laquelle la sécurité, la gouvernance et la résilience sociale sont étroitement imbriquées.

Attaque de Titao : une insécurité persistante aux répercussions régionales

Pendant ce temps, le samedi 14 février, des individus armés ont mené une attaque d'une grande ampleur contre la ville de Titao, située dans le nord du pays, à environ cinquante kilomètres de Ouahigouya. Le camp militaire, les installations téléphoniques et les commerces ont été détruits et pillés. À ce jour, le gouvernement n'a pas communiqué de bilan officiel de cette attaque, laissant les citoyens dans l'attente d'informations précises. Selon les déclarations du ministre de l'Intérieur du Ghana, sept des commerçants tués seraient de nationalité ghanéenne. Cette situation souligne la dimension transfrontalière de la crise sécuritaire. La présence de ressortissants ghanéens parmi les victimes témoigne de l'intensité des dynamiques commerciales régionales et rappelle que l'instabilité locale peut avoir  des répercussions diplomatiques et économiques Elle souligne également la nécessité d'une coopération sécuritaire renforcée entre les États voisins pour protéger les civils et sécuriser les corridors commerciaux en Afrique de l'Ouest. Cette attaque témoigne également de la capacité opérationnelle intacte des groupes armés, capables d'attaquer un centre urbain stratégique, et de la vulnérabilité persistante du nord du pays, malgré les efforts de reconquête du territoire.

Cour d'appel de Ouagadougou : une décision judiciaire au cœur des tensions politico-sécuritaires

Sur le plan juridique, la cour d'appel de Ouagadougou a rendu, le mardi 17 février 2026, sa décision concernant l'appel formé par l'avocate Ina Benjamine Esther Doli dans le cadre du litige qui l'oppose au ministère public. Cette procédure fait suite à des publications diffusées fin août 2025 sur son profil Facebook, que le parquet du Tribunal  de grande instance de Ouaga I estime susceptibles d'être qualifiées pénalement. Dans son message, l'avocate critiquait les pratiques de « trois États du Sahel » qui, selon elle, se revendiquent proches de la Russie, tout en adoptant des comportements qu'elle jugeait « en totale contradiction avec la respectabilité » de la personne du président russe. Elle évoquait notamment certaines dérives observées au Burkina Faso.

En définitive, l'avocate a été condamnée à douze mois de prison avec sursis, ainsi qu'à une amende ferme d'un million de francs CFA. Elle a été poursuivie pour « trahison », « outrage au chef de l’État » et « entreprise de démoralisation des forces armées ». Le pays est en proie à une tension permanente entre affirmation souverainiste et fragilités structurelles persistantes. Le défi central consiste désormais à traduire l'orientation politique affichée en une stabilisation concrète et durable du territoire.

 

Dakar - The Timbuktu Institute – African Centre for Peace Studies and the Association of African Students in Political Science (ASSEASPO) signed a memorandum of understanding on Monday 26 January in Dakar, aimed at establishing long-term cooperation in research, training and the promotion of political science in Africa.

Through this agreement, the two parties intend to pool their expertise and networks in order to strengthen the critical thinking and intellectual engagement of African students on issues affecting the future of the continent, such as democracy, religious dynamics and geopolitics, security, governance, etc. The collaboration will focus in particular on the joint organisation of scientific and citizen conferences and webinars, the establishment of tutoring courses provided by researchers from the Timbuktu Institute, and the regular hosting of interns from Asseaspo.

 

The aim is to build concrete bridges between the academic world and applied research on issues of peace, security and governance in Africa. Created in 2023, Asseaspo is an association bringing together nationals from sixteen African countries (Senegal, Cameroon, Benin, Guinea, Democratic Republic of Congo, Congo, Gabon, Niger, Burundi, Côte d'Ivoire, Madagascar, Togo, Chad, Mali, Burkina Faso and the Central African Republic)

The memorandum also provides for the active participation of Asseaspo members in field surveys and research projects conducted by the Timbuktu Institute, as well as the joint promotion and dissemination of intellectual output. Concluded for an initial renewable term of two years, the agreement establishes a joint committee responsible for monitoring and evaluating activities, reflecting the desire of both partners to place this cooperation within a structured, evolving framework aimed at the sustainable strengthening of research and training in political science on the African continent.

