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Deux mois après la réélection du président Paul Biya pour un huitième mandat, le pays ne dispose toujours pas d’un nouveau gouvernement et les Camerounais restent dans l’expectative. Dans son discours à la nation du 31 décembre 2025, le chef de l’État avait cependant laissé entendre que cela relevait d’une « priorité » et que des « efforts soutenus » devaient être « engagés sans délai ». Depuis le début de son magistère en 1982, Biya a effectué 35 remaniements mais aucun lors de son précédent mandat de sept ans. Selon des informations de TV5 Monde, une forme de « gouvernement d’union nationale » ne serait pas à écarter, principalement en raison de l’important score de 35% obtenu par l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui aurait décliné le poste de Premier ministre. Biya, lui, lors de son discours de fin d’année s’est voulu diplomate en plaidant pour un renforcement du multilatéralisme à l’échelle internationale.
Pas de libération pour les détenus post-électoraux
Mardi 8 janvier, plus de 140 détenus - en prison depuis plus de deux mois - de la crise post-électorale d’octobre 2025 ont comparu devant le tribunal militaire de Yaoundé. Ils ont été jugés pour « propagation de fausses nouvelles, attroupement, rébellion en groupe et défaut de carte d’identité » pour avoir participé aux manifestations de contestations contre les résultats annoncés de la dernière présidentielle. La cour a rejeté la requête de libération provisoire introduite par le collectif d’avocats.
En parallèle, au nord-ouest du pays, la situation sécuritaire demeure délétère. Les forces de défense camerounaises ont affirmé avoir neutralisé onze combattants séparatistes, le 6 janvier au cours d’une opération militaire dans le département de Bui, entre les localités de Ntabah et de Mbawrong. Depuis 2017, les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont le théâtre d’une guerre opposant l’Etat camerounais à divers groupes séparatistes.
Timbuktu Institute January 2026
Relations between Benin and Niger are once again strained. While relations between the two neighboring countries have deteriorated steadily since General Abdourahmane Tiani came to power in 2023 following the overthrow of former President Mohamed Bazoum, the discord seemed to have calmed down somewhat in recent months. That is, until the beginning of this year, when the two countries mutually expelled diplomats. After Cotonou expelled two officials—a police officer and a Nigerien civil servant—from the Nigerien embassy on January, Niamey retaliated by declaring the Beninese chargé d'affaires persona non grata. The Beninese authorities have not officially commented on this decision. As a reminder, Cotonou recalled its ambassador in February 2025. This new friction between the two countries comes in the wake of the failed coup in Benin, where the government had also condemned the involvement of "nostalgic Beninese politicians" and foreign supporters. For his part, General Tiani has continued to accuse Benin of harboring a French base with the aim of destabilizing Niger.
The start of the election season
This year, Beninese citizens will be called to the polls for legislative, municipal, and presidential elections. On January 11, the legislative and municipal elections took place. Members of Parliament will now be elected for a seven-year term—instead of five years previously—since the revision of the Constitution in November 2025. Five parties are vying for the 109 seats: the Union Progressiste le Renouveau (UPR), the Bloc républicain (BR) and Moele Bénin. Then there is the opposition party Les Démocrates (LD) of former president Boni Yayi and the Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), a so-called "moderate" opposition party. However, only the URP, the BR, and the FCBE are participating in the municipal elections. The LD's candidate lists were deemed inadmissible by the Constitutional Court, meaning that the party will also not be participating in the presidential election, following its disqualification for lack of sponsorship.
Le torchon brûle à nouveau entre le Bénin et le Niger. Alors que les relations entre les deux pays voisins se sont dégradées crescendo depuis l’arrivée au pouvoir du général Abdourahmane Tiani en 2023, suite au renversement de l’ex-président Mohamed Bazoum, la discorde avait semblé faire montre d’une relative accalmie au cours de ces derniers mois. Ceci jusqu’au début de l’année où les deux pays ont mutuellement expulsé des diplomates. Après que Cotonou ait expulsé le 1er janvier deux fonctionnaires – un agent de police et un fonctionnaire des services nigériens - de l’ambassade nigérienne, Niamey a rendu la pareille en déclarant persona non grata le chargé d'affaires béninois. Les autorités béninoises n’ont pas officiellement communiqué sur cette décision. Pour rappel, Cotonou avait rappelé son ambassadeur en février 2025. Cette nouvelle friction entre les deux pays intervient dans le sillage du putsch manqué au Bénin, où le gouvernement avait, par ailleurs, fustigé l’implication de « politiciens béninois nostalgiques » et de soutiens étrangers. De son côté, le général Tiani n’a pas arrêté d’accuser le Bénin d’abriter une base française dans le but de déstabiliser le Niger.
