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Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026
Au Burkina Faso, le quatrième anniversaire de l’accession du capitaine Traoré à la magistrature suprême se prépare en grande pompe. Cette fois-ci, ce sera à l'occasion de la grande « Nuit de la Révolution progressiste populaire » prévue le 30 septembre prochain.
Quatre ans de pouvoir, entre célébration révolutionnaire, récit souverainiste et défis persistants
L’annonce a été faite par le gouvernement à travers son chef, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, qui présente l’événement comme un « moment de communion populaire » pour célébrer les acquis et réaffirmer l'attachement du pays à sa souveraineté. C’est également un intense moment de communication gouvernementale sur les résultats obtenus sur le terrain, notamment en matière de sécurité, de culture et de défense. Quand bien même l’État affirme contrôler plus de 74 % du territoire, des sources estiment que des groupes terroristes continuent de revendiquer des parties du pays, notamment au nord. Dans cette perspective, plusieurs questions se posent : les populations circulent-elles librement ? Ont-elles accès aux services sociaux ? La justice est-elle indépendante ? Les libertés sont-elles garanties ? Toutefois, cet événement sera l'occasion pour les souteneurs de IB de présenter les « succès » du régime dans plusieurs domaines. Selon le ministre de la Communication, « nous voulons que partout où il y a des Burkinabè, partout où il y a des Africains qui croient à l’idéal révolutionnaire porté par le camarade capitaine Ibrahim Traoré, les amis du Burkina Faso se rassemblent pour qu’en bons veilleurs et gardiens de la révolution, nous puissions prendre part à cette nuit qui se déroulera de 18 h à 2 h du matin ». Une manière pour les autorités d’étendre leur lutte contre l’« impérialisme » à d’autres Africains.
Les blindés « Nanga », entre souveraineté militaire et défi d’autonomie stratégique
Au même moment, les forces armées burkinabè ont réceptionné leur premier lot de véhicules blindés produits localement, appelés « Nanga ». Après la production de tenues locales, comme annoncé la semaine dernière, cet acte vise à réduire davantage la dépendance vis-à-vis de l’étranger dans un contexte de guerre. Quid de la maintenance et de la fourniture de ces équipements ? Dans tous les cas, c’est un grand défi à relever pour les autorités qui ont fait de la souveraineté leur cheval de bataille tout au long de leur mandat.
AES : les frontières comme espaces de gouvernance face aux défis sécuritaires
Par ailleurs, au sein de l’AES, les pays travaillent à mettre en place un cadre commun de coopération transfrontalière afin de mieux faire face à la menace terroriste. Ce cadre a en effet pour but d’améliorer la sécurité, la mobilité et les échanges entre les trois pays. Il s’agira de partager des renseignements, de surveiller ensemble les frontières communes, mais aussi et surtout de lutter contre la criminalité transfrontalière. Pour le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, il s'agit d'une initiative de coordination entre les territoires frontaliers qui « permettra aux gouverneurs des régions frontalières de disposer désormais d’un espace formel d’échanges, de coordination et de mutualisation ». Ses homologues nigérien et malien, sur la même longueur d'onde, soulignent la nécessité de constituer des « espaces de vie et d’échanges » au regard des liens entre les peuples. Ces États semblent de plus en plus comprendre que les frontières sont des espaces de gouvernance face aux défis sécuritaires actuels. Toutefois, cette initiative gagnerait à voir la participation des autorités, des forces de défense et de sécurité, ainsi que des communautés.
Timbuktu Institute - Week 3 September 2026
In Burkina Faso, the fourth anniversary of Captain Traoré’s accession to the highest office is being prepared with great pomp. This time, it will take the form of the grand “Night of the Popular Progressive Revolution” scheduled for 30 September.