Timbuktu Institute – Week 2 – February 2026

 

As a reminder, Mali has been facing persistent security instability since 2012, marked by the advance of armed groups in several regions of the country, requiring increased vigilance on the part of the authorities and defence forces.

The Malian Armed Forces (FAMa) have conducted several large-scale military operations west of Ségou, leading to the neutralisation of more than 30 armed combatants, according to a statement from the General Staff of the Armed Forces.

These offensives targeted a first group spotted as it attempted to land on the left bank of the Niger River. A dozen assailants were intercepted. A second intervention then neutralised another group travelling by motorbike in the same area.

The Chief of Staff announced the continuation of these operations to combat the terrorist threat throughout Mali.

JNIM: divide and rule?

JNIM is active on all fronts with one main goal: to destabilise the country on all levels. The pressure is intensifying, the country's activities are slowing down day by day, and this phenomenon is paralysing the population and severely affecting the local economy.

Strategic areas such as Kayes are being targeted because of their large gold reserves.

Road insecurity is a near-daily occurrence.

The roads have become particularly dangerous due to repeated attacks on supply convoys. Tankers have been set on fire and several drivers have been killed, including in a recent attack in the Kayes region that destroyed dozens of vehicles and left at least 15 people dead. A surviving driver testified to the extreme risk involved, describing fuel transport as ‘paid for with blood’ and reporting that many of his colleagues had disappeared. By November, 27 drivers had already been killed.

Massive shortages and a weakened economy

The encircled cities are experiencing severe food and fuel shortages, leading to soaring prices and a general slowdown in trade. Several roads remain impassable, exacerbating the isolation of the population. This crisis has also prompted the government to suspend classes in some schools and universities due to a lack of fuel to keep services running normally.

Roads to Senegal paralysed after terrorist attack on convoy

At the end of January 2026, a convoy of tanker trucks carrying fuel was attacked by armed terrorist groups in western Mali, on the strategic route linking the country to the Senegalese border. The attack, attributed to the jihadist group JNIM (Group for the Support of Islam and Muslims), left at least 15 lorry drivers dead, and dozens of vehicles were burned or destroyed on the spot.

This ambush is part of a broader context of gradual blockage of trade routes and a jihadist offensive aimed at disrupting Mali's supply of fuel and essential goods, exacerbating a crisis that has already been ongoing for several months.

Strike and paralysis of trade corridors

In response, the National Union of Drivers and Truck Drivers of Mali (Synacor) has called a strike on the main road corridor to Senegal. The truck drivers are demanding the repatriation of the bodies of their colleagues who were killed before they will return to work.

This paralysis of strategic routes has significant economic and logistical consequences. The transport of goods between Mali and its neighbours has been halted or severely reduced, with the risk of disrupting regional supply chains. The road blockades are also slowing down trade and increasing the cost of transporting goods.

Security and economic context

The attack comes amid growing insecurity, with JNIM using blockades and sabotage of main roads to stifle the Malian economy. Since 2025, this jihadist group has stepped up attacks on fuel convoys from coastal countries, seeking to exploit Mali's dependence on these supply routes.

Timbuktu Institute – Week 2 – February 2026

This week, Côte d'Ivoire was re-elected to the African Union Peace and Security Council for the 2026-2028 term during the 48th Ordinary Session of the Executive Council in Addis Ababa. This re-election reinforces Abidjan's position as a key player in continental security matters. In a regional context marked by the rise of military regimes in the Sahel, Ivorian diplomacy is reinforcing its image as a stable institutional hub and a privileged partner in African crisis management mechanisms. This reappointment strengthens Abidjan's ability to influence sensitive issues such as political transitions, sanctions regimes and African crisis prevention mechanisms. It also reinforces its strategic position as a balancing force between instability in the Sahel and relative stability in the Gulf of Guinea, thus affirming its role as a security interface in West Africa.