Ouverture du chapitre électoral
Cette année, les Béninois seront appelés aux urnes pour les élections législatives, communales et la présidentielle. Le 11 janvier, les scrutins pour les législatives et communales ont eu lieu. Les députés seront désormais élus pour un mandat de 7 ans – au lieu de 5 ans précédemment – depuis la révision de la Constitution de novembre 2025. Cinq partis sont en lice pour les 109 sièges : l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), le Bloc républicain (BR) et Moele Bénin. Puis, on note le parti d’opposition Les Démocrates (LD) de l’ex-président Boni Yayi et les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), parti d’opposition dite « modérée ». Par contre, pour les communales, seuls l’URP, le BR et le FCBE participent. Les listes de candidature de LD ont été jugées irrecevables par la Cour constitutionnelle, sachant que le parti ne sera également pas de la partie à la présidentielle, suite à une disqualification pour défauts de parrainage.
Source : Météo Sahel Janvier 2026
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En ce début d'année, l'actualité au Togo a été marquée par la libération de Steeve Rouyar, de nationalité française, après huit mois de prison. Il est rentré chez lui le 1er janvier dernier, après avoir été accusé d'atteinte à la sûreté de l'État lors d'une grande manifestation à Lomé contre la hausse du prix de l'électricité, l'arrestation de voix critiques et la nouvelle Constitution supprimant la limitation des mandats présidentiels. Cette libération intervient alors que 1 511 détenus ont été graciés par les autorités togolaises. Le Quai d’Orsay, de son côté, n’a pas souhaité se prononcer sur le fond de l’affaire, la qualifiant d’« affaire judiciaire individuelle ». Dans le même temps, Kpatcha Gnassingbé, demi-frère de l’actuel président du Conseil et ancien ministre de la Défense, a également été libéré de prison après 16 années de détention pour atteinte à la sûreté de l’État.
Ces détenus graciés s’inscrivent dans le cadre d’un processus d'apaisement social et de désengorgement des établissements pénitentiaires au Togo, et non dans celui de l'impunité, selon les autorités étatiques. Selon le président du Conseil, Faure Gnassingbé, « il ne s'agit ni d'impunité, ni de faiblesse face à des crimes graves. Il s'agit plutôt d'éviter que des erreurs ou des moments d'égarement ne deviennent des destins brisés. Il s'agit surtout de permettre à notre pays de regarder vers l'avenir ». Lors de son adresse traditionnelle à la nation en fin d’année, il a fixé trois priorités principales : « Protéger, rassembler, transformer ». Il a également profité de l’occasion pour revenir sur les réformes de la Ve République, qui visent à refonder durablement la gouvernance politique et institutionnelle du pays.
Timbuktu Institute January 2026
At the beginning of this year, the news in Togo was marked by the release of Steeve Rouyar, a French national, after eight months in prison. He returned home on January 1, after being accused of threatening state security during a large demonstration in Lomé against rising electricity prices, the arrest of critics, and the new constitution removing presidential term limits. This release comes as 1,511 prisoners have been pardoned by the Togolese authorities. The French Foreign Ministry, for its part, declined to comment on the merits of the case, describing it as an "individual legal matter." At the same time, Kpatcha Gnassingbé, half-brother of the current president of the Council and former defense minister, was also released from prison after 16 years of detention for undermining state security.
According to state authorities, these pardoned prisoners are part of a process of social appeasement and prison decongestion in Togo, and not a process of impunity. According to the President of the Council, Faure Gnassingbé, "this is neither impunity nor weakness in the face of serious crimes. Rather, it is about preventing mistakes or moments of misjudgment from becoming broken destinies. Above all, it is about allowing our country to look to the future." In his traditional end-of-year address to the nation, he set out three main priorities: "Protect, unite, transform." He also took the opportunity to revisit the reforms of the Fifth Republic, which aim to sustainably rebuild the country's political and institutional governance.
