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Timbuktu Institute Week 1 - March 2026
Explosions heard near the presidential palace in Ouagadougou on the night of 28 February to 1 March 2026 have reignited questions about the internal cohesion of the military regime led by Captain Ibrahim Traoré. Between suspicions of dissent within the army, security communications surrounding anti-terrorist operations, the political reorientation of 8 March and the circulation of false information about the Alliance of Sahel States, these events testify to the many military, political and informational challenges facing the Burkinabe transition.
Night-time incident at the presidential palace: divisions within the junta?
During the night of 28 February to 1 March 2026, explosions were heard near the presidential palace in Ouagadougou. This situation triggered a wave of alerts among supporters of Captain Ibrahim Traoré's military regime. However, the government ruled out the possibility of a coup attempt. According to one source, ‘it all started with a shot fired at a vehicle in which flammable products were stored.’ Other corroborating sources suggest that this reflects internal tensions among the military regarding the management of the security situation, as officers summoned to Ouagadougou did not respond to the call. This defiance of hierarchical authority is a sign of dissent within the army, against a backdrop of growing jihadist pressure. The lack of communication from the presidency is adding to the uncertainty and fuelling speculation.
February military report: 100 ‘terrorists’ neutralised
Meanwhile, the country continues to make the fight against terrorism and the reconquest of territory an absolute priority. According to the authorities, significant progress has been made by the military this month. In this context, Colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, spokesperson for the Burkinabe Armed Forces, announced the neutralisation of at least 100 combatants during February 2026. The army also claims to have recaptured towns abandoned since 2019, such as Tongomayel, Béléhédé and Pobé-Mengao, located in the north of the country. Troops have been deployed to certain strategic areas in order to better secure the country against the terrorist threat. ‘Newly formed units have been successfully deployed in the field thanks to Burkinabe taxpayers,’ Colonel Ouédraogo said on Burkina Radio and Television (RTB). Similarly, the promotion of new artillery acquisitions and the increase in troop numbers is intended to counteract the persistent feeling of insecurity. The recapture of historically lost localities is politically significant, but its sustainability remains to be seen without collaboration with local populations and administrations.
Reorientation of 8 March: manipulation or real reform?
On another note, the Minister of Family and Solidarity, Pélagie Kaboré, announced that International Women's Day would no longer be marked by festive celebrations. The entire month of March will be devoted to concrete actions in the 17 regions, focusing on the economic empowerment of women. This symbolic reform is in line with the rhetoric of breaking with previous practices, promoted by the Traoré transition. While the goal of economic empowerment is laudable, the political instrumentalisation of 8 March for government communication purposes deserves to be questioned, especially since accompanying measures have not yet been put in place to ensure monitoring and evaluation.
False AES communiqué on the war in Iran
The Burkinabe communication services have denied the authenticity of a communiqué attributed to the Confederation of Sahel States and widely circulated on social media. This document, which bears the AES seal and the supposed signature of Captain Traoré, claims that an attack on an allied state, referring to Iran, would be perceived as a direct attack on the organisation's interests. This fake communiqué capitalises on the sovereignist positions and proven diplomatic and military rapprochement between the AES and Iran. The rapprochement between Ouagadougou and Tehran is indeed proven: as mentioned in the previous issue, the Burkinabe Minister of Defence was received in Tehran to discuss a military partnership. In this context, the fight against disinformation is all the more complex for the regime, as it must navigate between its declared alliances and the control of its international image.
Timbuktu Institute Semaine 1 - Mars 2026
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Des détonations entendues près de la présidence de Ouagadougou dans la nuit du 28 février au 1er mars 2026 ont ravivé les interrogations sur la cohésion interne du régime militaire dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré. Entre soupçons de dissensions au sein de l'armée, communication sécuritaire autour des opérations antiterroristes, réorientation politique du 8 mars et circulation de fausses informations sur l'Alliance des États du Sahel, ces événements témoignent des nombreux défis militaires, politiques et informationnels auxquels la transition burkinabè est confrontée.
Incident nocturne à la présidence : fractures au sein de la junte ?
Dans la nuit du 28 février au 1er mars 2026, des détonations ont été entendues près de la présidence à Ouagadougou. Cette situation a déclenché une vague d'alertes parmi les partisans du régime militaire du capitaine Ibrahim Traoré. Du côté du pouvoir, l'hypothèse d'une tentative de coup d'État a toutefois été écartée. Selon une source, « tout serait parti d'un tir sur un véhicule dans lequel étaient entreposés des produits inflammables ». D'autres sources concordantes suggèrent qu'il s'agirait d'un reflet de tensions internes entre militaires concernant la gestion de la situation sécuritaire, alors que des officiers convoqués à Ouagadougou n'ont pas répondu à l'appel. Cette défiance à l'égard de l'autorité hiérarchique est le signe de dissensions au sein de l'armée, dans un contexte de pression djihadiste croissante. Le manque de communication de la présidence accentue le flou et alimente les spéculations.