Four years in power, between revolutionary celebration, sovereigntist narrative and persistent challenges
The announcement was made by the government through its head, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, who presents the event as a “moment of popular communion” to celebrate achievements and reaffirm the country’s attachment to its sovereignty. It is also an intense moment of government communication on the results achieved on the ground, particularly in terms of security, culture and defence. Even though the State claims to control more than 74% of the territory, sources believe that terrorist groups continue to lay claim to parts of the country, particularly in the north. In this context, several questions arise: can people move freely? Do they have access to social services? Is the judiciary independent? Are freedoms guaranteed? Nevertheless, the event will give IB’s supporters an opportunity to present the regime’s “successes” in several fields. According to the Minister of Communication, “we want that wherever there are Burkinabè, wherever there are Africans who believe in the revolutionary ideal championed by Comrade Captain Ibrahim Traoré, the friends of Burkina Faso gather so that, as good watchmen and guardians of the revolution, we can take part in this night, which will run from 6 p.m. to 2 a.m.”. A way for the authorities to extend their fight against “imperialism” to other Africans.
The “Nanga” armoured vehicles, between military sovereignty and the challenge of strategic autonomy
At the same time, the Burkinabè armed forces took delivery of their first batch of locally produced armouredvehicles, called “Nanga”. Following the production of locally made uniforms, as announced last week, this step aims to further reduce dependence on foreign suppliers in a context of war. What about the maintenance and supply of this equipment? In any case, it is a major challenge for the authorities, who have made sovereignty their hobbyhorse throughout their mandate.
AES: borders as spaces of governance in the face of security challenges
Furthermore, within the AES, the countries are working to establish a common framework for cross-border cooperation to better address the terrorist threat. The framework is indeed intended to improve security, mobility and exchanges between the three countries. It will involve sharing intelligence, jointly monitoring common borders, and above all combating cross-border crime. For the Minister of State for Territorial Administration and Mobility, Émile Zerbo, this is a coordination initiative between border territories that “will now give governors of border regions a formal space for exchange, coordination and pooling”. His Nigerien and Malian counterparts, on the same wavelength, stress the need to create “spaces of life and exchange” in view of the ties between peoples. These States seem increasingly to understand that borders are spaces of governance in the face of current security challenges. However, the initiative would benefit from the involvement of the authorities, the defence and security forces, and communities.
Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026
Le placement sous mandat de dépôt de Justin Koné Katinan, vice-président du PPA-CI, continue d’occuper l’espace médiatique ivoirien. Pour rappel, l’affaire en question comporte deux volets et deux chefs d’inculpation : d’un côté, une plainte pour diffamation du RHDP pour, entre autres, diffamation, injures et diffusion de fausses nouvelles ; de l’autre, une procédure enclenchée par le parquet pour troubles à l’ordre public lors des élections de 2025. Si le parquet parle de la régularité des procédures, l’opposition et des organisations de la société civile évoquent une restriction pure et simple des libertés politiques.
L’affaire Katinan au croisement des tensions politiques et des enjeux de libertés
Dans la même veine, le Parti communiste français a tenu à condamner avec la plus grande fermeté son arrestation et a profité de l’occasion pour exiger sa libération immédiate. Dans le communiqué du 17 septembre, on peut lire : « Utiliser la législation antiterroriste contre un dirigeant de l’opposition, à la suite de prises de position publiques, constitue une menace directe contre la liberté d’expression, le pluralisme politique et les droits démocratiques. » Ainsi, pour le PCF, la justice ne doit pas servir à servir les intérêts du parti au pouvoir. Dans ce contexte post-électoral assez tendu, ces divergences constituent une menace pour la stabilité politique du pays.