Abidjan-Bamako axis: towards a gradual normalisation of relations?

At the same time, the presidential pardon granted by Alassane Ouattara to Mamadou Hawa Gassama, a member of Mali's National Transition Council, sends a strong diplomatic signal. Convicted of ‘insulting the head of state’, Gassama was released after seven months in detention. This gesture could ease persistent tensions between the two countries, inherited in particular from the crisis stemming from the arrest of 49 Ivorian soldiers in Mali in 2022. He had described the Ivorian president as an ‘enemy of Mali’ and claimed to have evidence of Ouattara's involvement in an attempt to destabilise Mali. His lawyer welcomed the move in a public statement. The decision reflects a pragmatic approach to bilateral relations, combining judicial firmness with political openness.

Digital rumours and national cohesion: the information challenge in Côte d'Ivoire

At the same time, the official denial of the alleged arrest of Adama Bictogo, businessman and former President of the National Assembly of Côte d'Ivoire, highlights the growing scale of disinformation campaigns in West Africa, particularly in Côte d'Ivoire. The referral to the Platform for Combating Cybercrime demonstrates the authorities' willingness to prosecute the authors of digital rumours. According to the office of the former President of the National Assembly, ‘these malicious rumours are also likely to disrupt public order and tarnish the image of our country’. It is therefore necessary to analyse the dangers that such actions pose to national cohesion. Stability is no longer solely a matter of traditional security, but also of the information space. The regulation of information is becoming a strategic issue in the run-up to future political deadlines. Abidjan must continue to capitalise on its continental roots while strengthening vigilance against the threats of disinformation that could undermine the country's unity.

Timbuktu Institute – Semaine 2 - Février 2026

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Cette semaine, la Côte d’Ivoire a été réélue au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour le mandat 2026-2028, lors de la 48ème session ordinaire du Conseil exécutif à Addis-Abeba. Cette réélection renforce en effet le positionnement d’Abidjan comme acteur central des arbitrages sécuritaires continentaux. Dans un contexte régional marqué par la montée en puissance des régimes militaires au Sahel, la diplomatie ivoirienne renforce son image de pôle institutionnel stable et de partenaire privilégié des mécanismes africains de gestion des crises. Cette reconduction renforce la capacité d'Abidjan à influencer les dossiers sensibles, tels que les transitions politiques, les régimes de sanctions et les mécanismes africains de prévention des crises. Elle renforce également son positionnement stratégique en tant qu'acteur d'équilibre entre l'instabilité sahélienne et la stabilité relative du golfe de Guinée, affirmant ainsi son rôle d'interface sécuritaire en Afrique de l'Ouest.

 

Axe Abidjan-Bamako : vers une normalisation progressive des relations ?

Parallèlement, la grâce présidentielle accordée par Alassane Ouattara à Mamadou Hawa Gassama, membre du Conseil national de transition malien, envoie un signal diplomatique fort. Condamné pour « offense au chef de l’État », Gassama a été libéré après sept mois de détention. Ce geste pourrait atténuer une tension persistante entre les deux pays, héritée notamment de la crise découlant des 49 soldats ivoiriens arrêtés au Mali en 2022. Il avait qualifié le président ivoirien d'« ennemi du Mali » et affirmé détenir des preuves de l'implication de Ouattara dans une tentative de déstabilisation du Mali. Son avocat a salué cette mesure dans un communiqué rendu public. Cette décision témoigne d'une gestion pragmatique des relations bilatérales, alliant fermeté judiciaire et ouverture politique.