Bilan militaire de février : 100 « terroristes » neutralisés
Pendant ce temps, le pays continue de faire de la lutte contre le terrorisme et de la reconquête du territoire une priorité absolue. Selon les autorités, d'importants progrès ont été réalisés par les militaires ce mois-ci. Dans ce contexte, le colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, porte-parole des Forces armées burkinabè, a annoncé la neutralisation d'au moins 100 combattants au cours du mois de février 2026. L'armée revendique également la reconquête de localités abandonnées depuis 2019, telles que Tongomayel, Béléhédé et Pobé-Mengao, situées dans le nord du pays. Des déploiements de terrain ont ainsi été effectués dans certaines zones stratégiques afin de mieux sécuriser le pays face à la menace terroriste. « Des unités récemment constituées ont été projetées avec brio sur le terrain grâce aux contribuables burkinabè », a déclaré le colonel Ouédraogo sur les ondes de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB). De même, la mise en avant de nouvelles acquisitions d'artillerie et de la montée en puissance des effectifs vise à contrebalancer le sentiment d'insécurité persistant. La reconquête de localités historiquement perdues est politiquement significative, mais sa durabilité reste à démontrer sans une collaboration avec les populations et l’administration au niveau local.
Réorientation du 8 mars : instrumentalisation ou réforme réelle ?
Dans un autre registre, la ministre de la Famille et de la Solidarité, Pélagie Kaboré, a annoncé que la Journée internationale des droits des femmes ne serait plus marquée par des célébrations festives. Tout le mois de mars sera consacré à des actions concrètes dans les 17 régions, axées sur l'autonomisation économique des femmes. Cette réforme symbolique s'inscrit ainsi dans la rhétorique de rupture avec les pratiques antérieures, portée par la transition Traoré. Si l'objectif d'autonomisation économique est louable, l'instrumentalisation politique du 8 mars à des fins de communication gouvernementale mérite d'être interrogée, d'autant que des mesures d'accompagnement n'ont pas encore été mises en place pour assurer le suivi et l'évaluation.
Faux communiqué de l'AES sur la guerre en Iran
Les services de communication burkinabè ont démenti l'authenticité d'un communiqué attribué à la Confédération des États du Sahel et largement diffusé sur les réseaux sociaux. Ce document, qui reproduit le sceau de l'AES et la signature supposée du capitaine Traoré, affirme qu'une attaque contre un État allié, en référence à l'Iran, serait perçue comme une atteinte directe aux intérêts de l'organisation. Ce faux communiqué capitalise sur les positions souverainistes et les rapprochements diplomatiques et militaires avérés entre l'AES et l'Iran. Le rapprochement entre Ouagadougou et Téhéran est effectivement avéré : comme mentionné dans le précédent numéro, le ministre burkinabè de la Défense a été reçu à Téhéran pour discuter d'un partenariat militaire. Dans ce contexte, la lutte contre la désinformation est d'autant plus complexe pour le régime que celui-ci doit naviguer entre ses alliances affichées et la maîtrise de son image internationale.
Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026
Patricia Llombart Cussac's analysis goes beyond diplomatic courtesy; she highlights Senegal's unique position as the ‘last bastion’ of institutional stability in the face of the rise of transitional regimes in the Sahel. For the European Union, maintaining Senegal as a privileged partner is a strategic necessity. This explains the massive support for the new regime's food and energy sovereignty projects, seen as an opportunity to demonstrate that a democratic transition can meet the aspirations of young people without breaking with the constitutional order.
The Dakar-Conakry security pivot: a response to the regional ‘vacuum’
The ratification of the defence agreement with Guinea by Senegalese MPs marks a turning point. With regional organisations such as ECOWAS weakened, Senegal is favouring strong bilateral agreements with its direct neighbours. The challenge is twofold: to prevent instability in the Sahel from ‘spilling over’ to the south and to secure areas where resources are shared. This Dakar-Conakry axis is becoming a new pole of stability, independent of traditional multilateral structures, for managing asymmetric threats along the borders.
Gold mining in Kédougou: the battle for resource sovereignty
The dismantling of illegal sites in Kédougou is not just a simple police operation, it is an act of regaining economic control. Illegal gold mining is often linked to hidden financing networks and causes ecological disasters (mercury pollution). By cracking down on these sites, the Senegalese state is seeking to formalise the mining sector so that it truly benefits the public treasury, while drying up potential sources of financing for armed groups operating in border areas.
Pastef's ‘Ndogou’: the delicate balance between party and state
The revelations about this meeting at the Palace illustrate the challenge of the ‘rupture’ advocated by Bassirou Diomaye Faye. This moment of religious and political communion serves to reassure Pastef leaders who fear a dilution of the party's ideology in the technocratic management of the state. This is where the cohesion of the majority is at stake: how to remain a fighting party while assuming the burdens and compromises of power. These ‘ndogous’ are in fact political seminars of great importance for maintaining discipline within the ranks.
Interpol offensive: migration from the perspective of organised crime
Senegal's involvement in this Interpol operation marks a paradigm shift. We no longer talk only about ‘migrants’, but about ‘victims of criminal networks’. By targeting the logistical infrastructure of traffickers (financiers, landlords, transporters), the aim is to break the economic model of irregular migration. For Senegal, it is also a way of showing its international partners that it is tackling the migration issue at the top, by attacking the mafia roots of the problem rather than just the individuals at sea.