L’axe Conakry-Abidjan face aux défis sécuritaires transfrontaliers
Pendant ce temps, la visite du président guinéen à Abidjan replace la coopération sécuritaire au cœur des débats. En effet, lors de sa visite officielle en Côte d’Ivoire, Mamadi Doumbouya a mis l’accent sur la coopération économique, commerciale et sécuritaire entre les deux pays. Cette visite s'inscrit dans le cadre du renforcement de l’axe Conakry-Abidjan, alors que les défis communs sont multiples : orpaillage clandestin, criminalité organisée, dégradation de l’environnement, etc. Les deux pays considèrent le contrôle de ces réseaux comme un enjeu économique et sécuritaire. Pour le président guinéen, « je suis convaincu qu’il n’y a pas de développement sans paix ni stabilité. Or, notre espace géographique fait face à des défis de sécurité de toute nature. Nous sommes disposés à travailler avec vous en matière d’échange de renseignements, de lutte contre la criminalité transfrontalière et le terrorisme, ainsi que sur le corridor commercial et la coopération au sein des organisations régionales africaines… ». Doumbouya a également tenu à saluer la « qualité du contact direct et régulier » avec Ouattara, qu’il considère comme son grand frère. Il n’a pas manqué l’occasion d’inviter solennellement son homologue à la fête d’indépendance de la Guinée, le 2 octobre prochain.
La diversification des partenariats militaires face aux défis sécuritaires
Dans la même lancée, l’installation du nouveau cadre de coordination militaire entre Abidjan et Rabatconstitue une avancée vers une architecture militaire plus structurée. Créée en mai 2025 à Rabat, cette commission militaire mixte ambitionne de devenir un creuset d’échanges en matière de renseignement, de renforcement des capacités, de logistique et de santé, entre autres. Dans le cadre de ce partenariat, des forces de défense et de sécurité ivoiriennes continueront à être formées dans les écoles militaires marocaines. La Côte d’Ivoire poursuit ainsi sa stratégie de coopération sécuritaire fondée sur la diversification des partenaires afin de mieux faire face aux enjeux actuels, notamment la lutte contre le terrorisme qui frappe à ses frontières.
Timbuktu Institute - Week 3 September 2026
The remand in custody of Justin Koné Katinan, vice-president of the PPA-CI, continues to dominate the Ivorian media landscape. As a reminder, the case has two strands and two charges: on the one hand, a complaint by the RHDP for, among other things, defamation, insults and spreading false news; on the other, proceedings initiated by the public prosecutor for disturbing public order during the 2025 elections. While the prosecution speaks of the regularity of the proceedings, the opposition and civil society organisations speak of an outright restriction of political freedoms.
The Katinan case at the crossroads of political tensions and freedom issues
In the same vein, the French Communist Party made a point of condemning his arrest in the strongest terms and took the opportunity to demand his immediate release. Its statement of 17 September reads: “Using anti-terrorism legislation against an opposition leader, following public statements, constitutes a direct threat to freedom of expression, political pluralism and democratic rights.” For the PCF, then, justice must not be used to serve the interests of the ruling party. In this rather tense post-election context, these divergences pose a threat to the country’s political stability.
The Conakry-Abidjan axis in the face of cross-border security challenges
Meanwhile, the Guinean president’s visit to Abidjan has put security cooperation back at the heart of the debate. Indeed, during his official visit to Côte d’Ivoire, Mamadi Doumbouya emphasised economic, trade and security cooperation between the two countries. The visit is part of the strengthening of the Conakry-Abidjan axis, at a time when common challenges are numerous: illegal gold mining, organised crime, environmental degradation, etc. Both countries see the control of these networks as an economic and security issue. In the words of the Guinean president, “I am convinced that there is no development without peace and stability. Yet our geographical area faces security challenges of all kinds. We are ready to work with you on intelligence sharing, the fight against cross-border crime and terrorism, as well as on the trade corridor and cooperation within regional African organisations…”. Doumbouya also made a point of praising the “quality of direct and regular contact” with Ouattara, whom he regards as his elder brother. He did not miss the opportunity to formally invite his counterpart to Guinea’s independence day celebrations on 2 October.