 

Rumeurs numériques et cohésion nationale : l’enjeu informationnel en Côte d’Ivoire

Parallèlement, le démenti officiel concernant l'arrestation supposée d'Adama Bictogo, homme d’affaires et ancien Président de l’Assemblée nationale de la Côte d’ivoire, met en lumière l'ampleur croissante des campagnes de désinformation en Afrique de l'Ouest, notamment en Côte d'Ivoire. La saisine de la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité témoigne de la volonté des autorités de poursuivre en justice les auteurs de rumeurs numériques. Selon le cabinet de l’ancien Président de l’Assemblée nationale, « ces rumeurs malveillantes sont également de nature à semer le trouble dans l'ordre public et à entacher l'image de notre pays ». Il convient dès lors d'analyser les dangers que représentent de tels agissements pour la cohésion nationale. Ainsi, la stabilité ne se joue plus uniquement sur le terrain sécuritaire classique, mais aussi dans l’espace informationnel. La régulation de l’information devient un enjeu stratégique à l’approche des échéances politiques futures. Abidjan doit continuer à capitaliser sur son ancrage continental tout en renforçant la vigilance face aux menaces de désinformation qui pourraient saper la dynamique unitaire du pays.

Timbuktu Institute – Week 2 – February 2026

For several weeks now, rumours of a possible further postponement of the parliamentary and municipal elections have been circulating. Supported by senior members of the ruling party, the Cameroon People's Democratic Movement (RDPC), this wish may well become a reality. In any case, this is one possible interpretation of the remarks made by President Paul Biya during his traditional speech on Youth Day on 10 February. The Head of State announced a ‘slight adjustment’ to the electoral calendar ‘in view of certain pressing constraints’. Although these elections were expected to take place last year, they were initially postponed until 2026. It was in this context that the electorate was scheduled to be convened this February.

Furthermore, the vague and evasive nature of the reasons given by the Head of State does little to allay concerns. With Biya still to appoint a government more than two months after his re-election, this new decision keeps Cameroon in a worrying institutional situation. The postponement and adjustment of the timetable raise many questions about the country's governance, particularly the ability of institutions to organise credible and inclusive elections in a context where criticism of the legitimacy of the electoral process remains strong.

Separatist leader Lucas C. Ayaba accused of war crimes

Arrested and imprisoned in Norway in September 2024, Ambazonian separatist leader Lucas Cho Ayaba, head of the Ambazonian Defence Forces, is now suspected by the Norwegian judiciary of war crimes, his lawyer and the police announced on 9 February. The police criminal investigation service (Kripos) suspects him of playing a ‘central role in the ongoing armed conflict in Cameroon’. His lawyer immediately stated that Lucas C. Ayaba ‘rejects the accusations of incitement to commit crimes against humanity and incitement to war crimes’. The separatist was initially accused of incitement to commit crimes against humanity in Cameroon. As the Ambazonian insurgency continues in north-eastern Cameroon, claiming thousands of victims and displaced persons, this judicial offensive based on accusations of serious crimes appears to be part of a broader strategy aimed at neutralising armed networks and their supporters.

Furthermore, the Governor of the Eastern Region, Grégoire Mvongo, received Canada's High Commissioner to Cameroon, Marie-Claude Harvey, during an official audience on 12 February, confirming the persistent challenges in this part of Cameroon. During the discussions, Canada reaffirmed its commitment to supporting the region's development through concrete projects aimed at improving the living conditions of local populations, particularly in light of the challenges related to access to basic social services. The governor, for his part, reiterated the region's significant needs, emphasising the importance of sustainable support to strengthen the socio-economic development of the East. Ultimately, Cameroon's most pressing challenges continue to emerge at the shifting intersection of political tensions, institutional uncertainty, and security and development challenges in the east of the country.

Timbuktu Institute – Semaine 2 - Février 2026

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Depuis plusieurs semaines, le murmure d’un possible nouveau report des élections législatives et municipales ne cesse de courir. Porté par des cadres du parti au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), il se pourrait que ce souhait se concrétise. C’est en tous les cas, l’une des interprétations possibles des propos tenus par le président Paul Biya, à l’occasion de son traditionnel discours à l'occasion de la fête de la jeunesse, le 10 février. En effet, le chef de l’Etat a annoncé un « léger réajustement » du calendrier électoral « au vu de certaines contraintes impérieuses ». Alors que ces scrutins étaient attendus l’an dernier, ils avaient alors fait l’objet d’un premier report pour 2026. Et c’est dans ce cadre que la convocation du corps électoral était prévue ce mois de février.