Timbuktu Institute - Semaine 4 - Février 2026
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L'analyse de Patricia Llombart Cussac ne se limite pas à une courtoisie diplomatique ; elle souligne la position singulière du Sénégal comme "dernier bastion" de stabilité institutionnelle face à la montée des régimes de transition dans le Sahel. Pour l'Union Européenne, maintenir le Sénégal comme partenaire privilégié est une nécessité stratégique. Cela explique l'appui massif aux projets de souveraineté alimentaire et énergétique du nouveau régime, perçu comme une opportunité de démontrer qu'une transition démocratique peut répondre aux aspirations de la jeunesse sans rompre avec l'ordre constitutionnel.
Le pivot sécuritaire Dakar-Conakry : une réponse au "vide" régional
La ratification de l'accord de défense avec la Guinée par les députés sénégalais marque un tournant. Alors que les organisations régionales comme la CEDEAO sont fragilisées, le Sénégal privilégie des accords bilatéraux musclés avec ses voisins directs. L'enjeu est double : éviter que l'instabilité du Sahel ne "déborde" par le sud et sécuriser les zones de partage de ressources. Cet axe Dakar-Conakry devient un nouveau pôle de stabilité, indépendant des structures multilatérales traditionnelles, pour gérer les menaces asymétriques le long des frontières.
Orpaillage à Kédougou : la bataille pour la souveraineté des ressources
Le démantèlement des sites clandestins à Kédougou n'est pas qu'une simple opération de police, c'est un acte de reprise de contrôle économique. L'orpaillage illégal est souvent lié à des réseaux de financement occultes et cause des désastres écologiques (pollution au mercure). En frappant ces sites, l'État sénégalais cherche à formaliser le secteur minier pour qu'il profite réellement au Trésor public, tout en asséchant les potentielles sources de financement pour les groupes armés qui gravitent autour des zones frontalières.
Le "Ndogou" du Pastef : l'équilibre délicat entre parti et État
Les révélations sur cette rencontre au Palais illustrent le défi de la "rupture" prônée par Bassirou Diomaye Faye. Ce moment de communion religieuse et politique sert à rassurer les cadres du Pastef qui craignent une dilution de l'idéologie du parti dans la gestion technocratique de l'État. C'est ici que se joue la cohésion de la majorité : comment rester un parti de combat tout en assumant les lourdeurs et les compromis du pouvoir. Ces "ndogous" sont en réalité des séminaires politiques de haute importance pour maintenir la discipline dans les rangs.
Offensive d'Interpol : la migration sous l'angle de la criminalité organisée
L'implication du Sénégal dans cette opération d'Interpol montre un changement de paradigme. On ne parle plus seulement de "migrants", mais de "victimes de réseaux criminels". En ciblant les infrastructures logistiques des trafiquants (financiers, logeurs, transporteurs), l'objectif est de briser le modèle économique de la migration irrégulière. Pour le Sénégal, c'est aussi une manière de montrer à ses partenaires internationaux qu'il traite la question migratoire par le haut, en s'attaquant aux racines mafieuses du problème plutôt qu'aux seuls individus en mer.
Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026
Marwane Ben Yahmed takes a critical look at the actions of the military regimes in Mali, Burkina Faso and Niger. While these regimes have succeeded in establishing themselves through rhetoric about sovereignty and diplomatic breaks with the West, the author questions whether they have delivered on their initial promises, particularly in terms of overall security, economic stability and a return to constitutional order. The analysis highlights the ongoing challenge of transforming popular support linked to nationalist sentiment into tangible results for local populations.
Fight against trafficking: major drug seizure in Zinder
The Defence and Security Forces (FDS) carried out a spectacular operation in Damagaram Takaya, in the Zinder region, intercepting a large quantity of narcotics. This operation is part of a strategy to strengthen territorial surveillance and dismantle cross-border criminal networks that fuel instability in the region. Local authorities have praised the vigilance of the units on the ground in this fight against illicit trafficking.
Tradition and Spirituality: prayer for peace in Agadez
Faced with security and social challenges, the Sultan of Aïr mobilised the community of Agadez for a collective prayer dedicated to peace and national cohesion. This event highlights the central role of traditional and religious leaders in social mediation and strengthening unity in Niger. Beyond the spiritual dimension, this appeal aims to ease tensions and foster a climate of solidarity among the different components of Nigerien society.
Timbuktu Institute - Semaine 4 - Février 2026
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Marwane Ben Yahmed dresse un bilan critique de l'action des régimes militaires au Mali, au Burkina et au Niger. Si ces régimes ont réussi à s'imposer par une rhétorique de souveraineté et de rupture diplomatique avec l'Occident, l'auteur interroge la concrétisation de leurs promesses initiales, notamment sur le plan de la sécurité globale, de la stabilité économique et du retour à l'ordre constitutionnel. L'analyse souligne le défi persistant de transformer le soutien populaire lié au sentiment nationaliste en résultats tangibles pour les populations locales.