Diversifying military partnerships in the face of security challenges
Along the same lines, the establishment of the new framework for military coordination between Abidjan and Rabat marks a step towards a more structured military architecture. Created in May 2025 in Rabat, this joint military commission aims to become a hub for exchanges on intelligence, capacity building, logistics and health, among other things. Under this partnership, Ivorian defence and security forces will continue to be trained in Moroccan military schools. Côte d’Ivoire is thus pursuing its security cooperation strategy based on diversifying partners in order to better address current challenges, particularly the fight against terrorism striking at its borders.
Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026
Le Niger a fait face à l’un de ses premiers défis en interne depuis l’arrivée du général Abdourahamane Tiani au pouvoir en 2023 avec la tentative de coup d’État de la fin du mois d’août 2026. Avec l’appui d’Africa Corps, l’armée nigérienne a réussi à reprendre très vite le contrôle des sites stratégiques.
Répressions et remaniements au sein de l’armée
Deux semaines après la mutinerie, le régime nigérien a engagé une vague de purges. Plusieurs hauts gradés de l’armée ont ainsi été révoqués de leurs fonctions. Il s’agit du limogeage et du placement en résidence surveillée de l’ex-chef d’état-major des armées, le général Moussa Salaou Barmou puis de la nomination du général de brigade Mamane Sani Kiaou, ancien chef d’état-major de l’Armée de terre, expérimenté dans la lutte antiterroriste à Tillabéry et Diffa, à la tête de l’armée nigérienne. Il s’en est suivi une vague d’arrestations notamment celle d’une quarantaine d’officiers et sous-officiers du BSR-COS dont le présumé leader le commandant Maïhati, et de soldats du 1er Bataillon parachutiste de Niamey et l’arrestations de civils comme Kalla Moutari, ancien ministre de la Défense, proche de Mohamed Bazoum, Kalla Ankouaro ancien ministre des Affaires étrangères, et disparition depuis le 31 août du journaliste Moussa Kaka avec des soupçons de disparition forcée selon Amnesty International.
Ces mesures arrivent dans un contexte où l’État est accusé de restriction des libertés avec des partis politiques dissous, la prolongation du mandat de Tiani jusqu’en 2030 au moins, la détention sans procès de l’ex-président Bazoum et de son épouse, etc. Le Niger aurait d’ailleurs chuté dans les classements de la liberté de la presse classé 120e chez RSF et serait considéré comme « non libre » par Freedom House. De là, le gouvernement a publié un programme de « refondation de la République » et multiplié les visites de sensibilisation auprès des troupes pour restaurer la cohésion.
Un partenariat avec la Russie réservé à la protection du régime militaire en place ?
Malgré la promesse des militaires de résoudre l’insécurité en combattant le JNIM et l’État islamique au Sahel, trois ans après l’arrivée de Tiani au pouvoir, la violence a augmenté avec près de 2 000 victimes civiles et militaires en 2025 et des attaques jusqu’à Niamey en 2026. Les officiers subalternes et soldats de première ligne subissent de plein fouet les conséquences avec notamment les pénuries de ravitaillement, les conditions de vie précaires, et ont peu d’influence sur la conduite de la guerre. Certains observateurs considèrent le partenariat avec les paramilitaires russes comme un moyen de protéger uniquement le régime de crises internes comme les tentatives de coups d’État, entre autres. Ces phénomènes sont également observés dans les pays membres de l’Alliance des États du Sahel.
Une poursuite des opérations offensives et de contrôle de zone
Les Forces de défense et de sécurité poursuivent également les opérations offensives et de contrôle de zone avec l’Opération Damissa qui concerne la région de Dosso avec comme objectif la destruction de plusieurs dizaines de cases et hameaux utilisés comme refuges par des mercenaires et des groupes armés dans la zone de Kabéri. L’Opération Naléwa Dolé pour la région de Diffa Bosso a permis l’arrestation de deux membres de Boko Haram, de deux guetteurs, et de trois poseurs d’engins explosifs improvisés dont deux femmes ainsi qu’une saisie de tissus à motifs militaires destinés à Boko Haram avec deux de leurs anciens combattants capturés. Des consultations médicales, des distributions de vivres et médicaments, ainsi que la sensibilisation des populations sont également organisées ; ces opérations dénotent de la poursuite de la lutte contre les groupes armés comme Boko Haram dans le sud-est.
