Nouvelle étude Timbuktu Institute au Mali : femmes, prévention et lutte contre l’extrémisme violent au mali

Etude préliminaire en vue d’un projet de recherche-action

SOUS LA DIRECTION SCIENTIFIQUE DE Dr. BAKARY SAMBE, Yague S. Hanne et  Yousra Hamdaoui

voir rapport à télécharger en pièce jointe Rapport Femme et extrémisme violent au Mali

APRÈS LA 1ERE CHAÎNE YOUTUBE D’ÉDUCATION À LA PAIX EN AFRIQUE (EDUCATING FOR PEACE), TIMBUKTU INSTITUTE, AVEC LE SOUTIEN DU BUREAU RÉGIONAL DE L’UNESCO, LANCE « SAHEL EDUCATION 2030 », UNE PLATEFORME RÉGIONALE D’ÉDUCATION AUX DROITS HUMAINS ET À LA NON-VIOLENCE DESTINÉE AUX JEUNES ÉLÈVES DU BURKINA FASO, DU MALI, DU NIGER ET DU SÉNÉGAL DANS LE CADRE DE SA STRATÉGIE PRÉVENTIVE.

La cérémonie de lancement aura lieu ce mercredi 21 juin 2017 à 10h au CEM Joseph-Félix Corréa de Guédiawaye avec la participation des autorités nationales, des représentants des pays concernés, du Bureau Régional de l’UNESCO et de la communauté éducative en partenariat avec la coordination des gouvernements scolaires regroupant les élèves du département de Pikine et Guédiawaye.

En présence de Dr. Bakary Sambe directeur du Timbuktu Institute, coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique, Monsieur Alioune Tine, Directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre animera une conférence sur « le rôle de l’éducation aux Droits humains et à la citoyenneté pour la paix au Sahel ».

La cérémonie sera clôturée par une distribution des prix aux meilleurs élèves dans le cadre de la promotion de la culture de l’excellence ainsi que la signature d’une convention pour l’installation d’un « Club de la Paix » au sein de l’établissement.

En collaboration avec l’Organisation pour la Paix et l’Entente religieuse au Sénégal (ORPER) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Timbuktu Institute a organisé la première session du « débat participatif estudiantin » sur l’importance de la prévention de l’extrémisme, ce lundi 3 juillet 2017 à 18 H dans le Campus social de l’université. Plus de 400 participants étudiants et enseignants étaient présents et y ont pris part sous forme de discussion interactive. Plusieurs questions ont été soulevées notamment le rôle du Sénégal dans l’espace sahélien ainsi que son absence du G5 Sahel. Plusieurs interlocuteurs sont revenus sur la question éducative notamment l’enseignement coranique et la situation daaras mais aussi la terminologie stigmatisante souvent utilisée par les médias à propos des questions aussi sensibles que la religion.
Ce débat participatif, en plein air, a été animé par les représentants des différentes communautés et organisations religieuses du Campus de l’UGB, musulmanes et chrétiennes, confrériques et réformistes autour de la thématique « Prévention de l’extrémisme violent : quelle responsabilité pour les communautés religieuses ». Il a été introduit par le Dr. Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA) également enseignant au centre d’Etude des Religions (CER) de l’Université Gaston Berger.
Cette activité du programme « Educating for Peace » entrait dans le cadre de l’appui aux efforts de l’Etat du Sénégal pour le renforcement de la cohésion sociale et la culture de la paix. Elle visait à mieux responsabiliser les communautés et les leaders religieux dans la prévention de l’extrémisme ainsi que le renforcement de leurs capacités dans la construction des résiliences communautaires.
« Educating for Peace » qui avait déjà mené plusieurs actions dans les établissements secondaires en collaboration avec la communauté éducative, est un programme de consolidation de la paix et de la cohésion sociale au Sénégal soutenu par l’Ambassade des Etats Unis à Dakar.

La Fondation Konrad Adenauer en partenariat avec Timbuktu Institute, a initié une formation à l’intention des journalistes de la presse écrite au Sénégal pour mieux les outiller sur les enjeux de la prévention de l’extrémisme violent.

Il s’agissait à travers cette formation d’un renforcement de capacité des journalistes afin de traiter ce sujet très sensible avec la déontologie requise pour mieux édifier les populations.