Lutte contre les trafics : saisie majeure de drogue à Zinder
Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont réalisé un coup d'éclat à Damagaram Takaya, dans la région de Zinder, en interceptant une importante quantité de produits stupéfiants. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de renforcement de la surveillance territoriale et de démantèlement des réseaux de criminalité transfrontalière qui alimentent l'instabilité dans la région. Les autorités locales ont salué la vigilance des unités sur le terrain dans cette lutte contre les trafics illicites.
Tradition et Spiritualité : prière pour la paix à Agadez
Face aux défis sécuritaires et sociaux, le Sultan de l’Aïr a mobilisé la communauté d'Agadez pour une prière collective dédiée à la paix et à la cohésion nationale. Cet événement souligne le rôle central des chefferies traditionnelles et religieuses dans la médiation sociale et le renforcement de l'unité au Niger. Au-delà de la dimension spirituelle, cet appel vise à apaiser les tensions et à favoriser un climat de solidarité entre les différentes composantes de la société nigérienne.
Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026
The Malian Armed Forces (FAMa) conducted a major air operation in the Yanfolila district,neutralising around 50 terrorists. This surgical strike, made possible by accurate intelligence, destroyed a major logistics base and recovered large quantities of weapons and ammunition. This action is part of a drive by the Malian army to regain the initiative in areas formerly considered sanctuaries for armed groups.
Two days after the initial strike, reports confirm the effectiveness of the intervention in the Bougouni region, highlighting that this operation is one of the most significant in recent months in the south of the country. Beyond the human losses inflicted on terrorist groups, the focus is on the destruction of their mobility capabilities through the elimination of dozens of motorcycles and vehicles. This victory strengthens the confidence of local populations in the Malian air force's ability to secure rural areas.
Diplomacy: Partnerships with China and Iran
On the international stage, Mali is stepping up its policy of diversifying its strategic partners through new initiatives with Beijing and Tehran. These diplomatic exchanges aim to consolidate cooperation in key areas such as defence, infrastructure and the economy, illustrating Bamako's desire to break free from traditional Western influences. This rapprochement with the powers of the ‘Global South’ is seen as an essential lever for ensuring the country's national sovereignty and technological development.
Opening up access via the Senegal River
The project to turn the Senegal River into a permanent waterway to the Atlantic Ocean represents a major hope for the Malian economy, which has traditionally been constrained by its lack of a coastline. This initiative aims to transform the river into a genuine logistics corridor, offering a sovereign alternative to the ports of neighbouring countries. Ultimately, this project should reduce freight transport costs and stimulate regional trade, positioning Mali as a strategic river hub in West Africa.
Successful new strikes in the north and securing of the Zantiébougou area in the centre
The Malian army has announced the success of two additional air operations, this time targeting terrorist positions in the northern and central regions. These preventive strikes destroyed armed groups that were planning attacks on convoys and civilian populations, confirming the FAMa's ability to monitor and strike simultaneously on several fronts. This aerial responsiveness is presented as the cornerstone of Mali's new defence doctrine to protect the integrity of its territory.
In addition to the air strikes, ground search operations were successfully carried out in the Zantiébougou area, resulting in the neutralisation of several armed elements. These ground operations aim to dislodge the remnants of terrorist groups attempting to disrupt traffic on strategic roads in the south. The objective is to guarantee the free movement of people and goods, while sending a strong message about the permanent presence of the state in these localities.
Tribute to the Russian model for the Sahel
The Malian Minister of Defence officially praised the commitment of the Russian ‘defenders of the motherland’, holding them up as a model of courage and patriotism for the forces of the Alliance of Sahel States (AES). This speech highlights the deep roots of military cooperation between Bamako and Moscow, which is seen as a reliable and effective partnership in the face of security challenges. This statement reaffirms Mali's ideological choice to draw inspiration from Russian resilience to forge its own national destiny and ensure stability in the region.
Timbuktu Institute - Semaine 4 - Février 2026
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Les Forces Armées Maliennes (FAMa) ont mené une opération aérienne d'envergure dans le cercle de Yanfolila,neutralisant une cinquantaine de terroristes. Cette frappe chirurgicale, rendue possible grâce à des renseignements précis, a permis de détruire une base logistique majeure et de récupérer d'importantes quantités d'armes et de munitions. Cette action s'inscrit dans une dynamique de reprise d'initiative de l'armée malienne dans des zones autrefois considérées comme des sanctuaires pour les groupes armés.
Deux jours après la frappe initiale, les rapports confirment l'efficacité de l'intervention dans la région de Bougouni, soulignant que cette opération est l'une des plus significatives de ces derniers mois dans le sud du pays. Au-delà des pertes humaines infligées aux groupes terroristes, l'accent est mis sur la destruction de leur capacité de mobilité grâce à l'élimination de dizaines de motos et de véhicules. Cette victoire renforce la confiance des populations locales envers l'outil aérien malien pour la sécurisation des zones rurales.
Diplomatie : Partenariats avec la Chine et l'Iran
Sur le plan international, le Mali intensifie sa politique de diversification de ses partenaires stratégiques à travers de nouvelles impulsions avec Pékin et Téhéran. Ces échanges diplomatiques visent à consolider la coopération dans des domaines clés tels que la défense, les infrastructures et l'économie, illustrant la volonté de Bamako de s'affranchir des influences occidentales traditionnelles. Ce rapprochement avec des puissances du "Sud Global" est perçu comme un levier essentiel pour assurer la souveraineté nationale et le développement technologique du pays.