Le mutisme choisi du général Tiani et le recours à des nominations d’ « hommes de terrain » est la preuve que le gouvernement nigérien prend la situation en main malgré les allégations d’inefficacité.
Timbuktu Institute - Week 3 September 2026
Niger faced one of its first internal challenges since General Abdourahamane Tiani came to power in 2023 with the attempted coup at the end of August 2026. With the support of Africa Corps, the Nigerien army very quickly regained control of strategic sites.
Crackdowns and reshuffles within the army
Two weeks after the mutiny, the Nigerien regime launched a wave of purges. Several senior army officers were thus removed from their posts. These included the dismissal and house arrest of the former Chief of Defence Staff, General Moussa Salaou Barmou, followed by the appointment of Brigadier General Mamane Sani Kiaou, former Chief of Staff of the Land Army, experienced in counter-terrorism in Tillabéry and Diffa, as head of the Nigerien army. A wave of arrests followed, notably of some forty officers and non-commissioned officers of the BSR-COS, including their alleged leader, Commander Maïhati, and of soldiers from the 1st Parachute Battalion in Niamey, as well as the arrest of civilians such as Kalla Moutari, former Minister of Defence and close associate of Mohamed Bazoum, and Kalla Ankouaro, former Minister of Foreign Affairs, and the disappearance since 31 August of journalist Moussa Kaka, with suspicions of enforced disappearance according to Amnesty International.
These measures come at a time when the State is accused of restricting freedoms, with political parties dissolved, Tiani’s term extended until at least 2030, the detention without trial of former President Bazoum and his wife, etc. Niger has reportedly also fallen in press freedom rankings, placed 120th by RSF, and is considered “not free” by Freedom House. Against this backdrop, the government published a programme for the “refoundation of the Republic” and stepped up awareness visits to the troops to restore cohesion.
A partnership with Russia reserved for protecting the military regime in power?
Despite the military’s promise to resolve insecurity by fighting JNIM and the Islamic State in the Sahel, three years after Tiani came to power, violence has increased, with nearly 2,000 civilian and military victims in 2025 and attacks reaching Niamey in 2026. Junior officers and front-line soldiers bear the brunt of the consequences, notably supply shortages and precarious living conditions, and have little influence over the conduct of the war. Some observers view the partnership with Russian paramilitaries as a means solely of protecting the regime from internal crises such as coup attempts, among others. These phenomena are also observed in the member countries of the Alliance of Sahel States.
Continued offensive and area control operations
The Defence and Security Forces are also continuing offensive and area control operations with Operation Damissa, which covers the Dosso region with the objective of destroying several dozen huts and hamlets used as hideouts by mercenaries and armed groups in the Kabéri area. Operation Naléwa Dolé in the Diffa Bosso region led to the arrest of two Boko Haram members, two lookouts and three improvised explosive device planters, including two women, as well as the seizure of military-patterned fabric intended for Boko Haram, with two of their former fighters captured. Medical consultations, distributions of food and medicine, and awareness-raising among the population are also being organised; these operations reflect the continued fight against armed groups such as Boko Haram in the south-east.
General Tiani’s deliberate silence and the use of appointments of “men of the field” are proof that the Nigerien government is taking the situation in hand despite allegations of ineffectiveness.
Timbuktu Institute - Semaine 3 Septembre 2026
Le 8 septembre dernier, le ministre guinéen des Affaires étrangères a réaffirmé le soutien de Conakry à la marocanité du Sahara, en marge de la huitième Commission mixte de coopération avec le Royaume chérifien. La rencontre s’est soldée par la signature de 25 accords portant entre autres sur l’économie, les finances, l’agriculture et l’enseignement supérieur. Par ailleurs, les élèves du Prytanée militaire de Guinée ont achevé le 16 septembre un voyage d'études d’une semaine en Chine. Conduit par la conseillère à la présidence Diaka Sidibé, ce déplacement leur a permis d’appréhender le processus de transformation du fer issu du gisement de Simandou par les usines chinoises.