Source : Sahel weather January 2026
Source : Météo Sahel Janvier 2026
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Lors de son discours du Nouvel An, le Président ivoirien a appelé à « la consolidation de la paix et de la sécurité, au renforcement de la cohésion nationale et à la poursuite résolue de notre marche vers le développement, dans un esprit de solidarité active envers les couches les plus vulnérables ». Ainsi, le Chef de l’État, réélu pour un quatrième mandat, réaffirme son engagement à poursuivre la construction du pays et invite les Ivoiriens à ce qu'il appelle le « nouveau contrat social » qui les lie. Dans un contexte régional instable, il a profité de ce moment solennel pour annoncer que la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme serait intensifiée, afin que le pays demeure un modèle de transparence et de bonne gouvernance en Afrique. Lors de sa prestation de serment en décembre dernier, il avait dressé un tableau sombre de l'environnement régional, assez fragile. Selon lui, « les menaces terroristes persistent, se transforment, se numérisent. Le cyberterrorisme, en particulier, nous impose une vigilance de chaque instant. » La Côte d'Ivoire est confrontée, comme la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest, à des défis politico-sécuritaires de plus en plus complexes et exigeants.
Cette semaine a été marquée par la période post-électorale en Côte d’Ivoire, avec des législatives qui se sont soldées par une victoire écrasante du RHDP. Selon les résultats provisoires, le parti au pouvoir est largement en tête avec 197 sièges sur les 255 en jeu. Le contentieux électoral a ensuite été ouvert jusqu’au 5 janvier pour permettre aux formations politiques de déposer des recours en cas de désaccord. Le communiqué précise que « conformément à l'article 101 du code électoral, le Conseil constitutionnel informe les candidats qu'ils disposent d'un délai de cinq jours à compter de cette proclamation pour présenter leurs réclamations ou observations en dix exemplaires originaux ». Pour rappel, des informations font état de l'arrestation de 15 jeunes dans la région de Tonkpi, qui ont été acheminés vers le procureur de la République. Une procédure judiciaire a ensuite été ouverte pour détention de cartes d'électeurs ; onze d'entre eux ont été relaxés et les quatre autres comparaîtront devant le tribunal le 6 janvier. De son côté, l'opposition continue de mener le combat pour le renforcement de la démocratie et contre les dérives du pouvoir. Réunis le 3 janvier dernier dans leur siège, les membres du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (Ppa-Ci) ont réaffirmé leur volonté de poursuivre la lutte contre le quatrième mandat et pour la libération des prisonniers d'opinion. Ils envisagent également de réorganiser leur parti afin de se préparer au mieux pour les prochaines échéances électorales.
Pendant ce temps, l’actualité politique ivoirienne a connu un rebondissement qui a fait couler beaucoup d’encre. Il s'agit de la démission du gouvernement, survenue après les deux grandes élections qui se sont déroulées en Côte d'Ivoire et qui ont vu la victoire éclatante du parti au pouvoir. Mercredi 7 janvier, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a démissionné avec l’ensemble de son gouvernement, qui assurera l’intérim jusqu’au prochain remaniement. Après deux ans à la tête de la primature, Robert quitte le gouvernement.
Timbuktu Institute January 2026
In his New Year's speech, the Ivorian president called for "the consolidation of peace and security, the strengthening of national cohesion, and the resolute pursuit of our march toward development, in a spirit of active solidarity with the most vulnerable segments of society." The head of state, re-elected for a fourth term, thus reaffirmed his commitment to continuing to build the country and invited Ivorians to embrace what he called the "new social contract" that binds them together. In an unstable regional context, he took advantage of this solemn moment to announce that the fight against money laundering and terrorist financing would be intensified, so that the country remains a model of transparency and good governance in Africa. During his swearing-in ceremony last December, he painted a bleak picture of the fragile regional environment. According to him, "terrorist threats persist, transform, and become digital. Cyberterrorism, in particular, requires us to be vigilant at all times." Like most West African countries, Côte d'Ivoire faces increasingly complex and demanding political and security challenges.