Désenclavement via le fleuve Sénégal
Le projet de faire du fleuve Sénégal une voie navigable permanente vers l'océan Atlantique représente un espoir majeur pour l'économie malienne, traditionnellement contrainte par son absence de façade maritime. Cette initiative de désenclavement vise à transformer le fleuve en un véritable corridor logistique, offrant une alternative souveraine aux ports des pays voisins. À terme, ce projet devrait réduire les coûts de transport des marchandises et stimuler les échanges commerciaux régionaux, positionnant le Mali comme un carrefour fluvial stratégique en Afrique de l'Ouest.
Succès de nouvelles frappes dans le Nord et sécurisation de la zone de Zantiébougou au Centre
L'armée malienne a annoncé la réussite de deux opérations aériennes supplémentaires, ciblant cette fois des positions terroristes dans les régions du Nord et du Centre. Ces frappes préventives ont permis d'annihiler des groupes armés qui planifiaient des attaques contre des convois et des populations civiles, confirmant la capacité des FAMa à surveiller et à frapper simultanément sur plusieurs fronts. Cette réactivité aérienne est présentée comme la pierre angulaire de la nouvelle doctrine de défense malienne pour protéger l'intégrité du territoire.
En complément des frappes aériennes, des opérations de ratissage au sol ont été menées avec succès dans la zone de Zantiébougou, aboutissant à la neutralisation de plusieurs éléments armés. Ces actions terrestres visent à déloger les résidus de groupes terroristes qui tentent de perturber la circulation sur les axes routiers stratégiques du Sud. L'objectif est de garantir la libre circulation des personnes et des biens, tout en renvoyant un message de fermeté quant à la présence permanente de l'État dans ces localités.
Hommage au modèle russe pour le Sahel
Le Ministre malien de la Défense a officiellement salué l'engagement des "défenseurs de la patrie" russes, les érigeant en modèle de courage et de patriotisme pour les forces de l'Alliance des États du Sahel (AES). Ce discours souligne l'ancrage profond de la coopération militaire entre Bamako et Moscou, perçue comme un partenariat fiable et efficace face aux défis sécuritaires. Cette déclaration réaffirme le choix idéologique du Mali de s'inspirer de la résilience russe pour forger son propre destin national et assurer la stabilité de la région.
Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026
For his first visit to Africa, Pope Leo XIV will travel to Cameroon. While the country's authorities are preparing a warm welcome for the pontiff, the Pope's visit, scheduled for 15 to 18 April, already appears to be a potential flashpoint for political tensions. This is because the socio-political situation that has prevailed since the disputed presidential election in October 2025 is still far from calm. In this case, part of the clergy and the opposition believe that Yaoundé intends to use the papal visit to legitimise its power in the run-up to the next legislative elections. It is in this context that Jesuit Father Ludovic Lado sent a public letter to the Pope asking him to change his agenda. But without success. ‘The main thing is that the Pope is aware of what is happening in the country, including the assassination [of opposition figure] Anicet Ekane (...) I will respect the Pope's decision to visit Cameroon, even if I do not agree with it. He is my superior,’ he resolved.
Similarly, the diaspora movement ‘Project C’, which supports opposition leader Issa Tchioma Bakary, was keen to alert the Pope. ‘You are invited to Cameroon, not to serve the truth of Christ, but to validate a lie written in the blood of those who dared to believe that their votes would count,’ the movement asserts in an open letter. Furthermore, a petition signed by writer Calixthe Beyala and posted online on 25 January condemns a ‘dictatorial regime’ and urges the Pope ‘not to visit Cameroon’. While it is doubtful that this protest will succeed in changing the papal agenda, it does highlight the toxic and volatile nature of the socio-political situation in a country where the legitimacy of power continues to be subject to criticism.
Anicet Ekane, a death that cannot be ignored
The case of opposition leader Anicet Ekane, who died in custody on 1 December 2025 following the post-election crisis, is further evidence, if any were needed, of the depth of socio-political tensions. While the Ministry of Defence published the autopsy findings on 24 February, concluding that the death was ‘natural’ and linked to ‘serious medical conditions’, the deceased's relatives rejected this conclusion. According to his son, who was contacted by Jeune Afrique, the autopsy was conducted ‘in an unhealthy context’ where the request for ‘the presence of an independent third party to ensure a minimum of objectivity was systematically refused’.
Furthermore, it is in this overall context of political turmoil that another challenge facing the Cameroonian authorities arises: drug trafficking. In this regard, nearly 2.5 tonnes of narcotics (including 1,057 kg of cocaine and 1,442 kg of tramadol) seized four days earlier at Douala International Airport were destroyed on 24 February by the Littoral Regional Commission. Despite their apparent disparity, these two events seem to paint a picture of a country grappling with a multitude of challenges (political, judicial and security-related) whose management is testing the state's ability to maintain its institutional credibility.