Conakry multiplie les ouvertures diplomatiques au service de ses ambitions économiques
Le président de la République s’est quant à lui rendu en Côte d’Ivoire du 11 au 13 septembre, dans le cadre d’une visite officielle visant à renforcer les relations économiques ainsi que la coopération sécuritaire et de renseignement entre les deux États. À cette occasion, Alassane Ouattara a réaffirmé son soutien au « processus engagé en Guinée », apportant de facto un appui régional significatif aux autorités du pays. Témoignage de ce rapprochement entre Conakry et Yamoussoukro, Mamadi Doumbouya a invité la Côte d’Ivoire à participer aux célébrations de la fête nationale guinéenne le 2 octobre prochain, en qualité de pays à l’honneur aux côtés du Rwanda.
Ces trois séquences illustrent la politique de diversification des partenariats internationaux engagée par Conakry. En renforçant son ancrage régional et en élargissant son réseau de coopération au-delà de son voisinage immédiat, la Guinée entend poursuivre son processus de normalisation sur la scène internationale. Ce retour fait suite à la réintégration de la CEDEAO en début d’année, près de cinq ans après le coup d’État qui a vu Mamadi Doumbouya arriver au pouvoir. Mais cette politique étrangère active offre également l’occasion au président de mobiliser de nouveaux soutiens à ses ambitions économiques, à commencer par le programme Simandou 2040, que la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a récemment accordé un financement de près de 177 milliards de francs CFA. Ce jeudi, une délégation russereçue par le président a également exprimé sa volonté de contribuer à la réalisation de ce projet de transformation locale des ressources minières.
Le ministre des Affaires étrangères plaide pour une réforme des institutions régionales
Le 14 septembre, à Conakry, le ministre guinéen des Affaires étrangères a appelé à une refonte des instances dirigeantes de la CEDEAO et de l'Union africaine, à l'occasion d'une cérémonie organisée pour célébrer les journées de ces deux organisations. Devant le corps diplomatique accrédité, Morissanda Kouyaté a dressé un bilan en demi-teinte des deux institutions régionales, plaidant pour une « restructuration de leurs organes dirigeants » ainsi qu'une « révision de certains de leurs protocoles ». Cette sortie s'inscrit dans la ligne adoptée par Conakry depuis sa réintégration de la CEDEAO : contester le fonctionnement des institutions sans rompre avec celles-ci, à l'inverse de la posture adoptée par les États de l'AES. Le chef de la diplomatie guinéenne en a également profité pour légitimer la trajectoire militaire puis électorale de Mamadi Doumbouya, l’inscrivant dans une histoire régionale marquée par l’intervention récurrente de l’armée dans le champ politique. Morissanda Kouyaté a ainsi indiqué, qu’à la création de la CEDEAO, plusieurs pays étaient eux-mêmes dirigés par des militaires, et conclu en citant les propos de son président pour qui « ce n’est pas la tenue qui fait le leader, mais le leader qui fait la tenue ».
Les autorités durcissent le ton face aux médias indépendants
La Haute Autorité de la Communication (HAC) a multiplié cette semaine les mesures à l’encontre des médias et journalistes présents en Guinée. Le 17 septembre, France 24 a ainsi été interdite de diffusion sur le territoire suite à l’emploi du terme de président « putschiste » dans son journal télévisé pour désigner Mamadi Doumbouya. La veille, l’instance avait retiré l’accréditation du correspondant permanent de Jeune Afrique, lui reprochant de « graves violations des obligations éthiques et déontologiques ». Elle avait également renforcé son contrôle des Web TV, dénonçant la prolifération de ces médias dont l’exploitation est soumise à la délivrance d’une autorisation préalable. L’encadrement accru des acteurs traditionnels et des médias numériques s’inscrit dans un contexte général de recul de la liberté de la presse en Guinée. Entre 2025 et 2026, le pays est ainsi passé de la 103ème place à la 111ème dans le classement annuel de Reporters sans frontières.