Pour le directeur de Timbuktu Institute, le Docteur Bakary Sambe « Cette formation est destinée aux acteurs de la presse écrite, la Fondation Konrad Adenauer et Timbukutu Institute ont voulu accompagner les actions de la presse pour mieux les outiller sur les concepts qu’ils utilisent afin d’éviter la stigmatisation de certaines religions, l’utilisation abusive de certains termes qui peuvent prêter à confusion. Au regard de leur rôle comme faiseurs d’opinions qui influencent des opinions, ils ont une responsabilité énorme pour participer dans le travail de sensibilisation, et cela on recoupe totalement le rôle des médias qui est celui d’éduquer, de sensibiliser aussi bien que l’opinion, les décideurs, la société civile et les jeunes soient bien éclairer, accompagner et sensibiliser »

L’objectif de cette journée de formation étant  de Sensibiliser les journalistes aux différents concepts et aux enjeux de la prévention de l’extrémisme violent et le traitement des questions liées au terrorisme notamment l’utilisation d’une certaine terminologie parfois confuse mais aussi les transmettre des pratiques, des grilles d’analyse pour mieux édifier les populations ; les participants ont ainsi bénéficié d’excellentes communications sur les modules comme « Aspects méthodologiques, approche de la question de l’extrémisme violent, concepts et précautions terminologiques et déontologiques », la « Crise sahélienne et l’extrémisme violent : approche critique des stratégies de lutte et enjeux de la prévention » ainsi que les « Stratégies de prévention de l’extrémisme et les bonnes pratiques dans le Sahel » ont été les différentes thématiques présentées par le Dr Bakary Sambe quant au volet « traitement de l’information sensible : éthique et professionnalisme face au phénomène du terrorisme », il a été présenté par Monsieur Moumouni CAMARA.

« C’est très important pour nous journalistes de bénéficier de ce genre de formation surtout avec le phénomène de l’extrémisme violent qui ne cesse de gagner du terrain en Afrique, avec tout ce qu’on a appris et su aujourd’hui, nous savons désormais comment mieux traiter ce sujet très sensible avec beaucoup de précaution sans pour autant vexer ou tomber dans des pièges de manipulation encore moins remettre en cause notre vivre ensemble dans tous ces états, nous remercions beaucoup la Fondation et l’Institut Timbuktu pour cette belle initiative et nous espérons que ce ne serait pas la dernière » nous confie un participant.

Après une séance de travaux en groupe avec les participants suivi de la restitution desdits travaux en plénière, Dr Bakary Sambe (Directeur de Timbuktu Institute) et Mme Ute Bocande chargé des programme de la Fondation Konrad Adenauer ont remercié les participant avant de se donner au revoir sur un cocktail bien garni.

« Le journalisme, c’est voir, savoir, savoir-faire et faire-savoir » disait Gaston Leroux, Ceci étant, il a été évoqué la nécessité de regrouper les participants de cette formation à un réseau de journalistes intervenants dans la prévention de l’extrémisme violent dans notre pays.

« L’absence du Sénégal du G5 Sahel ne signifie point un désengagement sur la question de la lutte contre le terrorisme et les réseaux criminels dans le Sahel », estime le coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique, Dr. Bakary Sambe, par ailleurs, directeur de Timbuktu Institute.

Selon Bakary Sambe, « Le Sénégal dont les soldats sont déjà assez présents dans le Centre du Mali, va bientôt renforcer son contingent qui pourrait atteindre 1300 à 1400 hommes ; cela est, déjà, la preuve d’une solidarité agissante envers le Mali, pays frère, et d’un engagement dans la lutte contre le terrorisme au Sahel ».

Cependant, le spécialiste des réseaux transnationaux et de l’extrémisme violent pense que « le Sénégal, déjà engagé dans le cadre du processus de Nouakchott, lancé par la Commission de l’Union africaine en mars 2013 et qui rassemble 11 pays, est tellement concerné par les défis qui interpellent les pays du G5 Sahel qu’il y avait largement sa place pour une coopération plus étroite avec une mutualisation des forces et des expériences ». Car « les attentats de Ouagadougou ont signé la fin des exceptions en Afrique de l’Ouest de même que l’attaque de Grand Bassam inaugure l’ère de l’absurdité de prévision », soutient le chercheur selon qui « tous nos pays partagent les mêmes vulnérabilités car la porosité des frontières maliennes ne sont plus seulement un problème pour le Mali mais pour tous ses voisins. Il est révolu le temps où l’on construisait des résiliences nationales dans un environnement régional instable ».

Interrogé sur l’implication marquée de la France lors du dernier sommet de Bamako avec la présence du Président Macron, le 2 juillet dernier, le directeur de Timbuktu Institute insiste sur « la nécessité de prendre de plus en plus en compte les perceptions des populations locales afin que la nouvelle force du G5 Sahel ne soit pas assimilable à un prolongement régional de la présence militaire étrangère ».

Pour lui, « ce sera dommageable aussi bien pour la précieuse coopération que pour la cause commune de la lutte contre le terrorisme dans laquelle les pays de la sous-région ont besoin de l’appui de la France dont l’intervention avait, tout de même, prémuni d’une expansion régionale djihadiste en janvier 2013 ».