Timbuktu Institute - Semaine 4 - Février 2026
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Pour sa première visite africaine, le pape Léon XIV se rendra au Cameroun. Alors que les autorités du pays préparent un bel accueil au souverain pontife, la visite du Pape prévue du 15 au 18 avril semble déjà s’avérer comme une possible caisse de résonance des tensions politiques. Ceci, du fait que la situation socio-politique prévalant depuis la présidentielle contestée d'octobre 2025 est encore loin d’être apaisée. En l’espèce, une partie du clergé et de l’opposition estime que Yaoundé entend instrumentaliser la visite papale pour légitimer son pouvoir, dans le sillage des prochaines législatives. C’est dans ce contexte que le père jésuite Ludovic Lado a adressé une lettre publique au Pape pour lui demander de modifier son agenda. Mais sans succès. « L’essentiel est que le pape est au courant de ce qui se passe dans le pays, y compris de l’assassinat [de l’opposant] Anicet Ekane (…) Je respecterai la décision du pape de visiter le Cameroun, même si je ne la partage pas. C’est mon supérieur hiérarchique », s’est-il résolu.
De même, le mouvement de la diaspora « Project C » soutien de l’opposant Issa Tchioma Bakary a tenu à alerter le Pape. « Vous êtes invité au Cameroun, non pas pour servir la vérité du Christ, mais pour valider un mensonge écrit dans le sang de ceux qui ont osé croire que leurs votes compteraient », assène le mouvement dans une lettre ouverte. Plus encore, une pétition – signée par l’écrivaine Calixthe Beyala - mis en ligne le 25 janvier, fustige un « régime dictatorial » et exhorte le Pape « à ne pas se rendre au Cameroun ». Si l’on pourrait douter que cette contestation parvienne à infléchir l’agenda papal, il reste qu’elle remet en lumière le caractère délétère et volatile de la situation socio-politique dans un pays, où la légitimité du pouvoir continue d’être sujet à critiques.
Anicet Ekane, une disparition qui ne passe pas
L'affaire de l’opposant Anicet Ekane, mort en détention le 1er décembre 2025 suite à la crise post-électorale témoigne, si besoin en était, de la profondeur des tensions socio-politiques. Alors que le ministère de la Défense a publié le 24 février les conclusions de cette autopsie concluant à une « mort naturelle » liée à de « graves pathologies », les proches du défunt y ont opposé rejet. Selon son fils joint par Jeune Afrique, l’autopsie a été conduite « dans un contexte malsain » où la requête de « la présence d’un tiers indépendant afin de garantir un minimum d’objectivité nous a été systématiquement refusée ».
En outre, c’est dans ce contexte global de turbulences politiques que se présente un autre défi auquel les autorités camerounaises sont confrontées : le narcotrafic. A cet égard, près de 2,5 tonnes de stupéfiants (dont 1057 kg de cocaïne et 1442 kg de tramadol) saisis quatre jours plus tôt à l'aéroport international de Douala, ont été détruits le 24 février par la commission régionale du Littoral. En dépit de leur apparente disparité, ces deux séquences semblent dresser le portrait d’un pays aux prises avec une pluralité de défis (politiques, judiciaires et sécuritaires) dont la gestion met à l'épreuve la capacité de l'État à maintenir à la fois sa crédibilité institutionnelle.
Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026
In the north of the country, although the security situation appears to have calmed down somewhat, it remains a cause for concern in many respects. Apart from the sensitive area known as the ‘Triple Point’ with Niger and Burkina Faso, the border area with Niger and Nigeria also remains critical. According to a study by the NGO ACLED, in 2025 this area emerged as a major new jihadist hotspot, with an 86% increase in attacks and a 262% increase in deaths in one year. Indeed, JNIM and Islamic State appear to have consolidated their presence there, particularly in the departments of Alibori and Borgou.
Similarly, the third department, Atacora, is not immune to this turmoil. In the early hours of 24 February, the Kouandé police station was the target of an armed attack. Unidentified assailants from the Guilmaro district opened fire on the infrastructure before setting fire to the annex building of the Republican Police, stealing two motorcycles and destroying three. In the aftermath, defence and security forces quickly deployed a search operation around the locality. No official report has been released at this time. This overview reveals a northern region that remains under pressure. Indeed, there is no longer any doubt that the jihadist hydra is infecting the north of the country, gradually transforming a localised threat into a structural security challenge for the state. Furthermore, the overlapping pockets of vulnerability are shaping an arc of instability, the management of which does not seem to be getting any easier with time.
Strengthening community resilience
It is undoubtedly with this major challenge in mind that the Beninese authorities are working, beyond the security aspect, to put in place resilience mechanisms, which is, in the current socio-political context on the eve of the presidential election. The Ministry of the Interior and Public Security has therefore deployed a mission to the departments of Atacora and Donga to strengthen conflict prevention mechanisms. On 24 February, an awareness-raising session on the co-production of security during the election period was held at the Natitingou prefecture. To this end, discussions were held with local authorities, security forces, community leaders and political actors with the aim of raising awareness among the population, combating hate speech and maintaining a framework for mediation. This institutional drive also serves as a reminder of the authorities' awareness that the legitimacy of the upcoming elections could also depend on the state's ability to guarantee a peaceful and secure environment in the most vulnerable areas of the country.