This week was marked by the post-election period in Côte d'Ivoire, with legislative elections that resulted in a landslide victory for the RHDP. According to provisional results, the ruling party is well ahead with 197 of the 255 seats at stake. The electoral dispute was then opened until January 5 to allow political parties to file appeals in case of disagreement. The statement specifies that "in accordance with Article 101 of the Electoral Code, the Constitutional Council informs candidates that they have five days from the date of this announcement to submit their complaints or observations in ten original copies." As a reminder, reports indicate that 15 young people were arrested in the Tonkpi region and brought before the public prosecutor. Legal proceedings were then initiated for possession of voter cards; eleven of them were released and the other four will appear in court on January 6. For its part, the opposition continues to fight for the strengthening of democracy and against abuses of power. Meeting on January 3 at their headquarters, members of the African People's Party-Côte d'Ivoire (Ppa-Ci) reaffirmed their determination to continue the fight against a fourth term and for the release of prisoners of conscience. They also plan to reorganize their party in order to be better prepared for the upcoming elections.
Meanwhile, there has been a major development in Ivorian politics that has attracted a lot of attention. This is the resignation of the government, which came after two major elections in Côte d'Ivoire that saw a resounding victory for the ruling party. On Wednesday, January 7, Prime Minister Robert Beugré Mambé resigned along with his entire government, which will remain in office until the next reshuffle. After two years at the head of the prime minister's office, Robert is leaving the government.
Source : Sahel weather January 2026
الدكتور باكاري سامب، رئيس ومؤسس معهد تمبكتو – المركز الأفريقي لدراسات السلام، دكار – السنغال
لم تعد الرياضة في المملكة المغربية مجرد أهداف تُسجل في الملاعب، بل تحولت إلى أداة ديبلوماسية ناعمة تعكس رؤية استراتيجية بعيدة المدى. إن احتضان المغرب لكأس أمم أفريقيا ليس مجرد حدث عابر، بل هو التجسيد الحي لمفهوم “المغرب الأفريقي” الذي نظّر له الباحث “باكاري سامبي” في مؤلفه الأخير لعام 2024. هذا المفهوم الذي يتجاوز الانتماء الجغرافي ليصل إلى عقيدة سياسية واقتصادية متكاملة
الخيار الأفريقي الذي لا رجعة فيه
لقد رسم صاحب الجلالة الملك محمد السادس معالم طريق واضحة منذ سنوات، توجت بما أسماه جلالته “الخيار الأفريقي لا رجعة فيه”. هذا التوجه لم يكن شعاراً، بل تُرجم إلى شراكات “رابح-رابح”، واستثمارات ضخمة، وحضور ديبلوماسي قوي جعل من الرباط رقماً صعباً في المعادلة القارية. اليوم، تبرز كأس أمم أفريقيا كمنصة لاستعراض هذا النفوذ المتنامي، حيث تحول المغرب إلى “ملتقى طرق” للديبلوماسية الرياضية، معززاً علاقاته مع أشقائه في القارة عبر جسور الثقة والتعاون
من كان 2025 إلى حلم مونديال 2030
إن النجاح المرتقب في تنظيم العرس الأفريقي ليس غاية في حد ذاته، بل هو رسالة طمأنة للعالم حول قدرات القارة السمراء. المغرب، عبر بنيته التحتية العالمية (المطارات، الملاعب، والقطار فائق السرعة)، يقدم الدليل القاطع على أن أفريقيا قادرة على رفع التحديات الكبرى. هذا النجاح التنظيمي هو التمهيد الطبيعي والمنطقي للتحدي الأكبر: التنظيم المشترك لكأس العالم 2030
لقد أثبت المغرب أن الطموح الذي يقوده جلالة الملك لا يحدُّه سقف، وأن المملكة هي “النموذج” الذي يحتذى به في تحويل الرؤية الملكية إلى واقع ملموس، واضعاً القارة بأكملها تحت أضواء التميز العالمي
المغرب كقوة جسر (Bridge Power)