De plus, le caractère flou et évasif des raisons évoquées par le chef de l’Etat ne sont pas de nature à dissiper toute inquiétude. Alors que Biya n’a toujours pas nommé un gouvernement plus de deux mois après sa réélection, cette nouvelle décision maintient le Cameroun dans une configuration institutionnelle préoccupante. Le report et l’ajustement du calendrier font émerger de fait, de nombreuses interrogations sur la gouvernance du pays, notamment sur la capacité des institutions à organiser des scrutins crédibles et inclusifs dans un contexte où les critiques envers la légitimité du processus électoral restent vives.

Le dirigeant séparatiste Lucas C. Ayaba accusé de crimes de guerre

Arrêté et emprisonné en Norvège en septembre 2024, le dirigeant séparatiste ambazonien Lucas Cho Ayaba, chef des Forces de défense de l’Ambazonie, est désormais soupçonné par la justice norvégienne de crimes de guerre, ont annoncé le 9 février son avocat et la police. Le service d’enquête criminelle de la police (Kripos) le soupçonne d’avoir un « rôle central dans le conflit armé en cours au Cameroun ». Dans la foulée, son avocat a déclaré que le Lucas C. Ayaba « rejette les accusations d’incitation à commettre des crimes contre l’humanité et d’incitation à des crimes de guerre ». Le séparatiste était initialement accusé d’incitation à commettre des crimes contre l’humanité au Cameroun. Alors que l’insurrection ambazonienne se poursuit au nord-est du Cameroun et faisant des milliers de victimes et déplacés, cette offensive judiciaire autour des accusations de crimes graves semble s’inscrire dans une stratégie plus large visant à neutraliser les réseaux armés et leurs soutiens.

Du reste, le gouverneur de la région de l’Est Grégoire Mvongo, a reçu le Haut‑Commissaire du Canada au Cameroun, Marie‑Claude Harvey, lors d’une audience officielle le 12 février, confirmant  les défis persistants dans cette partie du Cameroun. Au centre des échanges, le Canada a réaffirmé son engagement à soutenir le développement de la région par des projets concrets visant à améliorer les conditions de vie des populations locales, notamment face aux défis liés à l’accès aux services sociaux de base. Le gouverneur a, quant à lui, rappelé les besoins importants de la région, soulignant l’importance d’un accompagnement durable pour renforcer le développement socio‑économique de l’Est. In fine, les défis les plus urgents du Cameroun continuent d’émerger à l’intersection mouvante des tensions politiques, du flou institutionnel et des défis sécuritaires et de développement à l’est du pays.

 Timbuktu Institute – Semaine 2 - Février 2026

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Pour rappel, le Mali fait face à une instabilité sécuritaire persistante depuis 2012, marquée par la progression de groupes armés dans plusieurs régions du pays, nécessitant une vigilance accrue des autorités et des forces de défense.

Les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené plusieurs opérations militaires d’envergure à l’ouest de Ségou, ayant conduit à la neutralisation de plus d’une trentaine de combattants armés, selon un communiqué de l’État-Major général des Armées.

Ces offensives ont notamment visé un premier groupe repéré alors qu’il tentait d’accoster sur la rive gauche du fleuve Niger. Une dizaine d’assaillants ont ainsi été interceptés. Une seconde intervention a ensuite permis de neutraliser un autre groupe circulant à moto dans la même zone.

Le Chef d’État-Major a annoncé la poursuite de ces opérations de lutte contre la menace terroriste sur l’ensemble du territoire malien.

JNIM : diviser pour mieux régner ?

Le JNIM est sur tous les fronts avec comme principale motivation : déstabiliser le pays sur tous les plans. Le pressing est plus intense, les activités du pays ralentissent de jour en jour et ce phénomène paralyse la population et atteint fortement l’économie locale.

Les zones stratégiques telles que Kayes sont ciblées en raison de son important stock d’or.