At the same time, the authorities are continuing to pursue legal proceedings in relation to the failed coup of 7 December 2025. In a new development, on 27 February, the National Centre for Digital Investigations published a wanted notice for nine individuals linked to the coup attempt. They are Colonel Pascal Tigri (alleged mastermind of the coup), Castro Sambieni, Ousmane Samary, Bernard Sanhouekoua, Moussa Noma Rafiou, Demanmon Dassoudo, Issa Soumanou, Laurier Setondji and Yacoubou Moudachirou Osseni. In this context, the Beninese state's uncompromising stance attests to its determination to shed light on this event. In this sense, it is true that this process will remain incomplete as long as Colonel Tigri continues to evade justice in his country.
Timbuktu Institute - Semaine 4 - Février 2026
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Au nord du pays, même si la situation sécuritaire semble faire montre d’une relative accalmie, il n’en demeure pas moins qu’elle soit préoccupante à bien des égards. Hormis le point névralgique de la zone dit du « Point Triple » avec le Niger et le Burkina Faso, la zone frontalière avec le Niger et le Nigeria reste, elle aussi, critique. Selon une étude de l’ONG ACLED, cette zone s’est imposée en 2025 comme un nouveau foyer djihadiste majeur, avec une hausse de 86% des attaques et de 262% du nombre de morts en un an. En effet, le JNIM et l’Etat Islamique semblent y avoir consolidé leur installation, notamment dans les départements de l'Alibori et du Borgou.
De même, le troisième département, l’Atacora, n’est pas du reste de cette tourmente. Au petit matin du 24 février, le commissariat de Kouandé a été la cible d'une attaque armée. Des assaillants non identifiés en provenance de l’arrondissement de Guilmaro ont ouvert le feu sur l'infrastructure avant d'incendier le bâtiment annexe de la Police républicaine, volant deux motos et en détruisant trois. Dans la foulée, les forces de défense et de sécurité ont rapidement déployé un dispositif de ratissage autour de la localité. Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a été communiqué. Ce panorama révèle une région septentrionale qui reste sous pression. De fait, il ne fait plus doute que l’hydre djihadiste gangrène le nord du pays, transformant progressivement une menace localisée en défi sécuritaire structurel pour l'État. En outre, la superposition des foyers de vulnérabilité dessine les contours d’un arc d’instabilité dont l’enjeu de gestion ne semble pas s’amenuiser au fil du temps.
Consolider la résilience des communautés
C’est sans doute conscient de cet enjeu de taille que les autorités béninoises s’emploient, au-delà du volet sécuritaire, à mettre en place des mécanismes de résilience, qui puis est, dans le présent contexte socio-politique à la veille de la présidentielle. Ainsi, le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique a déployé une mission dans les départements de l'Atacora et de la Donga afin de renforcer les mécanismes de prévention des conflits. Le 24 février s’est tenue à la préfecture de Natitingou, une séance de sensibilisation sur la coproduction de la sécurité en période électorale. A cet effet, des échanges ont été menés avec les autorités locales, les forces de sécurité, les leaders communautaires et les acteurs politiques avec pour objectifs la sensibilisation des populations, la lutte contre les discours de haine et le maintien d'un cadre de médiation. Cet entrain institutionnel vient par ailleurs rappeler la conscience des autorités de ce que la légitimité du scrutin à venir pourrait aussi se jouer dans la capacité de l'État à garantir un environnement sécuritaire apaisé dans les zones les plus vulnérables du territoire.
En parallèle, les autorités continuent de s’investir dans le traitement judiciaire du coup d’Etat manqué du 7 décembre 2025. Nouvelle séquence : le Centre National d'Investigations Numériques a publié le 27 février, un avis de recherchecontre neuf individus liés à la tentative de putsch. Il s’agit du colonel Pascal Tigri (présumé cerveau du putsch), Castro Sambieni, Ousmane Samary, Bernard Sanhouekoua, Moussa Noma Rafiou, Demanmon Dassoudo, Issa Soumanou, Laurier Setondji et Yacoubou Moudachirou Osseni. Dans cette logique, l’intransigeance affichée par l’Etat béninois atteste de sa détermination à faire toute la lumière sur cet évènement. En ce sens, il est vrai que ce processus demeurera inachevé tant que le colonel Tigri continuera d’échapper à la justice de son pays.
Timbuktu Institute - Week 4 - February 2026
From the outset, Chad has kept a close eye on the Sudanese conflict. Faced with a humanitarian crisis due to the influx of refugees at its eastern border, N'Djamena has strived to contain the repercussions. However, the situation now appears to be deteriorating. On 23 February, Chad announced the closure of its border with Sudan until further notice. According to a statement from the Minister of Communication, this decision was justified by ‘repeated incursions and violations committed by the forces in conflict in Sudan on Chadian territory’. N'Djamena insists that it wants to prevent ‘any risk of the conflict spreading’ and ‘reserves the right to respond to any aggression or violation of the inviolability of its territory and borders.’