تتجلى عبقرية الرؤية المغربية في تكريس مكانة المملكة كـ “قوة جسر” (Bridge Power) فهي تترسخ في هويتها الأفريقية الأصيلة، وفي الوقت ذاته تفتح ذراعيها لأوروبا وبقية العالم. إن تنظيم المغرب لهذه المحافل الكبرى يكرس صورته كصلة وصل استراتيجية بين القارات، ومحركاً للتنمية المشتركة
إنها “الأفريقانية الواعية والمتحملة لمسؤولياتها” التي تجعل من المغرب فخوراً بانتمائه، طموحاً في ريادته، ومنفتحاً على محيطه الدولي. لقد تحول الحدث الرياضي بفضل القيادة الملكية الرشيدة إلى إعادة تأكيد على أن المغرب ليس فقط في أفريقيا، بل إن أفريقيا في قلب المغرب، وأن مستقبل القارة يُكتب اليوم بأيدٍ مغربية تؤمن بقدرات الإنسان الأفريقي
Timbuktu Institute January 2026
In Burkina Faso, the news reported a major security alert on the night of January 3 to 4 in Ouagadougou and Bobo-Dioulasso. According to the authorities, this was an attempted coup against the transitional president. Several soldiers were arrested and population movements were observed in both cities. Calls for rallies were issued by supporters of the regime to counter this attempted coup. Once again, Lieutenant Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, exiled in Togo, is cited as one of the masterminds behind this affair. In any case, the alleged accomplices cited in this affair have presented him as the main instigator from his place of exile. According to them, he was behind this plan, which targeted the transitional authorities and involved the mobilization of resources transiting through Abidjan.
When questioned by the military authorities, Captain Prosper Couldiaty, who was arrested during this large-scale operation targeting the institutions of the Republic, did not deny the facts. He admitted to receiving five million CFA francs to take part in this attempted coup. He also implicated the former lieutenant colonel who had recently contacted him and, during his testimony, asked for clemency from the President of Burkina Faso, Captain Ibrahima Traoré, the Burkinabe people, and his military superiors. According to the Burkinabe government, the situation is under control. In his address to the nation, Captain Traoré emphasized that he would continue to strengthen the army's forces in order to intensify the fight against terrorists. According to him, "several operations have taken place in the theater of operations. We note in particular a daring operation launched two months ago, called 'Lalmasga', which means 'wall of ice' in English."
Source : Sahel weather January 2026
Source : Météo Sahel Janvier 2026
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Au Burkina Faso, l’actualité a fait état d’une importante alerte sécuritaire dans la nuit du 3 au 4 janvier, à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Il s'agirait en effet, d’après les autorités, d'une tentative de coup d'État contre le Président de la transition. Plusieurs militaires ont été arrêtés et des déplacements de population ont été observés dans les deux villes. Des appels au rassemblement ont été lancés par les soutiens du régime pour faire face à cette tentative de putsch. Une fois de plus, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, exilé au Togo, est cité comme faisant partie des cerveaux de cette affaire. En tout état de cause, les présumés complices cités dans cette affaire l’ont présenté comme l’instigateur principal depuis son lieu d’exil. Selon eux, il serait à l'origine de ce plan qui visait les autorités de la transition et qui prévoyait la mobilisation de ressources transitant par Abidjan.