Insécurité routière quasi quotidienne

Les routes sont devenues particulièrement dangereuses en raison des attaques répétées contre les convois de ravitaillement. Des camions-citernes sont incendiés et plusieurs chauffeurs ont été tués, notamment lors d’une attaque récente dans la région de Kayes ayant causé la destruction de dizaines de véhicules et fait au moins 15 morts. Un chauffeur rescapé témoigne du risque extrême encouru, évoquant un transport de carburant « au prix du sang » et signalant de nombreux disparus parmi ses collègues. En novembre déjà, 27 chauffeurs avaient été tués.

Pénuries massives et économie fragilisée

Les villes encerclées subissent de graves pénuries alimentaires et de carburant, entraînant une flambée des prix et un ralentissement général du commerce. Plusieurs routes restent impraticables, aggravant l’isolement des populations. Cette crise a également poussé le gouvernement à suspendre les cours dans certaines écoles et universités, faute de carburant disponible pour assurer le fonctionnement normal des services.

Paralysie des routes vers le Sénégal après une attaque terroriste contre un convoi

Fin janvier 2026, un convoi de camions-citernes transportant du carburant a été attaqué par des groupes armés terroristes dans l’ouest du Mali, sur l’axe stratégique reliant le pays à la frontière sénégalaise. L’attaque, attribuée au groupe jihadiste JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), a causé au moins 15 morts parmi les chauffeurs routiers, et des dizaines de véhicules ont été incendiés ou détruits sur place.

Cette embuscade s’inscrit dans un contexte plus large de blocage progressif des routes commerciales et d’une offensive jihadiste visant à perturber l’approvisionnement du Mali en carburant et en biens essentiels, aggravant une crise déjà existante depuis plusieurs mois.

Grève et paralysie des corridors commerciaux

En réaction, le Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (Synacor) a décrété une grève sur le principal corridor routier vers le Sénégal. Les routiers exigent notamment le rapatriement des dépouilles de leurs collègues tués avant toute reprise du travail.

Cette paralysie des axes stratégiques a des conséquences économiques et logistiques importantes. Le transport de marchandises entre le Mali et ses voisins est arrêté ou fortement réduit, avec des risques de perturbation des chaînes d’approvisionnement régionales. Le blocage des routes ralentit par ailleurs le commerce et accroît les coûts de circulation des biens.

Contexte sécuritaire et économique

L’attaque survient dans un climat d’insécurité croissante où le JNIM applique des tactiques de blocus et de sabotage des routes principales pour étouffer l’économie malienne. Depuis 2025, ce groupe jihadiste a multiplié les attaques contre des convois de carburant venant des pays côtiers, cherchant à exploiter la dépendance du Mali à ces routes d’approvisionnement.

Timbuktu Institute – Week 2 – February 2026

 

Another tragic accident occurred on 8 February 2026 in the Kédougou region (south-east Senegal) at an illegal gold mining site in Gamba-Gamba. According to local authorities, at least two people were killed after a sudden landslide buried part of the site while many gold miners were working in extremely precarious conditions. Three other individuals were slightly injured, all of whom were foreign nationals. The victims were evacuated to the Kédougou regional hospital, while the search had to be temporarily suspended due to the dangerous nature of the site.

This tragedy highlights the major human risks of illegal gold mining, which attracts many workers outside of secure channels, often without institutional supervision or compliance with safety standards. This illegal activity persists despite dismantling operations and efforts by the gendarmerie and army to secure the area.

Tensions at UCAD: anger after the death of a student

The Cheikh Anta Diop University in Dakar (UCAD) was rocked by violent clashes between students and law enforcement officers, amid discontent over poor living conditions on campus, including the closure of university restaurants and social difficulties.

During these clashes, Abdoulaye Ba, a second-year medical student, lost his life. His death has provoked strong emotions and deep anger among the student community, who denounce excessive repression and a lack of consideration on the part of the authorities.

The students express a feeling of abandonment, declaring themselves to be ‘hungry, betrayed and disappointed’. Their frustration is also directed at certain political figures, notably Ousmane Sonko, towards whom they say they feel a strong sense of disappointment, believing that the expectations placed on him have not been met in the face of this crisis.

The Centre des Oeuvres Universitaires de Dakar (COUD) has also closed the social campus, forcing many students to leave the premises, which further increases tension.