Timbuktu Institute - Week 3 September 2026
On 8 September, the Guinean Minister of Foreign Affairs reaffirmed Conakry’s support for the Moroccan sovereignty over the Sahara, on the sidelines of the eighth Joint Cooperation Commission with the Sharifian Kingdom. The meeting resulted in the signing of 25 agreements covering, among other areas, the economy, finance, agriculture and higher education. In addition, students of Guinea’s Military Prytaneum completed on 16 September a one-week study trip to China. Led by presidential adviser Diaka Sidibé, the trip allowed them to learn about the process by which Chinese plants transform iron ore from the Simandou deposit.
Conakry steps up diplomatic overtures to serve its economic ambitions
The President of the Republic, for his part, travelled to Côte d’Ivoire from 11 to 13 September on an official visit aimed at strengthening economic relations as well as security and intelligence cooperation between the two States. On this occasion, Alassane Ouattara reaffirmed his support for the “process under way in Guinea”, thereby providing de facto significant regional backing to the country’s authorities. As a sign of this rapprochement between Conakry and Yamoussoukro, Mamadi Doumbouya invited Côte d’Ivoire to take part in the celebrations of Guinea’s national day on 2 October, as guest of honour alongside Rwanda.
These three sequences illustrate the policy of diversifying international partnerships pursued by Conakry. By strengthening its regional anchoring and expanding its cooperation network beyond its immediate neighbourhood, Guinea intends to continue its process of normalisation on the international stage. This return follows its reinstatement in ECOWAS earlier this year, almost five years after the coup that brought Mamadi Doumbouya to power. But this active foreign policy also gives the president an opportunity to mobilise new support for his economic ambitions, starting with the Simandou 2040 programme, to which the ECOWAS Bank for Investment and Development (EBID) recently granted financing of nearly 177 billion CFA francs. On Thursday, a Russian delegation received by the president also expressed its willingness to contribute to this project for the local processing of mineral resources.
The Foreign Minister calls for reform of regional institutions
On 14 September, in Conakry, the Guinean Minister of Foreign Affairs called for an overhaul of the governing bodies of ECOWAS and the African Union, at a ceremony held to celebrate the days of these two organisations. Before the accredited diplomatic corps, Morissanda Kouyaté gave a mixed assessment of the two regional institutions, calling for a “restructuring of their governing bodies” and a “revision of some of their protocols”. This statement is in line with the approach Conakry has adopted since its reinstatement in ECOWAS: challenging how the institutions work without breaking with them, unlike the stance taken by the AES States. The head of Guinean diplomacy also took the opportunity to legitimise Mamadi Doumbouya’s military and then electoral trajectory, placing it within a regional history marked by the army’s recurrent involvement in politics. Morissanda Kouyaté thus pointed out that when ECOWAS was created, several countries were themselves led by the military, and concluded by quoting his president: “it is not the uniform that makes the leader, but the leader who makes the uniform”.
The authorities take a tougher line against independent media
The High Authority for Communication (HAC) stepped up measures this week against media outlets and journalists present in Guinea. On 17 September, France 24 was thus banned from broadcasting in the country after using the term “putschist” president in its news bulletin to refer to Mamadi Doumbouya. The day before, the body had withdrawn the accreditation of the permanent correspondent of Jeune Afrique, accusing him of “serious breaches of ethical and professional obligations”. It had also tightened its control of Web TVs, denouncing the proliferation of these outlets, whose operation requires prior authorisation. The increased oversight of traditional players and digital media is part of a general context of declining press freedom in Guinea. Between 2025 and 2026, the country thus fell from 103rd to 111th place in Reporters Without Borders’ annual ranking.