Interrogé par les autorités militaires, le capitaine Prosper Couldiaty, interpellé lors de cette vaste opération visant des institutions de la République, n'a pas nié les faits. Il a reconnu avoir reçu la somme de cinq millions de francs CFA pour prendre part à cette tentative de coup de force. Il a également impliqué l’ex-lieutenant-colonel qui l’aurait contacté récemment, et a sollicité la clémence du Président du Faso, le capitaine Ibrahima Traoré, de la population burkinabè et de sa hiérarchie militaire au cours de sa déposition. Selon le gouvernement burkinabè, la situation est sous contrôle. Dans son allocution à la nation, le capitaine Traoré a tenu à rappeler qu’il poursuivrait sans relâche le renforcement des effectifs de l’armée afin d'intensifier la lutte contre les terroristes. Selon lui, « plusieurs opérations ont eu lieu sur le théâtre des opérations. Nous retenons principalement une opération audacieuse lancée il y a deux mois, baptisée “Lalmasga”, ce qui signifie “mur de glace” en français. »
الدكتور باكاري سامب
عدتُ للتو من الدوحة، حيث شاركت في “منتدى قطر للوساطة”، محملًا بقناعة راسخة: إن الجمود الذي يخيّم على منطقة الساحل الأفريقي يتطلب لغة جديدة وشجاعة ديبلوماسية تتجاوز الخيارات العسكرية الصرفة. ففي أروقة المنتدى، كان هناك إجماع لافت بين الخبراء الدوليين وصناع القرار على ضرورة فتح قنوات تفاوضية مع الجماعات المسلحة في منطقة الساحل، كضرورة حتمية تفرضها حقائق الميدان وتجارب التاريخ
القيمة المضافة للدبلوماسية القطرية: الشرعية والخبرة
لا يمكن الحديث عن الوساطة اليوم دون التوقف عند “النموذج القطري”. فدولة قطر لم تعد مجرد ميسّر للحوار، بل أصبحت قطبًا دوليًا في الدبلوماسية الوقائية. وتستمد الدوحة قوتها في هذا المجال من ركيزتين أساسيتين
الشرعية الثقافية والدينية: بصفتها دولة ذات ثقافة إسلامية عريقة، تحظى قطر باحترام وتقدير كبيرين لدى مختلف الأطراف في العالم الإسلامي، مما يمنحها قدرة على نيل الثقة في بيئات معقدة مثل منطقة الساحل، حيث تلعب الهوية والدين أدوارًا محورية
المؤسساتية والاحترافية: يبرز هنا الدور القطري الريادي في تحويل النزاعات إلى فرص للسلام، من خلال تحليل جذور الأزمات وتقديم حلول مبتكرة تجمع بين العمل الإنساني والوساطة السياسية
يبرز هنا دور مركز دراسات النزاع والعمل الإنساني (CHS
من الكونغو إلى الساحل الدروس المستفادة
إن النجاحات التي حققتها قطر في ملفات شائكة، سواء في جمهورية الكونغو الديمقراطية أو في مناطق أخرى من العالم، تثبت أن “الصبر الاستراتيجي” هو مفتاح الحل. لقد أظهرت الدوحة قدرة فائقة على جمع الأضداد على طاولة واحدة، وهو ما نحتاجه اليوم في الساحل
لقد علمتنا تجارب النزاعات المسلحة الطويلة أن الدول لا تستطيع القضاء نهائيًا على الجماعات المسلحة عسكريًا، كما أن هذه الجماعات لا يمكنها إسقاط الدول كليًا. نحن اليوم أمام حالة من “النضج المتأزم” للصراع، حيث أصبح الحوار والوساطة هما المساران الأكثر واقعية لتجنب استنزاف الشعوب والمقدرات
نداء من أجل السلم في الساحل
إننا من منبر “معهد تمبكتو”، ومن وحي نقاشات الدوحة، نوجه نداءً عاجلاً إلى دول الساحل وشركائها الدوليين بضرورة تشجيع التسوية السلمية للنزاعات. إن المراهنة على الحل الأمني البحت أثبتت محدوديتها، والواقع يفرض علينا اليوم استكشاف مسارات التفاوض
إن منطقة الساحل يمكنها الاستفادة بشكل كبير من الخبرة القطرية، ليس فقط كجهة مانحة، بل كشريك استراتيجي يمتلك أدوات الوساطة الناعمة والقبول لدى جميع الأطراف ، إن الوقت قد حان لاستبدال
لغة الرصاص بمنطق التفاوض، فالسلام لا يصنعه إلا الشجعان الذين يجرؤون على الجلوس مع خصومهم من أجل مستقبل الأجيال القادمة
الرئيس المؤسس لمعهد تمبكتو- المركز الأفريقي لدراسات السلام
Même si le Sénégal hérite du poste de président de la Commission de la Cedeao, il reste à choisir celui qui va remplacer le Gambien Omar Alieu Touray à Abuja. Interrogé sur le profil de celui qui doit être désigné par l’État du Sénégal, Bakary Sambe, président du Timbuktu Institute, affirme que « le profil idéal du futur président de la Commission de la Cedeao à désigner par le Sénégal devrait allier expertise économique pointue, jeunesse dynamique et expérience en diplomatie inclusive, reflétant ainsi les priorités de la présidence sénégalaise qui devrait expérimenter un renouveau pour l’organisation sous-régionale ».