This crisis has reignited the debate on how to deal with student protests and the use of force on university campuses.

In the court case involving Mouhamadou Ngom, better known as Farba Ngom, the Indictment Division handed down an important decision on 12 February 2026. It upheld the provisional release previously granted to the deputy mayor of Agnam (Matam), despite opposition from the Financial Prosecutor's Office. This decision comes in a complex case involving financial, political and media allegations.

For several months, Farba Ngom has been at the centre of a closely followed legal proceeding, in which he faces charges of embezzlement of public funds, money laundering and other serious offences. Previous revelations by the Minister of Justice pointed to the illegal use of mobile phones in detention and intensive exchanges with political and media figures, which took the case beyond a simple criminal case.

The confirmation of his provisional release means that he will be able to leave detention under judicial supervision, unless the public prosecutor's office appeals to the Court of Cassation within the legal time limit. The decision reinforces the debate on justice, parliamentary immunity and the balance of powers in Senegal, and illustrates how legal proceedings are linked to political issues in the country.

Mass arrests linked to charges of homosexuality and related acts

In Senegal, several recent arrests have sparked heated controversy over charges related to ‘unnatural acts’. As part of investigations conducted by security forces, at least 12 people have been arrested, including two public figures—a television presenter and a singer—on charges including unnatural acts, wilful transmission of HIV, and ‘criminal conspiracy.’

Human rights organisations, such as Stop Homophobia, have expressed concern about these arrests, pointing out that consensual same-sex relations between adults remain criminalised in Senegal and expose LGBTQIA+ people to prosecution, arbitrary arrest and severe social stigma.

In this context, the controversy has been amplified by debates in the media and on social networks: some observers denounce the exploitation of cases related to homosexuality in a climate where Senegalese society is very conservative on these issues, while others insist on the need to enforce the law.

Arrests in a case involving a cross-border criminal network linked to sexual exploitation and HIV transmission

In parallel with the arrests for ‘unnatural acts’, the Senegalese authorities have arrested 14 people in a major case involving an alleged criminal network, involving much more serious offences, including organised paedophilia, pimping, rape of minors under the age of 15, filmed sexual acts, and deliberate transmission of HIV/AIDS.

This operation, carried out in coordination with French investigators, is believed to have dismantled a transnational group that had been active for several years and whose members are accused of forcing boys to perform sexual acts with men, often forcing them to have unprotected sex, according to official statements.

The suspects have been brought before a judge and face particularly serious charges. The authorities have also called on citizens to support the investigations by sharing relevant information via a toll-free telephone line made available to the public.

Timbuktu Institute – Semaine 2 - Février 2026

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Un nouvel accident tragique s’est produit le 8 février 2026 dans la région de Kédougou (sud-est du Sénégal), sur un site d’orpaillage illégal situé à Gamba-Gamba. Selon les autorités locales, au moins deux personnes ont trouvé la mort après qu’un éboulement soudain de terrain a enseveli une partie du site alors que de nombreux orpailleurs travaillaient dans des conditions extrêmement précaires. Trois autres individus ont été légèrement blessés, tous de nationalité étrangère. Les victimes ont été évacuées vers l’hôpital régional de Kédougou, tandis que les recherches ont dû être interrompues temporairement à cause de la dangerosité du lieu.
Ce drame met en lumière les risques humains majeurs de l’exploitation aurifère clandestine, qui attire de nombreux travailleurs en dehors des circuits sécurisés, souvent sans encadrement institutionnel, ni respect des normes de sécurité. Cette activité illégale persiste malgré les opérations de démantèlement et les efforts de la gendarmerie et de l’armée pour sécuriser la zone.

Tensions à l’UCAD : colère après la mort d’un étudiant

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a été secouée par de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, dans un contexte de mécontentement lié aux mauvaises conditions de vie sur le campus, notamment la fermeture des restaurants universitaires et les difficultés sociales.

Lors de ces échauffourées, Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, a perdu la vie. Ce décès a provoqué une vive émotion et une colère profonde au sein de la communauté estudiantine, qui dénonce une répression excessive et un manque de considération de la part des autorités.