A few days earlier, on 21 February, the Sudanese Rapid Support Forces (RSF) announced the capture of Al-Tina, a strategic area in North Darfur on the Chadian border, following the fall of El-Fasher at the end of October 2025, which was followed by massacres, rapes and mass abductions, according to the UN. In addition, last month, seven Chadian soldiers lost their lives in an altercation with RSF paramilitaries. The border closure therefore seems to reflect N'Djamena's exasperation and the exhaustion of a policy of restraint in the face of a conflict whose escalation is worrying the Chadian authorities. This is all the more so given that, on the one hand, there seems to be no solution in sight to this civil war and, on the other hand, its potential centrifugal effects cannot be completely ruled out, considering Chad's role in regional stability.
Border unrest
Clearly, securing Chad's borders appears to be one of the most pressing structural challenges facing Chad today. After its border with Sudan, N'Djamena is now on alert at its border with Libya. During a joint operation carried out on the night of 20 February in a desert area in the far north of the country, the Libyan-Chadian joint force conducted a major security operation. At the end of the operation, a large stockpile of heavy weapons, including surface-to-air missiles and large quantities of ammunition, was seized. In the wake of this, the Chadian and Libyan parties formalised their security cooperation by setting up a joint operations room to coordinate patrols, controls and demining in southern Libya, an area marked by porous borders and the circulation of weapons.
Furthermore, the first fruits of reconciliation between N'Djamena and Paris already seem to be bearing fruit. On 25 February, the French Development Agency (AFD) and the Chadian government signed a €15 million financing agreement to support two key areas: the modernisation of transport infrastructure and the strengthening of the cotton industry. While this financial support is undoubtedly welcome in terms of N'Djamena's goal of developing its macroeconomic growth, it would not be unreasonable to suggest that France's renewed financial commitment is part of a broader strategy that goes beyond development alone, given that France is taking measured steps in its plan for a hypothetical return to the Sahel.
Timbuktu Institute - Semaine 4 - Février 2026
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Dès son entame, le Tchad n’a pas cessé de veiller au grain au sujet du conflit soudanais. Face à la crise humanitaire due à l’afflux de réfugiés à sa frontière Est, N’Djamena s’est efforcé d’en endiguer les répercussions. Toutefois, les choses semblent désormais se déliter. Le 23 février, le Tchad a annoncé la fermeture de sa frontière avec le Soudan jusqu'à nouvel ordre. Selon le communiqué du ministre de la communication, cette décision se justifie par des « incursions répétées et aux violations commises par les forces en conflit au Soudan sur le territoire tchadien ». N’Djamena assure vouloir prévenir « tout risque d’expansion du conflit » et « se réserve le droit de riposter contre toute agression ou violation de l’intangibilité de son territoire et de ses frontières ».
Quelques jours auparavant, le 21 février, les Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises annonçaient la prise d’Al-Tina, zone stratégique du Darfour-Nord à la frontière tchadienne, après la chute d’El-Fasher fin octobre 2025, qui fut suivie de massacres, viols et enlèvements massifs selon l’ONU. De plus, le mois dernier, sept soldats tchadiens perdaient la vie dans une altercation avec des paramilitaires FSR. Dès lors, cette fermeture frontalière semble traduire une exaspération de N’Djamena et l’épuisement d’une diplomatie de la retenue face à un conflit dont le débordement inquiète les autorités tchadiennes. Ceci d’autant plus que d’une part, aucune issue de solution ne semble se profiler dans cette guerre civile et d’autre part, ses potentiels effets centrifuges ne peuvent être totalement écartés considérant la place du Tchad dans la stabilité régionale.
Troubles aux frontières
Manifestement, il apparaît que la sécurisation des frontières tchadiennes s'impose comme l'un des défis structurels les plus pressants auxquels le Tchad est aujourd'hui confronté. Après sa frontière soudanaise, c’est maintenant à celle libyenne que N'Djamena est d’astreinte. En effet, lors d’une opération conjointe menée dans la nuit du 20 février dans une zone désertique à l’extrême nord du pays, la force conjointe libyo-tchadienne a effectué une importante opération sécuritaire. Au terme de celle-ci, un important stock d'armes lourdes, dont des missiles sol-air et de grandes quantités de munitions a été saisi. Dans la foulée, les parties tchadienne et libyenne ont formalisé leur coopération sécuritaire en mettant en place une salle d'opérations commune destinée à coordonner patrouilles, contrôles et déminage en l’occurrence dans l’espace méridional libyen marqué par la porosité des frontières et la circulation d’armes.
Par ailleurs, les premiers fruits de la réconciliation entre N’Djamena et Paris semblent déjà tomber. Le 25 février, l'Agence française de Développement (AFD) et le gouvernement tchadien ont signé une convention de financement de 15 millions d'euros destinée à soutenir deux domaines clés : la modernisation des infrastructures de transport et le renforcement de la filière cotonnière. Certes, cet appui financier est sans doute le bienvenu dans l’objectif de N’Djamena de développer sa croissance macro-économique, cependant, il ne serait pas téméraire d’avancer que ce réengagement financier de la France s’inscrive dans une logique qui dépasse le seul cadre du développement, eu égard à un contexte où la France avance à pas mesurés dans son projet d’un hypothétique retour au Sahel.