Il est d’avis que « pendant ce mandat (2026-2030), la question brûlante de l'union monétaire, avec la possible finalisation de l'Eco et la convergence budgétaire, exigera un leader doté d'une solide connaissance en finances régionales, intégration économique et gouvernance, idéalement issu d'institutions financières régionales ou internationales pour piloter des réformes ambitieuses sans accentuer les disparités entre États ». D’après M. Sambe, « la jeunesse comme critère clé répondrait à la demande pressante des jeunes ouest-africains pour une ‘‘Cedeao des peuples’’ ». À son avis, « un candidat représentant la nouvelle génération incarnée et symbolisée d’ailleurs par le président Bassirou Diomaye Faye pourrait catalyser la modernisation de l'organisation », a insisté l’enseignant-*chercheur à l’Ugb. Enfin, le futur président doit aussi, selon lui, « appliquer les principes de dialogue inclusif pour une médiation immédiate : missions de bons offices impliquant la société civile et les autorités traditionnelles afin de restaurer la confiance et prévenir les escalades ».
Source : Le Soleil
L’attribution de la présidence de la Commission de la Cedeao au Sénégal est une victoire diplomatique pour l’État, d’après des observateurs. Cependant, cette première pour le Sénégal implique des défis à relever, d’autant plus que l’organisation fait face à beaucoup de difficultés.
Le poste de président de la Commission de la Cedeao a été attribué au Sénégal, le 14 décembre 2025, en marge de la 68e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement tenue à Abuja, au Nigeria. Une première depuis la création de l’organisation sous-régionale en 1975. Dès lors, le Dr Bakary Sambe, président de Timbuktu Institute-African center for peace studies, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Ugb) et spécialiste des questions diplomatiques, de médiation et de résolution de conflits, estime qu’il est clair
« que la désignation du Sénégal à la tête de la Commission représente indéniablement une victoire diplomatique majeure pour Dakar ».
Pour lui, cela témoigne de la confiance renouvelée que les États membres accordent au Sénégal comme pilier de stabilité et de modération au sein de l’organisation, dans un contexte ouest africain marqué par des turbulences politiques et sécuritaires.
« Cette élection, obtenue par consensus lors d’une session extraordinaire dédiée à la réforme institutionnelle, consacre le leadership du président Bassirou Diomaye Faye – élu en 2024 et représentant une nouvelle génération de dirigeants africains – axé sur l’innovation, la jeunesse et l’inclusion »,
a répondu Bakary Sambe interrogé par « Le Soleil ».
Abondant dans le même sens, Aldiouma Sow, ministre conseiller du président de la République, chargé de coordonner le Pôle « politique, société civile et syndicats » dans le cabinet du chef de l’État, pense que « l’accession du Sénégal à la tête de la Commission de la Cedeao pour un mandat de quatre ans, après 50 ans de présence, est un succès diplomatique et politique majeur, soulignant ainsi le retour du pays au cœur du pouvoir décisionnel régional, sous l’impulsion du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye ».
Le membre du Bureau politique (Bp) de Pastef ajoute aussi que « ce succès n’est pas fortuit, mais la résultante d’efforts diplomatiques intenses déployés par le chef de l’État dès son arrivée à la magistrature suprême pour la stabilité et la prospérité sous-régionale ». Cependant, Bakary Sambe fait remarquer que cette présidence arrive à point nommé pour repositionner la Cedeao comme un espace de dialogue inclusif, plutôt que de confrontation, et sera le moment de relever beaucoup de défis.
« Pour réussir cette présidence dans un contexte de fragmentation régionale exacerbé par le retrait effectif des pays de l’Aes (Mali, Burkina Faso et Niger), en janvier 2025, le Sénégal doit s’appuyer sur les orientations cardinales de sa diplomatie : la modération, la recherche de solutions pacifiques et le dialogue inclusif »,
préconise le spécialiste des questions régionales.