Les étudiants expriment un sentiment d’abandon, déclarant être « affamés, trahis et déçus ». Leur frustration vise également certaines figures politiques, notamment Ousmane Sonko, envers qui ils disent ressentir une forte déception, estimant que les attentes placées en lui n’ont pas été satisfaites face à cette crise.

Le Centre des Oeuvres Universitaires de Dakar (COUD) a par ailleurs fermé le campus social, obligeant de nombreux étudiants à quitter les lieux, ce qui renforce davantage la tension.

Cette crise ravive le débat sur la gestion des revendications étudiantes et sur l’usage de la force dans les espaces universitaires.

Dans l’affaire judiciaire impliquant Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom Farba Ngom, la Chambre d’accusation a rendu une décision importante le 12 février 2026. Elle a confirmé la liberté provisoire accordée précédemment au député-maire d’Agnam (Matam), malgré l’opposition du Parquet financier. Cette décision intervient dans une affaire complexe mêlant des accusations financières, politiques et médiatiques.

Depuis plusieurs mois, Farba Ngom est au cœur d’une procédure judiciaire très suivie, où il est notamment visé par des accusations portant sur des détournements de fonds publics, blanchiment de capitaux et autres infractions graves. Des révélations antérieures de la ministre de la Justice ont pointé l’usage illégal de téléphones portables en détention et des échanges intensifs avec des personnalités politiques et médiatiques, ce qui a porté l’affaire au-delà d’un simple dossier pénal classique.

La confirmation de sa liberté provisoire signifie qu’il pourra sortir de détention sous contrôle judiciaire, sauf si le parquet se pourvoit en cassation dans les délais légaux. La décision renforce le débat sur la justice, l’immunité parlementaire et l’équilibre des pouvoirs au Sénégal, et illustre la manière dont les procédures judiciaires s’articulent avec les enjeux politiques dans le pays.

Arrestations massives liées à des accusations d’homosexualité et actes connexes

Au Sénégal, plusieurs arrestations récentes ont suscité une vive controverse autour de charges liées à des “actes contre nature”. Dans le cadre d’enquêtes menées par les forces de sécurité, au moins 12 personnes ont été interpellées, dont deux célébrités publiques un animateur de télévision et un chanteur pour des accusations comprenant actes contre nature, transmission volontaire du VIH et “conspiration criminelle”.

Les organisations de défense des droits humains, comme Stop Homophobia, ont exprimé leur préoccupation face à ces arrestations, rappelant que les relations consensuelles entre adultes de même sexe restent pénalement réprimées au Sénégal et exposent les personnes LGBTQIA+ à des poursuites, des arrestations arbitraires et une stigmatisation sociale forte.

Dans ce contexte, la controverse est amplifiée par des débats dans les médias et sur les réseaux sociaux : certains observateurs dénoncent une instrumentalisation des affaires liées à l’homosexualité dans un climat où la société sénégalaise est très conservatrice sur ces questions, tandis que d’autres insistent sur la nécessité de faire respecter la loi en vigueur.

Arrestations dans une affaire de réseau criminel transfrontalier lié à l’exploitation sexuelle et à la transmission du VIH

Parallèlement aux arrestations pour “actes contre nature”, les autorités sénégalaises ont interpellé 14 personnes dans un important dossier de réseau criminel présumé, impliquant des infractions bien plus graves, notamment pédophilie organisée, proxénétisme, viols sur mineurs de moins de 15 ans, actes sexuels filmés, et transmission volontaire du VIH/SIDA.

Cette opération, menée en coordination avec des enquêteurs français, aurait permis de démanteler un groupe transnational actif depuis plusieurs années et dont certains membres seraient accusés d’avoir forcé des garçons à des actes sexuels avec des hommes, souvent contraints à subir des relations non protégées, selon les déclarations officielles.

Les suspects ont été présentés devant un juge et doivent répondre de charges particulièrement lourdes. Les autorités ont également appelé les citoyens à soutenir les enquêtes en partageant des informations pertinentes via une ligne téléphonique gratuite mise à disposition du public.