Pour ce dernier, ces principes, ancrés dans la tradition sénégalaise depuis l’ère Senghor et qui pourraient être renforcés par le leadership jeune et dynamique du président Faye, positionnent Dakar comme un médiateur légitime capable de transcender les clivages. M. Sambe poursuit que
« le Sénégal devrait prioriser une approche pragmatique et dépolitisée des enjeux sécuritaires en découplant les questions militaires des différends diplomatiques ».
Le président de Timbuktu Institute reste convaincu « que la seule passerelle immédiatement opérationnelle consiste à découpler totalement les questions sécuritaires des débats politiques et des velléités diplomatiques qui polarisent la région ». Concrètement, dit-il, « cela impliquerait, peut-être, d’initier, dès le premier semestre 2026, des canaux techniques exclusifs entre les états-majors de la région pour le partage de renseignements et les opérations transfrontalières, inspirés des modèles réussis ».
Sourec : Le soleil
Timbuktu Institute – December 2025
The recent kidnappings of foreigners and the substantial ransom of $50 to $70 million reportedly paid to JNIM to secure the release of two Emiratis and one Iranian have reignited questions about the security of investments and even the viability of economic sites in the Sahel region. This phenomenon certainly accentuates the effects of the strategy of economic suffocation, but it also internationalises the echo of an economic “jihad” that also seems to be part of an effort to weaken the military regimes in place. The offensive by Jamâ'at Nasrat al-Islâm wal Muslimîn (JNIM) is inflicting increasing economic damage on foreign interests, turning foreign investors and companies into strategic targets of a hybrid and endemic threat. Attacks now directly target economic infrastructure, mining sites and logistics convoys, with the strategic objective of suffocating local economies and delegitimising the regimes in place. In 2025, JNIM intensified its operations against foreign targets, demonstrating at the same time a growing ability to strike on several fronts simultaneously.
Several raids were carried out in the gold-mining region of Kayes. On 1 July, three Indian nationals were kidnapped from the Diamond Cement Factory, prompting an immediate response from the Indian Ministry of Foreign Affairs. Between late July and August, six Chinese industrial sites, mainly gold mines, were attacked, resulting in the kidnapping of Chinese nationals. Beijing is said to have demanded that the Malian authorities improve security for projects in this area. On 22 August, the Bougouni lithium mine in Mali, operated by the British company Kodal Minerals, was targeted, killing a security guard and forcing a tightening of security measures. This escalation reflects a sophisticated strategy: beyond direct attacks on industrial sites, JNIM disrupts logistics chains through blockades and ambushes on convoys, compromising the exploitation of strategic resources such as gold, uranium and lithium. Such actions affect various foreign investors – Chinese, Western, Indian, Russian – regardless of their origin, despite the diplomatic shift towards non-Western partners (China, Russia, Turkey).
This repositioning has not made it possible to secure the economic sites where the new partners are active, exacerbating the persistent vulnerability of extractive and infrastructure projects. The economic impacts are multiple and interconnected. In the short term, operational disruptions lead to production stoppages, additional security costs and direct losses of resources. In the longer term, insecurity risks creating a major deterrent effect: foreign companies are reluctant to maintain or increase their investments in high-risk areas, with the risk of a drastic fall in foreign direct investment flows. At the same time, JNIM skilfully exploits local grievances by labelling foreign investors as ‘economic colonisers’ and accusing their projects of exploiting resources without benefiting the local population. This rhetoric, amplified by the terrorist group's propaganda, strengthens its community roots while delegitimising regimes and their new partners.
Beyond the human and material losses, the strategic consequences are serious: increased risk of insecurity spreading to coastal countries, threats to regional trade corridors, and the erosion of foreign investors' soft power. Faced with this hybrid threat, foreign companies and investors must necessarily adapt their strategies. Ultimately, the JNIM offensive does not target foreign interests per se, but uses them as leverage to strangle economies, weaken existing regimes and consolidate its territorial control. Without a coordinated and sustained response, this dynamic risks triggering massive disinvestment, regional economic contraction and increased instability, with lasting repercussions for stability in the Sahel and beyond.
See also the report on "JNIM Offensive : Between “Economic Jihad” and the Threat to Foreign Interests"